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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 18:27

Entre un Premier ministre et un ministre de l'Economie aux dents (eux en ont) qui rayent le parquet élyséen et qui s'engueulent à l'Assemblée nationale, un Sapin qui tire sur l'élastique de la culotte d'une journaliste, un Baupin plaquant ses camarades Vertes dans les couloirs, une ministre du Travail inculte en matière sociale, une ministre du logement au top en matière de trahison, le spectacle donné par ce gouvernement frise l'apocalypse. Sans parler de Cahuzac et de son copain qui a failli être ministre et qui oubliait de payer ses impôts et la cantine de ses enfants…

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 08:25

Vous avez certainement vu les images dantesques des incendies toujours en cours dans la province de l’Alberta au Canada. Des scènes terrifiantes : des millier d’habitations calcinées, des files de voitures fuyant au milieu des flammes, des familles affolées.

Près de 100 000 habitants ont été évacués fuyant des feux hors de tout contrôle qui s’étendent sur plus de 2000 km2 et qui progressaient toujours lundi matin, mais moins rapidement que les jours précédents grâce à la baisse de la vitesse du vent et des températures.

La ville Fort Mc Murray aujourd’hui désertée est une ville champignon bâtie sur les sables bitumineux et les champs pétroliers qui firent la fortune de l’Alberta et du Canada. En 2011, le gouvernement canadien se retira du protocole de Kyoto qui visait à réduire les gaz à effets de serre. Le Canada n’en avait jamais respecté les obligations pour continuer à exploiter sans mesure le sable pétrolifère.

Conséquence directe des gaz à effet de serres, la région de Fort Mc Murray est minée par une sécheresse chronique, balayée par des vents incessants. Une proie rêvée pour des incendies ravageurs qui laissent totalement impuissants les pompiers déployés avec leurs dérisoires camions et leurs canadairs qui malgré les incessantes rotations n’arrivent pas à contenir les flammes

Aujourd’hui, à part suivre en spectateurs l’avancée des feux par satellites, les autorités de l’Alberta au Canada, ne peuvent plus guère compter que sur la nature. Cette nature qu’ils ont eux mêmes martyrisée. Pour mettre un terme à leur châtiment d’incendiaires- incendiés, ils ne leur restent qu’à miser sur cette nature qui elle seule peut entrainer l’arrêt des vents et le retour de la pluie…

Pendant ce temps, le prix du pétrole est à la hausse.

C’est dans l’Alberta actuellement en feu qu’est extrait l’essentiel de la production de sables bitumineux en Amérique du Nord, ce pétrole lourd à l’origine de la prospérité du Canada ces dernières années. Le cours du baril pour livraison fin juin a atteint un niveau proche des plus hauts de l’année. Pendant que les Canadiens tentent d’éteindre le feu, d’autres assistent avec une satisfaction non dissimulée à la montée des prix : l’Arabie Saoudite et le Venezuela, par exemple. N’oublions pas que le

Canada vient en troisième position des producteurs de pétrole dans le monde.

Etranges rapprochements : L’incendiaire-incendié permet à ceux qui comme le Venezuela n’en peuvent plus de voir le prix du pétrole baisser de reprendre des couleurs.

Comme quoi, le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 12:36

La France, c’est quoi en 2016 ? La haute-couture, son cinéma, son industrie agro alimentaire, sa gastronomie, sa littérature, son prestige touristique, son savoir faire technologique ? Lorsque vous posez cette question à l’étranger, on vous répond aujourd’hui : « La France, ce sont les ventes d’armes, de Rafale, de sous-marins. » Un choix « historique » pour l’actuel pouvoir. Ah ! J’oubliais. Dans le monde entier circulent les images des CRS tapant sur les jeunes et les manifestants.

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 23:11

Spécial pour " Vie Nouvelle"

On l’annonçait en pleine déconfiture, divisée, à l’agonie. L’avis de décès était à l’impression. A Marseille, la CGT sort renforcée avec une feuille de route de luttes, de rassemblement, de propositions et de mobilisation. Philippe Martinez, élu secrétaire général, lance à la fin du congrès : « syndiqué un jour, syndiqué toujours ».

Qui aurait parié, il y a peu encore, sur un bon déroulement du 51 eme congrès de la CGT, sur une centrale syndicale rassemblée ? Qui aurait pensé, il y a seulement quelques mois, que la première confédération de France aurait voté confortablement son rapport d’activité et à une large majorité son document d’orientation tout en élisant une direction en partie renouvelée avec au poste de secrétaire général Philippe Martinez ?

