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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 17:41

Les projets de la SNCF et de sa filiale nord-américaine Keolis America aux Etats-Unis viennent une nouvelle fois d’être sérieusement attaqués. Deux élus démocrates du Maryland ont annoncé un projet de loi restreignant l'accès de la SNCF aux marchés publics tant qu'elle n'aura pas versé d'indemnités pour « son rôle dans la déportation des Juifs ».

Filiale américaine de la SNCF, Keolis America est candidate à un appel d'offres pour un contrat de 6 milliards de dollars sur la création et l'exploitation d'une ligne ferroviaire d'environ 25 kilomètres dans l'Etat. A l'appui de leur démarche, les deux élus citent la pétition lancée par un ancien déporté, Léo Bretholtz. Le président de Keolis America, Alain Leray, a déclaré que la compagnie se livrerait à une « lecture critique » de cette proposition de loi afin de détecter une « éventuelle discrimination » à son égard vis-à-vis des autres entreprises engagées dans l'appel d'offres.

Ces dernières années, la SNCF a dû se replonger dans ses activités passées pendant la seconde guerre mondiale. Réquisitionnée par le régime de Vichy, l’entreprise avait mis ses moyens techniques pour la déportation pas seulement des Juifs de France mais aussi de l’ensemble des persécutés résistants, communistes, tsiganes, homosexuels etc… Comme toutes les administrations et grandes entreprises, beaucoup de dirigeants de la SNCF de l’époque ont appliqué les ordres du pouvoir pétainiste. Il y a eu à la SNCF des collaborateurs zélés et des agents obéissants vis‐à‐vis du gouvernement de Vichy et des occupants allemands. Mais ces « collabos » ne peuvent résumer à eux seuls la SNCF et le comportement des cheminots pendant cette période. Faut-il rappeler les actes de résistance, de désobéissance, de désorganisation et de sabotages des transports ? Faut-il rappeler le lourd tribut payé par les cheminots avec 8.938 morts, 15.977 blessés, 2.480 déportés dont 1.157 sont morts dans les camps de concentration ?

Plusieurs questions viennent à l’esprit. Et si les motivations réelles des élus du Maryland contre les projets de la SNCF dans leur Etat répondaient à d’autres critères ? Une manœuvre, par exemple, pour faciliter l’arrivée sur le marché d’autres entreprises plus larges dans leurs contributions aux bonnes œuvres locales, c’est à dire à des intérêts personnels ? Comme si, sous le prétexte d’une tragédie effroyable et prenant appui sur un drame humain, certains aux Etats-Unis flaireraient la bonne affaire.

José Fort

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