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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 18:27

Rendez-nous Thomas Fabius en garde à vue à Nanterre pour des bricoles, quelques millions ça va, ça vient… Rendez-nous l'inventeur de la crèche-entreprise qui avait fait la " une " de l'actu, des radios et des télés, il y a quelques années. Un battant, un innovant, le capitaliste moderne, bref l’avenir.

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 11:19

Je lis ici et là des réactions "à chaud" de responsables PCF (les autres m'importent moins) après le scrutin de dimanche. C'est à celui qui arrive le premier. Serait-il déplacé de leur demander aux uns et aux autres un peu de calme afin de nous laisser le temps de souffler et de réfléchir. La précipitation, le "buzz" semblent être devenus une règle. S'iou plait n'en rajoutez pas avec vos petites phrases et vos analyses hâtives.

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 10:19

Un article publié dans " Vie Nouvelle" , magazine de l'UCR/CGT.

Ils étaient jeunes, d’origines diverses, passaient un bon moment au Bataclan et aux terrasses de bistrots. Assassinés par le fascisme nouvelle manière.

Les jours ont passé, l’horreur reste. Le 13 novembre dernier, la soirée était douce sur Paris. Les terrasses de café étaient pleines, le Bataclan résonnait d’un rock effréné. En une demi heure, tout a basculé. Tirs, explosions, cris de douleur, sang, panique : des tueurs venaient de transformer un quartier populaire de la capitale en un champs de la mort.

La plupart des victimes avaient entre 20 et quarante ans, la force vive de la nation. Ils étaient jeunes, de toutes origines sociales, des Français et des étrangers, des avocats, des artistes, des étudiants, des salariés, des syndicalistes. Vite, très vite, policiers, pompiers, personnels de santé (chapeau les fonctionnaires) sont intervenus limitant ainsi la trop longue liste des morts. Que dire une fois l’hébètement dépassé ?

Les barbares, lâches parmi les lâches, sont des fascistes. Inutile d’aller chercher une raison religieuse ou philosophique. Dans l’histoire, le fascisme a pris de multiples formes. Cette fois, un drapeau noir, l’égorgement comme règle, les femmes lapidées et des exécutions à Paris et ailleurs. Alors ?

La meilleure réponse est dans une France debout refusant la restriction des libertés, poursuivant ses actions et ses luttes contre les injustices sociales, travaillant pour la paix. La guerre n’a jamais réglé les problèmes du monde. Au contraire, la guerre appelle la guerre. Et une chose est certaine : pour anéantir les fascistes de Daech, il faut d’abord fermer le robinet de l’argent et des armes.

La tragédie vécue à Paris n’est pas le résultat du hasard. Depuis des décennies, les puissances occidentales, Etats-Unis en tête, on joué avec le feu en soutenant et en armant les pires forces obscurantistes et réactionnaires. En France, la politique anti sociale, la marginalisation de quartiers laissés à la dérive, le chômage de masse, le discrédit jeté sur le mouvement syndical sont quelques-uns des ingrédients favorisant le basculement de jeunes en errance. C’est aux racines du mal qu’il faut s’attaquer, pas seulement aux conséquences.

L’immense peine ne doit pas laisser place à l’abattement. L’heure est au rassemblement pour le respect de nos libertés, toutes nos libertés. L’heure est à la résistance.

José Fort

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 10:12

Les barbares qui ont semé la mort et la désolation vendredi soir à Paris sont des monstres. Personne ne le conteste. Mais s’en tenir à ce constat et à la compassion pour les familles martyrisées ne suffit pas. Ces monstres ont été enfantés par le désordre mondial enclenché par les guerres menées au nom de la « démocratie » par les Bush, Sarkozy, Cameron et quelques autres.

Des questions de bon sens restent étrangement sans réponse. D’où vient l’argent ? D’où viennent les armes ?

L’organisation terroriste dispose de moyens financiers considérables. L’argent – en partie - provient de plusieurs pays du Golfe alliés de Washington et de Paris, du commerce du pétrole en direction, dit-on sans obtenir de démenti, de pays européens ainsi que du pillage d’antiquités vendus au prix fort en Occident par des réseaux mafieux.

D’où viennent les armes ? Un grand merci au grand Sam et à ses copains de Londres et de Paris. Le matériel fourni aux opposants à Bachar el Assad est passé à 90% entre les mains des djihadistes avec en prime les reliquats des arsenaux libyens ainsi que des blindés, des tanks et de l’armement lourd de fabrication US pris à l’armée irakienne.

