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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 20:14

 

Quelques jours avant la grève générale du 18 juin des mineurs asturiens et après plusieurs semaines de conflits avec ces travailleurs menacés de liquidation par le gouvernement de Mariano Rajoy, le chef des unités de police spécialisées dans la lutte contre les «  désordres publics » (les CRS espagnols) vient de déposer une plainte devant le tribunal d’Oviedo dénonçant les « violences » des manifestants. Prié de commenter cette action judicaire, il a déclaré à la presse locale : «  Avez-vous vu les biceps de la plupart des mineurs. D’une simple gifle, ils arrachent les casques de nos hommes. »

Les CRS espagnols se souviennent avec nostalgie des actions contre les étudiants et les « indignés ». « Eux, on leur file un coup et le sang coule de leur nez délicat », soupire un CRS concluant : «J’ai été chargé l’autre jour par un gars d’une mine de Mieres et j’ai cru prendre dans la gueule un camion avec sa remorque. Ils ne sont pas seulement fort physiquement, ils ont surtout la rage : on les voit déraciner des arbres et nous les balancer dessus. J’ai même vu un de mes collègues déshabillé en quelques secondes et recevoir des baffes à  estourbir un taureau.» 

Une audience a été demandée au ministre espagnol de l’Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, celui avec qui Manuel Vals vient de «  trouver une bonne entente de coopération. ». Ce Diaz en question, homme de la  droite musclée, en connaît un rayon en matière de répression puisque plusieurs de ses proches du temps de la dictature franquiste ont mis les mains dans le cambouis ou plutôt dans le sang pour tenter de mâter les opposants au régime et les mineurs  lors de la célèbre grève dans les Asturies en 1962 et 1963. L’Espagne tétanisée vivait à ce moment là le premier mouvement populaire qui allait déclencher l’élargissement de la lutte contre Franco. Les Diaz de l’époque ne pouvaient pas savoir que quelques dizaines d’années plus tard, leur rejeton aurait à gérer les états d’âme des policiers effrayés par les biceps des mineurs.

José Fort

L’Humanité Cactus 14 juin

 

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