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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 16:24

L’élection présidentielle dimanche au Brésil revêt une importance considérable. Pas seulement pour les 201 millions d’habitants de ce pays, 15 fois la taille de la France. Les résultats de ce scrutin sont attendus dans tout le continent latino-américain. Des urnes sortiront ou non la poursuite de l’intégration économique au sein des institutions telle Mercosur, de la coopération régionale entre les pays de la région qui ont choisi la voie progressiste, le retrait ou le maintien dans la nouvelle structure, les Brics, qui réunit la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, la Russie et le Brésil. Bref, il s’agit pour Brasilia de se maintenir hors du giron yankee ou reprendre la place de vassal du grand Sam.

Le Brésil ne s’est pas encore débarrassé de la corruption, des projets aux retombées écologiques désastreuses, de la violence, des abus de pouvoir comme ceux perpétrés par les grands propriétaires terriens. La vie chère et certains choix font débat, les changements sont souvent appréciés comme « timides ». Mais avec Lula, puis Dilma Rousseff, des millions de Brésiliens sont sortis de l’extrême pauvreté, des programmes sociaux permettant, par exemple, à 40 millions de familles et de retraités de bénéficier d’un salaire minimum de près de 300 euros. Une gigantesque politique du logement est en cours de réalisation tandis que le pays mène un vaste plan dans le domaine de la santé (avec la collaboration de Cuba) et d’éducation pour combattre l’illettrisme dans les régions défavorisées et ouvrir les portes des grandes écoles et des universités aux enfants du peuple. Le bilan n’est pas mince. Les Brésiliens auraient beaucoup à perdre en ne reconduisant pas Dilma Rousseff à la tête du pays. Les peuples de la région aussi.

Sous l’impulsion de Lula et de Dilma Rousseff, le Brésil est passé du rang de pays aux fortes potentialités à celui de grande puissance incontournable. Désormais, Brasilia joue dans la même cour que Moscou, Pékin, New Delhi ou Prétoria. En revanche, les relations avec Washington sont, pour le moins, tourmentées. Obama et ses amis aimeraient bien se débarrasser de Dilma Rousseff puis des gouvernements progressistes d’Uruguay, de Bolivie et quelques autres. Avec en ligne de mire, le Venezuela et Cuba.

A Brasilia, les Etats-Unis ont trouvé leur pouliche : Marina Silva qui se présente comme « écologiste », un peu à la manière de la Colombienne Ingrid Betancourt disparue des radars. Pendant un temps, Marina Silva qui préconise des relations privilégiées avec les Etats-Unis et la sortie des institutions d’intégration latino-américaines arrivait en tête des sondages. Elle est désormais sous la menace du social-démocrate Aecio Neves, qui pourrait la priver de second tour face à Dilma Rousseff.

Selon un dernier sondage, le candidat du Parti social-démocrate brésilien (PSDB) est revenu très près de Marina Silva, déjà rattrapée et largement dépassée par Dilma Rousseff. Marina Silva obtiendrait dimanche 24% des votes, tandis qu'Aecio Neves ferait un score de 21%. Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs, recueillerait 40% des intentions de vote. En cas de second tour, Dilma Rousseff l'emporterait contre Marina Silva (43% et 36%) et contre Neves (46% contre 33%).

José Fort

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 16:40

Carlos Ghosn affirmait, mercredi matin sur France Inter, que l’image de la France dans le monde n’était pas aussi ternie qu’on voulait bien le dire. Le patron de Renault/Nissan préserve ses arrières. La vérité est différente et il va falloir malheureusement se faire une raison : aux yeux des opinions publiques mondiales, la France est devenue un vassal des Etats-Unis, un obligé de l’Allemagne, une sorte de République bananière baignant dans les affaires. La France, pays des droits de l’homme ? La France, nation souveraine ? La France tolérante, accueillante, solidaire ? La France des conquêtes sociales ? La France des Lumières ? Une histoire pour beaucoup dans le monde à ranger aujourd’hui au placard.

Le putsch ultra libéral mené par l’équipe Hollande/Valls pour le compte du patronat, la mort lente de l’industrie et l’affaiblissement de la recherche, la paupérisation d’une grande partie de la population, l’accumulation des détournements de fric et de performances d’alcôves où se débattent les droites et le parti socialiste, les héritiers du pétainisme affichant des ambitions alarmantes, tels sont quelques-uns des thèmes faisant la « une » des commentaires sur la France dans la presse internationale. Souvent accompagnés de commentaires assassins.

