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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 10:46

Cédric Herrou, ma grand-mère et la « famille » de Mazamet Le sort des réfugiés et de leurs soutiens en France me rappelle les durs moments passés par ma grand-mère et ses deux filles. Leur mari et père, leur fils et frère étaient morts au combat pour la défense de Madrid pendant ce qu’on qualifie encore et encore de guerre civile espagnole alors qu’il s’agissait d’un putsch fasciste commis contre une République démocratiquement élue. Passons. Ma grand-mère et ses deux filles avaient trouvé refuge à Barcelone. Peu de temps avant que la ville tombe aux mains des troupes franquistes, comme des centaines de milliers d’autres Espagnols, elles prirent le chemin de la France. C’était en février 1939. Il neigeait. Elles n’avaient comme seul bagage que deux baluchons. En arrivant au Perthus sous un froid glacial, à la frontière française, les gardes mobiles encadraient, bousculaient, insultaient ces hommes et ces femmes qui croyaient en la France solidaire. La plupart d’entre eux étaient dirigés vers les camps de concentration d’Argelès et de la région. Sauf quelques chanceux au nombre desquels ma grand-mère et ses deux filles. Elles comptaient, bien entendu, des complicités locales. L’espace d’un instant, le cordon des gardes mobiles s’écarta laissant passer les trois femmes. Un homme les attendait, les entraîna vers une voiture, leur donna trois billets de train. Et il leur dit : « Vous allez jusqu’à Mazamet sans prononcer un mot ». Un couple vous attendra sur le quai. J’insiste pas un mot ». Jusqu’à la fin de leur vie, ma grand-mère et ses deux filles ont évoqué avec tendresse la « famille » de Mazamet chez qui elles ont trouvé réconfort, amitié, solidarité. De la chaleur humaine, tout simplement. Pourquoi vous raconter cette histoire ? C’est le comportement de Cédric Herrou qui me pousse à le faire. Ce jeune agriculteur de la vallée de la Roya près de la frontière franco-italienne est menacé de huit mois de prison avec sursis pour avoir nourri, hébergé, soigné des réfugiés. Vendredi, quatre de ses voisins ont été arrêtés pour les mêmes raisons. Cédric Herrou est un citoyen généreux, comme la famille de Mazamet Cédric Herrou est un homme courageux, comme la famille de Mazamet. Cédric Herrou est l’honneur de la France, comme la famille de Mazamet. Cédric Herrou, élu par 4000 internautes « Azuréen de l’année », donne à voir une autre France que celle représentée par le très mussolinien président du conseil général des Alpes maritimes, Eric Ciotti. Il y a bien deux France : celle qui peut voler en toute impunité la République, pourchasser les malheureux et celle qui au prix de sa propre liberté refuse l’injustice et fait simplement preuve de générosité. José Fort

Cédric Herrou, ma grand-mère et la « famille » de Mazamet

 

 

Le sort des réfugiés et de leurs soutiens en France me rappelle les durs moments passés par ma grand-mère et ses deux filles.

 

 

Leur mari et père, leur fils et frère étaient morts au combat pour la défense de Madrid pendant ce qu’on qualifie encore et encore de guerre civile espagnole alors qu’il s’agissait d’un putsch fasciste commis contre une République démocratiquement élue. Passons.

 

Ma grand-mère et ses deux filles avaient trouvé refuge à Barcelone. Peu de temps avant que la ville tombe aux mains des troupes franquistes, comme des centaines de milliers d’autres Espagnols, elles prirent le chemin de la France. C’était en février 1939. Il neigeait. Elles n’avaient comme seul bagage que deux baluchons. En arrivant au Perthus sous un froid glacial, à la frontière française, les gardes mobiles encadraient, bousculaient, insultaient ces hommes et ces femmes qui croyaient en la France solidaire. La plupart d’entre eux étaient dirigés vers les camps de concentration d’Argelès et de la région. Sauf quelques chanceux au nombre desquels ma grand-mère et ses deux filles. Elles comptaient, bien entendu, des complicités locales.

 

L’espace d’un instant, le cordon des gardes mobiles s’écarta laissant passer les trois femmes. Un homme les attendait, les entraîna vers une voiture, leur donna trois billets de train. Et il leur dit : « Vous allez jusqu’à Mazamet sans prononcer un mot ». Un couple vous attendra sur le quai. J’insiste pas un mot ».

 

Jusqu’à la fin de leur vie, ma grand-mère et ses deux filles ont évoqué avec tendresse la « famille » de Mazamet chez qui elles ont trouvé réconfort, amitié, solidarité. De la chaleur humaine, tout simplement.

 

Pourquoi vous raconter cette histoire ?

 

C’est le comportement de Cédric Herrou qui me pousse à le faire.

 

Ce jeune agriculteur de la vallée de la Roya près de la frontière franco-italienne est menacé de huit mois de prison avec sursis pour avoir nourri, hébergé, soigné des réfugiés. Vendredi, quatre de ses voisins ont été arrêtés pour les mêmes raisons.

 

Cédric Herrou est un citoyen généreux, comme la famille de Mazamet

 

Cédric Herrou est un homme courageux, comme la famille de Mazamet.

 

Cédric Herrou est l’honneur de la France, comme la famille de Mazamet.

 

Cédric Herrou, élu par 4000 internautes « Azuréen de l’année », donne à voir une autre France que celle représentée par le très mussolinien président du conseil général des Alpes maritimes, Eric Ciotti.

 

Il y a bien deux France : celle qui peut voler en toute impunité la République, pourchasser les malheureux et celle qui au prix de sa propre liberté refuse l’injustice et fait simplement preuve de générosité.

 

 

José Fort

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commentaires

jmp 12/01/2017 18:00

J'ai eu la chance d'avoir des parents Communistes.
Putain quel bol!
Sinon, je serais devenu raciste comme mes potes, qui sont restés ds ma banlieue.
Dans mes années de jeune mec; à la fin des 50's et le début des 60's,nos potes d'école étaient des "bougnoules", des "portos", des "ritals", des" espingos" .
Ils vivaient dans des citées dites "d'urgence ", à la sortie de nos villes.
Et puis, il allèrent dans nos écoles , et certains d'entre eux firent de belles études , en fac ou dans des écoles de Commerce ,ou d'Ingénieurs, peu, soit, mais tout de même quelques uns.
Ma mère s'est bien tapée, , cheffe de cuisine, dans une école, elle piquait de la bouffe qui restait après le déjeuner, et faisait fonctionner la solidarité pour les pauvres avec le reste, elle se fit chopper par Mme la chef Econonome, (communiste), puis sermonée très fort pour faute...
On s'en fout, mes parents sont morts, deux anciens FTPF..Deux anciens Communistes., et militants syndicaux à la CGT..bien sur...

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