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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 13:04

La plupart des dirigeants d'Air France sont des hauts fonctionnaires ayant déjà sévi dans les cabinets ministériels de droite ou du PS. Beaucoup d'entre eux ont déjà eu comme mission d'"écrémer" dans de grandes entreprises. Ce sont tous des " tueurs" payés (largement) pour répondre aux demandes des actionnaires. Tous peuvent afficher au compteur des milliers d'emplois supprimés. Alors? Pour rétablir le calme et la concertation, tous doivent démissionner, l'Etat actionnaire nommant immédiatement une nouvelle équipe.

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 17:53

Un conseil à nos diplomates : ne prenez pas la Russie à la légère. Il y a quelques heures, ce samedi, le général Andreï Kartapolov a affirmé que les frappes russes en Syrie avaient semé la «panique» chez le groupe Etat islamique (EI). « Nous avons réussi à réduire significativement le potentiel militaire des terroristes. La panique et la désertion ont commencé dans leurs rangs», a-t-il indiqué ajoutant presqu’en souriant : «Environ 600 terroristes de l’EI ont abandonné leurs positions et tentent de s’enfuir vers l’Europe. »

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 15:02

Extrait d’une interview accordée à « l’Humanité » en 1996. Toujours d’actualité et pas seulement pour l’Italie.

JF

« Au cours de ce dernier quart de siècle, le capitalisme a su s'adapter. Sa victoire ne peut en aucun cas être uniquement attribuée au seul totalitarisme stalinien. Il est dû aussi à l'incapacité du mouvement ouvrier occidental de comprendre à temps l'innovation capitaliste.

La classe ouvrière a subi une grave défaite. Elle a subi la déchirure de son bloc social, de son système d'alliances, de sa culture.

Je suis convaincu qu'en cette fin de siècle certaines formes de la politique initiées par la gauche sont achevées. Le mouvement ouvrier du XXe siècle a inventé une relation entre la vie et la politique qui ont transformé l'existence de millions de personnes. Pour un grand nombre de femmes et d'hommes, la politique est devenue une action quotidienne.

Aujourd'hui, la politique de masse est en «décomposition». Les résultats désastreux du totalitarisme soviétique ont alimenté et accéléré ce processus, cette «décoloration» de la politique. Toutefois, les racines de ce processus se résument dans les mutations introduites dans l'accélération du capitalisme productif. Il faut regarder la réalité en face, «lire» clairement les grandes mutations sociales et se rendre compte que la gauche ne réussit pas encore à s'auto-analyser sous l'oeil impitoyable d'un microscope. »

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 12:22

Pietro Ingrao, qui fut l'un des dirigeants historiques du Parti communiste italien (PCI), s'est éteint dimanche à l'âge de 100 ans. Il avait adhéré au PCI en pleine Seconde Guerre mondiale, rejoignant la lutte des partisans antifascistes. Député de 1948 à 1992, il fut aussi le rédacteur en chef de l'organe du PCI, l'Unita, pendant une dizaine d'années, et président de la Chambre des députés, la chambre basse du parlement, de 1976 à 1979.

Le président du Conseil italien Matteo Renzi, actuellement à New York a salué en Ingrao un des témoins les plus "lucides" du XXe siècle, de la gauche et de l'Italie.

En 1996, j’avais rencontré Pietro Ingrao chez lui à Rome. Voici l’interview qu’il avait bien voulu m’accorder.

Q. Deux ans après la victoire de la droite aux législatives, les Italiens retournent aux urnes le 21 avril prochain. Quel état des lieux dressez-vous de l'Italie de 1996?

R. Il est impossible d'isoler la crise italienne des mutations en cours en Occident avec la globalisation et l'informatisation de l'entreprise capitaliste ainsi que l'avènement de la croissance lente et la fin du rapport entre progrès économique et emploi. Le chômage «structurel» et la «flexibilité» de l'emploi ont pour résultat la précarité du travail et un éclatement des rapports contractuels. Des centaines et des centaines de milliers de travailleurs ont assisté - impuissants - à un changement radical de leurs conditions de vie. Certains ont été marginalisés, contraints d'envisager le travail comme improbable, perdant ainsi leur identité sociale.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les salariés ne sont pas les seuls à être affectés par ce phénomène. Les classes moyennes ou intermédiaires ont été aussi touchées, en particulier dans le nord de la Péninsule. Un tel processus s'est également produit au sud de l'Italie donnant naissance à une organisation «maffieuse» contrôlant le territoire.

