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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 18:29

La bonne nouvelle venue de l’Equateur

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

 

Il faudrait être sourd ou aveugle pour ne pas savoir que le premier tour de l’élection présidentielle en France aura lieu le 23 avril, le second étant fixé au 6 mai.

 

Mais la France n’est pas le monde. D’autres consultations électorales ont eu lieu ce week-end ou vont avoir lieu prochainement. Serions-nous devenus tellement égocentriques pour ne pas les évoquer ?

 

 

 

Tenez, par exemple, les élections générales à Niue. Merci de prononcez NIUO Hé. Vous ne connaissez pas ? Niue est une île de l’océan Pacifique sud située à 2.400 KM au nord-est de la Nouvelle-Zélande, au centre d’un triangle formé par les îles Tonga, Samoa et Cook et découverte par James Cook en 1774. Sur ses 260 Km2 vivent environ 1600 personnes dont un peu plus de 500 dans la capitale Alofi. Sachez que le 6 mai prochain, 20 députés vont être élus au suffrage universel. La campagne électorale se déroule sans débordement, sans ralliement, sans coup fourré, sans sondage, sans cris, bref dans la bonne humeur, sauf dans quelques familles qui ont des comptes à régler.

 

Pourquoi parler de Niue? Rien, sauf qu’un peu d’exotisme ne nuit pas à la santé. Ce soir, nous aurons appris au moins une chose en géographie : Niue existe bel et bien.

 

Une autre élection, cette fois plus importante, a eu lieu hier. Cela se passait en Equateur pour une présidentielle se déroulant dans un contexte latino américain tendu. Au lendemain des dictatures, puis des politiques ultralibérales qui avaient ravagé le continent, plusieurs pays autrefois chasse gardée des Etats-Unis ont choisi la voie de la souveraineté, du développement, de la justice sociale. Un choix insupportable pour les dirigeants nord-américains qui ont mis au point une contre offensive économique et idéologique avec trois premières prises : le Brésil, le Honduras et le Paraguay, trois pays victimes de coups d’Etat institutionnels montés par les oligarchies locales soutenues activement par les Etats-Unis.

 

Le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur sont actuellement dans la ligne de mire de l’impérialisme yankee, la courageuse Ile de Cuba sous blocus économique US depuis plus d’un demi siècle ne baissant pas la garde, car durement expérimentée face aux agressions terroristes.

 

Hier, l’Equateur votait pour élire le successeur du charismatique président Rafael Correa qui ne se représentait pas.

 

Le candidat de la gauche, Lenin Moreno, affrontait lors du second tour de la présidentielle, la droite ultralibérale du banquier Guillermo Lasso. Militant révolutionnaire depuis le début des années 1970, Lenin, sans e SVP, s’est frotté à toutes les luttes émancipatrices de la société équatorienne.

En 1998, il a été victime d’un attentat. Gravement blessé au dos, il est devenu tétraplégique. Face au candidat de la droite, Lenin Moreno n’a cessé d’interpeller les Equatoriens sur deux visions pour le pays : « une patrie de citoyens ou un pays où nous ne sommes vus que comme des clients ».

 

Lenin Moreno a bénéficié du bilan de son prédécesseur. Deux millions d’Equatoriens sont sortis de la pauvreté, le pays s’est considérablement modernisé, s’est ouvert au monde, écoles et universités ont été construites, le patrimoine culturel a été valorisé et surtout, surtout, les Equatoriens ont retrouvé dignité et fierté.

 

Ses détracteurs se moquaient de Lenin Morano et de son handicap. Il a été élu président de l’Equateur avec près de 52% des suffrages au terme d’une sale campagne où toutes les droites et les services nord-américains ont joué la carte de la déstabilisation.

 

La gauche équatorienne a gagné. Et nous en sommes ravis.

 

José Fort

 

Pour célébrer cette victoire écoutons Sash !Ecuador.

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