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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 19:09

Ils ne sont plus que trois Français retenus au Qatar contre leur gré après l’octroi, hier, d’un visa de sortie du territoire obtenu par Stéphane Morello, entraineur de football. Trois otages d’un système féodal avec lequel le gouvernement français entretient d’excellentes relations à tel point que les négociations en cours se déroulent comme lors d’une lune de miel inachevée. Ici, pas de transferts de valises ou plutôt pas dans le sens habituel : le Qatar investit à la pelle en France.

Le Qatar pour certains, c’est l’eldorado alors que plusieurs de nos compatriotes sont otages dans ce pays : Zahir Belounis, footballeur franco-algérien, Jean-Pierre Marongiu et Nasser Al-Awartany, deux chefs d’entreprise, font actuellement l’amère expérience des particularités de la législation qatarie. Pour travailler dans ce pays, un étranger doit en effet avoir un sponsor. Il s’agit le plus souvent d’une entreprise ou d’un particulier qui parraine l’étranger et lui délivre son visa d’entrée et de sortie. Une brouille dans la relation entre le sponsor et le ressortissant prive ce dernier d’"exit permit", indispensable à toute sortie du territoire. Et comme l’interlocuteur est souvent un proche de la famille royale, il dispose d’un pouvoir sans limite.

L’histoire de Zahir Belounis, annoncé libérable dans les prochains jours, mérite le détour. Le footballeur franco-algérien, arrivé au Qatar en 2007, est accueilli avec tous les honneurs. Six années plus tard, le sportif porte plainte contre son club qui ne lui verse plus de salaire depuis deux ans. En portant l’affaire devant les tribunaux, le joueur de football s’est vu privé du précieux document l'autorisant à quitter l'émirat. "Depuis, j’ai dû mettre fin à ma carrière de footballeur pour avoir porté plainte et je suis coincé au Qatar sans aucune ressource financière et un loyer de 4000 euros à régler tous les mois", confie le sportif à FRANCE 24. Soutenu psychologiquement et financièrement par sa famille et ses amis, il n’aspire qu’à une chose : rentrer en France.

Le cas des deux autres ressortissants n’est guère plus réjouissant. "Ces Français séquestrés par le Qatar sont tout simplement privés de leur famille, de leur argent et du bien le plus précieux, celui de leur liberté individuelle", s’indigne Franck Berton, l’avocat des quatre expatriés français, dans un entretien accordé à FRANCE 24. « La législation qatarie réduit les ressortissants étrangers à l’esclavage moderne et la situation ne risque pas de hanger de si tôt", s’inquiète Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau français de Human Rights Watch qui souligne le triste sort des travailleurs sri lankais, bangladais, venus en masse pour travailler sur les travaux de la Coupe du monde de football".

José Fort

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