La crise interne de la CGT a provoqué au sein du syndicat une « grande douleur », de la « colère », une exigence de « contrôle et de transparence ». Elle n’a pas entraîné la désespérance, l’abandon, encore moins la division.

La pression médiatique a atteint des sommets. Depuis sa création, la CGT a souvent été la cible des attaques de la presse aux ordres. Cette fois, les records ont été battus en termes d’insultes et de graveleuses caricatures.

L’environnement social et politique, le comportement de certains qualifiés encore et malgré tout de « partenaires » n’annonçaient pas un long fleuve cégétiste tranquille. Et voilà que ce qui était pressenti (pour ne pas écrire souhaité) affiche totalement l’inverse. Le 51 eme congrès de la CGT a démenti les pronostics les plus funestes. Cela voudrait-il dire qu’un soleil radieux flotte sur la CGT ?

A Marseille, la CGT s’est mise en ordre de marche. Presque en ordre de marche, car la nouvelle direction est attendue aux coins de la centrale par les militants. Ceux-ci ont répercuté, parfois de façon très vive, l’exaspération de la base et des salariés face à la politique économique gouvernementale et à la répression anti syndicale. Goodyear, Air France ont été largement évoqués mais pas seulement. De nombreux exemples de luttes ont ponctué les travaux du congrès. Dès le deuxième jour, un appel a été adopté invitant au développement de l’action par la grève si elle est décidée par les salariés. Avec en ligne de mire, le 28 avril prochain, pour la suite la CGT proposant y compris la grève reconductible, « les salariés décidant », selon la formule d’un délégué.

Presque en ordre de marche ? La direction semble bien consciente qu’elle doit aller vite. Sans attendre, ses nouvelles instances vont se réunir pour la mise en œuvre des décisions du congrès et pour préciser les responsabilités des uns et des autres, avec un suivi du travail de chacun permettant d’éviter les excès, les erreurs, les oublis ou encore les débordements. Non pas un « suivi » de style bureaucratique mais plutôt collégial et constructif. Il faut respecter et mériter la confiance des militants.

Presque en ordre de marche? Pour les retraités, la marche est réussie. Ils viennent d’enregistrer une avancée considérable. « Syndiqué un jour, syndiqué toujours », a lancé Philippe Martinez à la fin du congrès en saluant les modifications des statuts permettant à chaque retraité(e) de « compter pour un ».

A Marseille, la fraternité et la franchise ont marqué le 51 eme congrès d’une CGT à l’opposée d’un syndicat aseptisé. L’organisation, dans sa diversité, est rassemblée pour contester, proposer, mobiliser avec les portes « grandes ouvertes aux jeunes, aux femmes » et… aux retraités qui peuvent se réjouir que leur droit à l’égalité avec les actifs soit enfin reconnu.

José Fort

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 17:28

En direct sur le site UCR/CGT

Durant toute la journée de mercredi, les partisans d’une grève "générale, reconductible" et du "blocage" de l’économie du pays ont monopolisé bruyamment le temps de parole reprenant ainsi une déclaration d’Olivier Besancenot allant dans ce sens. A croire que l’ensemble du congrès partageait cette démarche alors que Philippe Martinez avait souligné à l’ouverture des travaux : « une grève ne se décrète pas » Un délégué a résumé une opinion partagée : « la CGT propose, les salariés disposent ». Le congrès a adopté à une large majoré un appel dont voici l’intégralité.

"Les 1 000 délégués réunis en congrès à Marseille du 18 au 22 avril 2016 ont analysé la situation économique et sociale, le contexte des mobilisations désormais ancrées dans le pays depuis plus d’un mois et demi.

"La CGT lance un appel fort et déterminé à l’ensemble des salariés du privé et du public, des jeunes, des privés d’emploi, des retraités et de ses syndicats, à poursuivre et amplifier partout le rapport de force jusqu’au retrait du projet de la loi dite « Travail » dynamitant notre modèle social.

