Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 10:04

 

« Méfiez-vous de vos amis » aurait affirmé l’ex-dictateur Manuel Noriega en quittant sa cellule de la prison de la Santé à Paris afin de rejoindre le Panama où il devrait poursuivre une détention commencée il y a vingt ans aux Etats-Unis et poursuivie en France. Celui qu’on appelle plus familièrement « face d’ananas » sait de quoi il parle : ancien de la CIA, il a été lâché par Washington sous prétexte de trafic de drogue ; ex-indic des services secrets français, il avait bénéficié de largesses en matière immobilière dans l’hexagone avant d’être accusé de blanchiment d’argent ; président un temps du Panama, il faisait la pluie et le beau temps autour du canal avant de devenir l’ennemi à abattre pour ses anciens petits copains galonnés dont certains ont fini les corps criblés de balles ou alourdis de blocs de ciment dans les profondeurs du Pacifique.

Les temps sont durs pour les dictateurs. Leurs protecteurs, après les avoir utilisés pour les sales besognes, les lâchent sans gêne aucune. Tenez, Ben Laden disparu à jamais en haute mer,  avait pendant des années servi la cause antisoviétique de Reagan. Tenez, Kadhafi abattu d’une balle dans la tête sur un ordre téléphoné alors qu’il avait donné des gages –  y compris en monnaie trébuchante -  à plusieurs gouvernants occidentaux. Tenez, Ben Ali, Moubarak, Bachar-al Assad invités d’honneur du 14 juillet 2008 à Paris et co-organisateurs de la mort-née Union de la Méditerranée : le premier devient fou, dit-on en Arabie Saoudite, le second comparaît allongé sur une civière devant un tribunal, le troisième tente de trouver une issue afin de pas terminer sa vie une balle dans la peau ou accroché à un croc de boucher.

« Méfiez-vous de vos amis », aurait donc déclaré « face d’ananas ». Un conseil qui pourrait s’adresser à quelques bons amis de l’Elysée comme le Burkinabé Compaoré, le Camerounais Paul Biya, le tchadien Idriss Déby, le congolais Denis Sassou-Nguesso.  Ces quatre là savent qu’un jour viendra où leurs proxénètes parisiens leur cracheront à la gueule. 

 

José Fort

 

Publié dans l'Humanité Cactus du 15/12

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

Recherche

Articles Récents

Liens