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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 19:11

« J’ai écrit pour donner forme à mes inquiétudes et formuler une espérance critique », conclut Claude Mazauric dans son dernier ouvrage « Au bord du gouffre » (1).

L’historien et universitaire de talent que l’on connaît surtout pour ses travaux sur la Révolution française se transforme cette fois en chroniqueur dans une sorte de journal de bord rédigé « presque quotidiennement » depuis le solstice d’hiver de 2014 jusqu’à celui de 2015.

Inquiétude ? Claude Mazauric, un matin, une fois la brume levée, a eu le pressentiment de ne pas survivre au dernier jour de 2015. A penser si fort à la fin de sa vie, marquée il est vrai par plusieurs problèmes de santé, je me demande si l’auteur n’est pas quelque peu hypocondriaque. Le remède ? Chaque jour où presque, après un tour dans le jardin pour surveiller ses arbres fruitiers, entre deux lectures, deux visites, deux conversations, deux émissions, Claude Mazauric reste au plus près de l’information, commente, analyse, en apportant son éclairage personnel puisé à l’aune de son expérience, de sa culture, de son art pédagogique.

Le texte a du souffle. Pas historien et militant pour rien. Avec des images et des phrases du genre « La mer Méditerranée livre à peine dix fois plus de thons qu’elle n’engloutit d’êtres humain » ; à propos d’un « spécialiste » russe qui se présente « comme un promoteur déterminé de la liquidation du vieux système ». Ou encore, « la revanche vengeresse de tout ce que le fanatisme religieux peut accumuler de haines séculaires contre la libre pensée ».

L’historien n’est jamais loin avec ses pages - peu nombreuses mais denses par respect à sa nouvelle fonction de chroniqueur - sur la Révolution, Rousseau, Robespierre, Marat etc…- pour vite revenir à l’actualité : l’attentat contre Charlie Hebdo, l’Ukraine, « le pouvoir « socialiste » « un des plus réactionnaires que la France ait jamais connus. »

Les résultats des élections départementales ? « Ce qui était prévisible et prévu est arrivé. »

La Corse et un échange de courrier avec Ange Rovère, historien lui aussi, brillant spécialiste de la Corse.

Une certaine madame Bébé dont il dresse un portrait politique peu flatteur et dont on aimerait connaître l’identité véritable. L’auteur ne rechigne pas devant la modernité mais lui préfère « le livre papier », sa table de travail en témoigne. « Quel bon livre que celui dont le désir vous prend de vouloir en apprécier le dessein et d’en discuter le détail », s’exclame-t-il. Et puis, on s’étonne qu’il puisse éprouver « une sorte de sympathie véritable » pour l’ancien patron de Sciences Po, Richard Descoings, retrouvé mort dans un hôtel de New York qu’il qualifie pourtant de « petit marquis fantomatique dont il ne restera rien qu’une image évanescence.» On s’étonne aussi que l’auteur qui fort heureusement « n’a pas plié son parapluie », selon la formule d’une de ses parentes annonçant un décès, s’enflamme en évoquant Mélenchon « l’héritier des lumières » lui qui a combattu depuis toujours l’homme providentiel, style Bonaparte, semblant oublier une des brèves sentences poétiques de Robert Desnos qu’il cite : « Rose Sélavy n’est pas persuadée que la culture du moi puisse amener la moiteur du cul. »

Claude Mazauric nous fait voyager. A propos de Chamonix et du Mont-Blanc, il nous donne à connaître le détail de l’arrangement franco-piémontais de 1860, « une véritable arnaque ». Ou encore les raisons de la Déclaration de guerre de la France « au roi de Hongrie et de Bohême » du 20 avril 1792. Le chroniqueur, un temps, revient à l’histoire pour mieux expliquer le présent et prévoir l’avenir.

Claude Mazauric nous donne un livre témoignage. On y entre et on en sort plus.

José Fort

(1) Arcane 17, 23 euros.

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 16:29

« Sommes-nous en Etat de guerre », ai-je osé demander à un officier CRS, jeudi en début d’après-midi, place d’Italie à Paris.

Réponse : « Oui, en Etat de guerre, comme vous dites. »

Il fallait faire vite, obéir aux ordres aboyés, s’écarter et surtout la fermer.