La présidence Sarkozy avait donné le signal. L’énervé à paillettes de Neuilly avait provoqué la risée puis la franche rigolade. Avec Hollande et Valls, la moquerie a laissé place à la stupéfaction, à l’inquiétude. Que pouvez-vous répondre à un ami africain de passage à Paris qui me disait l’autre jour : « Vu de loin, j’ai l’impression que les socialistes français font tout pour assurer le retour de la droite au pouvoir en 2017. » Il aurait pu ajouter : « Dans un fauteuil. »

José Fort

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 16:29

Les barbares qui sèment la terreur en Irak et en Syrie sous le sigle EIIL ne sont pas si barbares que cela pour plusieurs pays membres de l’Union européenne. Les bandes EIIL sont riches à milliards de dollars fruit des pillages, notamment la réserve irakienne, de financements « privés » en provenance des monarchies régionales et… de la vente à bas prix de pétrole.

L’ambassadrice de l’Union européenne en Irak, Mme Jana Hyboskova, a déclaré devant une commission que « plusieurs membres de l’UE ont acheté du pétrole non-raffiné à l’EIIL.» Elle a refusé de nommer les noms des pays incriminés. Depuis, le silence total est observé sur ce scandale à Bruxelles et dans toutes les capitales européennes, notamment à Paris.

On ne peut à la fois vouloir combattre la barbarie et financer les monstres. Voilà pourquoi, alors que la France s’engage dans un conflit aux prolongements longs et dangereux, la clarté doit être faite et une réponse nette et rapide doit être exigée à la Commission de Bruxelles : qui sont les pays membres de l’Union européenne acheteurs du pétrole à l’EIIL ?

José Fort

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 18:23

Une nouvelle croisade se prépare. A sa tête, les Etats-Unis avec comme supplétifs plusieurs pays parmi lesquels la France hollandaise et les monarchies archaïques du Golfe. Les géniteurs des égorgeurs djihadistes voyant leurs monstres leur échapper vont tenter, une fois encore, de détruire ceux qu’ils ont enfantés. En ce domaine, ils ont une solide expérience. Exemples ? La Libye devenu grenier ouvert - grâce à Sarkozy et « l’expert » BHL pour faire court - aux plus offrants où tous les malfrats de la région viennent s’approvisionner en armes ; les guerres bushiennes en Irak, un pays où pas une journée sans une boucherie ; la Syrie et une opposition laïque, démocratique délaissée au profit des « fous de Dieu ». Les monstres se retournent contre leurs maîtres.

L’appel à la croisade constitue un échec total des stratégies occidentales dans cette région du monde. Ils avaient déjà tenté le coup en Tchétchénie croyant pouvoir affaiblir un peu plus la Russie déjà mal en point comme ils ont fomenté ces dernières semaines la guerre dans l’Est de l’Ukraine. Ils avaient armé les talibans contre les Soviétiques. Ils avaient mené la guerre sous le prétexte de la lutte contre les dictatures en Libye et en Irak… Mêmes coups pour des résultats identiques en Afrique et en Asie. Les dirigeants occidentaux laissent un monde au bord de l’abîme et nous devrions les suivre dans une nouvelle entreprise promise au fiasco.

François Hollande, rejeté par l’immense majorité des Français, devenu la risée du monde, croit pouvoir sauver la mise en s’octroyant un nouvel uniforme : celui du treillis kaki. Non seulement il entraîne le pays dans le désastre économique mais il risque de nous impliquer dans une aventure aux conséquences imprévisibles pour notre sécurité intérieure. Voilà pourquoi il faudra suivre de très près la « conférence internationale », ce lundi à Paris. Exceptés les plans de bombardements intensifs auxquels plusieurs pays européens ne veulent pas participer et un objectif secret visant directement le régime de Damas qui ne manquera pas de provoquer une réaction musclée de Moscou, aucune proposition politique, économique, bref d’envergure, n’est annoncée. Les va-t’en guerre se réunissent à Paris. Surtout pas des acteurs et encore moins des visionnaires réfléchissant et travaillant pour éviter au monde un possible cataclysme.

