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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 20:13

FR3 consacre le début de soirée de ce lundi à « Valls le matamore ». Avant d’en dire plus sur l'origine de « matamore », il est amusant de penser à nos amis les chats. Vous avez certainement déjà vu un de ces animaux qui, lorsqu'ils se sentent en danger, hérissent le poil de leur corps et de leur queue de manière à paraître plus gros et d'effrayer leur adversaire. Eh bien sachez que ces animaux, comme certains autres, pratiquent ainsi le « matamorisme ». Le mot « matamore » nous vient de l'espagnol « matamoros » qui signifie littéralement « tueur de maures ». Le personnage de Matamore apparaît en France dans des comédies dès le début du XVIIe siècle, mais c'est principalement "L'illusion comique" de Corneille qui en fait un héros célèbre. Comme le Capitan de la comédie italienne, c'est toujours un fabulateur qui se vante de prétendus exploits, au point que son nom deviendra un nom commun pour désigner un vantard souvent ridicule.

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 09:34

Le scandale n'est plus supportable. La dernière campagne électorale, la promotion de la famille Le Pen, la "couverture" ou mieux dit la non couverture du mouvement social confirme que des orientations aux télés et aux radios ont été données au plus haut niveau de l'Etat pour anesthésier l'opinion publique. L'heure n'est-elle pas venue de dépasser la protestation et d'engager des actions ciblées, massives ou de groupes, pour dire au pouvoir et à ses serviteurs-journalistes: la coupe est pleine.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 17:29

J'ai quelques défilés dans les jambes. A ce titre, je peux témoigner: la manifestation parisienne de la Place d'Italie aux Invalides ce jeudi 9 avril était une des plus importantes si ce n'est la plus importante des dernières années. Et il faut noter la très, très grande mobilisation de la CGT. Un signe fort que le gouvernement ferait bien d'entendre. Une remarque: alors que les partis politiques (PCF, NPA, Lutte ouvrière, Ensemble) étaient bien présents sur les trottoirs respectueux du défilé, le parti de gauche avait installé une tente au milieu du bld Raspail provoquant la désorganisation du défilé, retardant le départ des derniers groupes place d'Italie facilitant ainsi la tâche des caméras à la recherche d'images pouvant atténuer la force de la mobilisation. Ces trotskistes ne changeront jamais.

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 05:52

Le Sommet des Amériques s'ouvre ce jeudi à Panama. Pour en savoir plus, voici l'article de Maurice Lemoine, journaliste, spécialiste de l'Amérique latine.

Depuis 1994, sous les auspices de l'Organisation des Etats américains (OEA), tous les pays du continent, à l'exception de Cuba exclue depuis 1962, se réunissent périodiquement dans le cadre du Sommet des Amériques pour débattre des questions d'intérêt commun. Sa septième édition se tiendra les 10 et 11 avril au Panamá et, présentée comme "historique", devrait compter sur la présence de Barack Obama et Raúl Castro.

La première rencontre d'Obama avec ses pairs a eu lieu lors du sommet tenu en avril 2009 à Puerto España (Trinité et Tobago). Nombre d'observateurs attendaient avec gourmandise le moment où le locataire de la Maison-Blanche croiserait le Vénézuélien Hugo Chávez, victime en 2002 d'une tentative de coup d'Etat soutenue par George W. Bush - également impliqué dans la tentative de déstabilisation du président bolivien Evo Morales en septembre 2008. Ceux qui espéraient un clash en ont été pour leurs frais. Obama a salué Chávez, en espagnol, d'un cordial "Cómo estás ?" et celui-ci lui a répondu en anglais "I want to be your friend". Face à la majorité de chefs d'Etat catalogués "de gauche" ou "de centre gauche" arrivés au pouvoir depuis la fin des années 1990, Obama a offert un dialogue "d'égal à égal", "un nouveau commencement", mais a confirmé qu'il maintiendrait l'embargo imposé à Cuba. Cette annonce a empêché la signature d'une "Déclaration finale" commune, mais, marquant un évident changement d'époque, il n'y a pas eu de confrontation.

