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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 21:09

« Trente ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire ». A l’occasion de la présentation de mon livre, voici quelques rendez-vous à la Fête de l’Humanité.

Jeudi 10. LCI, 21h30, Un jour, un livre

Vendredi 11.

14h, Cuba Linda (Espace tourisme) Inauguration

16h, Rouge Midi

17h. Inauguration Cuba Si (Place du 11 janvier)

19h-20h30, Comité national PCF

Samedi 12.

10h45. Cité du Livre. Carte Blanche présentation livre

11h-12h 30. Cité du Livre

13h ACER

14h30-17h Cuba SI

18h Cuba Linda rencontre avec le groupe de l’Humanité qui se rendra à Cuba au mois d’octobre

19h Forum social Fédé énergie

Dimanche 13

10h Gard

11h Rhône

13h Cité du livre

15h Pyrénées orientales

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 19:17

3 Français sur 4, s’ils avaient pu être consultés, auraient soutenu l’anéantissement de la Commune de Paris.

3 Français sur 4, s’ils avaient pu s’exprimer en 1940, auraient voté les pleins pouvoirs à Pétain.

3 Français sur 4 approuvaient en 1939 l’emprisonnement des réfugiés espagnols.

3 Français sur 4 étaient favorables, au début du conflit à la guerre colonialisme en Algérie.

2 Français sur 4 ont approuvé les bombardements sur la Libye

56% des Français, selon un récent sondage, refusent d’accueillir les réfugiés fuyant la mort.

Alors ? Il y a toujours eu deux France : la combattante, la généreuse, la solidaire ; l’égoïste, la peureuse, celle qui préférait Thiers et Pétain, l’ignoble. A ne pas oublier, pour mieux ajuster le combat.

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 05:02

PATRICK APEL-MULLER

MERCREDI, 2 SEPTEMBRE, 2015

L’Humanité

Au long d’une vie de journaliste, des rencontres marquantes, comme ici Nelson Mandela, en juin 1991, avec Claude Kroës (à gauche) grand reporter à la rubrique internationale.

Photo : Jean Texier/l’Humanité

José Fort publie 30 ans d’Humanité Ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire, ses rencontres, les dessous de grands reportages… Portrait en éclats d’un journaliste, ancien chef de la rubrique internationale de l’Humanité.

  • 30 ans d’ Humanité. Ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire, de José Fort. Préface de Roland Leroy. Éditions Arcarne 17, 159 pages, 16 euros.

Fi de mémoires ! José Fort a trop à écrire encore pour garder le regard fixé sur le rétroviseur. En publiant 30 ans d’Humanité. Ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire, l’ancien chef de la rubrique internationale de notre quotidien braque les projecteurs sur des étapes marquantes de son parcours, éclaire des moments cruciaux, dévoile aussi ce qui fait la vie d’un journal (1) dont il retient de préférence ces jours où l’actualité décrète des mobilisations générales, où un reporter saute d’un avion à un autre, ou bien encore les plumes qu’il a admirées et les fraternités qui se sont nouées. Les empoignades, qui font aussi la vie d’un journal, ne sont pas au menu de ses récits ; le temps les a rabougries.

Quand Fidel Castro lui demandait de lui décrire le bocage vendéen

Cette balade en Bateau-Mouche au cours de trente années de tensions mondiales en a la vivacité sautillante et l’on y découvre aussi bien les risques que prit José Fort au Chili pour transmettre de l’argent aux opposants à Pinochet, qu’une rencontre entre Gorbatchev et Roland Leroy sous les ors du Kremlin, qu’une entrée clandestine à Haïti sous la dictature, au travers des épineux et au long de chemins de montagne. Comme on le dirait d’une pièce de théâtre, la distribution de ses rencontres est impressionnante : Ben Bella, Arafat, Mandela, Dolorès Ibarruri, Santiago Carrillo, Rol-Tanguy, Lise London, Janos Kadar… L’auteur situe les personnages et agrémente ces rencontres d’anecdotes qui mêlent du piment aux entrevues solennelles. Ainsi, en fut-il à Cuba, quand Fidel Castro lui demanda de lui décrire le bocage vendéen – rencontré sans doute dans Balzac – et que José, correspondant de l’Humanité dans l’île, rendit copie blanche. Ou bien quelques années plus tard, lors d’un entretien au cours duquel le dirigeant cubain dut s’absenter, la séance photo – l’appareil dans les mains de Danielle Leroy – où José Fort trône au bureau de Fidel. Ou bien quand il décrit la genèse de son écriture, en compagnie de son ami Georges Wolinski et de quelques mojitos, à l’hôtel Nacional de La Havane.

