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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 22:00

Un article publié dans l'Humanité Dimanche

« Et si on allait déjeuner ? ». Wolinski, en pleine promotion d’un livre et d’une expo (1), n’en peut plus des interviews, des radios, des télés, des magazines. Il ne crache pas dans la soupe (faut bien vivre) mais un type de « l’Huma » qu’il connaît depuis trente ans ne va pas lui faire le coup : « Alors M. Wolinski, vous aimez toujours les femmes, alors M. Wolinski, vous êtes de droite, de gauche, du centre. C’est quoi l’humour, vous vieillissez comment… ?» Georges invite.

Généralement, c’est le mec ou la fille de la télé, du journal qui règle la note pour passer une heure avec l’artiste. Georges sort sa carte bleue et file quelques dessins à son pote de "l'Humanité". « Faut aider les pauvres », rigole-t-il. Bref, si on déjeunait.

« Mon gendre m’a conseillé un restaurant original. Je ne me souviens pas de l’adresse ». Nous voilà mal parti sauf que Georges sort son téléphone portable et active le numéro de son gendre. Depuis le désert éthiopien, le compagnon de sa fille, gentil garçon en plein raid, glisse: « rue de Belleville au numéro… » Sympa, le gendre.

Nous voilà démarrant le déjeuner avec celui qui écrit dans son bouquin « un humoriste, c’est quelqu’un qui, après avoir bien réfléchi, s’arrête de réfléchir », qui affirme que « la justesse du trait est le fruit d’un long travail et d’une longue maturité, comme l’écriture » et qui « à cinquante ans a décidé d’arrêter de vieillir ».

Dans son bouquin, Wolinski publie de nombreux dessins. Certains sont connus, d’autres moins. Le plus est dans le texte. Georges, cette fois, se raconte : sa jeunesse, ses amis, ses amours, ses copains (les vrais), ses voyages, sa femme, Hara-Kiri, Charly mensuel, ses ronchonnements, ses émotions… ses adieux. Comme un testament. Il en rajoute le Georges au moment où se tient à la bibliothèque nationale de France (BnF) et jusqu’au 2 septembre une rétrospective de son œuvre à travers, précise l’organisateur, « un choix de plusieurs centaines de pièces, l’occasion de parcourir 50 ans de carrière d’un artiste réputé pour son humour tendre et provocateur ». L’auteur aurait pu ajouter (mais le connaît-il suffisamment ?) un artiste d’une sensibilité extrême, d’une générosité discrète, d’un humoriste à la pensée aigue, dessinant les femmes qu’il ne se contente pas d’aimer mais dont il défend bec et ongles tous les droits restant à conquérir.

Un peu cabot, quand même, le Georges. Près de notre table une jeune femme lui adresse un grand sourire. « Je suis une de vos fidèles », lui lance-t-elle, avant d’obtenir un autographe ciblé et quelques amabilités. « T’es célèbre », lui dis-je. « Quelqu’un de connu », réplique-t-il, « c’est quelqu’un dont on remarque la présence, quelqu’un de célèbre, c’est quelqu’un dont on remarque l’absence. » Fermez le ban.

Wolinski vient de loin. Fils de juif tunisien. Rapatrié vers le Nord froid et gris au moment de la décolonisation. Service militaire à Reggane, le centre d’essai de la bombe atomique française. Il aurait pu succéder à son beau-père et à sa boutique celui que son instituteur notait « d’intelligence moyenne mais d’un esprit vif » et qui rêvait de devenir « architecte ou médecin de marine. » Il a suivi – heureusement – un autre chemin. Après deux ans aux Beaux Arts et alors que Cavana affirme que « Wolinski, on croit que tu es con, parce que tu fais le con, mais c’est faux : tu es vraiment con», Wolinski décoré par Chirac de la Légion d’honneur laisse passer son regard sur les évolutions de la société. Dans son bouquin, il y a les pensées du « maître », comme le qualifiait Sarkozy un jour de remise de médailles ajoutant doucement à son oreille : « C’est mieux maintenant, n’est-ce pas ? »

Cet été, on peut lire et redécouvrir Wolinski. « Jeune, j’aimais dessiner. Je ne savais pas que c’était un métier. »

José Fort

(1) Le pire a de l’avenir. Editions Cherche Midi.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 16:10

