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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 13:23

Par José Fort

Pour Diverses Cités

Agé de 85 ans, on le dit fatigué. En effet, tout indique que les cinq années de son pontificat ont dû user Benoît XVI. Les multiples affaires de pédophilie provoquent, à juste titre, de vives réactions, le plus scandaleux résidant dans la chape de silence voulue par la hiérarchie catholique au fil des vingt dernières années. Et pourtant, ce ne sont pas ces affaires de pédophilie  qui entraînent certains évêques et théologiens à évoquer la nécessité de réunir un concile afin de « rétablir l’Eglise sur le droit chemin » : c’est le bilan des cinq dernières années papales jugées par eux comme une « interprétation rétrograde de Vatican II. »

Le théologien Hans Küng vient de publier un véritable brulot intitulé « Il faut réunir un concile ». L’homme n’est pas n’importe qui. Il a été avec le futur Benoît XVI, l’un des plus jeunes théologiens du concile Vatican II. Il a été aussi un des premiers visiteurs du nouveau pape avec lequel il a échangé pendant plus de « quatre heures ».Or, voici Hans Küng exprimant sa déception et en expliquant les raisons.

Il dresse un constat d’échec de la politique du pape. Echec du rapprochement avec les Eglises protestantes ; volonté de béatifier Pie XII ; caricature de l’Islam ; refus des préservatifs pour lutter contre le Sida, notamment en Afrique ; réintégration d’évêques intégristes ; nomination  à la tête de l’administration du Vatican d’adversaires du concile…

En évoquant les abus sexuels dont des prêtres se sont rendus coupables sur des milliers d’enfants et d’adolescents, Hans Küng souligne que « tous ces scandales sont dévastateurs pour la réputation de l’Eglise. » Et il conclut : « Face à la crise de l’Eglise, j’adjure les évêques de mettre dans la balance le poids de leur autorité. Un nombre inimaginable de gens ont perdu confiance dans l’Eglise. Seul un abord ouvert et franc des problèmes et des réformes est en mesure de la restaurer. Je demande, avec tout le respect qui est dû aux évêques, qu’ils y contribuent, autant que possible en commun. »

Peu sont ceux qui misent sur des changements au Vatican. La plupart des observateurs estiment qu’il faudra attendre le successeur de Benoît XVI. Il aura, lui, à ouvrir la réflexion sur le célibat des prêtres, la place des laïcs et des femmes dans l’Eglise.

La tourmente  va laisser des traces. De nombreux chrétiens souhaitent  l’ouverture du débat, la transparence et le retour aux valeurs fondamentales. Seront-ils écoutés ?

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