Les talibans en Afghanistan avaient été armés par Reagan au nom de la défense du « monde libre » avec les résultats que l’on connaît. Les « contras » au Nicaragua avaient bénéficié des mêmes largesses.

En accueillant les dictateurs latino-américains en retraite dorée à Miami, les officiels nord-américains ont pour habitude de dire : « Ce sont des fils de pute, mais ce sont nos fils de pute. » Les dirigeants occidentaux peuvent dire eux aussi à propos des barbares: « ce sont des monstres, mais ce sont nos monstres. » »

José Fort

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 09:37

La direction d'Air France et son nouveau DRH ancien directeur de cabinet de Valls ont décidé d'y aller à la hache. Deux chemises déchirées, des descentes de flics à 6h du matin et maintenant la hargne contre les salariés et la CGT. Les directions syndicales sont assez responsables pour décider seules. Mais rien n'empêche que se profile un large rassemblement de solidarité et de colère. A justice de classe, réplique de classe.

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 13:55

Il était communiste dans les années 1950, maoïste en 1968, soutien de Bush et sa guerre en Irak dans les années 1990, de Sarkozy en 2007. Des « erreurs », disent ses amis sur les ondes qui lui consacrent des heures et des heures d’antenne en camouflant son soutien à Netanyahu lors des bombardements sur Gaza. Bref, il était à la hauteur de la société qui l’a engendré.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 13:44

Un article publié dans "l'Humanité" daté du lundi 9 novembre 2015

Envoyé spécial

« Hijos de puta» (fils de pute), s’exclame Pedro devant son téléviseur près de Vinales dans la province de Pinar del Rio tandis que son fils Marcelo vante les mérites de sa production de tabac aux visiteurs français (1). Le représentant de Washington à l’ONU « regrette » le dépôt d’une résolution (votée par 191 pays, seuls les Etats-Unis et Israël ont voté contre) demandant la levée du blocus décrété par les Etats-Unis, il y a plus d’un demi siècle contre Cuba. Prétexte avancé : « le respect du processus de normalisation des relations en cours » entre les deux pays. Quelques instants auparavant, Bruno Rodriguez, le brillant ministre cubain des Affaires étrangères, avait rappelé la cruauté de l’embargo dont l’inefficacité contre révolutionnaire a été reconnue par Obama en personne. Pourtant c’est son administration qui vient d’infliger une amende de près de 700 millions de dollars au Crédit Agricole pour avoir effectué des transactions avec la Grande Ile en monnaie US.

Pedro n’est pas le seul à insulter « les fils de pute ». A Santiago de Cuba, Antonio, un vieux de la vieille, tient des propos similaires ajoutant : « Ces enfants de Satan nous ont tout fait : terrorisme, guerre économique, idéologique. Ils n’ont pas réussi à nous abattre par la violence, ils tentent aujourd’hui de nous pourrir par le fric. » Sa fille Maria, la quarantaine, vient de terminer un stage dans un cours pour futur haut fonctionnaire. « Mon père y va un peu fort, soupire-t-elle. « Il ne prend pas suffisamment en compte les évolutions en cours. » Peut-être. Sauf que si le blocus n’a pas été levé, la majorité républicaine au Sénat US s’y opposant, l’argent court les rues cubaines avec les nécessaires marchés paysans, l’explosion de l’initiative privée limitée pour l’instant aux services et à l’artisanat, la vente et l’échange de maisons, d’appartements et… les touristes pressés comme des citrons au juteux peso convertible.

Les Cubains s’amusent de voir débarquer les palanquées de gouvernants européens s’affichant souvent comme les représentants du« centre du monde ». Pour William, ancien prof reconverti dans le plus lucratif, « les européens pensaient être le centre déjà au Moyen Age, avant de prendre un bateau et de découvrir que la plupart des civilisations au-delà des océans étaient plus développés que la leur, ce qu’ils essayèrent de dissimuler à grands coups de massacres. » Quant aux nord-américains, si près de leurs côtes et de leurs inclinations naturelles, ils les regardent avec méfiance, une sorte de « je t’aime moi non plus ». « Avec les yankees, faut toujours regarder à gauche, à droite, devant et derrière », ironise Gladys à qui on ne l’a fait pas. « Avez-vous remarqué, ajoute-t-elle que le vote US à l’ONU concernant la levée du blocus n’a pas provoqué ici de commentaires indignés chez les officiels, le jour même où le numéro deux de la sécurité intérieure des Etats-Unis (le FBI, version soft) arrivait à la Havane ? »

Les Cubains ont toujours à l’esprit les longues années noires d’agressions et de restrictions. Ils n’ont pas oublié la période dite « spéciale » après l’effondrement de l’URSS et des pays de l’Est européen, la perte en une semaine de 85% des importations et 80% des exportations. L’époque où souvent la seule banane frite faisait office de repas. Ils en ont tiré les enseignements. Un particulièrement: comme pour rythmer lentement la marche sous l’écrasante chaleur tropicale, ils prennent leur temps et évitent la précipitation. A malin, malin et demi.

