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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 18:46

La presse à la botte ?

 

Ma chronique cette semaine en deux parties et deux chansons.

(En direct sur Radio Arts-Mada, tous les lundi à 19h)

 

 

La communication élyséenne, la com dit-on quand on veut faire branché, ne fait pas dans la dentelle. Déjà, lors de la campagne électorale, les images et le son du candidat d’« En marche » étaient passés à la moulinette avant de nous être resservis sur les écrans télé et sur les radios. Ce n’était qu’une mise en bouche avant le plat principal. Le voici. Désormais, ce ne seront plus les directions des rédactions qui choisiront le ou la journaliste chargé de « couvrir » un événement présidentiel. C’est la « dir com » du patron, comme au bon vieux temps où il exerçait à la banque Rothschild, qui donnera le feu vert ou pas. Cette mesure, une première en France, entraîne une vague de protestations dans toutes les rédactions.

 

Une première ? En effet, et j’en témoigne. Accrédité auprès de la presse présidentielle pendant plusieurs années, les temps n’ont pas toujours été… roses. Avec Mitterrand, par exemple, le mépris qu’il portait à « l’Humanité » se traduisait par des remarques désagréables, par mon exfiltration d’une conférence de presse un jour, la coupure du micro un autre. Mais jamais, ma candidature à un voyage présidentiel, à un sommet européen ou à un G7 a été discutée par la com élyséenne.

 

Avec Chirac, je n’ai jamais été victime d’une quelconque discrimination bénéficiant comme mes collègues des mêmes services avant et pendant les déplacements. On me dit qu’avec Sarkozy et Hollande, malgré le peu de sympathie portée par les deux anciens présidents à l’égard de « l’Humanité », les directions successives de la communication élyséenne ne sont jamais intervenues dans le choix des journalistes. Et bien, c’est Macron qui inaugure cette com new look: il choisira lui même ses journalistes. On ne manquera pas de noter que Macron va ainsi fonctionner comme le sinistre président nord-américain Trump. Tous les deux veulent des larbins de la presse à leurs bottes, les autres étant jetés aux chiens.

 

 

 

En écrivant cette première partie de chronique, j’avais à l’esprit « journalistes en danger » interprété par le chanteur ivoirien Alpha Blondy. Ecoutons-le.

 

 

 

36 eme jour de grève de la faim

 

Les nouvelles reçues sur l’état de santé des prisonniers palestiniens en grève de la faim dans les prisons israéliennes sont extrêmement préoccupantes. Marwan Barghouti, celui qu’on appelle « le Mandela palestinien », et d’autres grévistes ont entamé une « grève sèche », c’est à dire sans eau. Leur vie est en danger avec de possibles conséquences graves en Palestine et en Israël.

 

La grève de la faim des prisonniers palestiniens s’explique par les terribles conditions de détention imposées par le gouvernement de Tel Aviv et l’administration pénitentiaire israélienne. Elle rappelle le sort subi par plusieurs patriotes irlandais, il y a maintenant près de quarante ans.

Les plus anciens se souviennent de Bobby Sands et de ses camarades. Bobby Sands est mort à l’âge de vingt sept ans après avoir mené une grève de la faim de soixante-six jours dans la prison de Maze en Irlande du Nord. Victime de l’intransigeance de Margaret Thatcher, alors Premier ministre britannique, il était devenu un héros de la cause républicaine et de la défense de la dignité des prisonniers politiques. Mme Thatcher, « la Dame de fer », celle qui qualifiait Mandela de « terroriste », celle qui sert encore de modèle à bon nombre de politiciens français, à commencer par M. Macron, avait dépassé les frontières de l’abject en réagissant en ces termes devant le parlement britannique : « Monsieur Sands était un criminel condamné. Il a fait le choix de s’ôter la vie… »

 

Au bout de 36 jours de grève de la faim, le processus de fin de vie est engagé. Et tout semble indiquer que le gouvernement israélien restera sourd à moins qu’une puissante vague de protestations venue du monde entier déferle sur Tel Aviv. Savez-vous que des groupes ultras religieux israéliens organisent des barbecues à proximité de la prison tandis que le ministre de la « Défense » ose déclarer à propos des grévistes palestiniens: « affrétons des bus pour aller les noyer dans la mer morte ?»

 

Le silence politico-médiatique est total à Paris et dans toutes les capitales européennes. Cela n’est plus supportable. Il faut sauver la vie des grévistes de la faim palestiniens et celle de leur leader Marwan Barghouti.

 

Je veux terminer cette chronique en reprenant une information communiquée par notre ami Taoufiq Tahami. Mohamed Beker vivait à Gaza. Il était pêcheur et le 15 mai au matin son bateau a été pris pour cible par la marine israélienne car il serait « sorti » de la zone définie arbitrairement par Israël. En imposant, en toute illégalité, un blocus sur la bande de Gaza, l’Etat israélien pille les ressources palestiniennes, notamment maritimes, et cantonne les pêcheurs gazaouis à des zones de pêche très peu productives. Il s’appelait Mohamed Baker et il a été enterré ce matin.

 

 

Ecoutons « Une chanson pour Gaza et la Palestine » interprétée par Raja Touta Jeridi.

 

 

José Fort

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