Toutefois, rapidement, l'espoir de relations équilibrées s'est converti en déception. C'est bel et bien avec l'assentiment et parfois la participation directe de Washington, sous le mandat du même Obama, qu'ont été renversés les présidents hondurien Manuel Zelaya (2009) et paraguayen Fernando Lugo (2012), et qu'un soulèvement policier à caractère putschiste a tenté de "sortir" l'Equatorien Rafael Correa (2010). La réactivation de la IVe flotte US - pour patrouiller au large de l'Amérique centrale et du Sud - ainsi que l'utilisation par le Pentagone de sept bases militaires en Colombie ont fortement indisposé les gouvernements progressistes du sous-continent. En septembre 2013, furieuse de l'espionnage de la NSA, dont elle et ses collaborateurs avaient été victimes, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a dénoncé l'administration Obama devant l'Assemblée générale de l'ONU et, en signe de protestation, a annulé une visite d'Etat prévue à Washington. Peu de temps auparavant, en avril 2012, lors du Sommet des Amériques de Carthagène (Colombie), une majorité de pays avaient témoigné leur solidarité envers Cuba en menaçant de ne pas participer à celui de 2015, au Panamá, si l'île n'y prenait pas part.

L'annonce était assortie de dangers trop précis pour être prise à la légère, un tel boycott réduisant encore un peu plus l'influence de Washington dans son "arrière-cour" et infligeant publiquement un camouflet à la Maison-Blanche. En effet, depuis la création en 2008 de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR ), à l'initiative de Chávez et de son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, puis, en 2011, de la Communauté des Etats latino-américains et caraïbes (CELAC : tout le continent sauf les Etats-Unis et le Canada), l'OEA demeure la seule instance régionale au sein de laquelle le Département d'Etat peut faire entendre sa voix. Plutôt que d'affronter un outrage tout en torpillant le forum le plus important à ses yeux, Obama, dans le registre "puisque les événements nous échappent, feignons de les organiser", a annoncé, le 14 décembre 2014, l'ouverture de négociations avec La Havane en vue de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays. Se sortant ainsi d'une situation délicate. De fait, cette décision a été saluée par l'ensemble de la communauté internationale, particulièrement sa composante interaméricaine, qui y a vu - une seconde fois ! - le début d'une nouvelle ère dans les Amériques.

Las ! Chassez le naturel, il revient au galop... Au Venezuela, incapable de l'emporter dans les urnes, la droite radicale, depuis février 2014, s'est lancée dans une campagne de déstabilisation du successeur de feu Chávez, Nicolás Maduro. Alors que cette situation conflictuelle est généralement présentée, dans les médias, comme de la seule responsabilité du gouvernement bolivarien, dès le 7 mars 2014, au nom de l'UNASUR, la présidente du Chili, la modérée Michelle Bachelet, a donné le ton : "Nous n'appuierons jamais un mouvement qui refuse le résultat des élections et cherche à renverser par la violence un gouvernement élu librement et démocratiquement." Ce qui n'empêchera pas le dirigeant d'opposition vénézuélien Leopoldo López d'encourager ses partisans, le 19 mars suivant : "Je lance à un appel à tout le pays pour maintenir et augmenter la pression jusqu'au renversement de la dictature" - ce qui lui a valu d'être inculpé et arrêté.

Après quarante-trois morts - dont de nombreux civils victimes des enragés de l'opposition et six membres des forces de l'ordre tués par balles -, une nouvelle tentative putschiste a été neutralisée le 12 février 2015, entraînant l'arrestation de plusieurs militaires et du maire de Caracas Antonio Ledezma. Se portant au secours des éléments factieux, Obama a réagi en signant le 9 mars un "Executive Order" décrétant une "urgence nationale" pour répondre à "la menace inhabituelle et extraordinaire" que représente le Venezuela "pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis".

Au terme d'une visite à Caracas où, en compagnie des ministres des Affaires étrangères Mauro Vieira (Brésil), María Ángela Holguin (Colombie) et Ricardo Patiño (Equateur), il a pris connaissance des preuves de la conspiration réunies par le gouvernement vénézuélien, le président de l'UNASUR, l'ex-président colombien Ernesto Samper, a recommandé à l'opposition "de jouer le jeu électoral et de renoncer à la violence". Réunis en session extraordinaire à Quito le 14 mars, les Etats membres de l'organisation ont manifesté leur rejet unanime du décret "impérial" et, déclarant que l'ingérence des Etats-Unis dans la région "crée une très forte tension", réclament son abrogation. Depuis, la CELAC s'est prononcée dans le même sens, de même que la Russie, le G-77 + Chine (plus de 130 membres), le Mouvement des pays non-alignés (120 pays, soit deux tiers des pays membres de l'ONU) - c'est-à-dire le gros de la "communauté internationale" (qui ne se limite pas aux Etats-Unis, à l'Union européenne et à leur excroissance, l'OTAN).

