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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 06:51

«Traumatisés» d’avoir été «traités comme des bandits», les salariés d’Air France poursuivis pour violence sortent du silence pour la première fois. Ils s’estiment désignés «coupables avant d’être jugés», par le gouvernement et la compagnie, qui a voulu selon eux «faire un exemple» pour éteindre la révolte.

Dix jours après le comité central d’entreprise d’Air France interrompu par de violents débordements, quatre d’entre eux ont rencontré un journaliste de l’AFP. Seuls deux ont parlé, lors de cet entretien qui sera «le premier et le dernier» accordé aux médias, prévient Mehdi Kemoune de la CGT, présent à leur côté.

Visages fermés, traits tirés, aucun ne souhaite s’étendre sur son rôle dans la manifestation du 5 octobre au siège d’Air France, contre les 2.900 suppressions de postes envisagées, qui a dégénéré.

Sous la double menace d’une condamnation pénale et d’un licenciement, les salariés incriminés l’affirment : «on n’a rien fait», d’ailleurs la police n’a «pas assez de preuves».

Deux dirigeants d’Air France avaient alors été molestés et obligés de s’enfuir, leurs chemises déchirées, en escaladant des grilles. Quatorze plaintes ont été déposées après ces violences: neuf émanant de vigiles et cinq de cadres de l’entreprise.

«Je ne regrette pas d’avoir participé à une manifestation pour sauver mon boulot», lâche simplement David (prénom modifié). «On est venu là pour nos emplois, pas pour casser».

Le nouveau plan de restructuration, «c’est une catastrophe sociale», dit Mickaël (prénom modifié). «C’est des divorces, des pertes de maison, de vie... c’est injustifié», soupire-t-il.

Tous gardent en mémoire la date du «12 octobre», jour de leur interpellation, à l’aube et devant leurs familles.

Après une nuit de travail, Mickaël trouve trois policiers devant son domicile, peu après 6H00 du matin. «Ils ont fouillé chez moi, j’avais l’impression d’être un terroriste».

«Le pire c’est pour les enfants», qui s’interroge selon lui: «Il a disparu papa, qu’est-ce qu’il a fait?»

Direction la Police aux Frontières (PAF) à Roissy, en charge de l’enquête, pour être interrogés.

David se dit personnellement «traumatisé par la garde à vue». «Nous aussi on s’est fait violenter», alors qu’une simple convocation suffisait selon eux.

Depuis sa sortie, mardi soir, il affirme voir un psychiatre. «Je ne dors pas vraiment, je ne mange plus», dit-il dans un souffle.

«Je n’ai jamais eu de problème avec la justice, c’est vraiment dur psychologiquement d’être traité comme un bandit», poursuit Mickaël.

- «Plus bas que terre» -

A plusieurs reprises, ils affirment que leur «présomption d’innocence» a été balayée dans le flot de réactions qui ont suivi le 5 octobre. «Des voyous», avait notamment tonné le Premier ministre Manuel Valls.

«Nous sommes coupables avant d’être jugés, même par les médias et par Valls», se plaint Mickaël. S’il est innocenté, espère-t-il un «soutien» du gouvernement? «Si un jour on a des excuses c’est déjà bien, on a été mis plus bas que terre».

«Le plus dur à vivre c’est pour la famille, ça passe très mal», ajoute David.

Le chef du gouvernement a assuré jeudi au Sénat qu’il «ne peut pas y avoir d’impunité (...), à l’égard d’actes qui méritent une sanction judiciaire et des sanctions dans l’entreprise».

Les cinq salariés, âgés de 35 à 48 ans, seront jugés le 2 décembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des «faits de violences en réunion». Ils ont également été mis à pied jeudi à titre conservatoire, sans solde.

«Une double peine», pénale et disciplinaire, tranche David.

Mickaël va plus loin. «On sert de bouc-émissaires, Air France a voulu faire un exemple en disant +si vous vous rebellez, vous aurez le même traitement+».

En suspendant leurs salaires, la direction de la compagnie «nous prend ce qui nous fait vivre». «Ce qu’on demande, ajoute-t-il, c’est de pouvoir continuer à travailler» pour Air France, «une société que j’aime».

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 13:00

Règles ?

Pour le gouvernement (qui amorce un mouvement de repli), le Medef, la droite et son extrême les interventions policières à 6h du matin chez des salariés relèvent de l’application « stricte » des règles et des lois. Valls et Mme Taubira se réfugient derrière cet argument pour tenter d’expliquer une forfaiture contre les salariés et le syndicat CGT. Sauf que le respect des règles et des lois ne s’applique jamais contre les fraudeurs, les voleurs en col blanc, les puissants impliqués dans de sordides affaires. Nous sommes donc bel et bien confrontés à une justice de classe.

Violences ?

Elles n'ont jamais profité à la classe ouvrière, répète-t-on un peu trop à mon goût en ce moment. C’est un fait, comme il est remarquable que pendant tous les grands mouvements, les ouvriers ont protégé leurs outils de travail. Mais lorsqu’il y a eu trop plein, les travailleurs ont su se défendre parfois violemment. Les canuts et, plus récemment, la Snecma en témoignent. S’en tenir au seul schéma établi de la lutte bien proprette découle d’une sous-estimation de l’exaspération populaire qui politiquement favorise le Front national.

Surenchères ?

Les bons mots, les belles formules, les éclats, les invitations à en faire plus font florès. Il est plus facile de se révolter depuis son salon que dans une entreprise. Ce n’est pas ainsi qu’on soutient efficacement les salariés en lutte.

