Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:38

Ma chronique sur Arts-Media, tous les lundi en direct à 19h15.

Ce soir, je veux évoquer deux personnages qui comptent pour beaucoup dans les institutions européennes : Mario Draghi et José Manuel Barroso. Deux hommes qui en se rasant chaque matin peuvent s’adresser à leurs véritables patrons en ces termes : « En quoi puis-je être utile au maître vers lequel s’élèvent chaque matin mes pensées reconnaissantes, lorsque mes yeux éblouis croient distinguer son image dans le soleil nouveau qui paraît en pleine gloire ».

Cette requête s’adresse à la banque nord-américaine Goldman Sachs dont Mario Draghi a été un temps vice-président pour l’Europe alors que José Manuel Barroso en devient « conseiller spécial ».

Souvenez-vous. La banque Goldman Sachs a été à la source de la crise financière en 2008 provoquant le désastre des « supprimes » avec pour conséquence l’expulsion de centaines de milliers d’Américains de leurs maisons et un vent de panique général. C’est cette même banque qui a « aidé » les anciens gouvernements grecs à détourner la méthode de calcul du déficit public par des produits qui permettaient de reporter à plus tard une partie de ce déficit remplissant ainsi les caisses des grandes fortunes et des banques de ce pays. Grâce à ce tour de passe-passe, la Grèce était entrée dans la zone euro en 2002. Ce mécanisme avait été utilisé aussi par l'Italie, en 1997, pour rejoindre l'union monétaire à une époque où le directeur général du trésor transalpin était un certain... Mario Draghi.

Au moment du crash de Goldman Sachs, le même M. Draghi était déjà aux manettes. Aujourd’hui, il préside la banque centrale européenne.

Souvenez-vous. José Manuel Barroso a été président de la Commission européenne et selon ses nouveaux employeurs, il aidera la banque « à gérer l’après-Brexit, le retrait des Britanniques de l’Union européenne. Ah, celui là, il vient de loin. Laissez-moi vous le présenter.

Barroso, flamboyant soutien de Bush père lors de la première guerre en Irak, est un ancien dirigeant d’un groupe maoïste. Il avait choisi cette voie car, disait-il à l’époque, « les prochinois sont les plus anti communistes. »

Bon, il est vrai qu’il n’est pas le seul a avoir ce parcours, la plupart des anciens guerriers de l’ultra gauche européenne, donneurs de leçons et de pureté révolutionnaires ont tous ou presque fini dans le confort de la bourgeoisie bancaire ou médiatique, en France particulièrement

Mais revenons à Barroso. Le jeune José Manuel a été repéré au lendemain de la révolution des oeillets en 1974 par l’ambassadeur des Etats-Unis de l’époque au Portugal, Franck Carlucci. Un membre éminent de la CIA. C’est ce Carlucci qui a détecté, financé puis formaté le jeune Barroso, un agent de talent réussissant à franchir par la suite tous les échelons jusqu’à occuper le poste de Premier ministre du Portugal. La CIA sait placer ses hommes.

Il faut aussi se souvenir qu’en sa qualité de président de la Commission européenne, il a été porteur de 2010 à 2013 de la politique d’austérité ultralibérale. Il a participé à la troïka dans tous les pays touchés par la crise, de la Grèce à l'Irlande. Or, le principe de ces « sauvetages » a été de sauvegarder les intérêts des banques.

L'ancien président de la Commission, qui n'a jamais vraiment eu à répondre de ses choix devant le parlement européen, a géré au mieux les intérêts du secteur financier. Il reprend du service cette fois directement chez ses maîtres.

C’est de cette Europe là, celle des oligarchies financières, celle de l’austérité toujours pour les mêmes que les peuples européens ne veulent plus. Celle de MM. Draghi et Barroso, aujourd’hui de M. Junker qui tous ont été nommés et maintenus à leurs postes par les présidents et chefs de gouvernement du continent et donc par Sarkozy et par Hollande.

Avec eux, l’Europe de la justice sociale, passage obligé pour l’entente et la paix, ne pourra pas se construire. Il faut d’autres femmes, d’autres hommes pour mener une autre politique européenne au service des gens et non des banques.

Quant à ceux qui douteraient de mes affirmations sur le lien de Barroso avec les services yankees, je leur propose de réfléchir un moment avec la chanson de Jean Ferrat : « Les flics sont partout ».

On l’écoute…

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

Recherche

Articles Récents

Liens