« Qui veut faire de grandes choses doit penser profondément aux détails », écrivait Paul Valéry. Mais tout l’art est dans leur sélection. José Fort sait les choisir pour donner de l’épaisseur humaine aux personnages et aux situations, et plus de profondeur aux événements. Car au fond, c’est un livre très politique que ces 30 ans d’Humanité… mais à sa manière, sans donner de leçons, en laissant les lecteurs juges de ce qu’il a vu. N’a-t-il pas choisi pour exergue une longue citation d’Aragon : « Ceux à qui la vérité est facile, spontanée, bien entendu j’ai pour eux une certaine admiration mais, je l’avoue, peu d’intérêt. Quand ils mourront, qu’on écrive donc sur leur tombe : il a toujours eu raison…, c’est ce qu’ils méritent et rien de plus » ? Ainsi, au fil des pages, trouve-t-on quelques exemples où il lui fallut résister – pour l’intérêt de son journal – aux pressions pas toujours amicales de certains responsables communistes.

Finalement, une figure émerge de ce livre qui devrait passionner les lecteurs de l’Humanité, celle de son auteur. José Fort se dévoile avec le récit de ses origines, un père commandant des Brigades internationales, une mère républicaine espagnole et un engagement politique dont il n’a pas dérogé, dont il a su faire un moteur de son talent journalistique. Et une image surgit dans les méandres de ses reportages et de ses amitiés parfois surprenantes, celui d’une rectitude indulgente.

Patrick Appel-Muller

José Fort aura « carte blanche » samedi 12 septembre à 10 h 45 au Village du livre de la Fête de l’Humanité, il y signera son ouvrage ainsi que dans plusieurs stands durant les trois jours.

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 13:34

Dans l'Humanité du lundi 24 août 2015

Lorsque Luis Royo-Ibanez entre dans Paris le 24 août 1944 à bord de son half-track baptisé « Madrid », il laisse éclater sa joie devant l’Hôtel de Ville : « Aujourd’hui Paris, demain les Pyrénées ! » Ce républicain espagnol de la division Leclerc, membre de la compagnie surnommée la « Nueve » (160 hommes dont 146 Espagnols pour la plupart anarchistes et communistes) avec à leur tête le colonel Raymond Dronne, a tout donné pour la libération de l'Afrique du Nord puis celle de la France. Luis et ses camarades ont débarqué à Omaba Beach. Puis, sous la conduite de combattants de la Résistance, ils ont foncé sur Alençon avant d’entrer dans Paris - déjà largement contrôlé par les FFI du colonel Henri Rol-Tanguy - à bord des half-tracks portant les noms de batailles de la guerre d'Espagne, « Teruel », « Guadalajara », « Brunete » soigneusement rebaptisés pour les cérémonies du lendemain 25 août, « Montmirail », « Champaubert » ou « Romilly » Un signe, déjà.

Luis et ses copains ne fonceront pas sur Madrid pour combattre la dictature. On leur donnera l’ordre de poursuivre vers l’est. Surtout pas au sud, vers l’Espagne martyrisée par le général fasciste Franco passé sous protection des Etats-Unis. Dans son HLM de Cachan, Luis nous dira au crépuscule de sa vie : « La libération de Paris, de la France devait être une étape avant la libération de l’Espagne. Nous nous sommes battus puis nous avons été oubliés. » Ce lundi soir à Paris, honneur sera rendu à la Nueve. Enfin.

