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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 09:58

Un article publié dans " Vie Nouvelle" du mois de juin.

Plus un jour sans l’annonce d’une « réforme », un joli mot transformé en attaque anti sociale. Au nom de l’action contre « les rigidités » qui freineraient l’économie française, blocage des salaires et des pensions, baisse du pouvoir d’achat, coupes claires dans les dépenses publiques particulièrement la santé, privatisations, remise en cause de droits syndicaux… La coupe est pleine.

« Ils font plus que si la droite était aux manettes », s’exclame Roger, le cheminot rencontré gare d’Austerlitz à Paris. « Non seulement, ils ne tiennent pas leurs promesses de campagne électorale, mais il y a comme une volonté de casse de notre industrie », poursuit Marcel, jeune retraité participant à la discussion tandis que Raymonde, elle aussi retraitée depuis plusieurs années, ajoute : « Je plains les plus jeunes. Ils auront moins de moyens pour se défendre contre les licenciements ».

Il y a eu le « pacte de responsabilité » tant vanté dont les prétendues contreparties s’apparente à l’Arlésienne qui ne se présenta pas le jour de son mariage. Il y a eu un flot continu d’euros versés au patrons sous le prétexte que « tout ce qui est bon pour le patronat est bon pour l’économie » avec pour résultat une hausse continu du chômage, une baisse du pouvoir d’achat, une paupérisation de nouvelles franges de la population tandis que les profits du CAC40 explosent et que les actionnaires n’ont jamais connu une période aussi faste.

Le pouvoir attaque sur tous les fronts avec à la manœuvre l’ensemble du gouvernement Valls. En pointe, le bien propret ministre Macron, à sa manière méchant d’exception, un personnage à la hauteur de la société qui l’a engendré : celle de l’argent roi. Dans sa besace, l’extension du travail du dimanche, le maquillage du travail de nuit en travail de soirée avec les femmes comme premières victimes, le coup porté au tribunal des prud’hommes, de nouvelles facilités pour organiser les licenciements, des privatisations à la pelle notamment des aéroports et des hôpitaux, des coupes claires dans les personnels de santé, la déréglementation des transports instituant un transport pour les pauvres. Quant aux retraités, ces « nantis égoïstes » comme l’écrivent les médias à la botte, ils constituent une cible de choix alors qu’un retraité sur dix vit sous le seuil de pauvreté.

Depuis deux ans, les pensions sont bloquées et le Medef veut prolonger cette situation trois années de plus. Il fait pression sur le gouvernement afin de pratiquer de la même manière pour le régime général et les régimes spéciaux. Les mesures fiscales, les prélèvements sociaux et le gel des pensions ont pour résultat la très importante réduction du pouvoir d’achat des retraités. Les négociations Agirc-Arco ont débuté dans un climat de forte tension, ces deux institutions du système de retraite connaissant un lourd problème de financement, aggravé depuis 2009 par la crise et par le refus patronal d’augmenter le montant des ressources allouées aux régimes.

Dans cette nouvelle séquence de négociations, souligne l’UCR-CGT, « la partie patronale avance avec une série de propositions qui visent toutes à réduire le niveau de protection sociale et même à remettre en cause le statut cadre en proposant la fusion des deux régimes.

La CGT annonce à l’inverse des propositions qui permettraient d’assurer durablement le financement des régimes, sans porter atteinte au niveau de couverture sociale. »

Les attaques sont graves, la réplique sera-t-elle à la hauteur ?

« Les barricades n’ont que deux côtés », écrivait Elsa Triolet. François Hollande et Manuel Valls ont choisi leur camp : celui du Medef. Nous, le nôtre : celui des chômeurs, des salariés et des retraités qui souffrent d’une politique faite de renoncements. Notez combien le sens des mots est perverti par les communicants liés au pouvoir et les médias. Le beau mot de « réforme » devient une attaque sans vergogne contre les droits des travailleurs en activité et de ceux qui ont cotisé tant d’années. Celui tout aussi noble, « modernité » prend la signification de destruction de notre potentiel industriel, de licenciements de masse, d’adaptation aux transformations voulues par les actionnaires. Celui de « partenaires » laisse entendre que patronat et syndicats devraient collaborer la main dans la main, comme des frères. Celui, encore, de « nantis » vise les retraités coupables de vivre sur le dos de la société et de ses enfants. Un vocabulaire au service du libéralisme, des profits, du patronat et de l’actionnariat. Un symbole.

Que nous reste-il comme perspective sinon la lutte ? Imaginez, un seul instant, que la CGT n’apparaisse plus sur les radars du mouvement social ? Que le patronat ait les mains libres pour faire comme bon lui semble ? Imaginez que les retraités ne disposent plus de la possibilité de défendre leurs revendications en lien étroit avec les salariés et au cœur même de leur CGT ? N’imaginez pas. La CGT est bien là, debout, rassemblée et comme la tourmente déchaîne l’océan gonflé d’écume, elle ne se contente pas de répercuter la colère : elle organise, propose et agit.

José Fort

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