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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 11:42

Un article publié dans l’Humanité du 14 avril

L’écrivain et journaliste uruguayen Eduardo Galeano est mort lundi à 74 ans des suites d’un cancer au poumon à Montevideo. L’Amérique latine perd un de ses plus prestigieux écrivains, un combattant anti impérialiste de toujours, acteur militant de la solidarité avec les luttes libératrices menées sur le continent. De Montevideo où il est né et où il a été rédacteur en chef de la revue « Marcha », à Buenos Aires où il a fondé et dirigé la revue « Crisis », de La Havane où il affichait son soutien à la révolution cubaine, à Caracas où il avait lié amitié avec l’ancien président Hugo Chavez, la disparition de Galeano a provoqué une vive émotion. Emissions spéciales sur les radios et les télévisions, déclarations officielles et d’organisations populaires se sont multipliées lundi dans la plupart des capitales du continent sud-américain.

La joie de raconter d’Eduardo Galeano ne s’est jamais démentie. Il s’est frotté à différents genres littéraires passant de la narration à l’essai, de la poésie à la chronique rapportant les voix de l’âme et de la rue offrant ainsi une vision de la réalité et de la mémoire. « Les Veines ouvertes de l’Amérique latine » a marqué son œuvre. Paru en 1971 en espagnol puis traduit dans une vingtaine de langues, « Les veines ouvertes de l’Amérique latine », est un réquisitoire contre l’exploitation du continent. « Je n’ai pas eu la chance de connaître Shéhérazade, je n’ai pas appris l’art de la narration dans les palais de Bagdad, mes universités ont été les vieux cafés de Montevideo », confiait-il. Cet ouvrage est une référence pour tous ceux qui souhaitent comprendre l’histoire et l’actualité de ce continent. Son point de départ est une énigme : pourquoi cette terre si richement dotée par la nature a-t-elle été si peu favorisée sur le plan social et politique. Un livre aussi palpitant qu’un roman policier qui raconte le pillage du continent latino-américain d’abord par les Espagnols et les Portugais puis par l’Occident en général et les Etats-Unis en particulier. Lors du sommet des Amériques à Trinidad-et-Tobago, en 2009, Hugo Chavez avait offert un exemplaire de ce livre à Barack Obama: « En lisant ce livre, vous comprendrez mieux la réalité de nos pays », avait-il lancé au président des Etats-Unis.

Pourchassé par la dictature, emprisonné, Eduardo Galeano avait été obligé de quitter son pays en 1973. Douze ans d’exil avant un retour à Montevideo salué par de chaleureuses manifestations populaires. Outre « Les Veines ouvertes de l’Amérique latine » (Plon, 1999), plusieurs de ses ouvrages ont été publiés en français.

Eduardo Galeano affirmait : « Ma seule fonction est d’essayer de mettre à jour une réalité masquée, de parler de ce que nous voyons et de ce qui reste caché. Aucune formule magique ne nous permettra de changer la réalité si nous ne commençons pas par la voir telle qu’elle est. » Et il ajoutait pince sans rire : « Nous tous, les Uruguayens, nous naissons en criant « but » ! C’est pour cela qu’il y a tant de bruit dans les maternités. »

José Fort

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commentaires

Kamfrenchie 16/04/2015 16:19

Toujours du mal à retrouver le articles en question. Si un journal, un nom ou une date en particulier vous reviennent, je suis preneur :)

José Fort 16/04/2015 18:07

Il faut reprendre la presse des années 75/76/77. Bon courage

Kamfrenchie 14/04/2015 15:47

Bonjour monsieur Fort.

Vous aviez publié un article sur les liens entre Barroso et Frank Carlucci, que j'ai trouvé très intéressant. Je lai mentionné lors de débats mais certain refusent d'y croire et veulent vos source permettant d'établi de façon irréfutables ces liens.

www.humanite.fr/blogs/commission-europeenne-barroso-et-juncker-anciens-maoiste-et-trotskiste-reperes-par-la-cia

Pouvez-vous me les communiquer ?

Merci par avance.

Kamfrenchie 14/04/2015 17:56

Merci pour cette réponse rapide.

Pourriez vous me conseiller un journal portugais en particulier ? Je suis un bleu en terme de fouille d'archives.

José Fort 14/04/2015 16:08

Pour Barroso, ll suffit de se procurer la presse portugaise de l'époque qui relate l'ascension du jeune maoïste Barroso puis son revirement et ses visites fréquentes à l'ambassade des Etats-Unis. Quant à Junker, il a reconnu lui même comme "une folie de jeunesse" lors de sa campagne pour la présidence de la commission. Dans ce dernier cas il faudrait retrouver les dépêches de l'AFP et de Reuter.

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