Mais que nous fait-il Georges? Une petite déprime, un moment de nostalgie ? Voilà qu’en refermant son dernier ouvrage « Pitié pour Wolinski » (1) on verserait presqu’une larme. Le petit juif de Tunis raconte sa jeunesse, sa famille, ses amours, ses drames, ses copains avec sa patte talentueuse de dessinateur et son humour décapant. Mais il prévient ses juges : « Je préfère mourir idiot que mourir odieux » réplique-t-il dans une bulle destinée à son éditeur qui lui demande « moins de cul » et plus « d’insultant, d’obscène, de méchant, de cruel, de malsain… »

Wolinski met en scène sa vie familiale, amoureuse (ses parents, sa première femme disparue dans un accident, Maryse sa compagne dont il reste follement amoureux) son parcours professionnel. Avec, comme à son habitude, des seins nus et des scènes cocasses. Il y a aussi une certaine tristesse lorsqu’il fait dire à son héros – lui même à vingt ans - : « Je n’aime pas cette époque, son indécence, son immoralité, sa littérature écrite à la va vite, l’escroquerie de l’art contemporain, les chansons sans romantisme, le rire sans humour. »

Ses vieux copains de Hara-Kiri, Cavanna, Cabu et les disparus Reiser et Choron en prennent une louche, toujours avec une forte amitié et une complicité sans faille. Quant aux lecteurs de « l’Humanité », ils en sauront un peu plus sur son entrée au journal (1976) et les réactions qu’elle a suscitées puis son départ vers d’autres aventures. « Es-tu libre de faire ce que tu veux chez les cocos » lui demande un de ses interlocuteurs. « Je t’assure on ne me censure jamais », répond Wolinski qui s’attire cette réplique : « Alors, ils sont plus malins que je le pensais ces fumiers ! »

Georges Wolinski n’a jamais été communiste et encore moins membre du PCF. Cet homme que j’ai approché lors de voyages ou au cours de dîners est un humaniste, un révolté par toutes les injustices d’où qu’elles viennent. On connaît son talent (un jour ouvrira-t-il son atelier secret et ses toiles?), on connaît moins sa sensibilité, son sens de l’écoute, sa générosité. Deux personnages à « l’Humanité » l’ont marqué à jamais : René Andrieu et Roland Leroy à qui il voue une grande amitié. D’autres n’auraient certainement pas convaincu l’ami Georges de dessiner à la « une » de « l’Huma ».

Il ne loupe aucune fête du journal, hier à la Courneuve, aujourd’hui au Bourget. Pour une simple raison : « J’y suis chez moi et je rencontre de vrais gens, des gens qui ne trichent pas. »

Wolinski est un type bien. Plongez-vous dans son dernier ouvrage. Pour rire, bien entendu. Mais pas seulement : découvrez l’autre facette du personnage, celle d’une célébrité qui a su rester un honnête homme et qui en rigole encore et encore.

José Fort

Un article publié dans "l'Humanité" du 23/2/2010


Mais que nous fait-il Georges? Une petite déprime, un moment de nostalgie ? Voilà qu’en refermant son dernier ouvrage « Pitié pour Wolinski » (1) on verserait presqu’une larme. Le petit juif de Tunis raconte sa jeunesse, sa famille, ses amours, ses drames, ses copains avec sa patte talentueuse de dessinateur et son humour décapant. Mais il prévient ses juges : « Je préfère mourir idiot que mourir odieux » réplique-t-il dans une bulle destinée à son éditeur qui lui demande « moins de cul » et plus « d’insultant, d’obscène, de méchant, de cruel, de malsain… »

Wolinski met en scène sa vie familiale, amoureuse (ses parents, sa première femme disparue dans un accident, Maryse sa compagne dont il reste follement amoureux) son parcours professionnel. Avec, comme à son habitude, des seins nus et des scènes cocasses. Il y a aussi une certaine tristesse lorsqu’il fait dire à son héros – lui même à vingt ans - : « Je n’aime pas cette époque, son indécence, son immoralité, sa littérature écrite à la va vite, l’escroquerie de l’art contemporain, les chansons sans romantisme, le rire sans humour. »

Ses vieux copains de Hara-Kiri, Cavanna, Cabu et les disparus Reiser et Choron en prennent une louche, toujours avec une forte amitié et une complicité sans faille. Quant aux lecteurs de « l’Humanité », ils en sauront un peu plus sur son entrée au journal (1976) et les réactions qu’elle a suscitées puis son départ vers d’autres aventures. « Es-tu libre de faire ce que tu veux chez les cocos » lui demande un de ses interlocuteurs. « Je t’assure on ne me censure jamais », répond Wolinski qui s’attire cette réplique : « Alors, ils sont plus malins que je le pensais ces fumiers ! »

