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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 09:29

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Pascal Boniface remettra les insignes de la Légion d’Honneur à André Schmer jeudi 6 novembre à 18 heures dans les salons de la mairie d’Ivry. Voici l’article publié il y a un an dans « l’Humanité ».

« La moy, c’est quoi la moy » ? D’entrée, André Schmer remet les pendules à l’heure. » On ne dit pas la « moy » mais la M.O.I. Explication de l’impétrant : « Cela vient d’un copain juif qui parlait mal le français et a fait ce raccourci en établissant une liaison avec « goy». C’est aussi bête que cela. » Fermez le ban en évitant de recommencer.

André Schmer, ancien des FTP-MOI, vit avec Christiane sa compagne de toujours avenue – on ne l’invente pas - Daniel Casanova à Ivry. Sa famille juive a quitté Przemysl, en Galicie polonaise près de la rivière San, en 1928 ne supportant plus les menaces politiques (son père était communiste), le racisme, l’antisémitisme. André a un an. La famille Schmer s’installe d’abord faubourg du Temple à Paris avant de rejoindre le XXème arrondissement et sa population cosmopolite, ouvrière, fortement influencée par le Parti communiste.

Première alerte. En 1929, en pleine crise, les autorités françaises décident le retour dans leurs pays de tous les étrangers sauf ceux qui ont des enfants nés en France. Heureusement, la famille Schmer s’est agrandie avec l’arrivée d’Annette. Ils évitent ainsi l’expulsion. « Lorsque je vois agir l’actuel ministre de l’Intérieur, je me dis que rien n’a changé », soupire André à l’époque bon élève à l’école de la rue de Tlemcen, puis à celle de la rue Panoyaux. « J’étais heureux d’aller à l’école de la République où était banni le racisme. Nous voulions de toutes nos forces devenir Français. Mon père a appris la langue française en nous écoutant faire nos devoirs ».

Deuxième alerte, les lois anti juives de Pétain en 1940. André Schmer, âgé à peine de 14 ans, milite déjà à la Jeunesse communiste. Ses responsables portent des noms aujourd’hui très connus : Roger Trugnan, Henri Krasucki, Samuel Rajenski, Jean Capiévic. Roger Trugnan lui confie sa première distribution de tracts sur le boulevard Ménilmontant, de la station de métro Belleville à celle du Père Lachaise. Le texte explique aux Juifs comment résister aux lois Pétain. Il y croise une équipe distribuant « Le Pilori », un journal invitant à « casser du juif ». « J’étais le plus petit et je pouvais me glisser facilement. A proximité, des balèzes étaient prêts à me protéger. »

Troisième alerte. André est dénoncé par un camarade de classe. « Je n’ai jamais su qui a pris la décision de me faire quitter Paris pour l’Aigle dans l’Orne. On m’a simplement dit : « tu restes au vert jusqu’à nouvel ordre ». J’étais hébergé chez un notable d’origine anglaise qui tous les dimanche montait son cheval. Moi, je le suivais sur un mulet ». Plusieurs mois plus tard, André rentre à Paris, trouve des petits boulots dans l’imprimerie. La famille échappe à la rafle du Vel d’Hiv. Quelques jours après, André part pour Lyon avec l’assentiment de sa mère : « il faut sauver le garçon ».

Le rendez-vous est fixé au métro Madeleine. « On m’a donné des faux papiers au nom de Etienne Dumon. Je devais rejoindre à Lyon les « Compagnons de France », une organisation de jeunesse pétainiste. Il s’installe, participe aux activités. La « couverture » fonctionne sans pépin et c’est après de nombreuses discussions avec son responsable de groupe que ce dernier l’ayant testé suffisamment lui propose des distributions de tracts contre les Allemands effectuées la plupart du temps « à la volée ». Il est arrêté Place Bellecourt, relâché par miracle et évacué sur Grenoble où il est planqué dans le quartier des Eaux claires. « Je trouvais bizarre tous ces jeunes dormant la journée et disparaissant la nuit venue. » Les jeunes sont arrêtés dans une maison proche le jour de l’an 1943. André décide de « faire le ménage ». Il découvre une valise contenant des mitraillettes démontées et des détonateurs. Isy Tchernesky, grand maître d’échecs et après la Libération chargé de la rubrique échecs à « l’Humanité », récupère la valise. Plus tard, il annonce à André : « Tu rentres chez les sportifs ». André avait terminé ses classes de résistant, il devenait « sportif », c’est à dire résistant armé. Il avait 16 ans.

