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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:55

 

A quelques jours de l’ouverture du carnaval de Rio, les amateurs s’inquiètent du devenir de « La Condal », la plus ancienne fabrique de masques du Brésil qui conserve dans ses réserves plus de deux mille modèles. Cette petite entreprise, fondée par feu l’artiste catalan Armando Valles en 1958 à San Gonçalo  - de l’autre côté de la baie de Rio - et dirigée actuellement par Olga Gibert sa  jeune compagne, est confrontée cette année à deux problèmes : les nouvelles préférences des acheteurs et la concurrence internationale.

Les hommes et les femmes politiques ne faisant plus recette, Olga est bien obligée de se débarrasser faute de clients des masques représentant Kadhafi, Bush, Thatcher…et même l’ancien président Lula qui pourtant bénéficie, lui , d’une bonne cote de popularité. King Kong, les sorcières et les clowns  s’arrachent comme des petits pains, Pierrot caracolant en tête de la demande. La presse brésilienne s’interroge gravement sur les raisons du désamour pour les personnalités politiques la plupart des commentaires concluant dans un bel ensemble : les Brésiliens en ces temps de morosité internationale affichent une envie irrésistible de divertissement et d’amour.

Olga  Gibert se résigne à la nouvelle donne. Cette année, elle se limite à fabriquer 150.000 masques, 5.000 devant être exportés vers l’Espagne, alors que dans les années fastes 500.000 masques sortaient  de « La Condal ». Elle s’incline  face aux choix évolutifs de la clientèle. En revanche, elle s’indigne de la concurrence asiatique. A des prix imbattables, les Chinois viennent de rafler le marché des masques entraînant Olga et sa petite entreprise vers une possible fermeture.

Les échanges économiques entre le Brésil et la Chine ont augmenté de 60% ces quatre dernières années. Brasilia vend à Pékin, des avions, du minerai de fer, de la pâte à papier ; les Chinois concentre leurs activités au Brésil sur le pétrole, les technologies agricoles avec en perspective l’achat de terres pour répondre à leurs besoins intérieurs. Les autorités des deux pays ne cessent de déclarer qu’ils souhaitent accélérer leurs échanges en privilégiant les produits à forte valeur ajoutée. A Rio, personne n’a rien contre cette coopération « haute gamme ». Mais les puristes du carnaval se demandent à combien s’élève la valeur ajoutée des masques certains Carioças constatant que « si on les laisse faire, bientôt ils nous composeront une samba à la chinoise ».

José Fort

L’Humanité Cactus 9 février    

 

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