Georges Wolinski n’a jamais été communiste et encore moins membre du PCF. Cet homme que j’ai approché lors de voyages ou au cours de dîners est un humaniste, un révolté par toutes les injustices d’où qu’elles viennent. On connaît son talent (un jour ouvrira-t-il son atelier secret et ses toiles?), on connaît moins sa sensibilité, son sens de l’écoute, sa générosité. Deux personnages à « l’Humanité » l’ont marqué à jamais : René Andrieu et Roland Leroy à qui il voue une grande amitié. D’autres n’auraient certainement pas convaincu l’ami Georges de dessiner à la « une » de « l’Huma ».

Il ne loupe aucune fête du journal, hier à la Courneuve, aujourd’hui au Bourget. Pour une simple raison : « J’y suis chez moi et je rencontre de vrais gens, des gens qui ne trichent pas. »

Wolinski est un type bien. Plongez-vous dans son dernier ouvrage. Pour rire, bien entendu. Mais pas seulement : découvrez l’autre facette du personnage, celle d’une célébrité qui a su rester un honnête homme et qui en rigole encore et encore.

José Fort

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 09:44

Vous allez dire " il exagère". Mais comme ça me démange, j'y vais. L'hommage à M. Chancel est démesuré. Oui, c'était un grand journaliste, oui, c'était un excellent intervieweur, oui, il avait l'air sympathique. Mais cela mérite-t-il des heures d'émissions spéciales? Ce n'est pas Georges Charpak et ses copains savants aujourd'hui disparus qui ont eu droit au même traitement.

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 07:04

N’étant plus un perdreau de l’année et pouvant afficher une petite expérience, je me permets de vous prévenir : « méfiez-vous », comme le chantait Jean Ferrat, « les flics sont partout ». J’ajoute que dans le panier crabalesque, on trouve les anciens révolutionnaires reconvertis dans les affaires et passés avec armes et bagages au service des médias patronaux, les ex-maoïstes et castristes hystériques d’hier, aujourd’hui retraités cacochymes, les défroqués du PS et du PC, les fouilleurs de poubelles de la CGT, les jeune prétendument guevaristes des Buttes Chaumont.

Bref, tous les aigris souvent reconvertis en revanchards et les nouveaux nés de la lutte contre le capitalisme qui hantent les médias et dispensent leur méthode (la seule bonne) pour transformer la société. Tous, un jour ou l’autre, ont ou vont collaborer avec ceux qu’ils vomissent actuellement. Et alors ?

Un conseil signé Thomas Sankara : « l’ennemi n’est pas souvent celui qui te fait face, ça c’est l’adversaire. L’ennemi c’est celui qui est derrière toi, un couteau dans le dos. »

José Fort

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 20:02

En participant il y quelques instants au rassemblement à Villejuif, je pensais à ces élus de droite et verts qui ont décidé de retirer la modeste plaque en mémoire de Georges Marchais qui fut député de la ville pendant 24 ans. Je me disais que si par malheur ces descendants de la milice pétainiste un jour disposaient de la force publique, nous risquerions bien de nous retrouver dans un stade. Comme au Vel d'hiv, comme à Santiago.

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 17:12

Au lendemain du rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis et d’une possible amélioration des relations économiques entre les deux pays, deux dérives dans le commentaire sont à écarter : le refus d’une évolution inéluctable sous prétexte d’une « pureté » idéologique khmerrougienne et l’emballement aveugle ressemblant à si méprendre aux supputations médiatiques ayant suivi l’aventure de Bill Clinton donné mort politiquement après avoir été contraint à une séance de contrition publique au lendemain de s’être fait lécher le bas ventre par une stagiaire dévouée. Revenons à l’essentiel.