Lorsqu'il atterrira au Panamá, le 10 avril, Obama n'y sera sans doute pas accueilli avec des fleurs par ses partenaires latino-américains. Malgré la présence tant attendue et commentée de Cuba, ce Sommet des Amériques risque davantage d'être celui de la discorde que celui de la réconciliation.

ML

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 10:46

D’autres plus compétents que moi analyseront les résultats du premier tour des élections départementales. Mais j’ai lu tellement de posts d’espoir incantatoires avant le scrutin, suivis ce matin de messages accablés et désespérés, qu’il me semble utile de rappeler une donnée essentielle : la France était et reste un pays réactionnaire.

On brandit à juste titre les moments glorieux de notre Histoire (la Révolution, la Résistance etc…) en gommant souvent le reste. La France c’est aussi entre 1789 et 1799 la Contre-Révolution illustrée par les aristocrates émigrés à Coblence, les penseurs catholiques, royalistes et les chouans ; c’est le soutien des classes dominantes à Thiers pendant les fusillades de la « Semaine sanglante » lors de la Commune de Paris ; c’est le très large soutien populaire au régime de Vichy ; c’est, à la veille de la Libération, le rassemblement autour de Pétain place de l’Hôtel de ville de Paris quatre mois avant que De Gaulle soit acclamé au même endroit ; c’est l’approbation majoritaire des Français (au moins au début) des guerres coloniales au Vietnam et en Algérie ; c’est, plus près de nous, le soutien de l’opinion publique aux bombardements de la Libye et à d’autres opérations militaires avec les effroyables retombées, notamment le terrorisme. J’arrête la liste. En ajoutant que la victoire du Front populaire fut obtenue d’une courte tête, que l’élection de Mitterrand fut le résultat d’un déplacement de 200.000 voix et que l’arrivée de Hollande s’explique par un rejet massif de Sarkozy.

En fait, il n’y a rien de très nouveau dans notre beau pays. La droite retrouve son score moyen, le PS paie ses mensonges et sa politique de droite, le Front de gauche se maintient avec difficulté, le peuple abstentionniste se tenant loin de la vie de la cité et souffrant en silence pendant que les héritiers du pétainisme et de la milice surfent sur le malheur des gens et l’irresponsabilité des gouvernants qu’ils soient PS ou de droite.

A mes amis désespérés qui, quelques heures avant le scrutin étaient étrangement euphoriques, un conseil : restons lucides sur la réalité du pays pour mieux construire l’édifice qui nous permettra de combattre efficacement la France réac.

José Fort

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 14:56

A propos de la soirée arrosée à l'Elysée en présence d'artistes proches de la fiancée du Président, JoeyStarr aurait pu préciser qu'il s'est "fracassé" au rhum oui, mais au rhum haïtien. Faut savoir mettre les pendules à l'heure.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 08:24

Ainsi donc le petit caudillo à l’approche des élections départementales a « peur » du Front national. Un premier ministre exprimant la « peur » cela s’apparente au mieux à une tentative de manipulation de l’opinion au pire à une désertion devant l’ennemi. La meilleure réplique à Manuel Valls revient à Beaumarchais dans le Barbier de Séville : « Fi donc, trembler! mauvais calcul, monsieur. Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur. »

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 15:58

Boris Nemtsov était-il un "grand démocrate", " le plus important opposant à Poutine", un " modèle pour une Russie libre", bref l'homme du renouveau célébré dans les capitales occidentales et dans la presse bien pensante? Par bribes d'infos, on apprend que l'homme des privatisations du gaz et du pétrole du temps de Boris Elstine entretenait des relations avec des réseaux mafieux, pas seulement en Russie.

Anna Douritskaïa, la très jeune "compagne" de Boris qui venait de se faire avorter en Suisse avec l'argent remis par Nemtsov est un top modèle ukrainien liée, elle aussi, à des éléments troubles. Aujourd'hui, à Kiev, elle se dit menacée de mort. Je ne sais pas qui a commis l'assassinat mais une chose est certaine: Boris et Anna évoluaient dans des marécages peu odorants.