De mémoire d’abonné aux manifestations parisiennes, la concentration de CRS et de flics en civils (reconnaissables souvent à leurs casques et leurs capuches) m’a rappelé des temps anciens. Généralement, le plus fort du dispositif policier est stationné le long du parcours dans les rues parallèles et en fin de défilé. Jeudi, dès la place d’Italie, les CRS, casqués, matraques à la main étaient au contact direct dans le métro et dans les rues à quelques mètres des manifestants. Ce pouvoir discrédité et moribond n’a plus comme argument que la menace répressive.

José Fort

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 11:59

L’ambassade de Cuba en France a organisé mardi soir une rencontre autour de mon livre « Trente d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire (Editions Arcane17). Plusieurs amis cubains et français parmi lesquels des diplomates de la Grande Ile, André Chassaigne, président du groupe PCF/FDG à l’Assemblée nationale ainsi que Charly Bouhana et des membres de Cuba Si France étaient présents. J’ai été invité à dire quelques mots. Les voici.

Présenter mon livre « Trente ans d’Humanité » en terre cubaine, entouré de quelques-uns de mes amis et camarades a pour moi une valeur symbolique et émotive forte.

Il s’agit d’un honneur que m’accorde la représentation d’un pays (petit par la taille, grand par son prestige mondial) où j’ai passé quelques années de ma vie en qualité de correspondant de « l’Humanité », où je suis retourné régulièrement me permettant ainsi d’apprécier - au milieu de tant de difficultés - les évolutions dans tous les domaines.

A l’occasion du récent voyage de M. Obama à Cuba, nous avons encore et encore entendu en France et à flots continus les mêmes rengaines haineuses, les mêmes imbécilités récurrentes.

La dernière entendue sur une télévision française osait établir un parallèle entre le chant des partisans en lutte contre le nazisme à la prestation des Stones à la Havane.

L’honneur que vous me faites, je le mets au compte de l’admiration que je porte au peuple cubain en gardant les yeux grands ouverts. Si Cuba ne prétend pas être un modèle, chaque peuple travaillant à construire son propre chemin, selon sa propre histoire, ses propres traditions, ses propres objectifs, pour moi Cuba est un exemple.

Un exemple de résistance face à l’arrogance de la première puissance économique et militaire du monde et un blocus économique de près de 60 ans. Imaginons un instant les frontières de la France fermées avec la Belgique, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne pendant un demi siècle.

Cuba est un exemple de dignité et de courage face aux actions visant son honneur, face aux actes terroristes visant ses dirigeants et sa population.

Cuba est un exemple de solidarité comme j’ai pu le constater de mes propres yeux avec l’accueil réservé aux persécutés des dictatures fascistes latino américaines, au soutien aux combattants de la liberté notamment en Angola, au Nicaragua, au Salvador. Ou encore plus près de nous aux enfants victimes de la catastrophe de Tchernobyl soignés gratuitement dans les hôpitaux cubains. Sans oublier les personnels de santé envoyés dans les zones infectées par le virus Ezbola.

Cuba a toujours tendu la main aux victimes de l’impérialisme, ceux qui ne comptent pas pour nombre de prétendus « défenseurs des droits de l’homme », ceux qui par exemple ne pipent pas mot sur le sort des prisonniers politiques aux Etats-Unis, notamment le militant noir Mumia Abu Jamal et le combattant indien Leonard Peltier tous deux condamnés à la prison à perpétuité après des provocations policières et politiques coutumières aux Etats-Unis.

Cuba, sans grande richesse naturelle, a massivement investi dans la matière grise alphabétisant près de 100% de sa population, soignant son peuple en lui offrant une moyenne d’espérance de vie dépassant l’âge de 76 ans. Un pays affichant médecins, ingénieurs, savants, techniciens, sportifs de haut niveau, créateurs dans toutes les disciplines notamment musicales, littéraires et de la mode … Quel autre pays dans les Amériques peut présenter un tel bilan ?

C’est à la Havane, en 2008, qu’est née l’idée de mon livre lors d’un voyage effectué avec Georges Wolinski, le président d’honneur de l’association Cuba Si France.

Un soir, quelques jours avant les fêtes de fin d’année en 2014, nous avons dîné à Paris avec l’ambassadeur de Cuba en France, André Chassaigne, le président du groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale, Charly Bouhana et quelques amis. C’est ce soir là, en sortant du dîner, sur le trottoir face au restaurant, que le livre avec Wolinski fut définitivement décidé.