"Il s’agit d’organiser dans toutes les entreprises et les établissements des réunions d’information, des rencontres afin de s’opposer encore plus fort à tous les mauvais coups et à imposer de nouvelles conquêtes sociales. Un espoir immense s’ouvre pour le monde du travail grâce à la lutte unitaire menée par une CGT moderne, porteuse de propositions en phase avec l’ensemble des travailleurs-euses), à l’image du rejet massif du projet de loi El Khomri exprimé par 70% de l’opinion publique. Un mouvement qui fait face à un gouvernement désavoué, en rupture profonde avec la population et singulièrement toute la jeunesse. Un exécutif à l’écoute d’un patronat rétrograde et menaçant, privilégiant la finance à la réponse aux besoins sociaux et ambitionnant de détruire toutes les garanties collectives en fixant comme seul horizon la précarité généralisée, l’incertitude du lendemain.

Le désespoir est dans le renoncement, l’espoir est dans la lutte.

Dans ce cadre, la CGT appelle toutes les organisations à amplifier la riposte, dès le 28 avril, par la grève interprofessionnelle et les manifestations pour obtenir dans un premier temps le retrait du projet de loi de casse du code du travail.

D’ici le 28 avril, la poursuite de la construction de l’action implique la tenue d’assemblées générales dans les entreprises et les services publics pour que les salariés décident, sur la base de leurs revendications et dans l’unité, de la grève et de sa reconduction pour gagner retrait et ouverture de véritables négociations de progrès social.

Le 28 avril, comme le 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs-euses sont autant d’étapes vers la victoire.

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 13:40

En direct sur le site UCR/CGT

Le rapport d’activité a été adopté par 344.443 mandats pour et 157.261 contre

Entre l’écriture du document portant sur le bilan d’activité du syndicat et l’ouverture du congrès, six mois ont passé. Six mois pleins d’événements, de mouvements sociaux et surtout l’irruption du projet de loi sur le travail largement rejeté et portant le nom de la ministre en charge du dossier, en fait simple porteuse d’eau de MM. Hollande et Valls. De quoi alimenter la plupart des interventions des représentantes du CHU de Nice à celle d’Orange de Loire Atlantique, du travailleur immigré sans papier à la déléguée du Nord.

Les répercussions de la crise interne dans la CGT a provoqué de nombreuses réactions plusieurs délégués évoquant la « douleur » ressentie par des adhérents et s’interrogeant ; « comment en est-on arrivé là », d’autres souhaitant « apprendre de nos erreurs et débattre sans pression extérieure », les affaires internes de la CGT devant être réglées «dans la CGT et pas ailleurs ». Et pourtant, étrangement, le problème sensible ne provoque pas de réactions violentes. On est triste, on est en colère, on ne veut surtout pas voir se répéter une telle situation. Réponse d’Alain Alphon-Layre au terme du débat : « Nous irons jusqu’au bout dans l’enquête ». Avec un ajout : le refus des blocs, des tendances, en privilégiant « la logique du débat à celui des coups bas. » La mise en place de structures de contrôle est proposée au congrès. Retour à la normale.

Les retraités ? Philippe Bonnefous, secrétaire général de l’UFR des transports en en remis une louche, participant ainsi comme un autre délégué de Haute-Savoie à l’accompagnement de la proposition de Philippe Martinez de reconnaître aux retraités les mêmes droits que ceux des actifs. « La discrétion parfois aide aux meilleures prises de décisions », soupire un dirigeant de l’UCR/CGT.

De nouvelles dispositions contraignantes en matière financière ont été proposées et la nomination d’un nouveau directeur d’Administration et financière a été présentée : il s’agit de Michel Coronas.

Mardi soir, le congrès de la CGT avait rendez-vous avec le célèbre cinéaste serbe Emir Kusturica et le « The No Smoking Orchestra ».

José Fort

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 03:54

Sur le site UCR/CGT

En direct du congrès de la CGT

« 51 à Marseille fallait oser »

D’entrée, Philippe Martinez n’a pas hésité à faire référence, lundi à l’ouverture du congrès de la CGT, à une célèbre marque de pastis devant les 999 délégués. 78% assistent pour la première fois à un tel événement. Quelques instants auparavant, le secrétaire de l’Union départementale des Bouches-du-Rhône qui avait provoqué des cris en citant le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, avouait « qu’avant » la longue lutte des Fralib il avait « du mal à boire du thé » mais que désormais il s’y était mis, les plus récalcitrants pouvant prendre du thé à 17h et à 21h en se réservant 12h et 18h pour le pastis. Au congrès de la CGT, on mêle l’humour au sérieux des débats, on conjugue la galéjade « à la réflexion et à l’action ».

