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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 18:41

Les mots et la réalité

 

 

(ma chronique sur Radio Arts-Mada en direct tous les lundi à 19h)

 

Vous n’avez pas pu échapper ces derniers jours au matraquage médiatique à propos de la prétendue « communauté internationale », la « démocratie », la « générosité » et le « terrorisme ».

 

 

Communauté internationale ?

 

 

Mais que fait la « communauté internationale » ? Face au spectacle chaotique du monde, cette question est reprise à l’infini par les commentateurs paresseux. Réponse: rien. Comment pourrait agir une communauté internationale qui n'existe pas ? L'expression « communauté internationale » est tellement courante, écrit Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, qu'elle en est presque devenue « un tic de langage dans les médias, la classe politique, les ONG et les communiqués des sommets multilatéraux… Pourtant, elle correspond bien peu à la réalité. »

Moi, je vous le dis sans détours : la dite «  communauté internationale », dans les faits, ce sont les Etats-Unis et leurs alliés.

 

 

Démocratie ?

 

Ah, combien ce mot est utilisé à longueur d’antenne. C’est quoi cette « démocratie » que Trump, les dirigeants européens et la fausse gauche française aimeraient exporter à Caracas et ailleurs ?

 

Celle qui permet d’élire des dirigeants à coups de millions de dollars ou d’euros soutenus par une presse propriété de l’oligarchie, le pluralisme, dans les faits, jeté aux orties ? Celle qui en France permet d’élire un Président par défaut, 8 électeurs sur 10 n’ayant pas voté Macron ou encore celle qui a permis à Trump d’être élu par seulement 28%  des électeurs ?


Mais puisque la démocratie est proclamée et exigée avec tant d’ardeur, observons ce qui se passe dans certains des pays d’Amérique du Sud ceux qui de manière frénétique réclament le respect de la démocratie au Venezuela.

 

Au Honduras, le président Juan Orlando Hernández a annoncé qu’il cherchait à obtenir un nouveau mandat aux élections de 2018. Or, la constitution du Honduras interdit à toute personne ayant été chef de l’État d’occuper à nouveau cette charge. Faut-il rappeler que le parlement du Honduras a destitué  le président Zelaya en Juin 2009 pour avoir proposé une consultation populaire sur la possibilité de changements constitutionnels ? Au Honduras, sans que cela provoque des réactions, près de 300 syndicalistes, militants de gauche et écologistes, étudiants, journalistes, et avocats ont été assassinés ces dernières années.

 

Au Paraguay – autre pays promoteur de sanctions contre le Venezuela – la réélection y est aussi interdite.  Et pourtant une majorité de 25 sénateurs ont approuvé un projet d’amendement constitutionnel qui la rendrait possible. Selon le journal « La Nacion », la session durant laquelle la proposition a été adoptée a eu lieu en catimini dans un bureau pour éviter l’opposition du président du Sénat dans l’enceinte du congrès. Le même groupe a modifié le règlement interne de la chambre pour permettre que n’importe quel projet de loi soit rapidement approuvé.

 

Au Brésil, plusieurs centaines de députés qui ont voté la destitution de Dilma Rousseff sont actuellement poursuivis pour corruption tout comme l’actuel Président.

 

 

Et ce Mexique qui ose prononcer le mot «  démocratie »  alors que les violations des droits humains atteignent des sommets, que la corruption politique maintient au pouvoir des féodalités assassines.

 

Et que dire de l’Argentine de Macri qui gouverne avec des décrets ignorant les lois en vigueur en manipulant la justice pour écarter les candidats dangereux comme l’ex présidente Fernández de Kirchner. Un dossier similaire à celui utilisé au Brésil pour éviter que Lula puisse être candidat en 2018.

Ce sont ces pays là qui osent parler de «  démocratie » et faire la leçon au Venezuela. 

 

Enfin, que dire des Etats-Unis, défenseur à feu et à sang de « l’ordre démocratique » : les pays que ce pays a bombardé, en Irak par exemple, sont en ruine et dans le chaos absolu.

Aux Etats-Unis, le trafic d’influence est légal. Les groupes de pression des grandes sociétés sur les parlementaires sont une pratique courante. De la même façon, l’argent investi dans l’un ou l’autre candidat présidentiel détermine quel est l’aspirant le plus indiqué pour défendre les intérêts du patronat.  Et que dire aussi, des Noirs tirés à vue par la police, des manifestants antiracistes tués ou poursuivis? Ce pays a-t-il le droit de donner des leçons de «  démocratie » ?

 

A propos de démocratie, je vous propose d’écouter les notaiRes chanter «  Dans ma démocratie ». Ecoutons.

 

 

 

 

 

 

 

 

Générosité ?

 

Elle existe bel et bien. Mais généralement ce sont les plus humbles qui font preuve de générosité.  Un exemple parmi tant d’autres.

 

Le célèbre footballeur riche à ne plus savoir qu’en faire, Léo Messi s’est marié il y a quelques semaines à Antonella Roccuzzo à Rosario en Argentine. À cette occasion, le couple avait demandé aux 260 invités, parmi lesquels figuraient de nombreuses stars de la chanson, du cinéma, des sports, de la finance et de la politique de ne pas leur faire de cadeau, mais plutôt de verser un don à une œuvre de charité, l'association Techo qui construit des hébergements d’urgence pour les défavorisés en Argentine.

 

Bilan de la soirée 200 000 pesos soit seulement 9 500 € (36,50 € par invité). Une somme qui fait scandale en Argentine car jugée ridicule compte tenu du statut des invités. Le quotidien argentin « Clarin » souligne que le footballeur Gerard Pique et son épouse la chanteuse Shakira, ont dépensé ce soir-là 15 000 dollars au casino qui était spécialement réservé pour les invités

 de la noce.

 

Terrorisme ?

 

Faudra-t-il encore longtemps, comme après le carnage de Barcelone, pleurer les victimes du terrorisme? Ecrire les mêmes mots de dégoût, de colère, de tristesse? Prononcer les mêmes discours? Suivre les mêmes émissions spéciales rabâchant les mêmes infos provoquant le phénomène de mimétisme chez des déséquilibrés, comme à Marseille ce matin? Entendre des commentaires insipides? Organiser des cérémonies sans lendemain?
 

Combattre les intégristes assassins, les mettre hors d'état de nuire est une priorité. Mais est-ce seulement ainsi qu'il faut agir? Les seuls Etats-Unis ont dépensé 17 milliards de dollars en bombardements et actions militaires diverses dans la région au titre de combats entre les djihadistes. Combien les Européens? Pour quel résultat? Ces sommes colossales n'aurait-elles pas été mieux utilisées pour l'éducation, la santé et la sécurité des populations asséchant ainsi le terreau dont se nourrit le terrorisme ?

 

Pour terminer, un peu d’optimisme avec Enfantastiques et une
chanson extraite de l'album « Elle me plaît bien comme ça la France » qui contient 16 chansons sur les thèmes de la citoyenneté, la laïcité, l’éducation, la liberté d’expression... Elle est interprétée par 500 élèves d'écoles élémentaires. Ecoutons.

 

José Fort

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