Au cours des années quatre-vingt, les gouvernants italiens - démocrates-chrétiens et socialistes -, ainsi que les pouvoirs «forts» de la bourgeoisie, ont eu recours à l'endettement public. La corruption et les trafics ont fait le reste. Résultat: les scandales et une dette publique colossale et sans précédent. Avec la récession des années quatre-vingt-dix, le diktat de Maastricht, la situation s'est rapidement dégradée. Les classes moyennes de la région de la Padanie ont, par exemple, refusé la remise en question d'un certain bien-être garanti et se sont rebellées contre le fisc et l'Etat, entraînant dans cette bataille une frange de salariés. La Ligue du Nord, prêchant une croisade anti-Etat contre le Sud «paresseux» et contre les immigrés tout en clignant de l'oeil vers le centre de l'Europe, menaçait l'Italie de sécession. On connaît la suite: l'avènement de la droite autoritaire et populiste de Silvio Berlusconi, acoquinée avec les anciens fascistes de l'Alliance nationale.

C'est ici qu'intervient la gauche, déchirée entre le PDS et Refondation communiste issus de la liquidation du PCI.

Q. Dans vos déclarations et articles vous soulignez, je vous cite, «l'absence de perspectives communes aux luttes engagées». Vous évoquez la «désagrégation d'un bloc social». Ne s'agit-il pas là d'une vue pessimiste?

R. Un rapport à la fois conflictuel et négociable entre le grand capital et le monde du travail est né en Italie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a profondément marqué la société italienne. Ainsi s'est créé un bloc avec une hégémonie prolétaire, au sens utilisé par Gramsci, ouvrant la voie à un système d'alliances de la classe ouvrière avec les masses paysannes, les classes moyennes et les petites et moyennes entreprises. Ce «bloc social» bénéficiait au PCI.

Au cours de ce dernier quart de siècle, le capitalisme a su s'adapter. Sa victoire ne peut en aucun cas être uniquement attribuée au seul totalitarisme stalinien. Il est dû aussi à l'incapacité du mouvement ouvrier occidental de comprendre à temps l'innovation capitaliste.

La classe ouvrière a subi une grave défaite. Elle a subi la déchirure de son bloc social, de son système d'alliances, de sa culture.

Je suis convaincu qu'en cette fin de siècle certaines formes de la politique initiées par la gauche sont achevées. Le mouvement ouvrier du XXe siècle a inventé une relation entre la vie et la politique qui ont transformé l'existence de millions de personnes. Pour un grand nombre de femmes et d'hommes, la politique est devenue une action quotidienne.

Aujourd'hui, la politique de masse est en «décomposition». Les résultats désastreux du totalitarisme soviétique ont alimenté et accéléré ce processus, cette «décoloration» de la politique. Toutefois, les racines de ce processus se résument dans les mutations introduites dans l'accélération du capitalisme productif. Il faut regarder la réalité en face, «lire» clairement les grandes mutations sociales et se rendre compte que la gauche ne réussit pas encore à s'auto-analyser sous l'oeil impitoyable d'un microscope.

Q. Comment expliquez-vous l'irruption de la Ligue du Nord, la montée de l'Alliance nationale ainsi que le développement de campagnes racistes?

R. La droite, de Berlusconi à Fini, a profité de la désagrégation d'un bloc social pour alimenter les révoltes, l'égoïsme des classes, les illusions des castes tout en semant de ridicules illusions.