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 13:54

Par Maïté PINERO

Ancienne correspondante de « l’Humanité » à La Havane.

Le rétablissement des relations diplomatiques sera un long processus ont précisé les présidents Castro et Obama dans leurs annonces simultanées du 17 décembre dernier. Cependant la dynamique est lancée et s’est confirmée durant les deux premières rencontres qui ont eu lieu en janvier à La Havane, la semaine dernière à Washington.

Le dégel ne concerne pas seulement les relations Cuba-États-Unis. Si empressée à rompre les relations diplomatiques quand les États-Unis durcissaient l’embargo, l’Union Européenne et ses gouvernants se précipitent dans la compétition du marché. En décembre dernier, le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Garcia Margallo, avait appelé l’Union à accélérer la normalisation des relations pour ne pas perdre de terrain face à Washington, exhortant les entreprises à ne pas perdre de terrain dans la concurrence avec leurs homologues nord-étasuniennes. Une délégation de l’Union négocie depuis le 4 mars à La Havane « un accord de dialogue politique et de coopération ».

La visite de François Hollande qui aura lieu le 11 mai, précédée par celles de plusieurs ministres (Laurent Fabius, Fleur Pellerin), de délégations de parlementaires et d’industriels, permettra-t-elle de lever les obstacles aux relations France-Cuba ? Malgré la garantie de la Coface, les banques rechignent à s’engager et ce sont surtout les PME qui osent investir dans l’île. Autre sujet à l’ordre du jour, la maintenance et modernisation de la centrale électrique qui fournit les deux tiers de l’électricité du pays. Malgré les déclarations gouvernementales, son avenir reste incertain depuis le rachat d’Alstom par General Electric.

De l’isolement a l’intégration

L’intense activité diplomatique que connaît l’ile est à comparer avec son isolement à partir des années 90. Les lois Helms-Burton et Torricelli avaient pour but d’affamer son peuple, de mettre à bas le régime. Le récit et le secret de cette résistance restent à écrire.

C’est durant cette période que Cuba a impulsé et participé à l’intégration latino-américaine avec la création de l’Alba (2004), de l’Unasur (2008), de la Celac (2010 ), qui ont concrétisé l’échec du Tafta, le projet des États-Unis visant à mettre l’ensemble du continent sous son emprise et celle de ses multinationales. Ce que reconnaît implicitement le président Obama en énumérant les objectifs de son changement de politique envers Cuba : « Nous allons rénover notre leadership en Amérique latine... » Cela risque d’être mal accueilli au prochain sommet des Amériques mais le seul fait d’y prétendre rendait obligatoire un changement de politique avec Cuba.

Retour de la carotte et du bâton ?

Sur le fond, Washington maintient son objectif, le changement de régime à La Havane, et n’en fait pas mystère. L’embargo a échoué : « Il a provoqué un isolement régional et international, réduit notre capacité d’influer sur le cours des événements dans l’hémisphère occidental et empêché l’utilisation de toute une série de mesures que les États-Unis peuvent utiliser pour promouvoir un changement positif à Cuba » déclare Obama le 17 décembre.

Les moyens doivent donc changer. Un seul leitmotiv « Spur change among the people of Cuba » (impulser le changement dans le peuple cubain). Le communiqué de presse de la Maison Blanche du 17 décembre indique : « Nos efforts visent à favoriser l’indépendance des Cubains afin qu’ils ne soient plus dépendants de l’État cubain. »( 1). Le 19 décembre, durant sa conférence de presse de fin d’année, Obama enfonce encore le clou : « Ce qui est certain c’est que nous allons nous trouver dans de meilleures conditions pour exercer notre influence et pouvoir utiliser aussi bien la carotte que le bâton »(2).

La carotte et le bâton, la revendication du leadership dans le continent, la réaffirmation du « destin manifeste » du géant du nord, tous ces vieux leitmotivs de l’ingérence, marque de la politique étrangère des administrations américaines, se retrouvent dans les discours, les communiqués de presse, les conférences de presse, du président en titre. Le constat d’échec de l’embargo va de pair avec la même volonté d’ingérence et de domination.