La Havane est devenu le dernier endroit où l’on cause. Pas un jour sans l’arrivée d’un président, d’un ministre, d’une autorité financière ou économique. La capitale, en chantier, accueille conférences, expositions et les pourparlers de paix pour la Colombie.

Cuba est aussi le dernier endroit à la mode avec ses musiques traditionnelles et d’avant garde, sa propre haute couture même si Chanel prépare ici un défilé tandis que la destination touristique fait exploser les capacités aériennes et hôtelières. Lorsque les ferries reliant Miami à La Havane et les low cost en provenance des principales villes des Etats-Unis déverseront chaque matin des milliers de nord-américains, le job du tourisme relèvera du défi, les réservations affichant déjà complet jusqu’au mois d’avril.

Question, en évitant de s’ériger en donneur de leçons : la révolution cubaine sera-t-elle en mesure de digérer les changements, de rebondir dans un environnement économique nouveau, de poursuivre son ambition socialiste à la sauce du 21 eme siècle ?

Le pays et ses dirigeants s’y préparent. Ici, peu de richesses naturelles mais de la matière grise à revendre. Après avoir alphabétisé la totalité de la population, assuré une espérance moyenne de vie de 79 ans, les dirigeants cubains ont parié et misent toujours sur l’école, l’université, les laboratoires. Sur les intelligences. Un médecin pour 150 habitants, un instituteur pour 25 élèves. L’éducation et la santé pour tous dans l’Ile mais aussi produits d’exportation dans 81 pays à travers le monde. Toujours pas d’autosuffisance énergétique mais la mise en place progressive d’énergies renouvelables. Toujours pas certains matériels de haute technologie en matière médicale interdits par le blocus mais des médecins à la pelle et une recherche aux résultats spectaculaires prenant appui sur les plantes notamment dans les domaines du cancer, de la peau, de l’ophtalmologie. Les activités de santé occupent désormais le premier poste de rentrée de devises. Toujours pas – au grand dam des jeunes - une couverture suffisante d’internet mais une production littéraire à vous couper le souffle, les deux ou trois exilés de la plume invités permanents des médias français et espagnols relégués aux oubliettes de la ringardise. Toujours pas de logements décents suffisants mais un vaste programme de construction en attente des matériaux coincés par le blocus. Toujours pas les transports communs nécessaires mais une amélioration sensible grâce à la livraison de milliers de bus chinois. Toujours pas… « Allez voir dans les pays proches comme au Honduras, à la Jamaïque, à Saint Domingue, sans parler d’Haïti, et un peu plus loin au Mexique ou au Pérou, vous ferez la différence », invite William. En assistant à la rentrée des classes dans un coin du Vedado à La Havane, on se prêterait à comparer avec certains quartiers en France aussi.

La défense de la souveraineté et de l’indépendance nationale rassemble la presque totalité de la population, y compris les opposants au système. Pas les abonnés aux officines US toujours prêts à plus de génuflexions que la liturgie yankee impose. Ceux qui ne prendraient pas en compte cette réalité risqueraient bien des déboires. Et si les acquis sociaux (santé et éducation) constituent une prouesse dans cette partie du monde, l’aspiration à une vie plus confortable et modernisée traverse toutes les couches de la société. C’est ce défi auquel est et sera confronté Cuba au cours des prochaines années dans un environnement continental qui pourrait bien se dégrader.

Les Etats-Unis et leurs relais oligarchiques mènent une lutte sans merci pour tenter d’abattre les gouvernements progressistes latino-américains. Plusieurs observateurs cubains voient même se profiler des « coups d’Etat ». Il y a eu l’intervention au Honduras, le « golpe » parlementaire au Paraguay. L’Argentine, l’Equateur, la Bolivie et surtout le Venezuela et le Brésil sont dans la ligne de mire impérialiste. Si les gouvernements actuellement en place venaient à laisser la place aux droites réactionnaires et fascisantes, l’existence des structures politiques et d’intégration économique continentales serait menacée. Cuba aurait alors, à nouveau, à affronter l’isolement, la politique d’Obama participant en fait à une opération de déstabilisation nouvelle manière.