Il ne faut ni s'étonner ni se scandaliser. L'Italie est en retard par rapport à la nouvelle compétition globale et à la nécessité de revoir la qualité et la forme du développement. La question écologique est l'un des aspects du problème. On dit souvent que le capitalisme moderne extirpe au travailleur son âme et non plus uniquement la reproduction mécanisée d'un geste comme sur une chaîne de montage. Il s'agit d'un élément symbolique dans ce nouveau système effaçant la nuit, le repos et les dimanches. Sans parler de la rupture profonde des langages, des symboliques, de la formation d'un imaginaire collectif créés par les nouveaux systèmes de communication cathodiques. Un changement irréversible.

La gauche a tort de ne pas vouloir en comprendre la portée. L'Italie est un pays récent. Son industrialisation est nouvelle. Un pays partagé où le dualisme existe, l'écart profond entre le Nord et le Sud ne pouvant être ignoré ainsi que les différences entre les régions.

La droite berlusconienne et ex-fasciste combine les illusions et pratique la démagogie facile. Elle alimente le nationalisme et le populisme de bas étage. Face à l'ampleur du défi on peut facilement imaginer un passage à l'autoritarisme. Il s'agit d'un danger réel et nos voisins européens doivent y prêter attention.

Le racisme est présent dans toute l'Europe. En Italie, ce phénomène est favorisé par la fracture Nord-Sud.

Q. L'Italie, dit-on, a besoin d'une profonde réforme de ses institutions. Le système électoral proportionnel est pour certains à la base de tous les maux. On évoque un possible système présidentiel à la française. Qu'en pensez-vous?

R. Les institutions italiennes sont en crise. Le Parlement italien regroupe environ 1.000 élus et est composé de deux chambres dont les pouvoirs sont identiques et répétitifs. Une réforme au niveau du Parlement serait souhaitable: un Parlement composé d'une seule chambre, regroupant au maximum 200 à 300 députés. Cette hypothèse a toujours été refusée.

Autre exemple: après de longues années, l'Italie a été divisée en 20 régions ayant un statut ordinaire et 4 avec un statut particulier. Toutefois, les pouvoirs conférés aux régions sont de moindre importance. Aujourd'hui, on évoque une République fédérale alors que personne ne fait le moindre effort pour réévaluer la nature des pouvoirs accordés aux régions.

On attaque le système électoral proportionnel. C'est ainsi qu'une nouvelle loi est entrée en vigueur, fondée sur un système majoritaire pour 75% des sièges à la Chambre. Cette loi devait normalement réduire le nombre des partis. Elle a en fait débouché sur l'émergence de nouvelles formations. En Italie, il y a actuellement 26 partis.

La droite a proposé trois solutions différentes en l'espace de deux mois: un système fondé sur l'élection directe du premier ministre, une République semi-présidentielle à la française et, enfin, une République présidentielle sur le modèle américain.

La droite veut réduire la politique en une sorte de mandat conféré à un chef. Ceux qui remportent les élections disposent de tout. Dans une telle optique, le rôle du Parlement sera réduit. Ainsi est annihilé le lien entre l'électeur et l'élu. On efface toutes les luttes politiques du XXe siècle et le concept de démocratie.

Le PDS veut à tout prix éviter d'effrayer les classes moyennes. Il a donc accepté cette clé de lecture. Le PDS et l'«Olivier» espèrent remporter les élections. Les gauches - le PDS et Refondation communiste - agissent différemment dans cette bataille électorale. Après avoir passé un accord concernant uniquement la répartition des sièges et l'opposition à la droite tout en maintenant leur désaccord sur les programmes et l'analyse de la situation.

Il faut espérer qu'une telle alliance puisse au moins freiner l'avancée de la droite. Aujourd'hui, on évoque un possible fort taux d'abstention. Pour moi, ce serait une erreur car le pays se trouve à un carrefour historique et les conséquences d'une victoire de la droite seraient désastreuses.

Q. Vous êtes un ancien dirigeant du Parti communiste italien. Avec le recul, comment appréciez-vous la disparition du PCI et le changement du panorama politique italien à gauche comme à droite? Comment la gauche peut-elle sortir de «son vide stratégique», selon votre propre expression?

