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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 10:47

 

Les manifestations à la casserole ont une histoire qu’il convient de rappeler, certains fidèles des réseaux sociaux mêlant les immenses démonstrations de Montréal aux minuscules concerts entendus ces derniers jours à Buenos-Aires. La casserole comme instrument de protestation a été utilisée pour la première fois dans les beaux quartiers de Santiago du Chili après l’élection de Salvador Allende. En 1980, toujours à Santiago mais  dans les quartiers pauvres, des concerts de casseroles retentirent pour dénoncer la dictature. Les casseroles furent utilisées au début des années 2000 en pleine crise économique en Bolivie, en Uruguay et surtout en Argentine. Plus près de nous, les « indignés » espagnols ont fait de même. Nos amis québécois brandissent la casserole comme arme pacifique d’un mouvement parti de la révolte des étudiants pour exprimer désormais l’expression d’une société en colère. Les casseroles de Buenos Aires, c’est autre chose.

Dans des quartiers chics de la capitale argentine, des rassemblements de quelques centaines de personnes ont eu lieu ces derniers jours à la nuit tombée. Il s’agissait de protester contre la présidente Cristina Fernandez de Kirchner. Celle-ci après avoir eu l’outrecuidance de remercier la multinationale pétrolière espagnole Repsol vient d’adopter des mesures visant à réguler le marché des devises et l’inflation, à réformer la taxe foncière datant de 50 ans permettant à un propriétaire d‘un hectare de terre fertile de régler la même facture qu’un locataire d’un  60 m2. La présidente Kirchner n’a rien d’une révolutionnaire échevelée. Elle mène simplement une politique s’attaquant parfois aux privilèges des grandes fortunes locales. Les femmes de la bonne société de Buenos Aires ont donc sorti les casseroles. Ou plutôt ont fait sortir les casseroles à l’instar de cette bourgeoise faisant la « une » de journaux argentins manifestant avec sa domestique chargée de taper sur l’ustensile cylindrique à fond plat et muni d’une queue que la patronne avoue ne jamais utiliser.

José Fort

L’Humanité cactus 7 juin  

 

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