Il intègre un « groupe de 3 » composé de Germain, le grand gaillard et Fernand, le beau gosse avec pour chef et seul contact « petit Paul ». Missions ? Assurer les transports en développant les vols de vélos, déraillements, exécutions de collaborateurs, traîtres et officiers allemands, protection de camarades en mission toujours plus dangereuses. André évoque les rendez-vous sur les quais de l’Isère, les horreurs commises par la milice à Grenoble et son chef local Guy Eclach dit « gueule tordue », les actions armées. Il en raconte une, une seule. « Lors d’une opération contre les allemands, un de nos camarades a été blessé d’une balle à l’épaule. Il s’est adossé à une porte qui s’est ouverte. Une femme l’a accueilli puis, une fois le calme revenu, l’a accompagné jusqu’à l’hôpital de la Tronche. Elle a été dénoncée par le gardien puis a disparu. Elle a certainement été assassinée. Quant à notre copain blessé, nous avons retrouvé son corps criblé de balles dans un charnier. Décision a été prise d’éliminer le gardien de l’hôpital. L’exécution a eu lieu ».

André Schmer, dit Etienne Dumon, matricule FTP-MOI 94232, n’a plus jamais touché une arme car « un révolver, ça change un homme, ça peut le rendre fou. Nous, nous menions un combat libérateur et étions bien encadrés ».

José Fort

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 16:09

L’éditorial du « New York Times » du 2 novembre laisse entendre qu’une solution est envisagée du côté de Washington. Voici l’article.

« Il y a près de cinq ans, les autorités à Cuba ont arrêté Alan Gross, un sous-traitant du gouvernement américain qui travaillait sur un projet secret visant à élargir l'accès à Internet sur l'île. Bien qu'un nombre croissant de dirigeants à Washington et à la Havane semblent être impatients de commencer à normaliser les relations entre les pays, le cas de Gross est devenu le principal obstacle pour parvenir à une percée diplomatique.

« Il y a qu'un seul moyen viable de retirer Gross d'une équation suffisamment complexe. L'administration Obama doit l’échanger contre trois espions (1) cubains, qui sont depuis plus de 16 ans derrière les barreaux aux Etats-Unis.

« À la Maison Blanche, la possibilité d'un échange de prisonniers avec la Havane génère un sérieux souci, en raison des critiques qui sont apparues en mai, quand les États-Unis ont négocié la libération d'un soldat enlevé en Afghanistan en échange de cinq dirigeants du mouvement Taliban. Le gouvernement américain, sagement, refuse généralement de négocier avec des terroristes ou des gouvernements qui arrêtent ses citoyens [pour les échanger] contre de l'argent ou des concessions politiques. Dans des circonstances exceptionnelles, ça vaut la peine de le faire. Le cas de Gross en est une.

« Gross s'est rendu cinq fois à la Havane en 2009, envoyé par Development Alternatives Inc., qui avait un contrat avec l'Agence pour le Développement International des Etats-Unis (USAID). Se faisant passer pour un touriste, il transportait en fraude du matériel de communication dans le cadre d'une initiative visant à fournir un accès plus de cubains à Internet. Le gouvernement cubain, qui depuis des années proteste contre les projets secrets visant à promouvoir des réformes démocratiques sur l'île, a condamné Gross en 2011 à quinze ans de prison pour des actes qui portent atteinte à l'intégrité de l'Etat.

« Pendant les premiers mois de sa détention, des hauts fonctionnaires sur l'île ont suggéré qu'ils seraient disposés à libérer Gross si Washington suspendait les projets dont le but est de destituer l'actuel gouvernement cubain. Ces négociations n'ont pas abouti, et l’île a durci ses positions. Des responsables nord- américains ont conclu que, pour parvenir à la liberté de Gross, il est nécessaire de rapatrier trois espions cubains qui ont été condamnés par un tribunal fédéral à Miami, en 2001.