R. Le désastre de l'Union soviétique ne suffit pas à expliquer les reculs de la gauche. C'est à partir des années soixante-soixante-dix, qu'une offensive capitaliste a changé le modèle des conflits, l'autodéfinition des sujets sociaux, les systèmes symboliques, l'élaboration des savoirs et de l'hégémonie. La fin de l'URSS ne peut être séparée de tout cela: nous avons subi une défaite non seulement parce que nous n'avons pas su constater à temps les dégâts historiques commis par notre propre camp et parce que nous n'avons pas compris les nouvelles initiatives de l'adversaire. J'ai combattu le virage d'Occhetto et de D'Alema, non pas parce que ces derniers ne percevaient pas la radicalité de la défaite, mais parce que, à mon avis, il n'en voyaient pas les causes réelles. Surtout, leur attitude n'offrait aucune base pour donner une nouvelle force à la critique du capitalisme. Nous traversons une période de crise et de grandes expériences d'actions politiques collectives. Si nous ne sommes pas d'accord sur un modèle d'analyse, comment pouvons-nous être d'accord sur ce qu'il faut faire?

Q. Vous notez, en le regrettant, que le mouvement de masse en Italie à l'automne 1994 est resté «italien»; que le mouvement de novembre et décembre en France est resté «français». Quel type de riposte préconisez-vous?

R. Vous rappelez-vous ces quelques mots: «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous»? Vous représentez «l'Humanité» n'est-ce pas? L'Humanité, quel mot important! L'empreinte internationale du mouvement communiste a eu une telle importance que ses adversaires s'en sont servi pour nous accuser d'être «sans-patrie». Il y a eu un effort inouï (chez les communistes français en premier lieu) pour nous «nationaliser» pour nous faire reconnaître comme des acteurs nationaux, jusqu'à nous définir comme des patriotes. Le lien entre «national» et «international» a été constant, le thème de rencontres et de disputes, de recherches et de définitions stratégiques et aussi de ruptures: il en fut ainsi avec la Ire Internationale, à l'époque de la Première Guerre mondiale. Et la première grande crise de l'URSS fut la rupture avec la Chine de Mao à la fin des années cinquante: ce fut le début du déclin et la première étape de la défaite.

Est-il possible que ces thèmes ne reviennent pas aujourd'hui à l'époque de la globalisation? Existe-t-il un forum européen où les gauches puissent confronter leurs opinions?

Que pouvait-on faire pour que les mouvements en automne 1994 en Italie et en 1995 en France ne restent pas éloignés l'un de l'autre sans pouvoir communiquer? On aurait pu, en 1994 en France et en 1995 en Italie, organiser des manifestations de solidarité massives. Et la même chose pouvait être faite avec les Espagnols, les Allemands, les Suédois et ainsi de suite. Mais nous sommes au début de quelque chose...

JOSE FORT

Avec ARIEL F.-DUMONT

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 18:14

Voici, selon moi, les quatre extraits principaux du discours du président cubain prononcé samedi devant l’Assemblée générale de l’ONU.

« Au milieu de la crise économique et financière actuelle, les riches et les sociétés transnationales sont de plus en plus riches et la pauvreté a considérablement augmenté comme les chômeurs et les sans-abri à cause des politiques cruelles dites "politiques d'austérité". Des vagues d'immigrants désespérés arrivent en Europe fuyant la pauvreté et les conflits que d'autres ont déchaînés. »

« Il faut construire une autre architecture financière internationale, éliminer le monopole des connaissances technologiques et modifier l'ordre économique international actuel. »

« Le rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis, l'ouverture des ambassades et les changements que le président Barack Obama a évoqués sur la politique envers notre pays, sont une étape importante qui a obtenu le plus large soutien de la communauté internationale. Cependant, l'embargo économique, commercial et financier contre Cuba persiste depuis plus d'un demi-siècle, provoquant des privations au peuple cubain. Il est le principal obstacle au développement économique de notre pays, il affecte les autres nations. »

« Nous n'abandonnerons jamais la dignité, la solidarité humaine et la justice sociale, qui sont les convictions profondes de notre société socialiste. »

