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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 23:18

Prisonniers et réfugiés

 

(Ma chronique sur Radio Arts Mada, tous les lundi en direct à 19h)

 

J’avais l’intention de consacrer entièrement ma chronique ce soir aux prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim. Comme vous le savez certainement, leur mouvement a été suspendu (je dis bien suspendu et non arrêté) après de longues négociations entre les autorités d’occupation israéliennes et le comité des prisonniers emmenés par Marwan Barghouti, le Mandela palestinien, et après intervention du Comité international de la Croix rouge.


La grève de la faim a duré 41 jours, ce qui en fait l'une des grèves collectives les plus longues et les plus massives dans l'histoire du mouvement des prisonniers palestiniens, souligne le comité international pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens. Elle avait pour objectif de mettre fin aux violations par Israël des droits des prisonniers. Les revendications comportaient le respect du droit de visite des familles, la fin de la torture et des mauvais traitements pendant l'arrestation, le transport et la détention, la fin de la politique de mise à l'isolement ainsi que la fin de la détention administrative sans accusation et, enfin, le droit à l'éducation.


Le gouvernement israélien avait annoncé qu'il ne négocierait pas. Grâce à la détermination des prisonniers politiques et à la solidarité internationale, le gouvernement de Tel Aviv a été obligé de négocier. C’est une grande victoire et je laisserai demain soir sur Radio Arts Mada mon ami Alain Desmarets et ses invités tirer les leçons de ce nouvel épisode de la lutte héroïque palestinienne.

 

Ce soir, je veux évoquer une pratique, et cela ne date pas d’hier, d’un pays membre de l’Union européenne : la Hongrie. Ce pays se distingue dans le domaine de l’abject en recrutant des chasseurs, écoutez bien, des chasseurs de migrants.

 

« Chasseurs frontaliers », c’est le nom officiel de ce corps de police magyar. Il assiste plus de 10 000 policiers et militaires déjà déployés aux frontières serbe et croate du pays.

 

Après six mois d’entraînement, ces volontaires âgés de 30 ans en moyenne, parmi lesquels de nombreuses femmes, patrouillent, armés d’un spray de gaz poivré, d’une matraque et d’un revolver.

 

Chasseur de migrant, c’est un boulot garanti et bien payé. Les élèves sont rémunérés dès le début de leur formation. Au bout de deux mois, la rétribution mensuelle passe de 500 à plus de 700 euros, le double du salaire minimum en Hongrie. Avec une condition : maitriser les passages à tabac, les menottages, les humiliations. La chasse au migrant est ouverte le long des 175kms de murs-barbelés séparant la Hongrie des pays proches et de nombreux candidats à la capture humaine en désespérance continuent de se presser dans les bureaux de recrutement pour aller chasser l’Autre.

A propos de l’Autre, écoutez le poème de Robert Gélis intitulé « Portrait de l’Autre »


« Celui d’en face, ou d’à côté,
Qui parle une autre langue
Qui a une autre couleur,
Et même une autre odeur
Si on cherche bien …

L’Autre

Celui qui ne porte pas l’uniforme
Des bien-élevés,
Ni les idées
Des bien-pensants,
Qui n’a pas peur d’avouer
Qu’il a peur …

L’Autre :
Celui à qui tu ne donnerais pas trois sous
Des-fois-qu’il-irait-les-boire,
Celui qui ne lit pas les mêmes bibles,
Qui n’apprend pas les mêmes refrains …

L’Autre :
N’est pas nécessairement menteur, hypocrite,
vaniteux, égoïste, ambitieux, jaloux, lâche,
cynique, grossier, sale, cruel…
Puisque, pour Lui, l’AUTRE …
C’est Toi »

 

Le déchaînement sécuritaire, le racisme et la xénophobie sont en marche. Si nous ne ripostons pas, si l'Union Européenne n'intervient pas, la porte restera ouverte aux pires forces de la mort et du néant.

 

 

Pour terminer, ce soir, en pensant aux dizaines de réfugiés, parmi lesquels beaucoup d’enfants, morts la semaine dernière en mer Méditerranée, voici la chanson « Réfugiés » interprétée par Julien Clerc. Elle a été écrite par Etienne Roda-Gil, lui même fils de réfugiés républicains espagnols. Ecoutons Julien Clerc.

 

José Fort

 

 

 

 

 

 

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