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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 10:59

L’ambassade de Cuba en France a organisé mardi soir une rencontre autour de mon livre « Trente d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire (Editions Arcane17). Plusieurs amis cubains et français parmi lesquels des diplomates de la Grande Ile, André Chassaigne, président du groupe PCF/FDG à l’Assemblée nationale ainsi que Charly Bouhana et des membres de Cuba Si France étaient présents. J’ai été invité à dire quelques mots. Les voici.

Présenter mon livre « Trente ans d’Humanité » en terre cubaine, entouré de quelques-uns de mes amis et camarades a pour moi une valeur symbolique et émotive forte.

Il s’agit d’un honneur que m’accorde la représentation d’un pays (petit par la taille, grand par son prestige mondial) où j’ai passé quelques années de ma vie en qualité de correspondant de « l’Humanité », où je suis retourné régulièrement me permettant ainsi d’apprécier - au milieu de tant de difficultés - les évolutions dans tous les domaines.

A l’occasion du récent voyage de M. Obama à Cuba, nous avons encore et encore entendu en France et à flots continus les mêmes rengaines haineuses, les mêmes imbécilités récurrentes.

La dernière entendue sur une télévision française osait établir un parallèle entre le chant des partisans en lutte contre le nazisme à la prestation des Stones à la Havane.

L’honneur que vous me faites, je le mets au compte de l’admiration que je porte au peuple cubain en gardant les yeux grands ouverts. Si Cuba ne prétend pas être un modèle, chaque peuple travaillant à construire son propre chemin, selon sa propre histoire, ses propres traditions, ses propres objectifs, pour moi Cuba est un exemple.

Un exemple de résistance face à l’arrogance de la première puissance économique et militaire du monde et un blocus économique de près de 60 ans. Imaginons un instant les frontières de la France fermées avec la Belgique, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne pendant un demi siècle.

Cuba est un exemple de dignité et de courage face aux actions visant son honneur, face aux actes terroristes visant ses dirigeants et sa population.

Cuba est un exemple de solidarité comme j’ai pu le constater de mes propres yeux avec l’accueil réservé aux persécutés des dictatures fascistes latino américaines, au soutien aux combattants de la liberté notamment en Angola, au Nicaragua, au Salvador. Ou encore plus près de nous aux enfants victimes de la catastrophe de Tchernobyl soignés gratuitement dans les hôpitaux cubains. Sans oublier les personnels de santé envoyés dans les zones infectées par le virus Ezbola.

Cuba a toujours tendu la main aux victimes de l’impérialisme, ceux qui ne comptent pas pour nombre de prétendus « défenseurs des droits de l’homme », ceux qui par exemple ne pipent pas mot sur le sort des prisonniers politiques aux Etats-Unis, notamment le militant noir Mumia Abu Jamal et le combattant indien Leonard Peltier tous deux condamnés à la prison à perpétuité après des provocations policières et politiques coutumières aux Etats-Unis.

Cuba, sans grande richesse naturelle, a massivement investi dans la matière grise alphabétisant près de 100% de sa population, soignant son peuple en lui offrant une moyenne d’espérance de vie dépassant l’âge de 76 ans. Un pays affichant médecins, ingénieurs, savants, techniciens, sportifs de haut niveau, créateurs dans toutes les disciplines notamment musicales, littéraires et de la mode … Quel autre pays dans les Amériques peut présenter un tel bilan ?

C’est à la Havane, en 2008, qu’est née l’idée de mon livre lors d’un voyage effectué avec Georges Wolinski, le président d’honneur de l’association Cuba Si France.

Un soir, quelques jours avant les fêtes de fin d’année en 2014, nous avons dîné à Paris avec l’ambassadeur de Cuba en France, André Chassaigne, le président du groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale, Charly Bouhana et quelques amis. C’est ce soir là, en sortant du dîner, sur le trottoir face au restaurant, que le livre avec Wolinski fut définitivement décidé.

Et puis il y a eu le sordide 7 janvier 2015, la tuerie à Charly Hebdo et l’assassinat de notre ami Georges. J’ai donc écrit ce livre seul.

Je consacre ces pages aux moments forts vécus à travers le monde pendant un peu plus de trente ans. Vous ne serez donc pas étonnés que Cuba y tienne une bonne place. Je consacre aussi des pages aux personnalités marquantes du XX eme siècle rencontrées au fil de toutes ces années. Je pense à Nelson Mandela, à Pasionaria, à Ben Bella, à Lise London, à Rol Tanguy et à bien d’autres. Je pense à Che Guevara dont je publie le portrait après avoir passé des heures avec son père à La Havane. Je pense aussi et surtout à Fidel Castro que j’ai eu l’occasion d’approcher à plusieurs reprises lors de rencontres officielles et plus chaleureusement lors de moments disons… plus intimes.

Qu’il me soit permis de souhaiter au peuple cubain plein succès dans la construction d’un socialisme du XXI eme siècle adapté à sa riche histoire, à ses particularités économiques, géographiques et culturelles.

Comme l’écrivait Fidel Castro lundi dans « Granma », « Cuba n’a pas besoin de cadeaux de l’empire ».

J’ajoute pour ma part que Cuba a simplement besoin de vivre dans la paix et la sécurité et se développer dans le respect des règles internationales qui suppose la levée immédiate et sans condition du blocus imposé par les Etats-Unis.

Les promesses ne suffisent pas. Il faut des actes.

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