Et puis il y a eu le sordide 7 janvier 2015, la tuerie à Charly Hebdo et l’assassinat de notre ami Georges. J’ai donc écrit ce livre seul.

Je consacre ces pages aux moments forts vécus à travers le monde pendant un peu plus de trente ans. Vous ne serez donc pas étonnés que Cuba y tienne une bonne place. Je consacre aussi des pages aux personnalités marquantes du XX eme siècle rencontrées au fil de toutes ces années. Je pense à Nelson Mandela, à Pasionaria, à Ben Bella, à Lise London, à Rol Tanguy et à bien d’autres. Je pense à Che Guevara dont je publie le portrait après avoir passé des heures avec son père à La Havane. Je pense aussi et surtout à Fidel Castro que j’ai eu l’occasion d’approcher à plusieurs reprises lors de rencontres officielles et plus chaleureusement lors de moments disons… plus intimes.

Qu’il me soit permis de souhaiter au peuple cubain plein succès dans la construction d’un socialisme du XXI eme siècle adapté à sa riche histoire, à ses particularités économiques, géographiques et culturelles.

Comme l’écrivait Fidel Castro lundi dans « Granma », « Cuba n’a pas besoin de cadeaux de l’empire ».

J’ajoute pour ma part que Cuba a simplement besoin de vivre dans la paix et la sécurité et se développer dans le respect des règles internationales qui suppose la levée immédiate et sans condition du blocus imposé par les Etats-Unis.

Les promesses ne suffisent pas. Il faut des actes.

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 18:54

Le sinistre Karadzic vient d'être condamné à 40 années de prison par le Tribunal International de La Haye pour la boucherie de Sarajevo. 40 ans pour plusieurs milliers de victimes. A ce compte là, à combien d'années devraient être condamnés les Bush père et fils pour leurs guerres en Irak?

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 08:21

Un article de mon copain Gérard le Puill

Loi El Khomri : Quand la rédaction du Point va au turbin, c’est pour le MEDEF qu’elle fait le tapin...

Les salariés, les retraités, les étudiants et les lycéens oseront-ils encore manifester le jeudi 24 mars s’ils prennent connaissance de la ringardise de leur combat contre le projet de loi El Khomri ? La question se pose quand on lit dans Le Point de la semaine dernière les propos de Franz-Olivier Giesbert et de Pierre-Antoine Delhommais, sur l’imbécilité, selon eux, des millions de gens qui s’opposent à ce texte que le gouvernement doit adopter jeudi. Analyse des raisons d’une haine de classe recuite.

Dans son éditorial Giesbert affirme que « la tragédie de la jeunesse, ce sont souvent les jeunes ». Surtout « quand ils se définissent comme une « génération sacrifiée » alors que, dans le même temps, ils font tout pour rester encloués dans chômage, comme l’a montré leur mobilisation contre la loi El Khomri, qui, dans sa version initiale, leur aurait donnée de l’air et du travail». Ben voyons !

Mais la charge la plus haineuse de l’éditorialiste du Point est pour la CGT et ses millions de militants qui depuis plus de 120 ans ont lutté pied à pied - et ont souvent été sanctionnés par la perte de leur emploi- pour avoir été au premier rang dans la défense l’emploi et les droits sociaux pour tous. Giesbert, une semaine après avoir insulté Philippe Martinez dans un précédent édito, dénonce cette fois « les oukases de la CGT, le syndicat le plus archaïque du monde, qu’il faudrait rebaptiser Confédération contre la généralisation du travail ».

Dans la même veine et dans le même journal, Pierre-Antoine Delhommais cible les étudiants en particulier et les Français en général. « Il est assez décourageant de voir tous ces étudiants pseudo-rebelles, en réalité ultraconservateurs, oser, avec une bonne dose d’indécence, prétendre manifester au nom de toute la jeunesse contre une réforme qui vise précisément à aider ceux qui n’ont pas la chance d’aller à l’université de trouver enfin du travail » écrit ce larbin du patronat titulaire d’une carte de presse.

