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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 17:27

 

 

Un article à paraître dans le prochain numéro de « Vie Nouvelle »

 

Ben Laden éliminé,  la Libye bombardée, Marrakech endeuillée, la Syrie martyrisée, la Côte d’Ivoire ramenée à l’ordre colonialiste, le Portugal garroté par le FMI et l’Union européenne. En quelques semaines, le monde a connu des bouleversements considérables. Pour aller vers où ?

 

Tout va très vite. Personne n’aurait parié, il y a peu encore, le moindre centime d’euro sur les changements en cours dans les pays arabes. Pas le moindre kopeck non plus sur la mort de Ben Laden, sur les départs forcés de dictateurs, sur les mouvements de populations en faveur de la liberté et la démocratie. En matière de politique internationale, il est difficile de prévoir les changements qui pourtant travaillent en profondeur les sociétés dans leur diversité. Les souffrances et les mécontentements sont souvent connus. Pas le moment où la colère va éclater.

Ce n’est pas dans ces colonnes que l’on regrettera la mort du chef terroriste, créature nord-américaine, le tristement célèbre Ben Laden, la lente fin du dictateur Kadhafi, la disparition de la scène politique de personnages peu recommandables. Pourtant, il n’est pas interdit de s’interroger sur les conditions d’un assassinat, sur les méthodes employées comme les bombardements et autres expéditions blindées.

Dans tous les cas, les pays occidentaux dits du Nord sont impliqués dans des opérations militaires plus ou moins tordues alimentant la colère de centaines de millions  d’hommes et de femmes des pays dits du Sud. A force de croire que NOTRE démocratie constitue un MODELE pour tous, à force de vouloir régenter le monde avec en perspective le pillage des ressources des pays émergeants, l’Occident creuse sa propre tombe.  

 Un fait devient incontournable : la « communauté » internationale, contrairement à ce que l’on nous claironne sur tous les tons, n’existe pas. Les puissances les plus riches de la planète décident des affaires du monde. L’ONU est reléguée au rang d’appendice, les organisations régionales font de la figuration. Le pouvoir, le vrai pouvoir, celui du fric et des armes reste toujours cantonné à Washington et dans quelques capitales européennes. C’est là que l’on décide de tout.

Exemples ? Ces mêmes capitales, avec retard et stupidité, ont exprimé une sympathie hypocrite aux mouvements populaires tunisiens et égyptiens. Dans le même temps, les Etats-Unis restent à la manœuvre avec l’armée égyptienne et les proches de l’ancien pouvoir. En Tunisie, les policiers de Ben Ali de retour (sont-ils jamais partis ?) s’en donnent à cœur joie lors des récentes manifestations durement réprimées sans entraîner une seule protestation du côté de Paris  tandis qu’en Côte d’Ivoire, les blindés français ont ouvert la voie à l’installation de M. Ouattara à la tête de l’Etat. Quant à l’opération US pour éliminer Ben Laden, elle a eu lieu au nez et à la barbe des autorités civiles d’Islamabad, certainement pas des services secrets pakistanais.

Ces interventions dans les affaires de pays tiers au nom de la « liberté » et de la promotion « démocratique » provoquent en certains endroits des manifestations de joie compréhensibles surtout lorsqu’on vit encore sous le choc de l’attentat  contre les tours jumelles de New York. Mais nous savons moins qu’en Afrique, en Asie et ailleurs dans le monde, elles aiguisent des haines qui, un jour ou l’autre, pourraient exploser en violences incontrôlables.

José Fort

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