Manuel Rodriguez était un parmi les 500.000 réfugiés espagnols qui ont cherché refuge en France, en 1939. Passé les Pyrénées, il a été enfermé dans un camp de concentration à Argeles. Première image d’une partie de la France, celle qui passait son temps à enchaîner autour du maitre berlinois plus de génuflexions que la liturgie collaboratrice n’en exigeait, en pourchassant les élus et responsables communistes. Manuel s’échappera puis rejoindra les premiers groupes armés de la Résistance. Plus tard, il participera à la libération de Toulouse. La Ville rose et la France libérées, il s’engage dans les groupes armés qui tentent de reprendre la lutte en terre espagnole. Blessé, il rentre à Toulouse et finit sa vie délaissé et traité comme un pestiféré, presque comme un « terroriste ». Manuel et ses camarades anciens résistants et guérilleros n’ont pas encore reçu l’hommage qu’ils méritent. Trop rouges.

Maurice, ancien des brigades internationales, a eu la mauvaise idée de perdre une jambe lors de la bataille de l’Ebre. Jeune et beau garçon, fils de « bonne » famille, il avait compris avec 9000 autres Français que la guerre imposée à la République espagnole par les sbires d’Hitler et de Mussolini était un test grandeur nature avant le déferlement nazi sur l’Europe. Jusqu’en 1971, abandonné par sa famille, ignoré par les autorités, il a survécu en dessinant des caricatures sur la place du Tertre à Paris. Maurice et nombre de ses camarades survivants de la guerre d’Espagne nous ont quittés dans l’indifférence qui aurait été générale sans la solidarité jamais démentie du parti communiste français. Et il aura fallu en 1996, l’action combinée de Philippe Séguin et de Jacques Chirac sous les hurlements de plusieurs députés de droite pour que les brigadistes soient enfin reconnus comme « anciens combattants ». Maurice est mort trop tôt.

Marie Térèse, infirmière espagnole des brigades internationales, mariée à un brigadiste français, n’a jamais obtenu la nationalité française. Sur sa fiche des renseignements généraux figure trois mots : « Elément communiste dangereux ». Elle fait deux enfants, eux bien Français, mais sera obligée régulièrement de renouveler sa carte de « séjour », comme on disait à l’époque des gouvernements de droite et de la SFIO, l’ancêtre du parti socialiste. Marie Térèse restera dans l’anonymat.

D’autres exemples ? Le colonel Henri Rol-Tanguy qui nous disait « Vous évoquez mon rôle pour la libération de Paris mais c’est l’Espagne qui reste mon premier combat antifasciste et qui a marqué la suite de mon engagement pour la liberté et la démocratie » a lui aussi subi la discrimination en étant marginalisé dans sa carrière militaire. Compagnon de la Libération, Grand officier de la Légion d’honneur, Rol fut heureusement reconnu des années plus tard comme un Français d’exception dans la lutte contre l’occupant nazi. Mais combien d’autres de ses camarades ont été maintenus dans l’oubli ?

Après des dizaines d’années de silence sur la guerre d’Espagne, la chape de plomb se fissure : films, livres, études, avec notamment le prix Rol-Tanguy délivré à des étudiants par l’association les Amis des combattants en Espagne républicaine (ACER) ainsi que les documentaires et ouvrages particulièrement ceux de Jean Ortiz ont permis de donner à voir et à comprendre la guerre d’Espagne, le courage des républicains espagnols et des brigadistes venus du monde entier.

Ce soir, à Paris, lorsque nous célébrerons la « Nueve », nous penserons à Luis, Manuel, Maurice, Marie Thérèse, Rol et les autres.