Sa haine de classe ne s’arrêtant pas aux étudiants, tous les salariés de France sont visés par ses propos vindicatifs. Qu’on en juge : « Il est enfin et surtout totalement désespérant de lire ces sondages qui indiquent que les Français, tout en plaçant le chômage au premier rang de leurs préoccupations, se montrent aux deux tiers hostiles à une loi qui, pour la première fois, entend s’attaquer vraiment aux causes structurelles de ce chômage de masse qui frappe la France depuis des décennies comme aucun autre grand pays industrialisé » . Voilà pour l’affirmation, sans la moindre argumentation un tant soi peu crédible !

A lire la suite de cet article haineux, on se dit que William Martinet, président de l’UNEF devrait s’entourer de gardes du corps lors de la manifestation du 24 mars. Qu’on en juge : «Il est même carrément effrayant de constater qu’une majorité de Français apporte son soutien aux analyses, très faiblement éclairées du président de l’UNEF, William Martinet, titulaire à 27 ans d’une licence en biologie, porte-parole auto proclamé et auto-satisfait de la jeunesse en colère, mais qu’elle rejette les recommandations du Prix Nobel d’économie Jean Tirole ». Et de recommander au président de l’UNEF la lecture de Jean Tirole et de quelques autres auteurs comme Augustin Landier dont s’inspire Delhommais pour réciter son catéchisme aux lecteurs du Point.

Mais ce même Delhommais n’a pas du lire ce que disait Augustin Landier quand Le Monde du 17 mars dernier lui a posé la question suivante à propos de la réforme du code du travail : «Cette réforme n’était-elle pas destinée à inverser la courbe du chômage?». Réponse de Landier : « Il y a eu un malentendu. La principale vertu de ce texte, ce n’est pas de faire baisser le taux ce chômage global à court terme, mais d’augmenter la probabilité pour chacun d’obtenir en un temps raisonnable un emploi stable. Dans le contexte de croissance molle que nous connaissons, cela passe par la réduction des incertitudes des chefs d’entreprise en matière d’embauche. En effet, le taux de chômage en soi n’est pas un bon indicateur de la santé d’une économie. On peut avoir 10% de chômeurs si les gens, si les gens retrouvent un emploi en trois mois, il n’y a pas de sujet grave!».

Voilà qui mérite une petite analyse. Landier nous dit que la réforme ne fera pas tomber le taux de chômage sous les 10% mais que les gens retrouveront peut-être du boulot en 90 jours suite à un licenciement. Sachant que la durée moyenne de l’inscription d’un chômeur à Pôle emploi est actuellement de 590 jours, le temps que mettrait un travailleur licencié pour retrouver un nouvel emploi serait divisé par sept environ. À supposer que ce soit vrai alors que nous en resterions malgré tout à 10% de chômeurs de l‘aveu même de Landier, il faut en déduire que la loi El Khomri permettrait aussi de multiplier par sept le nombre de licenciements tous les mois.

On imagine alors comment se ferait le tri sélectif, si les parlementaires votaient cette réforme du Code du travail. La moindre baisse d’activité servirait de prétexte pour licencier des groupes de salariés. Les nouvelles embauches seraient ensuite soumise à un tri sélectif comme on trie les déchets qui vont au recyclage et ceux qui vont à la décharge. Les hommes et les femmes de plus de 50 ans usés sur des postes difficiles iraient à la décharge comme de vulgaires ordures. Les jeunes sans diplômes auraient encore autant de mal à trouver du travail dans la mesure les mieux formés seraient embauchés en priorité dans une réserve de travailleurs disponibles égale à 10% de la population active selon le raisonnement d’Augustin Landier.

Voilà la réalité du projet de loi que Hollande et Valls ont fait porter par Myriam El Khomri en tablant sur son inexpérience afin que l’Elysée et Matignon tirent les ficelles de la manipulation. Mais l’opposition au texte devient massive et intergénérationnelle. D’où cette rage haineuse à la rédaction du Point que l’on peut faire rimer ainsi :

Quand Giesbert et Delhommais vont au turbin, c’est pour servir le MEDEF qu’ils font le tapin. Décidément, nous valons mieux que ça !

Gérard Le Puill

Journaliste et auteur, collaborateur de Vie Nouvelle. Ouvrier d’usine de 1965 à 1983, délégué du personnel CGT pendant 16 années consécutives. Licencié pour fermeture d’usine et sans proposition de reclassement pour cause d’activité syndicale.