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 18:15

Alors que Vincent Bolloré coupe à la serpe dans Canal+ et insuffle à la chaîne un air lepéniste, un autre milliardaire, l’Israélien Patrick Drahi, propriétaire de Libération, l’Express, l’Expansion, BFM, RMC annonce un sacré dégraissage de journalistes, nombre d’entre eux accompagnant pourtant les « réformes » à la sauce hollandaise. Les survivants ont du mouron à se faire : leur patron vient de déclarer lors de la conférence Comunacopia qui se tenait chez Goldman Sachs (on ne rit pas) à New York : « Je n’aime pas payer les salaires. Je paie aussi peu que possible. »

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 14:13

Pendant que la diplomatie française, recroquevillée dans ses ridicules certitudes, est engluée dans l'incapacité à comprendre le monde en mouvement, Poutine après avoir rencontré au début de cette semaine l'Israélien Netanyahu, repris langue avec les Etats-Unis, déployé des forces militaires autour de Damas inaugurait hier la plus grande mosquée d'Europe à Moscou en présence des présidents turcs et palestinien.

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 19:29

Elections grecques: une pensée pour ceux qui du PS au PG ( ce dernier ayant pris ses distances avec Tsipras dès que les vents sont devenus plus frais) avaient misé sur un échec de Syrisa.

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 14:54

L’ancienne secrétaire nationale du PCF dispense une nouvelle fois ses « conseils » à la gauche mêlant dans son propos toute la « gauche » et donc ses camarades du PCF qui défendent eux aussi, d’après elle, « leur pré carré jusqu’au ridicule et au suicide ». Un refrain bien connu et repris par tous les révolutionnaires de la dernière heure. Est-ce possible de formuler à mon tour quelques « conseils » ?

Laissons les plus jeunes, ceux qui sont aux manettes, travailler et décider. Surtout ne donnons pas de leçons alors que notre propre bilan commun ne relève pas, c'est le moins qu'on puisse dire, de l'exploit. A la fête de « l'Huma », j'ai vu et entendu la relève. Elle est prête, forte et décidée. Arrêtons de lui donner des « conseils", restons humbles, à notre place, et laissons les faire. Ce ne sont pas les « anciens » qui construisent l'avenir.

J’ajoute que lorsqu’on a occupé des responsabilités de premier plan, ne doit-on pas, à l’exemple des dirigeants communistes toujours vivants, s’imposer la discrétion ?

José Fort

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 09:49

Ana Belén est née en 1957. Elle est fille d’un médecin militaire d’origine portoricaine, qui travaillait au sein de l’armée US.

Après avoir obtenu une licence, puis une maîtrise en relations internationales à l’Université de Virginie, elle est entrée à 28 ans à l’Agence de Renseignement pour la Défense du Pentagone (DIA), où elle devenait, 7 ans plus tard, analyste. Elle a eu quelques temps un emploi fictif à la représentation diplomatique à La Havane, soit disant pour « étudier » les militaires cubains. En 1998, retour dans l’Ile pour cette fois, « observer » le déroulement de la visite du Pape Jean-Paul II.

Cette femme discrète, devenue analyste de première catégorie au Pentagone, spécialiste de Cuba, avait accès à presque toute l’information sur l’Ile dont disposait la communauté du renseignement, en particulier sur les activités militaires cubaines. De par son rang, elle était membre du très secret « groupe de travail inter agences sur Cuba », qui rassemble les principaux analystes des plus hautes agences de renseignements des Etats-Unis, comme la CIA par exemple.

Elle a été arrêtée en septembre 2001, jugée et condamnée à 25 ans de prison en mars 2002 pour espionnage. Elle avait remis à Cuba, sans contre partie financière, l’information lui permettant de connaître les plans d’agression des Etats-Unis contre l’île.

Voici ce que déclarait Ana Belén Montés lors de son plaidoyer au moment de son procès :

« Il existe un proverbe italien qui peut-être, décrit le mieux ce que je crois :

Le monde entier n’est qu’un seul pays. Dans ce pays mondial, le principe d’aimer son prochain comme soi même, est le guide essentiel pour des relations harmonieuses entre tous les pays.