José Fort

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 18:45

Le 18 septembre, lors d’un référendum, les Ecossais auront à répondre à la question : « L’Ecosse devrait-elle être un pays indépendant. » Il y a un mois encore, les sondages donnaient le « Non » gagnant et voici que les dernières enquêtes d’opinion renversent la tendance avec un « Oui » autour de 52% provoquant l’affolement à Londres et des craintes dans plusieurs capitales européennes.

David Cameron fait l’objet de vives critiques. Il avait refusé, il y a quelques mois, la proposition du Premier ministre nationaliste écossais, Alex Salmond, qui souhaitait proposer de choisir entre l’autonomie accrue et la sécession avec le Royaume-Uni. David Cameron espérait faire échouer le projet nationaliste et le voici gros-jean comme devant.

L’affaire est sérieuse. En cas de victoire du « Oui », le Royaume-Uni serait amputé de 70% de son territoire et l’Ecosse raflerait 97% des réserves pétrolières et 58% des ressources gazières tandis que Londres verrait son poids traditionnel dans les instances européennes et mondiales affaiblit considérablement.

Pour la plupart des commentateurs politiques londoniens, David Cameron a fait preuve d’une légèreté « irresponsable ». Face au cataclysme annoncé, le Premier ministre britannique tente d’infléchir la tendance en faveur du « Oui » en mêlant des promesses d’autonomie accrue et un chantage à la chienlit tout en multipliant les déplacements de dernière heure avec les leaders travaillistes et libéraux. La panique a gagné toutes les sphères politiques. Quant à la reine, on l’a dit « stupéfaite ».

L’édifice britannique se lézarde depuis les années 1970 et la première percée électorale du Parti nationaliste écossais (fondé en 1934) date de février 1974. Questions : pourquoi un tel engouement pour l’indépendance, pourquoi de très nombreux Ecossais envisagent-ils la sécession ? Comment l’Écosse, économiquement dépendante du Royaume-Uni jusqu’après la Seconde Guerre mondiale, en est-elle arrivée à envisager l’indépendance et surtout pourquoi le mouvement nationaliste s’est-il révélé très influent à partir des années 1970 ?

Contrairement à une thèse communément admise, la revendication indépendantiste écossaise ne s’est pas inscrite en opposition à la politique néolibérale de Londres. Un bref retour sur l’histoire s’impose : les racines du nationalisme écossais sont connues. En vrac, les soulèvements populaires de 1297-98 menés par William Wallace et les combats pour l’indépendance de l’Écosse (1296-1357) sous Robert Bruce. L’identité écossaise consolidée, surtout dans les Highlands et sous le système du clanship, bien avant l’avènement du capitalisme ou de la révolution industrielle. Le Traité de Berwick mettant fin aux guerres d’indépendance contre l’Angleterre en 1357, la souveraineté du royaume d’Écosse jusqu’à l’Acte d’Union de 1707.Le schisme entre Lowlands presbytériennes et anglicisées et Highlands catholiques et gaélophones etc…

Plusieurs historiens soulignent que « les circonstances entourant l’Union de 1707 se prêtent aux conflits d’interprétation : l’Écosse constituait une communauté historique cohérente, mais était divisée linguistiquement et par confession ; son économie était relativement bien développée, mais partiellement dépendante des marchés anglais et en état de crise au tournant du XVIIIe siècle ; les bénéfices économiques de l’Union à court terme furent importants mais accentuèrent durablement la dépendance de l’économie écossaise aux marchés impériaux, défavorisant une diversification dont l’absence sera problématique lors de la dissolution de l’Empire et notamment après 1918. » La notion de « colonialisme interne » du sociologue américain Michael Hechter décrit bien comment l’Union a renforcé l’état de dépendance économique qui liait l’Écosse à l’Angleterre jusqu’au milieu du XXe siècle.

L’Union produisit plusieurs effets pervers dont les plus évidents furent la subordination de l’économie écossaise aux intérêts de l’Empire et la prolétarisation durable des Écossais, dont les conditions de vie restèrent inférieurs à celles des ouvriers anglais jusqu’à tard au XXe siècle.

Lorsque Margaret Thatcher arrive au pouvoir en 1979, une de ses premières décisions a été de mettre fin à la « culture de dépendance » des régions britanniques envers l’État central. Le développement des régions devra désormais découler de l’initiative d’entrepreneurs régionaux plutôt que d’une redistribution centrale des subventions.