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 16:52

Je rentre d’Espagne où l’Alliance française a bien voulu m’inviter pour deux conférences-présentation de mon livre « Trente ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire » (1). A Oviedo et à Llanes, les débats ont porté sur la liberté d’expression, le pluralisme et le terrorisme qui s’est abattu sur Paris au mois de novembre dernier. Un public attentif, de nombreuses personnalités locales rencontrées et une « couverture » médiatique radio et presse écrite au delà de toute espérance. Merci à tous pour leur accueil.

Nous venions à peine de franchir la frontière à Irun que la radio crachait l’annonce des ignobles attentats de Bruxelles. Ana, ma jeune guide-hôtesse de ces jours délicieux, dans le civil cantatrice de talent, femme espagnole jusqu’au bout de gentillesse, d’intelligence, de culture, d’humour et d’engagement social a repris sur Facebook une de mes phrases prononcées la veille : « les terroristes sont des monstres mais ce sont nos (l’occident) monstres. »

Je persiste et je signe : les guerres organisées par la famille Bush en Irak, celle du sinistre BHL reconverti en ministre de la guerre de Sarkozy en Libye, les aventures militaires occidentales menées ici et là, particulièrement en Syrie sous la houlette de Hollande, toutes menées au nom de la prétendue « démocratie » par les héritiers des croisés qui ont sali l’histoire lors des Croisades ou plus près de nous pendant les guerres coloniales, ont provoqué la totale déstabilisation du Moyen-Orient et alimenté l’irruption du fanatisme.

S’en tenir à la compassion ne suffit pas. Il faut désigner les véritables coupables : les gouvernants nord-américains et leurs fidèles caniches membres de l’Otan sont à l’origine de ce déferlement de violences, de peur et de haine.

Et puis voilà que sur mon ordinateur orphelin depuis quatre jours apparaissent des textes, des appels de communistes en errance à la recherche de signatures pour une pétition, celle voulant le retour au franc, celle plus « bolcho que moi tu meurs », celle affirmant que Mélenchon est « notre candidat », celle souhaitant un Front de gauche ragaillardi et cachant son candidat choisi, le précité. Ou encore celle qui veut et qui en même temps ne veut pas. Une série de calembredaines qui, si elles n’émanaient pas en partie d’anciens responsables du PCF ou de leurs porte-plumes à tout faire qu’on n’a pas connu aussi vifs du temps de la mutation-désagrégation de M. Hue alors qu’ils étaient aux affaires, ne pèseraient pour rien. La vision communiste ne se construit avec d’anciens membres de l’appareil. La nouvelle génération de militants et de dirigeants communistes peut s’appuyer sur l’expérience des plus anciens. S’appuyer, sans plus. Ce ne sont pas les anciens dirigeants qui feront l’histoire de demain. A eux de rester discrets et humbles, leur bilan ne relevant pas de l’exploit.

José Fort

  1. info.arcane17@orange.fr

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 07:50

A l’invitation de l’Alliance française, je signe mon livre « Trente ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire » ce soir à 19h à Oviedo, Auditorium Prince Felipe. Vendredi à 19h30, ce sera au centre culturel de Llanes.

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 13:59

Ce qui s'est passé hier soir à l'université Dauphine à Paris (manifestation grossière et violente des riches du coin contre l'installation d'habitations provisoires pour les SDF dans le 16e) montre la cruauté de ces nantis. Chez ces gens là, après la messe du dimanche, la haine de l'autre et du plus pauvre occupe toute la semaine. Cet événement confirme aussi autre chose: l'utilité des élus communistes comme ultime rempart face à l'injustice sociale. Souvenez-vous combien certains, notamment les mélenchonnistes, insultaient nos camarades parisiens lors des dernières municipales au nom de la "pureté révolutionnaire". L'action courageuse et déterminée de Ian Brossat pour construire des logements sociaux à Paris est un exemple dont nous pouvons être fiers.

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 13:01

A Monsieur Barack H. Obama,

Président des États-Unis d’Amérique.

Reçois un fraternel salut de Paix et Justice.

Nous avons appris récemment que vous allez faire un voyage historique à Cuba et que bientôt vous viendrez en Argentine pour resserrer des liens étroits de coopération avec le gouvernement récemment élu.

Nous suivons attentivement les avancées positives qui, grâce à l’intervention du Pape François, ont permis d’ouvrir les portes à l’espérance et au dialogue entre le peuple de Cuba et celui des États-Unis.