José Fort

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 14:21

José Fort vient de publier aux ed. Arcane 17, « Ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire » pendant 30 ans d’humanité à « L’Humanité ». Un livre difficile à caractériser, à cataloguer. D’où son intérêt. Pourquoi vouloir étiqueter des tranches de vie racontées sobrement, sans chichis, sans réécrire l’histoire, sur un ton juste, parfois intime, toujours avec empathie ? Que le lecteur se rassure, il n’y trouvera rien de « croustillant », de voyeuriste, aucun règlement de comptes malgré quelques banderilles (non vachardes). Seul Scoop avorté : on buvait beaucoup à la « vie inter » de « L’Huma ». Mais la bande de gaillards talentueux pouvait se le permettre!

Ce livre n’est donc pas un livre de mémoires, encore moins des « Mémoires ».

José Fort ne prétend pas couvrir trente ans de vie du quotidien de Jaurès, des années 1970 jusqu’aux années 2000, mais dire deux ou trois choses que « l’actu » a reléguées, ou sur lesquelles elle n’a pas permis de s’étendre, ou qui sont restées sur les carnets de notes ou gravées dans les souvenirs du journaliste.

Jai lu « de un trago », d’un trait, ce livre à première vue chaotique parce qu’il n’a précisément d’ordre que dans le désordre chaleureux, authentique, des militants, des personnages historiques croisés, aimés, par celui qui fut le « chef » des pages internationales de « L’Huma ». Ordre dans le désordre de la diversité des rencontres (sans mythification ni culte) avec des « grands » du vingtième siècle (Fidel Castro, Arafat, La Pasionaria, Mandela, Ben Bella...), dans l’émotion ou le cocasse des anecdotes. Dans la chaleur humaine du panthéon politique communiste de ces années de crues et de décrues, un panthéon assumé avec fierté et affection par l’auteur. Chaque époque paraît-il produit les hommes dont elle a besoin... José laisse percer une tendresse admirative, nuancée lorsque cela lui apparaît nécessaire, pour les Roland Leroy, René Andrieu, Georges Marchais, Henri Alleg, Georges Wolinski, Yves Moreau, Rol Tanguy, Lise London, François Lescure, Georges Fournial..., et « tras los montes », pour Marcelino Camacho, Santiago Carrillo, Dolores...

Tendresse pour « Nuestra » République, « notre » Guerre d’Espagne... « notre », car José est le fils du commandant Gabriel, l’un des 9000 volontaires français des Brigades Internationales), victime d’une ennemie balle qui, entre Brunete et Boadilla del Monte, lui sectionna le nerf optique et le rendit aveugle. Et il continua. José parle de ce « héros » (appelons un chat un chat) avec retenue, pudeur. Combien de ces « héros », de ces militants, tout au long du vingtième siècle, se sont levés les premiers, ont donné toute leur vie, souvent la vie tout court, pour que les ouvriers brisent leurs chaînes, pour barrer la route au fascisme, pour la révolution et le socialisme... Ils sont en nous. On sait ce qu’il advint... Mais José est de ceux qui croient que le socialisme -nécessaire- « reste à inventer ». Démocratique ou il ne sera pas. Un livre fort et fort bien venu.

Jean Ortiz

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 04:42

L'éditeur, Arcane 17, informe que mon livre

"30 ans d'Humanité, ce que je n'ai pas eu le temps de vous dire"

est en vente, en avant première, sur le site :

http://www.editions-arcane17.net/content/30-ans-d%E2%80%99humanite

Les frais de port sont gratuits.

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 19:34

Plus d’un million de Brésiliens sont descendus dans les rues de plusieurs villes pour demander la démission de la présidente Dilma Roussef élue, il y a quelques mois, lors d’élections libres et démocratiques. Une pratique devenue courante dans plusieurs pays d’Amérique latine comme au Venezuela et en Equateur. La contre révolution est en marche. Aux manettes, les Etats-Unis d’Amérique.

La présidente brésilienne fait le ménage, la corruption affectant jusqu’à son entourage gouvernemental. L’ancienne combattante contre la dictature n’est pas impliquée dans les « sales affaires » liées au géant du pétrole Petrobras. Tel n’est pas le cas de plusieurs membres du Parti des Travailleurs (PT) et d’autres responsables qui ont mis les deux mains dans la caisse. L’opération « propreté » devrait tomber comme un couperet pour beaucoup de profiteurs. Pourtant, là n’est pas l’essentiel.