Au début des années 1980, les Écossais subissent les fermetures d’usines, le chômage, la dilapidation des revenus pétroliers, la réduction des transferts régionaux, les dénationalisations et le musellement des instances politiques locales. Ils découvriront au cours des années 1980 le démantèlement de l’économie écossaise, de l’éducation et de la formation. Tout ira en s’aggravant avec les successeurs de la « Dame de fer » puis surtout avec Tony Blair.

Cela fait maintenant six ans que l’Écosse est gouvernée par le Parti national écossais ( Scottish National Party, SNP, nationaliste) sans toutefois qu’une seule modification constitutionnelle d’importance n’ait été adoptée. Trois réformes sont toutefois proposées qui exigeront des négociations avec Westminster : la participation du gouvernement écossais aux décisions de la Banque d’Angleterre, la création d’un comité intergouvernemental gérant l’union monétaire et la mise sur pied d’un conseil monétaire écossais devant guider le nouvel État. Quant au secteur financier, il est prévu qu’une Écosse indépendante devienne seule responsable de la réglementation s’appliquant sur son territoire mais que celle-ci s’inspire directement des régulations européennes en vigueur. Il est à ce titre conseillé qu’une sorte d’autorité écossaise du marché financier, semi-indépendant, soit créée.

Au niveau fiscal, la commission recommande un pouvoir exclusif et total d’imposition, de taxation et d’emprunt pour le gouvernement écossais. Est également prôné qu’une entente cadre soit éventuellement signée avec le gouvernement britannique quant aux niveaux acceptables d’endettement public, de manière à assurer la stabilité monétaire de la « zone sterling ». Les responsabilités en matière de dépenses publiques seraient également de responsabilité exclusive écossaise, incluant les dépenses militaires. Enfin, il est souligné que des négociations devront avoir lieu en cas de sécession quant à la part de la dette mais aussi des actifs britanniques revenant à l’État écossais.

Le résultat du référendum du 18 septembre risque d’être serré. On aurait tort de croire que la victoire du « Oui » aurait pour conséquence un dégagement des griffes du capitalisme, les multinationales trouvant les mêmes satisfactions – elles ont été « tranquillisées » - dans une Ecosse indépendante où dans un Royaume-Uni. Les illusions, dans le contexte présent, doivent être rangées au panier, les dirigeants indépendantistes se recrutant d’abord dans les hautes classes sociales écossaises préférant promouvoir leurs propres intérêts en lorgnant vers une Europe fédéraliste.

On ne peut toutefois pas repousser d’un revers de main les interrogations sur des réalités bien concrètes. La lutte pour le « Oui » incarne aussi la volonté d’une grande masse de salariés écossais de s’émanciper de Londres. Pour beaucoup, la victoire du « Oui » permettrait de « casser » un bout de l’Etat impérialiste britannique et de travailler pour vivre mieux sur une terre souveraine enfin sortie de l’OTAN.

Quel que soit le résultat du référendum, l’Ecosse gagnera en autonomie. Reste à savoir ce qui sera mis dedans.

José Fort

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 12:29

Le bal des faux-culs ne fait pas relâche. L’unanimité désormais est la règle dans le monde politico-médiatique du PS à la droite pour s’offusquer, crier au scandale, regretter et taper fort. Hier, c’était sur Mme Treirweirler, aujourd’hui sur Thomas Thévenoud. Chez ces gens-là on n’hésite pas à brûler sur la place publique ce qu’on a encensé la veille.

Nous sommes d’accord : le jeune loup du PS jeté en pâture est un sale type qui mérite de disparaître de la scène politique et publique. Il ne payait pas ses impôts et ses loyers et dans le même temps pantouflait dans les commissions des finances et sur la fraude. Y compris dans la commission sur l’affaire Cahuzac.

Thévenoud a menti et dans le même mouvement occupait la vice-présidence du groupe socialiste à l’Assemblé nationale. Les ministres le traitent de tous les noms d’oiseau, Marisol Touraine en tête alors que ses affaires familiales devraient l’inviter à la discrétion. Bref, ce Thévenoud, à juste titre, est un homme mort politiquement et dans le même temps un bouc émissaire idéal. Car les vraies questions restent enterrées dans la cave de la rue Solferino. Alors, nous les posons : qui a fait la carrière de Thomas Thévenoud ? Lorsqu’il a été élu conseiller général puis député de Saône-et-Loire ? Qui a décidé de l’incorporer dans des cabinets ministériels dont ceux de Fabius et de Moscovici ? Qui a placé sa femme, elle aussi impliquée dans les affaires d’impôts et de loyers, au poste de chef de cabinet du Président du Sénat ? Qui, enfin, l’a nommé Secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur lors du dernier remaniement ministériel ?

