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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 14:08

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada. En direct tous les lundi à 19h)

Ce soir, en sortant de la gare St Jean à Bordeaux, j’ai été pris sous une grosse averse. En regardant la pluie tomber, je me suis posé la question suivante : à combien s’élève la vitesse d’une goutte ?

Un ami, savant, m’affirme que quels que soient la hauteur du nuage et le poids de chacune des gouttes, elles arrivent toutes sur le sol à une vitesse comprise entre 8 et 10 km/h. Cela est dû, me précise-t-il, à leur forme qui augmente l’effet de frottement dans l’atmosphère et empêche leur accélération.

Ca vous en bouche un coin, n’est-ce pas ? Mais pourquoi poser une telle question ? Mon léger désordre prostatique du moment explique-t-il ma réflexion sur la vitesse d’une goutte d’eau tombant du ciel? Il y a une autre raison.

Dans le train qui me menait à Bordeaux, un de mes compagnons de voyage s’est interrogé longuement sur la vitesse de l’information, sur la rapidité des changements politiques, sur la promptitude des réactions au moindre pets des omniprésents du commentaire, sur la célérité des retournements de veste. Bref, sur cette société qui au rythme effrayant imposé risque de dépasser une vitesse raisonnable comme celle de la goutte de pluie pour aller se fracasser à la vitesse, cette fois grand V, dans le piège tendu par les droites musclée filloniste, camouflée macroniste et néofasciste lepéniste.

Il ne s’agit plus seulement de rapidité mais d’une précipitation moutonnesque aveugle et mortifère. Serions nous condamnés à nous enfermer nous mêmes dans l’impasse ? Serions nous disposés à baisser les bras alors que la mobilisation populaire pour éviter le désastre est une affaire de jours ? Serions nous à la merci de ces prétendus responsables politiques aux égos démesurés qui nous mènent directement dans l’abime refusant de construire le nécessaire et large rassemblement permettant de résister aux forces de la réaction? Je ne le crois pas. Et je fais miens les propos des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot qui viennent de déclarer, je les cite :

« Nos enquêtes menées depuis trente ans auprès des dynasties familiales les plus fortunées démontrent une violence de classe et un appétit de richesses et de pouvoirs insatiable auxquels il est urgent de mettre fin avant qu’il ne soit trop tard. C’est pourquoi nous sommes atterrés devant l’impossibilité d’une dynamique entre la France insoumise, les communistes et tous les militants qui se reconnaissent dans la gauche radicale. Ne jamais oublier que nous sommes dans une guerre de classes dans laquelle l’ego des petits chefs n’a pas sa place et que c’est seulement dans la solidarité, la fraternité et le collectivisme que nous gagnerons cette guerre, qui, sinon, détruira la planète et l’humanité. » 

Vous et moi, amis auditeurs, nous ne sommes pas des courtisans évoluant autour des ayatollahs de la politique bien informés de l’ultime destination des derniers infidèles enfouis au plus profond de la mémoire oubliée. Nous sommes plus simplement des citoyens lambda qui veulent vivre mieux, dans un pays libre, démocratique et de justice sociale. Nous ne demandons pas l’impossible. Nous demandons l’unité face au péril qui plane sur la France.  
José Fort

J’ai commencé cette chronique avec la vitesse des gouttes d’eau et la pluie. Je la termine ici à Bordeaux, comme le chante Zaz, je la cite,« sous un ciel gris et la pluie s’invite ». Ecoutons Zaz.

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