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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 08:47

 

 

Un article publié dans « Vie Nouvelle »

 

L’exaspération est à son comble. La politique de Bruxelles inféodée aux marchés provoque une réaction populaire dans de nombreux pays du continent. Les gouvernements toutes tendances confondues veulent imposer la « règle d’or », la règle de la finance. 

 

Rien ne va plus. La crise que les dirigeants européens affirment vouloir  juguler en offrant toujours plus de facilités aux nantis, en pressurant pauvres et couches moyennes, en s’attaquant aux services publics et aux acquis sociaux provoquent sur l’ensemble du continent des mouvements de protestation. Le sentiment de ras-le-bol gagne la plupart des pays, la colère s’exprimant de plus en plus dans les rues.

Quelques exemples. En Grèce, les politiques économiques menées à tour de rôle depuis trente ans par la droite et les socialistes ont été marquées par le mensonge d’État et la corruption. Les privatisations s’abattent sur la plupart des secteurs de l’économie alors que salaires et retraites sont amputés de 30 %, l’alimentation et les médicaments ayant augmenté environ de 40 %. Les grandes manifestations du printemps dernier vont se prolonger au cours des prochains mois par des démonstrations chaque fois plus importantes pouvant déboucher sur des violences. L’exaspération est à son comble.

Après le Portugal, en Espagne, à peine le mouvement des indignés suspendu et la période des congés terminée, les deux grands syndicats (COO et UGT) ont mobilisé des centaines de milliers de salariés et de retraités contre l’adoption par le Parlement de la « règle d’or » visant  à graver dans le marbre le prétendu « équilibre budgétaire » officialisant en fait une politique constante d’austérité pour les travailleurs. Une « règle » que Nicolas Sarkozy voudrait imposer à la France. Pas seulement lui.

En Italie, la CGIL, pour les mêmes raisons qu’en Espagne, vient d’organiser une grève nationale de huit heures. Au même moment, dans une conversation privée, Silvio Berlusconi, toujours aussi délicat, déclarait : « Dans quelques mois, je quitte ce pays de merde qui me donne envie de vomir. » Son ami Britannique, le très conservateur Cameron, a dû vite fait interrompre ses vacances lorsque des émeutes ont explosé dans son pays. Trop rapidement pour être honnête, il a mis ces violences sur le compte de « gangs et de voyous » alors que pour l’essentiel ces actes s’alimentent d’une politique d’étranglement des couches les moins favorisées, les jeunes en premier lieu. Colères et protestations, sous des formes diverses, surgissent aussi dans les pays du nord comme en Finlande ou en Suède, et même dans l’est de l’Europe comme en Pologne ou en Slovaquie. La pilule de l’austérité  et les injustices ne passent pas.

Les gouvernants européens persistant dans la génuflexion devant les marchés financiers, il ne reste au mouvement social que la force de la protestation et de la proposition.   

Tout porte à penser que l’automne sera chaud. Pour combattre les projets néfastes aux intérêts des salariés et des retraités, mais aussi pour formuler les propositions afin de sortir par le haut de la crise : le rôle de la banque centrale européenne, le contrôle des banques, la puissance bien utilisée de la monnaie, la démocratisation des institutions européennes et une orientation visant la défense des intérêts des travailleurs. L’Europe doit choisir : se placer aveuglement au service des marchés ou se ranger du côté de ceux qui créent les richesses par leur sueur, leur intelligence et leur courage. Pour le moment, les marchés tiennent la corde européenne. Pour combien de temps ?

José Fort

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