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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 15:41

La mort de l’autocrate gabonais Omar Bongo ouvre la boîte de Pandore. Les langues se délient à Paris.

 

Avec 41 ans au pouvoir en ligotant toute forme d’opposition et en pillant les richesses du pays (surtout le pétrole) à son profit et celui de sa famille, le sinistre Omar était le plus ancien dictateur en place en Afrique. Bongo a connu tous les présidents de la  V ème République et dispose toujours en France de considérables biens immobiliers et comptes bancaires dont certains font l’objet de poursuites judiciaires.

A peine son cadavre refroidi, c’est à Paris que les langues se délient. Giscard d’Estaing qui avait été mêlé à l’affaire des diamants du dictateur centre africain Bokassa, très heureux de régler un vieux compte, assure sur une radio que Jacques Chirac a bénéficié de l’aide financière de Bongo pour l’élection présidentielle de 1981. Ce dernier dément alors que toutes parts surgissent des informations affirmant que l’argent gabonais a coulé à flots au bénéfice de « tous les partis politiques français ». Si les pétrodollars par l’intermédiaire d’ELF ont bien été accueillis sous la présidence socialiste de François Mitterrand et si le RPR, l’ancien parti gaulliste, a largement été financé par Libreville, les autres formations politiques comme le parti communiste n’ont pas touché  un seul centime d’Omar. Dans ces conditions, on comprend mieux les réactions de Nicolas Sarkozy et de son sous-ministre Kouchner (nègre du régime gabonais à près de 800.000 euros la prestation)  après la mort du dictateur. Les déclarations attristées  se sont multipliées pour saluer « un ami de la France » (Sarkozy), une « figure africaine remarquable » (Morin), un « homme qui a joué un rôle considérable »(Kouchner). Bref, à écouter les officiels français, Paris serait prêt à dresser des statuts à un sale type qui a fait assassiner en France l’amant de sa femme, des dizaines de contestataires dans son pays et mis en place un système financier mafieux. On a les amis que l’on mérite.

Détail émouvant. La direction régionale d’Air France, le groupe français CFAO (Bolloré) et le PMU gabonais ont un point commun. Toutes ces institutions ont fait publier dans « l’Union », l’unique quotidien gabonais, des encarts publicitaires exprimant leurs « condoléances les plus attristées » à la famille Bongo. La Citibank où un compte d’Omar de 140 millions d’euros avait été découvert en 2000 figure aussi par les annonceurs. Nicolas Sarkozy n’a pas fait publier ses condoléances. Il est allé en personne faire part de sa grande émotion avec à l’esprit la continuité de la présence militaire française sur place et l’avenir assuré des intérêts de ses riches amis.

 

 

  

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