Dans le rapport d’ouverture de Philippe Martinez, il y en a pour tout le monde. Direct, sans fioriture. La première organisation syndicale qui « compte bien le rester » a traversé, selon Martinez « des périodes difficiles » mettant à mal « nos valeurs » en assurant : « Nous les avons surmontées. »

Les libertés syndicales ? Les Goodyear et les 5 d’Air France s’exprimeront pendant le congrès. Ils peuvent compter sur la solidarité car « Quand on touche un des nôtres, c’est toute la CGT qui doit répondre. » Un collectif confédéral va être crée sur cette question.

La loi sur le travail ? Un retour au XIX eme siècle « Sarkozy en rêvait, Hollande veut le faire », a affirmé Philippe Martinez soulignant le nécessaire accueil « digne » des migrants, l’action conjointe avec les sans papiers, la lutte contre le racisme et le Front national, les tentatives de division des salariés.

Les alternatives ? Il invite à « user plus de salives » pour avancer des propositions et ne pas « s’enfermer » dans un syndicalisme institutionnel, la CGT refusant les « strapontins pour simplement écouter ». Avec quatre axes principaux d’action : la dénonciation du prétendu « coût » du travail et le vrai « coût du capital », l’augmentation des salaires, la relance de l’industrie et le contrôle des finances publiques. Avec une attention soutenue pour le mouvement « Nuits debout » « favorisant le débat et la démocratie » qui doit trouver des prolongements dans les entreprises.

Les retraités ? Pour la première fois, les choses ont été dites clairement et nettement. Pour Philippe Martinez, l’organisation des retraités dans la CGT répond à un « besoin de complémentarité », la « continuité syndicale » exigeant des « mesures concrètes » passant notamment par l’instauration d’une « carte permanente ». « Chaque syndiqué compte pour un », a-t-il souligné concluant : « mettons en pratique sans attendre ».

José Fort

La délégation du PS huée

La présidente de séance égrenait la liste des organisations présentes lorsqu’elle a annoncé la délégation du parti socialiste. Il a fallu attendre de longs instants avant qu’elle puisse reprendre la parole, les délégués furieux hurlant : « Retrait de la loi ».

Ballade avant congrès

Une fois badgé, une ballade s’impose. Deux expositions photos sont présentées : celle du photographe de « Vie Nouvelle » Alloua Sayat sur le thème « paroles de syndiqués » ; la seconde retrace la compagnonnage entre l’équipe de Charlie Hebdo et la CGT, particulièrement avec nos amis dessinateurs assassinés au mois de janvier 2015.

Puis on avance vers l’espace « partenaires », ses stands, son bar et… un terrain de boules « utilisable seulement pendant les pauses », me glisse un des organisateurs.

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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 18:11

« J’ai écrit pour donner forme à mes inquiétudes et formuler une espérance critique », conclut Claude Mazauric dans son dernier ouvrage « Au bord du gouffre » (1).

L’historien et universitaire de talent que l’on connaît surtout pour ses travaux sur la Révolution française se transforme cette fois en chroniqueur dans une sorte de journal de bord rédigé « presque quotidiennement » depuis le solstice d’hiver de 2014 jusqu’à celui de 2015.

Inquiétude ? Claude Mazauric, un matin, une fois la brume levée, a eu le pressentiment de ne pas survivre au dernier jour de 2015. A penser si fort à la fin de sa vie, marquée il est vrai par plusieurs problèmes de santé, je me demande si l’auteur n’est pas quelque peu hypocondriaque. Le remède ? Chaque jour où presque, après un tour dans le jardin pour surveiller ses arbres fruitiers, entre deux lectures, deux visites, deux conversations, deux émissions, Claude Mazauric reste au plus près de l’information, commente, analyse, en apportant son éclairage personnel puisé à l’aune de son expérience, de sa culture, de son art pédagogique.

Le texte a du souffle. Pas historien et militant pour rien. Avec des images et des phrases du genre « La mer Méditerranée livre à peine dix fois plus de thons qu’elle n’engloutit d’êtres humain » ; à propos d’un « spécialiste » russe qui se présente « comme un promoteur déterminé de la liquidation du vieux système ». Ou encore, « la revanche vengeresse de tout ce que le fanatisme religieux peut accumuler de haines séculaires contre la libre pensée ».