Pour effectuer un échange, le président Obama devrait annuler le reste de la condamnation des prisonniers. Cette action serait justifiable si l'on prend en considération la longue période durant laquelle ils ont été détenus, les critiques valables qui ont été faites concernant l'intégrité du processus judiciaire auquel ils ont été soumis et les possibles bénéfices qu'un échange pourrait représenter pour parvenir à un rapprochement bilatéral.

L'espion qui compte le plus pour le gouvernement cubain, Gerardo Hernández, a été condamné à la réclusion à perpétuité. Hernandez, le leader du réseau Abispa [abeille], un groupe qui a infiltré des groupes d'exilés cubano-américains au sud de la Floride durant les années 1990, a été reconnu coupable de conspiration en vue de commettre un assassinat. Le procureur a accusé Hernandez d'avoir conspiré avec les autorités de la Havane pour abattre des avions appartenant à un groupe d'exilés qui les utilisaient pour distribuer des tracts sur l'île, incitant à une révolution contre le gouvernement. Ses quatre associés ont été déclarés coupables de délits non-violents. Deux sont retournés à Cuba, et les deux autres vont être libérés relativement vite.*

Un panel de trois juges de la Cour d'Appel du 11° District a révoqué les jugements en août 2005, après avoir déterminé qu'un ensemble de facteurs ont empêché les accusés d’avoir un procès équitable. Les juges ont établi que, compte tenu de l'énorme hostilité contre le gouvernement cubain à Miami, et une couverture médiatique vilipendant les espions, le jury ne pouvait pas être impartial. En réexaminant le cas postérieurement, tous les juges de la Cour d'Appel ont annulé cette décision et rétabli les verdicts. Cependant, des juges de cette Cour ont relevé d’autres faiblesses dans le processus judiciaire, qui ont conduit à une réduction de la condamnation de trois des prisonniers. La juge Phyllis Kravitch a exprimé une opinion dissidente, arguant que l'accusation de conspiration en vue de commettre un assassinat imputé à Hernandez était sans fondements. Les procureurs, selon le juge, n'ont pas établi que Hernández, qui avait transmis des informations sur des vols à la Havane, s’était mis d’accord avec des autorités sur l'île pour que les avions soient abattus au-dessus de l'espace aérien international. Si les avions avaient été abattus au-dessus de l'espace aérien cubain, cet acte n'aurait pas constitué un crime au vu de la loi américaine.

Le retour de Hernandez sur l'île est une priorité absolue pour le Président de Cuba, Raúl Castro. Les dirigeants cubains ont salué les prisonniers comme des héros et ont protesté de ce que le processus juridique était à charge. Des entités indépendantes, y compris un groupe des Nations Unies qui évalue les détentions arbitraires et Amnesty International, ont été critiques du processus judiciaire. La perception de l'affaire à Cuba, où les espions sont considérés comme des victimes, a malheureusement poussé le gouvernement de l'île à traiter Gross comme une monnaie d’échange.

Tout au long de ces dernières années, des responsables américains ont dit qu'ils n’étaient pas disposés à échanger les espions contre Gross, étant donné, affirment-ils, que les affaires ne sont pas équivalentes.

Cependant, un échange pourrait ouvrir la voie à la reprise de relations diplomatiques, ce qui offrirait aux Etats-Unis de plus grandes opportunités de promouvoir des changements positifs dans l'île grâce à l'expansion du commerce, du tourisme et un plus grand contact entre cubains et nord-américains. Dans le cas contraire, l’inimitié qui a régné pendant plus de 50 ans se perpétuera, en poursuivant un cycle de méfiance et d'actes de sabotage des deux côtés.**

Au-delà des mérites stratégiques d'un échange, l'administration a le devoir de faire davantage pour obtenir la libération de Gross. Son arrestation a eu lieu suite à une stratégie irresponsable, dans laquelle l'Agence d'Aide Internationale étasunienne a envoyé des entrepreneurs privés pour effectuer des missions secrètes dans un état policier qui est catégoriquement opposé à l’agenda de Washington pour instaurer la démocratie [dans l’île].