Ce principe implique tolérance et compréhension pour la façon de se comporter envers les autres. Il implique que nous traitions les autres nations comme on aimerait être traité : avec respect et considération. C’est un principe que, malheureusement nous n’avons jamais appliqué à Cuba.

Votre honneur, je suis devant vous aujourd'hui pour une activité à laquelle je me suis livrée parce que j'ai obéi à ma conscience plutôt qu'à la loi. Je crois que la politique de notre gouvernement vis-à-vis de Cuba est cruelle et injuste, profondément agressive, et je me suis sentie moralement dans l'obligation d'aider l'île à se défendre contre nos efforts de lui imposer nos valeurs et notre système politique. Nous avons fait preuve d'intolérance et de mépris à l'égard de Cuba depuis plus de 40 ans. Nous n'avons jamais respecté le droit pour Cuba de choisir sa propre voie vers ses propres idéaux d'égalité et de justice. Je ne comprends pas pourquoi nous devons continuer à dicter aux Cubains comment ils doivent choisir leurs dirigeants, qui peuvent ou ne peuvent pas être leurs dirigeants, et quelles sont les lois appropriées pour ce pays. Pourquoi ne pouvons-nous pas laisser Cuba poursuivre son propre chemin, comme le font les Etats-Unis depuis plus de deux cents ans

Ma manière de réagir à notre politique Cubaine a peut-être été moralement condamnable. Peut-être que le droit pour Cuba d'exister libre de toute pression politique ou économique ne justifie pas les informations secrètes que j'ai transmises pour l'aider à se défendre. Je peux seulement dire que j'ai fait ce qui me paraissait être juste pour réparer une grave injustice.

Mon plus grand désir est de voir des relations amicales s'établir entre les Etats-Unis et Cuba. J'espère que mon cas contribuera d'une certaine manière à encourager notre gouvernement à abandonner sa politique hostile envers Cuba et à collaborer avec la Havane dans un esprit de tolérance, de respect mutuel, de compréhension... »

Ana Belén Montés a été en quelque sorte précurseur des nouvelles relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Elle est la prisonnière 25037-016 de la prison de Carswell, une annexe du FBI de la Station Aérienne de la Marine des Etats-Unis. Elle y est internée dans la section de psychiatrie, bien que ne présentant pas de troubles de ce type. C’est un lieu dangereux pour elle, qui pourrait avoir de graves répercussions sur son état mental.

Ana Belén Montés est sensée recouvrer la liberté en 2027, dans 12 ans. Elle a déjà accompli 13 ans de réclusion. Elle est soumise à un régime d’isolement extrême :

Elle ne peut pas avoir la visite d’amis, uniquement celles de son père et de sa fratrie. Elle est interdite de téléphone, n’a accès a aucun moyen d’information, ni journal, ni revue, ni livre. Elle n’a pas le droit de regarder la télévision et ne peut recevoir de colis. Il lui est même interdit d’avoir le moindre contact avec les autres personnes détenues dans cette prison.

Les autorités pénitentiaires ne donnent aucune information sur sa santé, les traitements médicaux qu’elle reçoit, ni ne justifient le fait qu’elle soit dans un centre destiné aux personnes souffrant de troubles psychiatriques.

Le régime carcéral qu’elle subit n’est pas conforme aux Droits de l’Homme et est beaucoup plus sévère que celui appliqué aux dangereux criminels.

Un essai a été fait de lui écrire. La lettre a été renvoyée à l’expéditeur en recommandé. Le Bureau fédéral des Prisons y précisait qu’elle ne pouvait avoir de contacts qu’avec ses parents les plus proches, étant donné qu’elle était condamnée pour espionnage.

Nous devons aider cette femme courageuse. Nous devons faire connaître son histoire, et développer des campagnes pour que dans la prison où elle endure sa peine, elle puisse au moins avoir un traitement plus humain.

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