L’historien n’est jamais loin avec ses pages - peu nombreuses mais denses par respect à sa nouvelle fonction de chroniqueur - sur la Révolution, Rousseau, Robespierre, Marat etc…- pour vite revenir à l’actualité : l’attentat contre Charlie Hebdo, l’Ukraine, « le pouvoir « socialiste » « un des plus réactionnaires que la France ait jamais connus. »

Les résultats des élections départementales ? « Ce qui était prévisible et prévu est arrivé. »

La Corse et un échange de courrier avec Ange Rovère, historien lui aussi, brillant spécialiste de la Corse.

Une certaine madame Bébé dont il dresse un portrait politique peu flatteur et dont on aimerait connaître l’identité véritable. L’auteur ne rechigne pas devant la modernité mais lui préfère « le livre papier », sa table de travail en témoigne. « Quel bon livre que celui dont le désir vous prend de vouloir en apprécier le dessein et d’en discuter le détail », s’exclame-t-il. Et puis, on s’étonne qu’il puisse éprouver « une sorte de sympathie véritable » pour l’ancien patron de Sciences Po, Richard Descoings, retrouvé mort dans un hôtel de New York qu’il qualifie pourtant de « petit marquis fantomatique dont il ne restera rien qu’une image évanescence.» On s’étonne aussi que l’auteur qui fort heureusement « n’a pas plié son parapluie », selon la formule d’une de ses parentes annonçant un décès, s’enflamme en évoquant Mélenchon « l’héritier des lumières » lui qui a combattu depuis toujours l’homme providentiel, style Bonaparte, semblant oublier une des brèves sentences poétiques de Robert Desnos qu’il cite : « Rose Sélavy n’est pas persuadée que la culture du moi puisse amener la moiteur du cul. »

Claude Mazauric nous fait voyager. A propos de Chamonix et du Mont-Blanc, il nous donne à connaître le détail de l’arrangement franco-piémontais de 1860, « une véritable arnaque ». Ou encore les raisons de la Déclaration de guerre de la France « au roi de Hongrie et de Bohême » du 20 avril 1792. Le chroniqueur, un temps, revient à l’histoire pour mieux expliquer le présent et prévoir l’avenir.

Claude Mazauric nous donne un livre témoignage. On y entre et on en sort plus.

José Fort

(1) Arcane 17, 23 euros.

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 15:29

« Sommes-nous en Etat de guerre », ai-je osé demander à un officier CRS, jeudi en début d’après-midi, place d’Italie à Paris.

Réponse : « Oui, en Etat de guerre, comme vous dites. »

Il fallait faire vite, obéir aux ordres aboyés, s’écarter et surtout la fermer.

De mémoire d’abonné aux manifestations parisiennes, la concentration de CRS et de flics en civils (reconnaissables souvent à leurs casques et leurs capuches) m’a rappelé des temps anciens. Généralement, le plus fort du dispositif policier est stationné le long du parcours dans les rues parallèles et en fin de défilé. Jeudi, dès la place d’Italie, les CRS, casqués, matraques à la main étaient au contact direct dans le métro et dans les rues à quelques mètres des manifestants. Ce pouvoir discrédité et moribond n’a plus comme argument que la menace répressive.

José Fort

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 10:59

L’ambassade de Cuba en France a organisé mardi soir une rencontre autour de mon livre « Trente d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire (Editions Arcane17). Plusieurs amis cubains et français parmi lesquels des diplomates de la Grande Ile, André Chassaigne, président du groupe PCF/FDG à l’Assemblée nationale ainsi que Charly Bouhana et des membres de Cuba Si France étaient présents. J’ai été invité à dire quelques mots. Les voici.

Présenter mon livre « Trente ans d’Humanité » en terre cubaine, entouré de quelques-uns de mes amis et camarades a pour moi une valeur symbolique et émotive forte.

Il s’agit d’un honneur que m’accorde la représentation d’un pays (petit par la taille, grand par son prestige mondial) où j’ai passé quelques années de ma vie en qualité de correspondant de « l’Humanité », où je suis retourné régulièrement me permettant ainsi d’apprécier - au milieu de tant de difficultés - les évolutions dans tous les domaines.

A l’occasion du récent voyage de M. Obama à Cuba, nous avons encore et encore entendu en France et à flots continus les mêmes rengaines haineuses, les mêmes imbécilités récurrentes.