Vous savez très bien qu’il reste encore un long chemin à parcourir pour parvenir à la levée du blocus de Cuba et à la fermeture de la base militaire que votre pays maintient à Guantanamo où l’on viole les droits humains des prisonniers, sans jugement et sans qu’il leur soit possible d’accéder à la liberté. Nous savons que des progrès ont été faits, malgré la forte opposition que vous rencontrez dans le Congrès de votre pays.

Dans la lettre que vous m'avez envoyée l’an dernier, vous avez reconnu, à la différence de tous vos prédécesseurs, que votre pays viole les droits humains et vous avez fait mention de votre volonté “d’en terminer avec ce chapitre de l’histoire des États-Unis”.

Il est important que vous sachiez que vous ne viendrez pas en Argentine à n’importe quel moment. En1976, vous n'aviez que 14 ans et votre pays fêtait les deux siècles de son indépendance; c’est alors qu’a commencé chez nous la période la plus tragique de toute notre histoire avec l’instauration d’un terrorisme d’état qui a soumis notre peuple à la persécution, à la torture, à la mort et aux disparitions forcées en lui enlevant son droit à la liberté, à l’indépendance et à la souveraineté.

C’est en tant que survivant de cette période d’horreur que je vous écris car, comme beaucoup d’autres, nous avons tous été victimes de persécutions, et condamnés à la prison et aux tortures, alors que nous défendions les droits humains face aux dictatures latino-américaines qu’avait imposées la “Doctrine de la Sécurité Nationale” et “l’Opération Condor”, toutes deux organisées et financées sous la Coordination des États-Unis.

C’est pour cette lutte collective qu’on m’a attribué le Prix Nobel de la Paix que j’ai accepté au nom de tous les peuples d’Amérique Latine.

Tout ceci a eu lieu pendant que les États-Unis formaient les Forces Armées latino-américaines dans les “Écoles des Amériques” en leur enseignant les techniques de torture et de séquestration.

C’est alors qu’avec l’aide des élites locales, on pratiquait des politiques néo-libérales qui ont détruit les capacités productives du pays et ont imposé l’idée de la dette extérieure illégale et illégitime. Nous avons dénoncé cette façon d’agir tout en reconnaissant la solidarité du peuple des États-Unis et de quelques rares exceptions comme celle de l’ex-président Jimmy Carter et celle de Patricia Derian qui ont dénoncé cette façon d’agir de la dictature.

Vous viendrez dans mon pays juste pour “le Jour National de la Mémoire pour la Vérité et la Justice”, le jour même des 40 ans du début de la dernière dictature génocidaire en Argentine et de l’année des 200 ans de notre indépendance nationale. Vous ne pouvez certainement pas ignorer que votre pays a encore beaucoup de dettes envers le nôtre ainsi d’ailleurs qu’envers beaucoup d’autres.

Si votre intention est de venir ici pour reconnaître au nom des États-Unis d’Amérique que votre pays a été complice des coups d’état du passé et du présent dans la région et pour annoncer qu’il va signer et ratifier le “Statut de Rome” et se soumettre à “la Cour Pénale Internationale”, votre pays ne sera plus le dernier pays d’Amérique à ne pas avoir encore ratifié la “Convention Américaine des Droits Humains”.

Si vous nous annoncez que votre pays va fermer “l’Institut de Coopération pour la Sécurité Hémisphérique” (WHINSEC) et “l’Académie Internationale pour l’Accomplissement de la Loi” (ILEA), ces deux organismes imposés par l’École des Amériques, et si vous nous dites que vous allez fermer les bases militaires US en Amérique Latine, alors, vous serez toujours le bienvenu en Argentine le jour où vous viendrez.

Mais si vous venez avec l’intention de nous imposer les “Traités de Libre Commerce” pour défendre les privilèges des entreprises internationales qui dépouillent nos peuples ainsi que la Terre Mère, ou si vous venez pour avaliser les illégitimes réclamations des pays internationaux avec leurs “Fonds Vautour” ou “buitres” comme on les appelle ici, et qui prétendent nous spolier à travers la justice de ton pays. Ou si vous avez l’intention de nous recommander la recette désastreuse de l’intervention des Forces Armées dans les affaires de sécurité intérieure sous le prétexte de la lutte contre le narcotrafic, tout en réprimant les mouvements populaires. Si c’est le cas, je ne peux que vous rappeler les paroles du libérateur Simon Bolivar qui déjà nous alertait ainsi : “Les États-Unis paraissent destinés par la providence à infliger des misères à toute l’Amérique Latine au nom de la liberté”.

