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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 11:23

 

Le volcan espagnol

Un article de Jean Ortiz

 

"çà ne va pas péter...çà pète". Ainsi s'exprime mon amie Concha,

coquille de Séville...çà gronde...comme un "zapateado" flamenco...les

premières secousses d'un "terremoto" (tremblement de terre) social...

Le 23 février 1981, la jeune démocratie (restreinte) espagnole subissait

une tentative de coup d'Etat (le "Tejerazo") encore assez opaque.

32 ans plus tard, fort symboliquement, un 23 février 2013, des centaines

de milliers d'Espagnols ont envahi les rues de 80 villes espagnoles. Et

ce pour s'opposer à ce que les 300 organisations, associations,

citoyennes, sociales...organisatrices, appellent: "un coup d'Etat

financier". Bien vu!! La "gauche d'en bas" dit "basta!" avec une force

tempétueuse.

Un ras-de-tempête sans précédents. De Madrid, quatre colonnes immenses

se sont déployées et ont "pris" la ville....Au premier rang, Puerta del

Sol, Cayo Lara et une foule de militants et dirigeants de Izquierda

Unida, du PCE, des syndicats anarchistes, des "Indignés" d'hier et

d'aujourd'hui, beaucoup de jeunes (56% sont au chômage), de multiples

collectifs, les victimes des expulsions locatives des "hypothèques"

après l'explosion de la bulle spéculative immobilière, un arc-en ciel-

politique et social (les principaux dirigeants socialistes étaient aux

abonnés absents), des "camisetas" multicolores, en révolte, qui enfin

convergent:

le violet des associations féministes

le bleu des travailleurs "de l'eau"

le vert des enseignants,

le blanc des personnels de la santé

l'orange des employés des services sociaux, etc

et j'en oublie

et beaucoup, beaucoup de drapeaux républicains...Une jonction commence à

s'opérer entre le mouvement social et la revendication d'une République

sociale et fédérale...Attention, danger!

Les deux grandes centrales syndicales sont restées en retrait....mais

lorsque la marée monte, monte...Et elle n'exige pas seulement la

démission du gouvernement, la fin des "recortes", l'éradication de la

corruption, (qui n'épargne pas le roi et la famille royale...comme nous

l'écrivons depuis longtemps). La vérité est têtue...

 

Pour ces millions d'Espagnols, saignés à blanc, et qui refusent les

nouvelles saignées à venir, "la dette", "la réduction des déficits", ne

sont qu'un prétexte des capitalistes, des classes dominantes, et de la

droite, pour en finir avec "l'Etat social", les acquis des luttes, pour

casser les résistances, et empocher un maximum de "parné" ("blé"). Il

faut chantent-ils,"renverser l'omelette".

"Je me révolte donc nous sommes" disait Camus.  Le vieux monde européen

commencerait-il à trembler?...le capitalisme n'est pas amendable...les

Espagnols mettent de plus en plus en cause "le système", et la colère

vise les banques, les marchés, les politiques austéritaires, les

affameurs de peuples, la BCE, le FMI, et même la monarchie...

"Ecoutez!

Si on allume les étoiles

c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires".  (Vladimir Maïakovski)

A quelqu'un?

 Aux peuples.

Jean Ortiz

 

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