Gross a perdu plus de 45 kilos au cours de sa détention. Il est en train de perdre la vue de l’œil droit. Il a des douleurs dans les hanches. En juin, sa mère est morte. En mai, après avoir « fêté » ses 65 ans, Gross a déclaré que cette année sera la dernière qu’il passerait en captivité, menaçant d'être prêt à mettre fin à sa vie s’il ne retrouve pas la liberté. Ses proches ont pris ses paroles très au sérieux, en les considérant comme un avertissement d'un homme désespéré.

Si Gross meurt en détention, la possibilité d'établir une relation plus saine avec Cuba disparaîtra pour plusieurs années. Obama doit reconnaître que c'est tout à fait évitable, mais qu'il faut agir vite."

(1) Espions ? Ces agents cubains, avec l’accord du FBI, effectuaient une mission d’infiltration dans les réseaux terroristes qui posaient des bombes à la Havane et dans d’autres villes de la Grande Ile, notamment dans les sites touristiques.

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 17:10

Un nouveau club est né : celui des présidents refoulés. Avec Sarkozy et Hollande, Barack Obama fait son entrée dans ce groupe de dirigeants politiques discrédités et rejetés. Sarkozy ? 75% des Français souhaitent qu’ils se rangent des voitures présidentielles. Hollande ? Un peu plus de 80% de nos concitoyens ne lui font pas confiance. Obama ? Sa cote de popularité a chuté au-dessous de 30%. Le temps où les Etatsuniens hurlaient leur joie en scandant « Yes we can » et le monde s’extasiait devant celui qui, quelques mois à peine après son élection et alors qu’il n’avait strictement rien fait, obtenait le prix Nobel de la Paix, est définitivement révolu. Pour preuve, les élections législatives de mi-mandat de ce mardi 4 novembre. Selon le « Financial Times », expert en la matière, « dans les annales de ce type d’élections, on a du mal à trouver un scrutin accueilli avec autant d’apathie » et assisté à une campagne électorale où « on a vu autant d’argent séduire aussi peu d’indécis. »

Elections à mi-mandat pour quoi faire? Ce sont les élections des deux chambres du Congrès des Etats-Unis qui se tiennent au milieu du mandat du président. Les 435 sièges de la Chambre des représentants sont renouvelés, ainsi qu’un tiers des 100 sièges du Sénat. Le même jour, 36 des 50 Etats élisent leurs gouverneurs. Selon la plupart des estimations, la Chambre des représentants restera aux mains des républicains. Quant au Sénat, aujourd’hui à courte majorité démocrate, il pourrait aussi basculer du côté républicain. Les résultats sont tellement incertains que les candidats démocrates en difficulté préfèrent décliner la participation de Barack Obama à leurs réunions, certains allant jusqu’à affirmer que « sa présence fait perdre des voix ». Lors des derniers meetings, les salles se vidaient avant la fin du discours présidentiel.

Un vent mauvais souffle sur la Maison Blanche. Comment expliquer le désamour pour Obama alors que le chômage est passé au-dessous des 6%, que le déficit du budget fédéral pour l’année fiscale 2014 est descendu sous la barre de 3% du Produit intérieur brut (PIB), que des progrès ont été enregistrés dans l’élargissement de l’assurance maladie ?

Obama avait promis « une vie meilleure ». Un quart des nord-américains vivent dans la pauvreté, sans travail, souvent sans logement. Beaucoup avaient espéré sortir de cette situation. En vain. Les couches moyennes qui font les élections aux Etats-Unis ont vu leurs revenus baisser, leur pouvoir d’achat considérablement amputé. Dans un premier temps, elles ont pris leurs distances avec le président. Aujourd’hui, elles lui tournent le dos.

On a pour habitude d’affirmer avec raison que les élections aux Etats-Unis se font sur les questions économiques intérieures. Cela reste vrai. Pourtant, en politique internationale Barack Obama avait aussi promis et a accompli bien peu de choses. Nombre d’étatsuniens font le bilan : le monde n’a jamais été aussi dangereux, la Chine rafle la première place de puissance économique, les relations avec la Russie sont exécrables, l’Amérique latine a pris ses distances, les relations avec les pays du Sud sont au point mort, Israël poursuit sa guerre contre le peuple palestinien, la région est à feu et à sang. Même le centre de tortures et de détention de Guantanamo n’a pas été fermé.