La dernière entendue sur une télévision française osait établir un parallèle entre le chant des partisans en lutte contre le nazisme à la prestation des Stones à la Havane.

L’honneur que vous me faites, je le mets au compte de l’admiration que je porte au peuple cubain en gardant les yeux grands ouverts. Si Cuba ne prétend pas être un modèle, chaque peuple travaillant à construire son propre chemin, selon sa propre histoire, ses propres traditions, ses propres objectifs, pour moi Cuba est un exemple.

Un exemple de résistance face à l’arrogance de la première puissance économique et militaire du monde et un blocus économique de près de 60 ans. Imaginons un instant les frontières de la France fermées avec la Belgique, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne pendant un demi siècle.

Cuba est un exemple de dignité et de courage face aux actions visant son honneur, face aux actes terroristes visant ses dirigeants et sa population.

Cuba est un exemple de solidarité comme j’ai pu le constater de mes propres yeux avec l’accueil réservé aux persécutés des dictatures fascistes latino américaines, au soutien aux combattants de la liberté notamment en Angola, au Nicaragua, au Salvador. Ou encore plus près de nous aux enfants victimes de la catastrophe de Tchernobyl soignés gratuitement dans les hôpitaux cubains. Sans oublier les personnels de santé envoyés dans les zones infectées par le virus Ezbola.

Cuba a toujours tendu la main aux victimes de l’impérialisme, ceux qui ne comptent pas pour nombre de prétendus « défenseurs des droits de l’homme », ceux qui par exemple ne pipent pas mot sur le sort des prisonniers politiques aux Etats-Unis, notamment le militant noir Mumia Abu Jamal et le combattant indien Leonard Peltier tous deux condamnés à la prison à perpétuité après des provocations policières et politiques coutumières aux Etats-Unis.

Cuba, sans grande richesse naturelle, a massivement investi dans la matière grise alphabétisant près de 100% de sa population, soignant son peuple en lui offrant une moyenne d’espérance de vie dépassant l’âge de 76 ans. Un pays affichant médecins, ingénieurs, savants, techniciens, sportifs de haut niveau, créateurs dans toutes les disciplines notamment musicales, littéraires et de la mode … Quel autre pays dans les Amériques peut présenter un tel bilan ?

C’est à la Havane, en 2008, qu’est née l’idée de mon livre lors d’un voyage effectué avec Georges Wolinski, le président d’honneur de l’association Cuba Si France.

Un soir, quelques jours avant les fêtes de fin d’année en 2014, nous avons dîné à Paris avec l’ambassadeur de Cuba en France, André Chassaigne, le président du groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale, Charly Bouhana et quelques amis. C’est ce soir là, en sortant du dîner, sur le trottoir face au restaurant, que le livre avec Wolinski fut définitivement décidé.

Et puis il y a eu le sordide 7 janvier 2015, la tuerie à Charly Hebdo et l’assassinat de notre ami Georges. J’ai donc écrit ce livre seul.

Je consacre ces pages aux moments forts vécus à travers le monde pendant un peu plus de trente ans. Vous ne serez donc pas étonnés que Cuba y tienne une bonne place. Je consacre aussi des pages aux personnalités marquantes du XX eme siècle rencontrées au fil de toutes ces années. Je pense à Nelson Mandela, à Pasionaria, à Ben Bella, à Lise London, à Rol Tanguy et à bien d’autres. Je pense à Che Guevara dont je publie le portrait après avoir passé des heures avec son père à La Havane. Je pense aussi et surtout à Fidel Castro que j’ai eu l’occasion d’approcher à plusieurs reprises lors de rencontres officielles et plus chaleureusement lors de moments disons… plus intimes.

Qu’il me soit permis de souhaiter au peuple cubain plein succès dans la construction d’un socialisme du XXI eme siècle adapté à sa riche histoire, à ses particularités économiques, géographiques et culturelles.

Comme l’écrivait Fidel Castro lundi dans « Granma », « Cuba n’a pas besoin de cadeaux de l’empire ».

J’ajoute pour ma part que Cuba a simplement besoin de vivre dans la paix et la sécurité et se développer dans le respect des règles internationales qui suppose la levée immédiate et sans condition du blocus imposé par les Etats-Unis.

Les promesses ne suffisent pas. Il faut des actes.

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