José Fort

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 14:09

A mon grand étonnement, mon petit billet sur le livre de Mme ValerieTreirweiler m’a valu de nombreuses réactions. Comme toujours, il y a les « pour », il y a les « contre ». Il y a même des ami(e)s qui me signalent des fautes d’orthographe dans la dernière partie du texte rédigé vite fait et très mal relu. Je n’aime pas, mais peu importe. L’essentiel est le fond.

Je vais en rajouter une louche alors qu'on me dit de passer à autre chose. Deux faits me choquent terriblement: ceux qui jugent sans avoir lu et la charge des prétendument féministes.

Jeter un livre au feu sans en connaître le contenu rappelle l'Inquisition et les autodafés. Bref, l'intolérance. Et que cela vienne de mes proches m'attriste énormément. Avec une interrogation: entre ceux qui versent dans l'opportunisme libéral et les plus révolutionnaires que moi tu meurs, n'y a t-il pas la place pour un comportement politique et humain déterminé mais pas furieux, éloigné du refus de l'autre, plutôt à l'écoute de l'autre, sensible aux drames de l'autre, à ses émotions, ses engagements. Combattre le capitalisme n'est pas seulement affaire de mots. Mais si on commence par rejeter ceux qui découvrent (à partir de leur expérience personnelle y compris amoureuse) les maux du système, alors nous resterons entre nous, contents de nous, heureux d'être entre nous. Et le train de la vie passera…..sans nous

José Fort

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 12:01

Le violent et unanime déferlement médiatique contre Valérie Treirweiler et son livre « merci pour ce moment » m’avait intrigué. Pourquoi une telle rage dans les commentaires ? J’étais décidé à ne pas ouvrir le livre ne voulant pas, comme toutes les bonnes âmes, sombrer dans le voyeurisme de l’intimité de l’alcôve et plaçant la « vraie » politique au dessus des ragots. Je m’alignais ainsi sur le politiquement correct, sur les défenseurs traditionnels de la sainte morale, sur l’hypocrisie ambiante permettant à partir d’extraits très limités de sortir la machine à détruire.

J’ai failli commettre l’erreur de ne pas ouvrir ce livre. En le refermant, je comprends mieux l’hystérique campagne de dénigrement contre Mme Treirweiler. Ce n’est pas seulement une femme bafouée, humiliée qui a écrit ces lignes sur « les cendres de son amour ». Il ne s’agit pas d’une vengeance, encore moins d’un règlement de compte. Ce livre qui aurait pu être intitulé « Le voyage d’une femme libre à l’Elysée » est une critique d’un chef d’Etat reniant ses engagements – « le changement a eu lieu. Pas celui que nous attendions »-, en pleine « dérive », érigeant des « murs qui finissent par s’abattre sur lui » et qu’elle « a vu se déshumaniser, jour après jour ». Cet ouvrage est aussi et surtout une charge implacable contre le système copains-copains entre politiques et journalistes (Christophe Barbier et la bande), contre la garde présidentielle rapprochée digne de l’époque monarchique, les retournements de vestes, les petits marquis aux « chaussures bien cirées », les menteurs, les petits calculs et les grosses embrouilles. Les Le Foll transformé en pitbull, Najat Belkacem rêvant de « puissance médiatique », Bartolone plus traître que lui tu meurs…

Valérie Treirweiler n’a pas oublié d’où elle vient : de la ZUP d’Angers, d’un milieu modeste et constate que « ce monde n’était pas fait pour moi ». Faudrait-il ne pas la croire, lorsqu’elle évoque un dîner dans sa famille et le commentaire de son compagnon déclarant « elle est quand même pas jojo la famille Massonneau » et en qualifiant les pauvres de « sans-dents ». Seulement de l’humour ? Faudrait-il ne pas la croire lorsqu’elle écrit que pour habiller ses enfants, elle sait aussi faire les soldes, qu’elle réserve sur internet des vacances à bas prix. Quant au « beau » monde, pour Valérie Treirweiler, c’est plutôt « un petit monde, bien jojo, bien bobo, au goût sur et raffiné, où les convives sont célèbres, où tout le monde vote à gauche mais ne connaît pas le montant du SMIC. Chez moi, pas besoin de notes rédigées par des conseillers pour le savoir, il suffit de regarder en bas de la fiche de paie. »