La puissance mondiale que vous représentez a toujours été et est encore derrière tous les essais de déstabilisation des gouvernements populaires de notre continent, particulièrement au Vénézuela, en Équateur, en Bolivie, au Honduras et dans bien d’autres pays. A 200 ans de notre indépendance, je dois vous dire que nous n’accepterons plus ni les anciens, ni les nouveaux colonialismes et que nous n’accepterons pas les nouveaux “Consensus de Washington” avec leurs réformes qui provoquent la faim et les exclusions.

Nous, les peuples latino-américains, avons déjà mis en déroute le projet impérial de l’ALCA et nous affronterons aussi tous les nouveaux essais de semblables impositions.

Si votre intention n’est pas d’annoncer des réparations, pour éviter de nouvelles souffrances, alors, malheureusement ta visite sera reçue par la plus grande partie du peuple argentin comme un geste de provocation contre un axe central de notre identité nationale : la défense des droits humains et des droits des peuples.

Nous avons pour beaucoup d’entre nous, fait très attention au communiqué officiel de ta visite qui annonce que vous viendrez reconnaitre les contributions de Mauricio Macri (le président de l’Argentine) à la défense des droits humains dans la région. La première fois que Macri a défendu publiquement les droits humains, c’était en se référant à un autre pays qu’il ne connaissait pas, il parlait alors d’une manipulation contre le Vénézuela qui banalisait les politiques des Droits Humains.

Nous espérons que cette précédente reconnaissance n’était pas une offensive déstabilisatrice de notre sœur la République Bolivarienne (proclamée par Chavez, l’ancien président du Vénézuela) .

Récemment le Vénézuela a approuvé la “Loi Spéciale pour Prévenir et Sanctionner la Torture et les autres Traitements Cruels, Inhumains ou Dégradants” en augmentant les peines de ceux qui appliquent ces pratiques.

En Argentine nous sommes préoccupés par le fait que dans la seule année 2014, nous avons eu 6 843 cas de tortures dans les prisons et que Macri, qui est actuellement notre président n’en a pas dit un seul mot. Ni avant, ni maintenant.

Les USA possèdent la plus grande quantité de prisonniers au monde (un prisonnier sur quatre est nord-américain) et de plus, ils ont des centres de détention et de torture dans bien d’autres pays comme l’a démontré l’information complète du “Programme de Détention et d’Interrogatoires de la CIA” du Congrès Nord-américain pour l’année 2014. Il est urgent pour nous de lutter contre ces pratiques dans le monde entier.

“La Paix est le fruit de la Justice” (c’est la devise du SERPAJ) et pour que cela devienne réalité, nous continuons tout au long de notre chemin, à nous engager auprès de ceux qui ont faim et soif de Justice pour garantir la pleine application des Droits des Personnes et des droits des Peuples, hier comme aujourd’hui. Ceci nous a permis en Argentine de juger et de faire condamner ceux qui ont commis des crimes contre l’humanité

Pour cela, il est important que vous sachiez que tous les 24 mars,(date du début de la dictature) aucun président ni aucune personnalité ne peut représenter le peuple argentin qui avec toute sa diversité s’est toujours représenté lui-même à travers ses consignes et sa mobilisation pacifique dans toutes les rues et dans toutes les places du pays.

Comme l’a si bien fait remarquer le Pape François dans la “Rencontre des Mouvements Sociaux en Bolivie” : “Le futur de l’humanité n’est pas seulement entre les mains des grands dirigeants, des grandes puissances et des élites. Il est fondamentalement entre les mains des Peuples”.

Je vous réitère le salut de Paix et de Justice.

Adolfo Pérez Esquivel
Prix Nobel de la Paix
Service Paix et Justice (SERPAJ).

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 18:43

Quand je vois ce que je vois, je lis ce que lis, je me dis plus que jamais: ni primaires, ni Mélenchon, ni pétitions de la division. Un parti communiste ouvert, moderne, combatif travaillant avec toutes les forces honnêtes de progrès résolument opposées à l'ultra libéralisme.

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