Barack Obama avait affiché sa volonté de transformer la politique et la société américaines et d’obtenir des avancées pour un « nouveau monde ». Les élections à mi-mandat de ce mardi vont confirmer qu’il a faux sur tous les tableaux.

José Fort

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 19:50

Le vote écrasant intervenu à l’ONU condamnant l’embargo US contre Cuba confirme le total isolement nord-américain sur cette question. Mais à part cette satisfaction intellectuelle chaque année renouvelée, quoi de nouveau ? Rien. Alors ? Proposition.

La prétendue « communauté » internationale n’existant pas, le temps est venu de réorganiser le monde et les structures de concertation internationale en procédant, en premier lieu, au démantèlement des alliances militaires telle l’Otan, en remettant sur le chantier de nouveaux traités de désarmement et surtout en refondant l’Onu. L’Organisation des Nations Unies ne peut plus être verrouillée par cinq puissances dans un Conseil de sécurité décidant pour tous. Le monde a changé depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. L’Assemblée générale de l’ONU doit être le véritable lieu de décision, le Conseil de sécurité, élargi, chargé de l’exécution. Un organisme de mise en œuvre et de suivi doit être instauré afin d’en finir avec l’inaction et la politique du deux poids, deux mesures.

J.F.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 13:03

Lundi soir, le journal « Le Monde » assurait à propos des élections en Uruguay que « la coalition gouvernementale était en difficulté » alors que le candidat du Front large obtenait au premier tour un score de 46%, un résultat à faire pâlir de jalousie n’importe quel impétrant de l’Hexagone. Deux informations supplémentaires : le Front large disposera de la majorité au parlement avec une progression au sein de cette coalition des forces les plus à gauche ; l’abaissement de l’âge pénal à 16 ans a été repoussé lors du référendum tenu sous la pression de la droite. Mais ce n’est que du détail…

JF.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 17:37

L’imbécillité médiatique déjà bien installée en France a franchi une nouvelle étape avec l’élection présidentielle brésilienne. Le signal a été donné dans la nuit de dimanche à lundi avec une dépêche AFP donnant le ton : la réélection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil est une « victoire de justesse ». Il était près de deux heures du matin et pendant toute la matinée, les moutons radiophoniques et télévisés ont ânonné la formule à chaque flash d’information : « victoire de justesse » avec trois millions de voix de différence entre les deux candidats. Lorsqu’en France, le président de la République est élu avec 200.000 voix d’écart, on parle de « succès ».

Certains ont quand même fait des efforts d’originalité en évoquant « une victoire d’une courte tête » ou encore une « victoire étriquée » (France 2, 13 heures). La palme revient au journal « Le Monde » qui titrait successivement lundi soir : « réélue de justesse », « réélue à l’arraché », « réélection laborieuse ». Quant au scrutin en Uruguay, le titre affirme « la coalition gouvernementale en difficulté » alors que le candidat du Front ample obtient au premier tour un score de 48% à faire pâlir de jalousie n’importe quel impétrant de l’Hexagone.

Après réflexion, je retire le mot « imbécillité » écrit plus haut. C’est de rage dont il s’agit. De la rage de voir un continent maintenir et élargir son cap progressiste et anti impérialiste.

José Fort

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 12:09

Radios et télés annoncent une « victoire de justesse » de Dilma Rousseff. Avec 51,4 %, la présidente brésilienne fait autant que Hollande en 2012. Mais, elle, avec trois millions de voix supplémentaires au compteur.

En fait, à l’instar d’un responsable du « Monde » qui déclarait sur France Inter il y quelques jours qu’il ne souhaitait pas « la réélection de Mme Rousseff », les médias à la botte sont furieux. Après la Bolivie, le Brésil et l’Uruguay viennent de distribuer une bonne paire de claques au prédateur US et à leurs bons amis parisiens. J’avoue ne pas cacher ma joie.

José Fort

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 01:53

En Uruguay, le candidat du Front large, Tabaré Vasquez arrive en tête du premier tour de la présidentielle avec 46% des suffrages et semble bien placé pour le second tour du 30 novembre prochain. Les électeurs avaient dans le même temps à renouveler le Parlement (99 députés, 30 sénateurs) et à se prononcer sur un référendum voulu par les partis de droite visant à la baisse de la responsabilité pénale à 16 ans.

