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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 18:08

Donc, le président des Etats-Unis séjournera à Cuba les 21 et 22 mars. On va "tout mettre sur la table" », affirme son secrétaire d’Etat. Parfait. Barack Obama pourra ainsi évoquer le sort des prisonniers politiques aux Etats-Unis, la restitution de Guantanamo, formuler des excuses pour les centaines de tentatives d’assassinat contre Fidel Castro, et surtout la levée du blocus économique. En passant, puisqu’il assistera à La Havane à un match de baseball entre les Tampa Bay Rays et l'équipe nationale de Cuba, il pourrait mettre fin aux discriminations frappant les joueurs cubains.

Rappel.

Le département du trésor des États-Unis interdit aux sportifs cubains de signer un contrat avec un club nord-américain s’il conserve sa résidence dans l’Ile et s’il ne rompt pas ses relations avec l’Institut des Sports de Cuba. Imaginez une même situation en France avec nos footballeurs évoluant à l’étranger.

Des joueurs de baseball cubains s’illustrent dans la ligue professionnelle du Japon. Ils perçoivent des salaires élevés, reversent un pourcentage à l’État cubain qui les a formés, ces fonds étant destinés aux écoles de sports.

Le système de recrutement des grandes ligues de baseball des Etats-Unis est organisé sur la base de trois groupes de joueurs.

Le premier est composé par les citoyens nord-américains évoluant au sein d’équipes universitaires dans le cadre d’un système de recrutement (Draft) et de rémunération établi par les clubs. Après quatre saisons, les joueurs peuvent se dégager du « draft » et évoluer librement, les meilleurs négociant des contrats parfois vertigineux.

Le second groupe rassemble des joueurs latino-américains formés dans des structures financées par les grands clubs US et répartis dans toute l’Amérique latine. Ils sont repérés encore enfants, les meilleurs rejoignant plus tard les équipes professionnelles des États- Unis.

Le troisième groupe concerne les joueurs cubains. Il leur est interdit, comme écrit plus haut, de jouer aux États-Unis s’ils résident à Cuba et s’ils maintiennent des liens avec le système sportif de l’Ile. Un mécanisme a été mis au point : le joueur quitte Cuba pour un autre pays sauf les États Unis et le Canada.

Installés en Haïti, en République Dominicaine ou au Mexique, des agents souvent liés à la mafia négocient au nom des joueurs avec les équipes US. Une fois le montant de la transaction fixé, il suffit de déterminer le bon moment pour organiser la "fuite vers la liberté" puis le transfert vers le club.

Les joueurs cubains candidats au départ ne fuient pas l’Ile. Ils courent après les dollars, en laissant un bon paquet aux intermédiaires. Quant aux clubs US, ils remportent le jack pot n’ayant pas dépensés un centime pour la formation assurée durant des années par l’Institut des Sports de Cuba.

Barack Obama et ses interlocuteurs cubains auront des thèmes bien plus importants que le baseball à discuter lors de leur rencontre. Mais après le match auquel assistera à La Havane le président des Etats-Unis, celui-ci pourrait annuler les restrictions visant les joueurs cubains découlant du blocus, éliminant ainsi les intermédiaires et permettant de négocier honnêtement ce qui revient aux uns et aux autres.

JF

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