Pénétrer la société cubaine

Devant le troisième sommet de la Celac (33 chefs d’états) tenu à la Havane le 28 janvier, Raul Castro déclare « Tout semble indiquer que l’objectif est de fomenter une opposition politique artificielle par des moyens économiques, politiques et les moyens de communication. »

En effet, les mesures annoncées dès le 17 décembre par l’administration étasunienne sont marquées par cette volonté de pénétrer et travailler la société cubaine, de renforcer son secteur privé, afin de renverser le régime.

Les exportations autorisées concernent le secteur privé, les petits paysans et les 500 000 artisans et restaurateurs « cuentapropistas ».

L’autorisation des « rameras », envois d’argent des cubains de l’étranger à leurs familles passe de 500 à 2000 dollars par trimestre mais sont interdites si le destinataire est membre du parti communiste.

Les voyages entre les États-Unis et Cuba sont assouplis mais ne concernent que douze catégories de personnes autorisées (délégations d’élus et fonctionnaires, de journalistes, de chercheurs, artistes, sportifs, Ong etc ). Cuba est le seul pays au monde où les Étasuniens ne peuvent voyager.

Les bateaux accostant à Cuba ne devront plus attendre six mois pour entrer dans les ports nord-américains mais seulement si les marchandises transportées répondent à une urgence humanitaire (médicaments, produits alimentaires).

Les banques étasuniennes pourront ouvrir des comptes à Cuba mais pas l’inverse.

Le seul secteur qui se voit autorisé à investir ou à vendre de l’infrastructure ou du software, hardware, applications, est celui des communications.

Au cœur de l’embargo

Les mesures les plus dures de l’embargo sont maintenues : interdiction pour Cuba de commercer et de détenir des comptes en dollars. Interdiction d’acheter dans des pays tiers des produits contenant plus de 10% de composant nord-américains, d’exporter aux États-Unis du matériel comportant du nickel ou du sucre cubain. Sanctions aux banques et aux filiales américaines installées à l’étranger qui passent outre.

Lors des premières réunions tenues à La Havane pour discuter de la politique migratoire, le représentant de l’administration a souligné que rien n’allait changer : les Cubains entrés illégalement aux EU continueront à bénéficier automatiquement de la nationalité EU après un an et un jour de présence, étrange régime d’exception dans un pays qui compte 11 millions de sans papiers.

Avec l’annonce des mesures d’assouplissement de l’embargo, les États-Unis ont voulu fixer le cadre de la normalisation des relations et se présenter comme maîtres du jeu. Dans les négociations en cours, la partie cubaine a fixé comme principe le rétablissement de relations d’État d’égal à égal dans tous les domaines, la liberté de chacun de choisir sa société, son système économique, sans ingérence étrangère. Le désaccord sur ce sujet constitue le principal obstacle.

Les discussions ont lieu au pied à pied sur tous les sujets. Quand les États-Unis prônent la présence de la société civile lors du sommet des Amériques, prévu en avril au Panama, ce qui signifie dans leur bouche une place d’honneur à Yoani Sanchez, la partie cubaine abonde dans ce sens avec la longue liste des syndicats, associations de paysans sans terre, de disparus sous les dictatures, organisations nord-américaines jusqu’aux manifestants de Wall Street.

Les premières mesures d’allègement vont elles aussi être discutées entre les deux parties. Des délégations du département du Trésor et du Commerce sont attendues à la Havane pour en expliquer les termes et les modalités, la partie cubaine se chargeant d’expliquer les lois, règles et mode d’emploi de sa société et de son système économique.

Modifier les apparences

Les États-Unis sont pressés de modifier les apparences tout en maintenant les mesures les plus sévères de l’embargo, leur grenier à carottes. C’est ainsi que Roberta Jacobson, la négociatrice du département d’État, a annoncé la réouverture probable des ambassades avant la tenue du sommet des Amériques. S’ils l’annoncent, a précisé Josefina Vidal, la négociatrice Cubaine, c’est qu’ils ont la clef du problème.

Pour la partie cubaine, restaurer la façade n’a guère de sens si demeurent les problèmes de fond : Cuba est toujours inscrit sur la liste des États terroristes, sa représentation à Washington qui ne peut accéder au système bancaire n’a pas les moyens de fonctionner. Reste encore à se mettre d’accord sur les interprétations respectives de la convention de Vienne qui fixe les règles diplomatiques et le comportement des diplomates en poste.