José Fort

(1) Des lecteurs et amis de « l’Humanité » viennent d’effectuer un séjour de découverte de la Grande Ile organisé par Cuba Linda.

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 18:11

Hashem Azzeh est mort le 21 octobre dernier asphyxié après avoir été gazé par des soldats israéliens.

Deux heures avant son décès, il recevait des amis venus de Bordeaux dans sa maison pour un déjeuner avec sa femme et ses enfants.

Hashem aurait pu être sauvé si les soldats israéliens avaient laissé les secours passer à temps en franchissant le check point à l’entrée du la Rue de Martyres (Shuhada Street).

Hashem et sa famille ont souvent été attaqués par les colons d'Hébron et plus particulièrement par leur chef, Baruch Meir Marzel, qui était son « voisin ».

Hashem nous avait reçus l’année dernière. Au retour d’un voyage à l’étranger, j’apprends la triste nouvelle. Voici en forme d’hommage, son portrait figurant dans mon livre « Trente ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire », Editions Arcane 17.

Hashem Azzeh, 51 ans, est otage dans sa propre ville, Hébron, au sud de Jérusalem. Au dessus de sa maison, les colons extrémistes venus des Etats-Unis lui pourrissent la vie. A proximité, des soldats israéliens lui interdisent de dépasser un périmètre de 200 mètres autour de sa propriété. Impossible de se déplacer, de travailler. On lui propose 20 millions de dollars pour déguerpir. Pour lui « rester, c’est résister. »

Rencontrer Hashem Azzeh à Hébron relève du parcours du combattant. Cette ville a connu tout au long de son histoire la cohabitation d’une minorité juive aux côtés d’une majorité musulmane. Elle a surtout vécu des drames comme, par exemple, le massacre du 25 février 1994 de fidèles musulmans en pleine prière par un colon extrémiste, Baruch Goldstein. Depuis, la colonisation est menée à marche forcée.

Hashem nous attend à proximité du check-point séparant la vieille ville, ses rues animées caractéristiques de tout l’Orient et le quartier où les colons israéliens ont spolié les terrains appartenant aux Palestiniens. Un de ses amis est chargé de nous récupérer dans un café pour nous guider jusqu’au bout d’une rue, une sorte d’étroit goulet d’étranglement où sont postés plusieurs soldats chargés de filtrer les passages. De l’autre côté du poste de contrôle, Hashem nous attend, fumant cigarette sur cigarette. Son large sourire n’arrive pas à cacher sa nervosité. Puis, nous prenons le chemin de la maison qui appartient à sa famille depuis son expulsion de Jaffa en 1948.

L’entrée de son terrain lui est interdite par l’occupant israélien. Il faut emprunter une étroite bande de terre rocailleuse pour atteindre la demeure. La végétation du jardin a été brûlée par des jets d’acides, les colons balançant chaque jour leurs ordures accompagnées d’injures.

Hassan et sa famille subissent des violences à répétition. Il a été sévèrement tabassé et en porte les stigmates sur le visage. Sa femme enceinte a été battue à deux reprises perdant les deux enfants qu’elle portait. Régulièrement, et en pleine nuit, militaires et policiers israéliens accompagnés de chiens font irruption dans cette maison où il est interdit de posséder un couteau même de cuisine et parfois, selon leur humeur, cassent le mobilier entassé sur la terrasse comme témoignage de la folie de ces hommes. Hashem, sa femme et ses quatre enfants assistent aux scènes de violences sans dire un mot. Le silence pour éviter l’arrestation ou la bastonnade.

Les colons - près de 500 dans la ville, pour 4000 soldats et policiers chargés de leur « protection » - dont une famille a été installée à trente mètres au dessus de la maison d’Hashem viennent pour la plupart des Etats-Unis. Toutes ces provocations ont un objectif : rendre la vie impossible, contraindre au départ. Comme cela ne suffit pas, l’appât du gain constitue la dernière trouvaille.

Des émissaires israéliens ont proposé à Hashem et à son voisin 20 millions de dollars chacun et en cash pour quitter les lieux. Le voisin a accepté la mallette de billets puis s’est immédiatement embarqué avec femme et enfants pour les Etats-Unis. J’aurai trop honte », dit-il. « Trop honte face à une partie de ma famille qui vit dans un camp de réfugiés, trop honte face à mes amis, mes proches. Trop honte face à mes enfants qui malgré la vie dure qu’ils mènent ne veulent devenir eux aussi des réfugiés. Trop honte face aux 171 enfants de notre école qui font face aux insultes et aux jets de pierres des enfants des colons sans que les soldats et les policiers les en empêchent. »

Il est l’heure de nous quitter. Hashem nous raccompagne jusqu’à un trait rouge peint sur le sol. « Je ne peux pas aller plus loin », dit-il en prenant congé. N’ayant pas le droit de s’éloigner de sa maison de plus de 200 mètres, s’il franchit ce marquage, il risque au mieux l’arrestation au pire une balle dans la tête.

