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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 10:58

Par José Fort (pour DiversesCités)

La Coupe du monde de football qui se déroule pour la première fois sur le continent africain constitue un événement sportif, économique, politique, culturel d’une formidable portée. Fan ou pas du ballon rond, laissons de côté les frasques des membres de l’équipe de France, le fric déversé à la pelle, l’imbécilité de certains joueurs ou membres de l’encadrement et tout ce qui fait dire à beaucoup que le foot peut être comparé aux jeux de Rome : faire oublier la dure réalité de la vie pour le plus grand nombre. Le football, le vrai, c’est autre chose. Du plaisir, de l’engagement, l’esprit de groupe et de solidarité. Rien à voir avec les coups de boule ou autre main traînante.

Le Mondial 2010 confirme, comme l’écrit le journal britannique « The Guardian », que l’Afrique est aujourd’hui « un intervenant incontournable sur la planète football, un changement remarquable en un temps relativement court. » Quant à l’hebdomadaire nord-américain « Time », plutôt friand de base-ball ou de basket, il consacre sa « Une » à l’événement et souligne que « le ballon rond est désormais bien plus qu’un sport mais aussi l’expression de la bonne ou de la mauvaise santé sociale d’un pays ou d’un continent. »

Des centaines de millions d’hommes et de femmes, de jeunes et d’anciens sur toute la planète vont suivre les matchs à la télévision et vibrer aux exploits de leurs équipes nationales ou de prédilection. On ne peut négliger un tel phénomène. Quant à l’Afrique du sud, elle vit une fête sans égal réunissant une large majorité de la population.

Plusieurs commentaires sur les retombées économiques publiés dans la presse sud-africaine laisse pointer des interrogations. « Les stades sont superbes, mais la plupart des emplois créés étaient des contrats sur des chantiers à court terme et on voit mal quels seront les bénéfices à plus long terme », peut-on lire dans plusieurs quotidiens locaux. D’autres voix se font entendre et reproduits par « The New York Times » pour regretter que la mascotte officielle de la première Coupe du monde organisée en Afrique, un léopard en peluche à la tignasse verte, est fabriquée en Chine, la chanson officielle « Waka Waka » écrite par une pop star colombienne, le restaurant officiel portant le nom de McDonald’s. Tout cela est vrai mais ne recouvre pas les principaux enseignements à tirer. Ce n’est pas seulement des stades qui ont été construits mais aussi des routes, des voies de chemin de fer, des systèmes de télécommunication… Et pourtant l’essentiel n’est pas là mais plutôt dans la fierté d’un continent, dans le ballon rond au service du rassemblement d’un peuple qui, il n’y a pas si longtemps, vivait sous le régime d’apartheid. L’archevêque Desmond Tutu, le très proche ami de Nelson Mandela, dansait et chantait jeudi soir lors du grand concert inaugural. « Je vis un rêve pour toute l’Afrique », a-t-il déclaré. Rêvons avec lui que le Mondial 2010 soit une grande fête réunissant au-delà des différences de couleur de peau ou de culture, rêvons aussi que cette Coupe du monde puisse donner un élan au développement de l’Afrique toujours soumise à la surexploitation et au mépris des multinationales et des « grands » de ce monde.

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