Les salariés menacés méritent mieux

Autour deux et de leur syndicat, l’heure est à la solidarité et à la mobilisation. Rien de plus, rien de moins. En refusant de leur donner des leçons, en leur laissant la liberté de décider.

José Fort

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 13:10

Alors que les défilés de mode se préparent dans les salons parisiens, une nouvelle tendance commence à s’affirmer: la chemise déchirée. La « première » a été présentée par des représentants syndicaux ce mercredi matin lors du comité d’entreprise de GRDF provoquant le retrait momentané de la direction peu sensible aux évolutions stylistiques. D’autres lancements sont annoncés, la mode dans le sens large du terme ayant une connotation sociale d’une profonde envergure, faisant fi des convenances et s’exprimant par des choix plus ou moins osés. L’avenir est aux chemises déchirées.

JF

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 10:48

Le milliardaire israélien Patrick Drahi, propriétaire de l’Express, Libération et actionnaire de BFM fait le vide dans le premier hebdo cité plus haut : 150 licenciements sont annoncés avec la bénédiction de l’ineffable « j ‘me mêle de tout, j’ai une opinion sur tout », le cumulard Christophe Barbier. L’ami de Clara Bruni, rat des médias devrait se méfier : même les larbins de sa rédaction pourraient lui déchirer son écharpe.

J.F

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 16:34

Les cinq salariés d'Air France placés en garde à vue lundi ont été déférés mardi devant un magistrat du parquet et pourraient être jugés prochainement. Ils ont été présentés à un magistrat qui va leur notifier leur convocation pour être jugés, dans un délai court de 10 jours à deux mois. La qualification de "violences aggravées" ayant été retenue, ils risquent la prison et une très forte amende.

La direction d’Air France, le Medef, le gouvernement et « sa » justice ont décidé de frapper fort et vite avec un objectif principal : créer un climat de peur afin de désamorcer la protestation populaire grandissante contre la politique d’austérité et son cortège de licenciements. Au delà du scandaleux traitement des salariés comme s’ils étaient de vulgaires délinquants, au delà de la grotesque mise en scène médiatique, PS, gouvernement, droite, extrême droite et médias à la botte se retrouvent ensemble pour tenter de mater le monde salariale et son organisation syndicale de combat, la CGT. L’affaire dépasse la seule compagnie Air France, elle prépare d’autres mauvais coups. Voilà pourquoi, la riposte doit être à la hauteur de la provocation.

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 13:41

En regardant Pujadas et la bande, je lis chaque jour davantage le procès verbal de leur médiocrité. Avec leurs sourires en forme d'appel criant aux pourboires.

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 11:18

A quatre heures trente ce matin, dans les commissariats de plusieurs départements proches de Paris, l’alerte était au rouge : rassemblement des policiers, dernier briefing sur la mission, vérification des armes et des gilets pare balles, répartition des personnels dans les véhicules. L’opération était programmée à six heures pétantes. Il fallait faire vite et éviter les témoins.

S’agissait-il de terroristes préparant un attentat ? De malfrats impliqués dans de sales affaires ? De voyous spécialistes du détournement de biens publics, anciens membres des gouvernements d’hier et d’aujourd’hui, de la droite et son extrême ? D’assassins recherchés ? Vous n’y êtes pas.

La rafle ce matin visait plusieurs salariés d’Air France suspectés d’avoir arraché leurs chemises à des membres de la direction venus annoncer des milliers de licenciements après s’être octroyés, eux et leur PDG, des augmentations de salaires allant de 30 à 70%.

L’ancien ministre socialiste Jules Moch s’était distingué en 1948 en faisant tirer sur les mineurs en grève. Il les qualifiait de « racailles ». Manuel Valls a vu des « voyous » parmi les salariés désespérés d’Air France et a fait donner la police. Les années passent, les méthodes des puissants ne changent pas pratiquant la même violente et méprisante justice de classe.

José Fort

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 12:08

Alexandre de Juniac, nommé PDG d'Air France/KLM par Sarkozy et protégé par Hollande et Valls, s'est accordé l'année dernière une augmentation de salaire de 70%. Un patron voyou qui mérite d'être poursuivi en justice avec son équipe qui a tapé, elle aussi, dans le magot.

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 13:04

La plupart des dirigeants d'Air France sont des hauts fonctionnaires ayant déjà sévi dans les cabinets ministériels de droite ou du PS. Beaucoup d'entre eux ont déjà eu comme mission d'"écrémer" dans de grandes entreprises. Ce sont tous des " tueurs" payés (largement) pour répondre aux demandes des actionnaires. Tous peuvent afficher au compteur des milliers d'emplois supprimés. Alors? Pour rétablir le calme et la concertation, tous doivent démissionner, l'Etat actionnaire nommant immédiatement une nouvelle équipe.

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 17:53

Un conseil à nos diplomates : ne prenez pas la Russie à la légère. Il y a quelques heures, ce samedi, le général Andreï Kartapolov a affirmé que les frappes russes en Syrie avaient semé la «panique» chez le groupe Etat islamique (EI). « Nous avons réussi à réduire significativement le potentiel militaire des terroristes. La panique et la désertion ont commencé dans leurs rangs», a-t-il indiqué ajoutant presqu’en souriant : «Environ 600 terroristes de l’EI ont abandonné leurs positions et tentent de s’enfuir vers l’Europe. »

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