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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 18:28

Ma chronique sur Radio Art-Mada (lundi, 19h15)

Puisque Radio Art-Mada émet depuis Villejuif où sont installés les prestigieux hôpitaux Gustave Roussy et Paul-Brousse, commençons par le vocabulaire utilisé désormais dans ces institutions et repris dans les médias.

Avez-vous remarqué qu’on ne dit plus « cancérologues » pour désigner les médecins spécialisés dans la maladie mais « oncologues » ? « Oncologue », ça fait mot de cruciverbiste ou de jeux télévisés. Sans oublier qu’on ne guérit pas d’un cancer, on est en « rémission ».

Il est devenu courant de dire « malentendant » et « malvoyant ». « Sourd » et « aveugle » ont disparu du vocabulaire.

Sur les télés, on nous propose du « live » et non du « direct ». On nous annonce des « dommages collatéraux » alors qu’il s’agit de « bavures militaires » avec morts de civils. Le toubib vous met en garde contre votre « surcharge pondérale » craignant de vous froisser en vous trouvant trop « gros ». Arrêtons là, la liste serait trop longue.

Ah, je ne peux quand même pas faire l’économie de la combinaison trompeuse de deux termes actuellement à la « une » de l’actualité : « partenaires » et « sociaux ». Il s’agit là d’une imposture. Dans une barricade, il n’y a que deux côtés. Gataz et Parisot « partenaires » des ouvriers de Goodyear, ça se saurait.

Etre attentif au choix des mots, entre autres ceux qui sont prononcés à la télévision ou à la radio, cela doit devenir une habitude salutaire.

Tenez, par exemple, le sinistre Manuel Valls actuellement en Israël. Selon le petit caudillo, les Palestiniens « perpètrent » des attentats alors que les bombardements israéliens, eux, ne sont jamais « perpétrés » mais « opérés », que les mouvements dans les raffineries « sévissent » et non qu’ils ont été « déclenchés ». Quant au travail, il aurait un « coût », alors qu’il a un « prix ».

Pour finir, une citation extraite de l’ouvrage la Langue du IIIe Reich, de l’écrivain et philosophe allemand Victor Klemperer. Je le cite : « Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir. »

Allez, bye, bye. Pardon, à la semaine prochaine.

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