Barack Obama sortirait-il grand vainqueur de cet épisode ? Le président nord-américain en difficulté sur le plan intérieur n’a plus rien à perdre ne pouvant pas aspirer à un nouveau mandat. Pragmatique, il constate que la politique de blocus contre Cuba est un échec. Ce n’est pas par la grâce d’un revirement humaniste qu’il rétablit les relations, mais en misant sur une déstabilisation des autorités cubaines par l’argent et l’intoxication idéologique. Obama et son équipe savent bien que les changements opérés en Amérique du Sud sont considérables avec le maintien au pouvoir réaffirmé lors des récentes élections de gouvernements progressistes. La partie de poker que les dirigeants étatsuniens viennent d’ouvrir pourraient se résumer ainsi: tenter de pourrir Cuba de l’intérieur en prenant le temps nécessaire ; reconsidérer l’ennemi principal du moment en axant les efforts de déstabilisation sur le Venezuela. Contrairement à ce qu’écrivent en France certains amis des progressistes latinos américains, Obama ne laissera pas son nom « dans l’histoire en réussissant à sortir par le haut malgré son bilan ». Obama et l’impérialisme nord-américain s’adaptent à la nouvelle situation et ajustent leur politique. Aujourd’hui, leurs objectifs premiers portent deux noms : Caracas et Moscou. La Havane arrive, pour le moment et pas pour longtemps, en seconde position.

La question est de savoir si Cuba pourra résister une fois encore mais sous d’autres formes à l’offensive yankee nouvelle manière. En premier lieu, les donneurs de leçons d’où qu’ils viennent feraient bien de baisser le ton. Les Cubains ne sont pas nés de la dernière pluie, des plus anciens commandants de la révolution aux plus jeunes formés dans les brillantes universités cubaines qui accèdent progressivement aux rênes du pouvoir. On entend ces jours-ci ânonner les pires stupidités. Celle, par exemple, consistant à laisser croire en une divergence entre les frères Castro, comme si Fidel ne pouvait pas être directement impliqué dans la réflexion et la décision; celle encore (entendue samedi matin sur France Inter) affirmant que l’accord avait été accepté par Raul Castro pour ne pas finir comme Ceausescu ; celle encore… Le trop plein d’imbécillités a été franchi par des « commentateurs » qui ne connaissent pas Cuba, son peuple, ses réels problèmes et questionnements, l’envergure de ses dirigeants et s’en tiennent aux vieux clichés de la propagande étatsunienne, hier relayée par l’ancien président de Reporters sans frontières, le fascisant Robert Ménard, aujourd’hui par la cohorte de chroniqueurs cumulards et incultes alimentés par deux personnages qui vont rapidement disparaître des radars médiatiques, les sinistres Valdès et Machover. Des « spécialistes » qui n’ont à se mettre sous la dent que la dizaine de « dames blanches » et une bloggeuse opposante subventionnées par la CIA.

L’avancée historique dans les relations entre les Etats-Unis et Cuba mérite mieux que les petitesses entendues sur les ondes et lues dans la presse écrite françaises. Après, allez vous étonner que de Buenos Aires à Brasilia, de La Paz à Montevideo, on ne se limite plus à plaindre les Français. On se moque d’eux, de nous.

José Fort

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 15:23

Les comptes de Radio France et de France Télévision sont dans le rouge. Va falloir faire des économies. Comme la plupart des commentaires diffusés sur ces chaînes prônent, pour combattre la crise et la dette, la baisse des dépenses publiques, une mesure exemplaire et énergique s'impose: la réduction de 50% des salaires des journalistes vedettes et des chroniqueurs cumulards

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 09:56

Le rétablissement des relations diplomatiques cubano-nord-américaines provoque, comme c'est logique, des tonnes de commentaires dans le monde entier. Mais personne ne s'étonne que, pour l'instant, Fidel Castro garde le silence. Pour combien de temps?

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 19:38

Après l'annonce du rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis, les médias en France ont fait commenter l'événement par deux "spécialistes" de la haine, Zoé Valdes et Machover. Ils étaient partout pour vomir l'évolution en cours. On les comprend. Bientôt, ces deux là vont perdre leur fonds de commerce.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 14:37

Ce n’est pas à Cuba qu’on massacre des jeunes mais au Mexique où 43 étudiants sont toujours portés disparus.

Ce n’est pas à Cuba qu’un jeune pacifiste vient d’être tué par un tir de grenade mais en France.

Ce n’est pas à Cuba que des policiers tirent sur des enfants noirs mais aux Etats-Unis d’Amérique.

Ce n’est pas Cuba qu’on assassine en ce moment même des opposants et des journalistes mais au Honduras.

Ce n’est pas à Cuba que des enfants dorment dans les rues mais à Bogota.

Ce n’est pas à Cuba qu’on meurt de faim mais au Guatemala.

Ce n’est pas à Cuba qu’on ne peut accéder aux soins mais en Haïti.

Ce n’est pas à Cuba que les enfants ne peuvent aller à l’école et les jeunes accéder à l’université mais au Paraguay.

Ce n’est pas…

José Fort

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