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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 05:34

 

 

Pour Vie Nouvelle

 

On la disait passée de mode alors que pendant des siècles la châtaigne a donné du pain aux Corses. Riches en qualités nutritionnelles, elle devrait prendre un nouveau départ.

 

Pour palier la croissance démographique, les républiques de Pise et Gênes favorisèrent au XVe, XVIe et XVIIe siècle la plantation des châtaigneraies en Corse colonisée. Au début du siècle dernier et alors que 3000 tonnes de châtaignes étaient récoltées chaque année, l’hémorragie humaine avec la guerre de 1914-1918 et la recherche d’une vie meilleure vers le continent et d’autres contrées ont stoppé l’exploitation intensive des châtaigneraies. Or, la valeur de ce fruit est telle que lors du rattachement de la Corse à la France, en 1769, le Conseil du Roi crut bon d’interdire par décret – vite abandonné – toute nouvelle plantation de cet arbre « immoral qui constitue l’aliment de la paresse car son fruit supplée à tout : on le ramasse, on le sèche, on le broie et on en fait son pain, leurs chevaux même en sont nourris et la terre est toute négligée… » Déjà, la scandaleuse légende du Corse paresseux s’étalait royalement.

A l’heure où le monde s’interroge sur les retombées redoutables de la crise alimentaire, la châtaigne peut prendre sa revanche. On l’a méprisée et marginalisée, elle se présente aujourd’hui comme un produit d’avenir dont de nombreux pays aimeraient bien disposer. Ses qualités nutritionnelles sont considérables avec 81% de glucides, des lipides, du potassium, du magnésium, du calcium etc.… et peut remplacer la farine de blé dans la composition de nombreux produits comme le pain, les pâtes, les gâteaux.

On estime à 250 le nombre de producteurs de châtaignes en Corse. La récolte annuelle s’élève actuellement à 1200 tonnes dont 85% sont transformées en farine. Près de 4000 hectares de terres à châtaigner sont exploitées, 20.000  restent en friche.  La Chambre d’Agriculture a fait plusieurs essais pour mieux diversifier la production, pour satisfaire, par exemple, les amateurs de marrons glacés mais les résultats restent maigres. Or, le moment n’est-il pas venu de penser le développement des châtaignerais ? 20.000 hectares ne sont-ils pas disponibles ? Des jeunes agriculteurs corses sont prêts à relever les manches. Il suffirait de les accompagner dans une reconquête bien éloignée il est vrai du tout tourisme.

A la Chambre d’Agriculture, le débat est lancé à partir d’un constat : la commercialisation de la farine de châtaigne est  centrée seulement sur la Corse. Le moment est venu de s’ouvrir sur l’Europe et le monde. La volonté politique existera-t-elle ?

 

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