Du monde au portillon

Il n’est au demeurant pas sûr que l’administration puisse maintenir le scénario prévu en même temps que le contrôle strict de sa réserve de carottes. L’empressement de l’Union européenne à liquider ses arriérés de politesse avec la Havane risque aussi de précipiter les choses. Aux États-Unis, l’opinion publique est largement acquise aux rétablissement des relations entre les deux pays. Les grandes entreprises se pressent au portillon, leurs lobbies travaillent au sénat et à la Chambre dominée par les républicains hostiles à la normalisation.

La coalition agricole des États du Sud qui vient d’envoyer une délégation à Cuba a inspiré le dépôt au sénat d’un projet de loi en faveur du rétablissement des relations commerciales réciproques. Plusieurs autres sont déjà déposés ou en préparation, du jamais vu, et certains pourraient disposer d’une majorité simple au sénat. Le gouverneur de New-York a annoncé sa visite en avril. Les compagnies aériennes se disent prêtes à rétablir les lignes. Et on a pu voir apparaître sur le site d’Amazon la flèche d’un « envoi à Cuba. » Aussitôt supprimé, il n’en indique pas moins que chacun se prépare. Le New York Times poursuit sa campagne de presse qui a précédé les annonces du 17 décembre et plaide pour des relations touristiques normales. Les firmes hospitalières ont fait part de leur intérêt à développer le tourisme de santé avec les hôpitaux cubains.

Les pouvoirs du Président

Même si le congrès est seul habilité à supprimer l’embargo les pouvoirs du président Obama lui permettent de le vider de son contenu. Les lois Helms-Burton et Torricelli qui ne peuvent être levées que par le Congrès portent sur quatre aspects : interdiction aux filiales à l’étranger de commercer avec Cuba, interdiction aux entreprises nord-américaines de commercer avec des entreprises cubaines nationalisées par la révolution, interdiction aux citoyens nord-américains de faire du tourisme à Cuba, obligation pour Cuba de payer en liquide et à l’avance l’achat de produits agricoles

En revanche Barack Obama peut utiliser les licences pour permettre à l’île d’utiliser le dollar et le système bancaire étasunien dans ses transactions, d’ouvrir des comptes aux États-Unis, d’accéder aux crédits des institutions financières internationales.

En matière de santé, Il peut autoriser l’exportation de médicaments et d’équipements pour la biotechnologie cubaine et permettre à celle ci de commercialiser ses produits aux États-Unis, autoriser les Étasuniens à se soigner à Cuba.

En matière de commerce, il peut permettre les achats de Cuba, dans des pays tiers, de marchandises comportant plus de 10% de composants étasuniens et autoriser l’importation de marchandises de pays tiers comportant du nickel ou du sucre cubain. Le rétablissement des lignes aériennes et des lignes de ferry dans les deux sens peuvent aussi s’effectuer grâce à des licences.

Sous la pression internationale, celle de l’opinion publique étasunienne, du monde patronal et de ses lobbies, un effet boule de neige peut-il se produire ? A Cuba, la presse, les blogs, commentent chaque jour les dernières mesures et négociations, les visites des délégations officielles étrangères. Le débat bat son plein et la société se prépare à la normalisation des relations avec le voisin du nord. Un défi, « une sorte de Moncada » écrivent les commentateurs, pour la génération qui est née, a grandi dans le blocus et ….l’a fait échouer.

Maïté PINERO

1) www.whitehouse.gov/blog/2014/…/18/email-president-obama-cuba

2) www.whitehouse.gov/the-press-office/…/remarks-president-year-...

URL de cet article 28148

http://www.legrandsoir.info/cuba-etats-unis-ingerence-ou-re…

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 15:06

L'assassinat de Boris Nerutsov de quatre balles devant le Kremlin ne relève pas du fait divers, semble-t-il. Immédiatement, de Hollande à Obama en passant par Merkel et Porochenko (les médias suivant au pas), le meurtre a été mis sur le compte de Poutine. Trop vite, peut être. Car si Poutine n'est pas un ange sans scrupule, quel intérêt pour lui de faire abattre un de ses opposants? Surtout lorsqu'on sait que le Boris en question a été vice-premier ministre d'Elstine chargé… de l'énergie. L'homme de la privatisation du pétrole et du gaz, c'est le sulfureux Nerutsvo. De là à penser qu'il y a du règlement de compte.

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