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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 18:22

Ma chronique sur Radio Arts-Mada (en direct les lundi à 19h15)

Comment ne pas évoquer ce soir le massacre commis jeudi dernier à Nice. Nous avons tous en tête les scènes d’horreur, les familles endeuillées, les enfants arrachés à la vie.

A ces hommes et à ces femmes, Niçois mais aussi venus d’ailleurs, de France et de l’étranger, notamment de Tunisie, toute notre compassion. Notre colère aussi. Tant de morts, tant de sang alors que la nuit s’annonçait belle à la lueur du feu d’artifice tiré en l’honneur du 14 juillet !

L’émotion doit-elle interdire la réflexion, les interrogations ? Je ne connais pas, nous ne connaissons pas les premiers résultats de l’enquête. Mais des questions se posent à moins de gober naïvement la vérité imposée. Posons-les.

Il y a peu encore, l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi vantait sa ville ultra-sécurisée aux 1000 caméras placées à chaque coin de rue. Il affirmait que « les frères Kaouachi n’auraient pas pu passer trois carrefours » faisant référence aux attentats de Paris. Alors, comment expliquer qu’un camion de 19 tonnes ait pu pénétrer sans problème sur la Promenade des Anglais ?

Pourquoi la précipitation ? Le carnage à peine terminé, Hollande, Valls vite rejoints par la caste politico-médiatique qualifiaient l’acte comme celui du « terrorisme islamiste ». Sans retenue, sans la moindre preuve, déclenchant les pires discours racistes et fascisants.

Pourquoi rétablir l’état d’urgence 12 heures après avoir annoncé sa suspension alors qu’il a démontré son inefficacité à Nice et ailleurs ?

Pourquoi ne pas fustiger le comportement indigne de plusieurs médias qui ont rivalisé dans l’ignominieux en privilégiant la recherche de l’image sanglante et l’utilisation voyeuriste du malheur des victimes ? Avec micros tendus complaisamment aux représentants du Front national.

Pourquoi, dès le départ, faciliter la récupération du carnage par les fascistes-intégristes en ne prenant pas en compte le profil du tueur ?

Qui peut affirmer qu’il s’agit d’un « soldat de Dieu » comme le déclare le prétendu « état islamique » bien content de faire parler de lui. Ne s'agit-il pas plutôt d’un fou furieux malade mental passé à l’acte dans un contexte se prêtant à une dimension spectaculaire sous l’influence d’événements récents ?

Le terrorisme reste une menace réelle. Mais à force de tout mélanger on verse dans l’absurde ouvrant la voie aux candidats, conscients ou pas, à l’action barbare.

Les racines du mal, les racines du terrorisme passent à la trappe. Oubliées les guerres en Irak, oubliés l’aventure de la France en Libye. Oubliés les appels aux guerres de religions. Oublié le conflit israélo-palestinien. Oubliés les assassinats de masse quasi-quotidiens en Irak. Oubliés les réfugiés fuyant les guerres. Les monstres engendrent des monstres. Pas seulement du côté des fascistes-intégristes.

A force d’utiliser les drames à des fins de minables calculs politiciens, à force de mener une course politico-médiatique irresponsable, un boulevard est ouvert aux pires manifestations fascisantes, aux pires forces brunes. En France et au delà.

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