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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 10:45

Bonifacio (Corse du Sud)

Je me trouvais dans cette ville au moment du débarquement de 124 clandestins. Voici mon témoignage. 

« La Corse est une terre d’accueil, notre ville a tout mis tout en œuvre pour accueillir dans la dignité ces pauvres gens », soulignait samedi au petit matin Jean-Charles Orsucci, le maire de Bonifacio.  Stupéfaction la veille dans cette ville de Corse du Sud comptant moins de trois mille habitants en hiver : 124 clandestins, pour la plupart  Kurdes venus semble-t-il de Syrie et parmi lesquels cinq femmes enceintes, une quarantaine d’enfants dont 9 nourrissons et une personne handicapée tous proprement habillés ont été débarqués sur la plage de Paraguano située dans une réserve naturelle de l’extrême sud de l’Ile de Beauté, face à la Sardaigne. Une première en Corse. M. Orsucci, les services de la Ville et les associations locales peuvent afficher tête haute : ils ont  relevé le défi humanitaire en assurant l’hébergement, l’alimentation et le suivi médical. Un comportement digne de la Corse généreuse. Autre chose est l’attitude musclée des autorités de l’Etat.

Après des heures d’attente, le sous-préfet est sorti quelques instants pour tenter de calmer les journalistes maintenus fermement à l’écart. Carte de presse ou pas, on ne passait pas.  Seule FR3 a été autorisée à filmer quelques images. Le préfet, ses collaborateurs en liaison directe avec Paris n’avaient « rien à dire » en s’engouffrant dans le complexe sportif mis à dispositions des clandestins et bouclé par policiers et gendarmes. Les représentantes du Secours populaire français et de l’association France-Kurdistan venues de Bastia avaient pu, sous haute surveillance, remettre des couvertures avant d’être priées de vider les lieux tandis qu’un policier intimait l’ordre à un cameraman d’arrêter de filmer.

Les autorités préfectorales souhaitaient faire vite et dans la plus grande discrétion afin de contrer toute possible  mobilisation solidaire. Samedi, peu avant le lever du jour, les 124 clandestins ont pris place sans résistance dans un autocar et plusieurs minibus en direction de la base militaire de Solenzara (à 80 Kms environ de Bonifacio) où ils ont été embarqués à destination du continent.

José Fort  

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