Les manifestations de dimanche ont rassemblé un peu plus d’un million de manifestants particulièrement dans les villes de Sao Paulo et Rio de Janeiro. Pas dans les régions les moins favorisées qui ont bénéficié de la politique sociale du gouvernement. Depuis l’arrivée au pouvoir de Lula et de la gauche, 40 millions de Brésiliens sont sortis de la pauvreté. Ce sont surtout les riches et les couches moyennes qui ont manifesté dimanche. Et qu’a-t-on vu dans les cortèges ? Des banderoles demandant l’intervention de l’armée comme au bon vieux temps de la dictature et invitant les « boys US » à venir prêter main forte.

Depuis lundi matin, des « contacts » FB publient des photos sans commentaire comme soulignant l’ampleur de la contestation, certains exigeant de Mme Roussef « qu’elle dégage » où interpellant les « forces de gauche ». Quel courage, alors que les forces progressistes brésiliennes mènent un combat, dans le silence total des médias européens et de la presse oligarchique brésilienne, pas seulement contre la corruption mais aussi contre l’opération impérialiste US en cours. Comme d’hab, il faut savoir choisir son camp.

José Fort

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 07:01

MONDE

ELLES ET LES COMBATS

Cuba. Josefina Vidal, diplomate jusqu’au bout des ongles

JOSÉ FORT

MERCREDI, 12 AOÛT, 2015

L'HUMANITÉ

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REUTERS

Depuis le réchauffement des relations avec les États-Unis, c’est une femme qui mène le train des négociations. La directrice générale de la section des États-Unis au ministère des Relations extérieures fait partie de la nouvelle génération des dirigeants cubains.

Le dernier round des négociations cubano-nord-américaines venait de se terminer à Washington et Josefina de la Caridad Vidal Ferreiro faisait son entrée dans la salle de presse. La chef de la délégation cubaine, 54 ans, balayait du regard les journalistes présents et d’une voix posée déclarait : « Nous avons progressé en peu de temps, alors que les relations de mon pays avec les États-Unis sont interrompues depuis plus de cinquante ans. »

Une professionnelle qui recherche « le sans-faute »

Progressé ? Cuba retiré de la liste des pays terroristes, plusieurs problèmes techniques comme ceux relevant des affaires bancaires réglés, le rétablissement des relations diplomatiques pouvait être envisagé. Reste que Madame la négociatrice rappelait plusieurs revendications cubaines : la levée de l’embargo, la fin de l’occupation américaine à Guantanamo, l’arrêt des atteintes à la souveraineté de son pays avec notamment la fermeture des émissions de radio et de télé états-uniennes appelant à la subversion. Mme Vidal, diplomate jusqu’au bout de ses ongles vernis, sourire aux lèvres, a de la classe, reconnaissent ses interlocuteurs. De la classe ? Pas seulement.

La dame, selon ceux qui ont travaillé avec elle ou l’ont approchée, est redoutable d’intelligence, de connaissances et de savoir-faire. Son homologue américaine aux négociations, Roberta Jacobson, qui n’est pas née, elle aussi, de la dernière pluie, le reconnaît, déclarant publiquement qu’elle apprécie « le sens pragmatique » de son interlocutrice, glissant discrètement à son entourage : « Faut pas se laisser embobiner par cette communiste de haut vol. » Bien vu.

Josefina Vidal, directrice générale de la section des États-Unis au ministère cubain des Relations extérieures, est membre du comité central du Parti communiste de Cuba. Fille de coco et fière de l’être. Jusqu’où ira son parcours ? Elle a étudié de 1979 à 1984 à Moscou à l’Institut des relations internationales. Jusqu’en 1990, elle a travaillé au centre d’études sur les États-Unis à l’université de La Havane avant de séjourner sept ans à Paris à l’ambassade de Cuba comme analyste puis de rejoindre Washington comme première secrétaire de la section des intérêts cubains. Mme Vidal, Mme de la Caridad Vidal Ferreiro, Companera Josefina, c’est selon, parle parfaitement l’anglais, le russe et le français. Ça aide. Sera-t-elle la prochaine ambassadrice de Cuba à Washington ?