Le charismatique Pepe Mujica ne pouvait pas, selon la Constitution, briguer un second mandat présidentiel. Son successeur est flanqué d’un vice-président, Raul Syndic, fils du célèbre chef de l’ancien mouvement des Tupamaros, présenté comme caution de gauche.

Bonne nouvelle au petit matin en provenance de l’Amérique latine : la réélection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil, le bon score du Front large en Uruguay. Après la réélection dans un fauteuil d’Evo Morales à la présidence bolivienne, à Washington c’est plutôt la soupe à la grimace.

José Fort

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 01:03

Pour les progressistes latino américains et au delà, le résultat de l'élection présidentielle au Brésil est source de soulagement et de satisfaction.

Avec 51,4% des suffrages, Dilma Rousseff est réélue présidente du Brésil, pays de plus de 200 millions d’habitants qui couvre la moitié du territoire de l’Amérique du Sud. Il y a quinze jours, les sondages la donnaient perdante.

Tous les médias liés à l’oligarchie ont été mobilisés contre celle qui symbolise – malgré les limites de son action et les dérives corruptives survenues jusque dans son gouvernement – une politique de progrès social, de souveraineté nationale, de coopération avec les nations de la région et plus généralement de projection sur l’avenir dans le cadre des Brics, la nouvelle structure internationale réunissant la Chine, la Russie, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil. Dilma Rousseff a dû subir durant la campagne électorale tous les coups bas, la bourgeoisie croyant son heure de revanche arrivée, les marchés financiers allant jusqu’à provoquer, à la veille du scrutin, la chute de la bourse en annonçant un possible marasme économique.

Les populations extirpées de la pauvreté (quarante millions de Brésiliens au cours des dernières années), une partie de celles qui n’en sont pas encore sorties et à qui la présidente sortante a promis des mesures rapides et efficaces, une partie de la classe ouvrière, des travailleurs agricoles et des nouvelles classes moyennes ainsi qu’une frange importante des jeunes électeurs ont assuré la victoire de Dilma Rousseff. Ce sont eux d’abord qu’il ne faudra pas décevoir.

Rien n’était inscrit d’avance car l’Amérique du Sud est confrontée actuellement à une vaste offensive ultralibérale inspirée et coordonnée depuis les officines de Washington. Les Boliviens ont déjà répliqué en réélisant triomphalement Evo Morales. Les Brésiliens ont pris le même chemin mais l’alerte fut chaude. Ils avaient tout à perdre d’un retour de la droite.

A l’heure des bilans, le géant brésilien peut afficher une baisse considérable de la pauvreté et des avancées considérables en matière de santé et d’éducation. En surfant sur des mécontentements justifiés, souvent instrumentalisés, la bourgeoisie a cru pouvoir prendre sa revanche. Si ses plans ont été évincés dans les urnes, on ne peut pas exclure de possibles provocations, à l’instar des événements survenus ces dernières semaines à Caracas.

Au lendemain de ce scrutin, il y a un grand perdant : les Etats-Unis d’Amérique. Les changements progressistes intervenus dans la plupart des pays latino-américains, la création de nouvelles structures régionales d’intégration politique et économique, la mise au pas des multinationales, la distribution équitable des richesses, la conquête des souverainetés sont autant de crimes de lèse-majesté vus du côté de Washington. Les veines de l’Amérique latine sont-elles toujours ouvertes ? Peu à peu, elles cicatrisent mais restent toujours sous la menace du prédateur.

José Fort

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 12:31

Sans sombrer dans la théorie du complot, le crash du Falcon de Christophe de Margerie à Moscou mérite quelques interrogations. Coïncidence, la tour de contrôle tenue par un stagiaire ? Coïncidence, le conducteur du chasse-neige, selon certaines versions ivre, ses parents affirmant qu’il ne buvait jamais ? Coïncidence, le voyage de Christophe De Margerie sans aucun collaborateur alors qu’il allait rencontrer le Premier ministre russe ? Coïncidence, le fait que le patron de Total se soit prononcé hostile aux « sanctions » occidentales contre la Russie estimant que « rien de bon n’en sortirait » ?

José Fort

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