Alors qu’elle vient d’être répudié, son « meilleur souvenir des 20 mois passés à l’Elysée reste une sortie à Cabourg avec 5000 enfants du Secours populaire » et la visite de Julien Lauprêtre qui l’a aidé « à me remettre en marche ».

Valérie Treirweiler n’a pas oublié « le baiser de Limoges ». Comme d’autres, hommes et femmes, elle a vécu et vit l’épreuve de la rupture. Pas seulement. Elle qualifie son livre de « bouteille à la mer ». Elle témoigne surtout et depuis l’intérieur des pratiques du pouvoir et de ses serviteurs.

José Fort

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 13:51

C'est décidé. Je vais lire le livre de Mme Valérie Treiweiler. La haine déchaînée par les médias unanimes, le bal des faux culs affirmant "surtout pas ça" mais se précipitant sur les "bonnes feuilles" et les "citoyens" droits dans leurs certitudes sont autant de démonstrations d'hypocrisies à la pelle. J'en connais qui vont lire sous leurs couettes. Une chose est de ne pas mêler les affaires privées aux affaires politiques, autre chose est de découvrir à partir du privé le véritable profil de l'homme politique et le sens de son action.

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 18:09

Sans mémoire pas d’avenir. Les Etats-Unis et l’Union européenne croyaient pouvoir s’avancer jusqu’aux frontières de la Russie comme d’autres ont cru au fil des siècles prendre Moscou. La déroute de l’armée de Kiev ramène les compteurs à zéro. L’Otan devra réviser ses plans.

Il n’a pas été décidé une trêve entre Petro Porochenko et Vladimir Poutine à l’issue, mercredi matin, d’une conversation téléphonique. Il y a eu accord pour laisser se retirer ce qui restait de l’armée de Kiev en pleine débandade. Alors qu’à la mi août, les forces indépendantistes du Donbass étaient données en pleine déroute, la situation s’est totalement retournée en faveur de ceux qu’on présente généralement comme les « séparatistes pro russes ». L’aide de Moscou aux populations historiquement liées à la Russie a permis la nouvelle donne et possiblement l’ouverture des négociations proposées par Vladimir Poutine en vue d’une « fédéralisation » de cette région.

L’épreuve de force semble s’éloigner avec toutefois un bilan terrible de plusieurs milliers de morts, de blessés et des centaines de milliers de déplacés en majorité vers la Russie.

Quoi qu’on puisse penser des responsabilités des uns et des autres et des dirigeants en présence, une constatation s’impose : malgré les menaces et les sanctions, la Russie vient d’adresser un sacré doigt d’honneur à Obama et à ses alliés européens. L’Otan a été stoppé dans son ambition d’atteindre directement les frontières de la Russie et d’achever le travail ouvert avec la dissolution de l’URSS.

Dans cette affaire, il convient de mettre de côté la propagande et d’aller au cœur du sujet. La « révolution » ukrainienne et l’intégration de Kiev dans l’Union européenne avaient pour objectif final la mise à genoux de la Russie. Les dirigeants occidentaux n’ayant pas de mémoire, ils ont commis, comme leurs prédécesseurs, une erreur colossale : mépriser Moscou. Ils estimaient « chancelant » le pouvoir en place en Russie et Poutine fait exploser les sondages, les Russes toutes classes sociales confondues, de l’ouvrier à l’oligarque, approuvant l’action du chef de l’Etat. Ils croyaient faire plier Moscou en décrétant des « sanctions » et ont dynamisé et accéléré le processus d’alliances avec les puissances comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud. Ils pensaient porter des coups à l’économie russe et ont favorisé des accords économiques historiques avec l’Asie et l’Amérique latine.

Il y a deux jours, les dirigeants de l’Otan annonçaient un possible déploiement de forces militaires en Ukraine. Ils feraient bien de changer leurs plans et d’ouvrir vite une négociation avec Moscou.

José Fort

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