Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 19:54

 

 

Barack Obama, trop rapidement décoré du Prix Nobel de la Paix au tout début de son premier mandat, vient de faire une tournée d’adieu à l’Europe. Quelle capitale a-t-il choisi pour dire bye bye à ses collègues, certains d’entre eux en phase gouvernementale terminale ?  Berlin, et oui, Berlin.

 

Obama qui laisse le monde Trumporisé n’a pas choisi par hasard la capitale du pays qui gère l’Europe à la schlague austéritaire. Inutile de perdre son temps à Paris, Rome et Madrid. Il lui suffisait de siffler pour que ses affidés Hollande, Renzi et Rajoy  rappliquent vite fait chez la cheftaine berlinoise, d’autant que celle-ci s’apprêtait à annoncer son intention de briguer un quatrième mandat.

 

Obama, la semaine dernière, c’était comme un prêtre pressé qui dispense dans la même foulée le baptême et l’extrême onction. Fallait faire vite, à l’américaine, et ne pas s’encombrer de préalables inutiles. Quatre heures, repas compris, comme un autre président réglait l’affaire en dix minutes, douche comprise.

 

Autour de la table du déjeuner vendredi à Berlin, Hollande qui avait imprudemment soutenu la candidature de Mme Clinton a sans réserve approuvé les nouvelles « sanctions » contre la Russie tout en essayant d’en savoir un peu plus sur le prochain président des Etats-Unis. Car il se fait du mouron Flanby.  Trump qui se fiche comme  d’une guigne des amateurs d’escargots, de spaghettis et de paella, a déjà eu quelques amabilités amers pour fraise des bois, Hollande pour les non initiés. Le Trump a de la mémoire.

 

Bref, Obama est reparti chez lui en laissant les convives sur leur faim. Tous, sauf la chancelière avec qui il s’était entretenu les yeux dans les yeux. On dit que Babar a regagné Paris furieux. On le comprend. Etre moqué à Paris, il a l’habitude, être méprisé à Berlin, c’est plus dégradant.

 

L’image de l’Europe made in Germany s’est affichée en grand format vendredi à Berlin. La chancelière allemande aux commandes pour imposer une politique de restrictions sociales et un alignement sur les diktats austéritaires, bref tout ce dont les peuples ne veulent plus en le faisant savoir par des votes désespérés ou des abstentions. Pour une bonne part, la montée des extrêmes droites sur notre continent est la conséquence de cet édifice européen désastreux pour la vie des gens qu’il faut reconstruire de la cave au grenier. Au risque sinon de sombrer dans l’aventure dans laquelle nous conduit la prétendue élite qui se donne en spectacle comme dimanche soir avec la primaire de la droite reléguant Sarkozy aux oubliettes et privilégiant Fillon, le Thatcher sarthois. L’élite ?   « L’élite, celle qui dirige à sa convenance et pour les intérêts de la haute caste avec un saint mépris de ses contemporains courant comme des enfants après les hochets qu’on agite devant leurs yeux naïfs avides de rogatons », écrit Régis Jauffret dans son dernier ouvrage que je vous recommande «  Cannibales » chez Seuil.

 

Obama est rentré chez lui. Son entourage indique qu’il reviendra en Allemagne, plus précisément à Munich, lors de la prochaine fête de la bière. J’aime la bière, même si je lui préfère le vin. Avec, comme on dit hypocritement, modération. Je l’aime surtout en écoutant Jacques Brel la célébrer. Ecoutons-le.

 

(Ma chronique sur Radio Art Mada en direct à 19h15)

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

Recherche

Articles Récents

Liens