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 08:35

Günter Schabowski, ancien dirigeant de la RDA, est décédé à Berlin dans un total isolement. Cet homme réputé comme « un communiste hortodoxe pur et dur » transpirait le goût du pouvoir. Lorsqu’il arrivait à Paris pour participer notamment à la fête de l’Humanité nous évitions de nous en approcher tellement il dégageait la suffisance. Egon Krenz le considérait comme un « traitre ». Le dernier président du conseil d’Etat de la RDA m’avait accordé une interview au début des années 2000. Vous retrouverez l’essentiel de ses propos dans mon livre « Trente ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire » (Editions Arcane 17, 16 euros)

Extraits

JF. Aviez-vous passé des accords (concernant le mur, ndrl) avec le chancelier Kohl ?

EK. Nous avions décidé d’ouvrir plusieurs points de passage. La date avait été fixée par mon gouvernement au 10 novembre 1989. Or, la veille, un membre du bureau politique, Schabowski, a annoncé publiquement non pas l’ouverture de passages mais la « destruction du mur ». Nous nous étions mis d’accord avec Kohl pour l’ouverture en « douceur » des frontières. Il ne s’agissait pas à ce moment là de la fin de la RDA, de la fin du pacte de Varsovie et de Berlin comme territoire au statut particulier. Il s’agissait d’ouvrir les frontières.

JF. Avez-vous pensé, un moment, faire utilisation de la force ?

EK. Je peux jurer que nous n’avons jamais envisagé une telle décision. Je savais qu’un seul mort aurait eu des conséquences tragiques. L’utilisation de la force, et nous en avions les moyens, aurait conduit à la catastrophe.

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 12:04

Vendredi soir, lors de l’émission « Ce soir ou jamais », sur France 2, le « philosophe » Yves Roucaute proche des thèses de la droite israélienne a cru bon d’évoquer son « ami Tony Blair » pour justifier l’injustifiable concernant les affrontements à Jérusalem et en Cisjordanie. Yves Roucaute, celui qui a reconnu avoir rédigé en 2012 un discours pour Claude Guéant, alors ministre de l’Intérieur de Sarkozy, où il était indiqué que « contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas » a d’étonnantes relations : Guéant et Blair (à des niveaux différents, il est vrai) sont des hommes d’argent. Mais restons-en à « l’ami » de Roucaute, le Tony Blair dont on se demande le rôle exact qu’il joue lors de ses « missions » de médiation au Proche Orient.

Rapide retour. En 2003, la côte de popularité de Tony Blair dépassait les 70 %. En 2015, 70% des Britanniques le considèrent comme « gênant ». Celui que la presse avait surnommé « le caniche de Bush » paye encore ses mensonges sur l'existence d'armes de destruction massive pour justifier l'intervention britannique en Irak en 2003.

Depuis qu'il n'est plus premier ministre, Tony Blair s'est reconverti dans les affaires et les conseils stratégiques. Il conseille aussi bien des entreprises que des gouvernements tandis que sa femme Cherie, s'est elle aussi reconvertie dans ces mêmes domaines et les investissements miniers ou pétroliers, les conseils stratégiques, en sécurité ou de gouvernance. Ils se répartissent les tâches pour faire fructifier au mieux leurs intérêts. Ils sont désormais riches à faire pâlir de jalousie Sarkozy.

Revenons à « l’ami » de M. Roucaute sous sa caquette de « médiateur » au Moyen-Orient. Tony Blair a rencontré à plusieurs reprises ces derniers mois le chef du Hamas Khaled Mechaal alors qu’il n’avait pas encore démissionné du Quartet (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU) enfreignant ainsi les propres règles du Quartet interdisant les contacts avec le Hamas. Tony Blair n’a pas fait que parler à Mechaal. Il l’a invité à Londres. Invitation reportée.

Tony Blair n’a pas pu agir seul. Pour entamer de telles discussions, il a dû obtenir le feu vert des Etats-Unis et du gouvernement israélien, une forte odeur de gaz (des réserves importantes ont été découvertes au large de Gaza) inspirant l'acteur et ses commanditaires. Un conseil à M. Roucaute: restez plus discret concernant vos relations avec votre « ami » Tony Blair, plus « caniche » et homme d'affaires que jamais.

JF

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