Cette femme fait partie de la nouvelle génération des dirigeants cubains. Ils ont la cinquantaine, sont nés avec la révolution et ont bénéficié d’une formation de qualité dans les écoles et les universités de l’île : les atlantes métissés du futur souvent présentés comme « les enfants de Fidel ». Ils savent ce qu’ils doivent à la révolution, ils savent aussi que le monde change et qu’il faut prendre à bras ouverts les bouleversements technologiques, économiques, sociétaux afin de donner un souffle nouveau à la construction de la société socialiste au risque sinon de disparaître. Tel est le sens des réformes mises en œuvre ces dernières années sous l’impulsion de Raul Castro, qui a d’ores et déjà annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à la présidence du pays.

Josefina Vidal reste d’une grande discrétion sur sa vie personnelle. Elle joue collectif. Trop peut-être pour ceux qui, comme nous, veulent en savoir un peu plus sur sa vie, ses goûts, sa famille sans sombrer dans la « pipolisation ». Elle s’en tient à son « job ». Une professionnelle qui recherche « le sans-faute » jusqu’au moindre détail, au risque de la rendre déshumanisée. Alors, derrière la carapace, quoi ?

Ses anciens camarades de lycée et d’université s’accordent à souligner sa « gentillesse ». Elle n’a jamais eu « la grosse tête », affirme Manuela, qui a partagé les mêmes salles de classe avec la diplomate. Et qui ajoute : « Je ne sais pas si elle a maintenant le temps de cuisiner mais je me souviens qu’elle préparait superbement le guacamole. » On ne saura pas – pour le moment – si elle préfère la cuisine française au traditionnel porc-haricots cubain ou à l’hamburger états-unien. En revanche, on sait qu’elle ne partira pas en vacances cette année, rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis oblige.

Dans la longue histoire cubano-nord-américaine d’après la révolution, Fidel et Raul Castro ont joué les premiers rôles. Il y a eu aussi Ricardo Alarcon, représentant de Cuba aux Nations unies et interlocuteur redouté des Yankees. Désormais, une nouvelle figure s’affirme : une femme, une révolutionnaire de son temps, Mme Josefina Vidal.

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 13:11

La maire de Paris, fille de républicains espagnols ayant trouvé refuge en France alors que la dictature franquiste semait la terreur et la mort, n’aurait-elle rien appris de l’Histoire, de sa propre histoire ? Au mois de mai dernier, elle a effectué un voyage officiel en Israël, puis très rapidement et discrètement en Palestine occupée. Avec à la clé, une journée « Tel-Aviv sur Seine », la semaine prochaine à Paris.

Un an après les massacres israéliens à Gaza, une telle initiative relève-t-elle de la naïveté, de la provocation, ou de l’affirmation d’un alignement sur la politique de la droite et de l’extrême droite israéliennes ? Une chose est certaine : l’ampleur de l’émotion provoquée par l’irresponsable décision du premier magistrat de la capitale française pourrait porter préjudice à la sécurité publique et à la politique étrangère – déjà mal en point – de la France.

Il y a un moyen de sortir de l’impasse. Transformer la journée Tel-Aviv sur Seine, en une manifestation de rassemblement pour la paix réunissant Tel-Aviv, Gaza et Ramallah. Chiche, Mme Hidalgo !

José Fort

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 20:04

L'affaire de Tel Aviv sur Seine provoquant de nombreuses réactions hostiles à cette irresponsable décision de Mme Hidalgo et l'émotion prenant de l'ampleur, une réunion avec les représentants de la mairie de Paris et la préfecture de police devrait avoir lieu rapidement. Certains esprits malins croient pouvoir annoncer l'objectif de cette séance de travail: l'installation des check-point

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