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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 12:08

Un article dans «  Vie Nouvelle » le magazine des retraités de la CGT

 

De la révolte à la reconstruction

 

 

Un ennemi invisible, le coronavirus, bouleverse la France, le monde. L’heure est à la résistance à la maladie, au refus d’un retour en arrière, au rejet des tentatives de casse des conquêtes sociales. Un autre monde est possible.

 

 

 

 

 

Dans quelques années, les écoliers à naître découvriront dans leurs manuels ou sur leurs tablettes que leurs vieux parents ont vécu en 2020 un moment inédit  de l’histoire humaine. Liront-ils aussi que la tragédie sanitaire mondiale a accouché d’un mouvement émancipateur, social, culturel dans une France et un monde ouverts et solidaires ? Une France et un monde, enfin, à échelle humaine ?  On peut rêver. On doit y croire.

 

En quelques jours, un ennemi viral invisible a bouleversé le monde : des morts impossibles à chiffrer tellement certaines zones du monde sont inaccessibles aux statistiques, un tsunami économique et financier, une crise de civilisation.  Désormais une question est posée : quel type de société voulons nous ? 

 

 

Inter

Nous n’oublierons pas

 

Les chiens de garde ont beau essayer de nous vendre les vieilles recettes relookées, rien n’y fait. Si le virus n’a pas d’identité politique, son pouvoir de mort a été et risque encore d’être propagé grâce à la mondialisation débridée, la surexploitation, la course au fric et à l’écrasement des plus faibles. Ce mal porte un nom : le capitalisme.

 

Les « réformes » dites « libérales » et les corsetages budgétaires ont abouti à une atrophie de la recherche, des structures sanitaires, de l’éducation, des transports et de la sécurité. En France, depuis des années, les personnels de santé, du médecin à l’aide-soignant, dénoncent les réformes à répétition enfonçant notre système de protection sociale conquis de haute lutte dans la précarité. Aujourd’hui qualifiés de «  héros », ils n’oublieront pas qu’ils ont été gazés, matraqués, arrêtés, insultés. Comme ont été réprimés les pompiers, les éboueurs, les égoutiers, les personnels des grandes surfaces alimentaires, tous ces derniers de cordée qui font le service public permettant à la nation de rester debout. Certains, peut-être, ont découvert que notre vie dépend bien davantage d’une infirmière ou d’une caissière que d’un tradeur. 

 

 

Inter

Rebâtir

 

 

L’histoire enseigne que chaque grande épidémie a conduit à des changements essentiels dans l’organisation sociale des pays et dans la culture des peuples. En 2020, il est temps de rebâtir un système social et fiscal plus juste, une société de respect et de solidarité. 

 

Le régime macronien, les droites et le patronat vont tenter de reprendre la main déclarant toute honte bue qu’après la crise il faudra travailler plus et plus longtemps.  Les conquêtes sociales comme les congés payés et le temps de travail sont dans le collimateur. Quant au système de santé, ces gens sans scrupule, au plus fort de la tragédie, ne renoncent pas à le privatiser. Avec une musique qui commence à se faire entendre sur le thème «  il faudra bien payer et trouver des ressources. »

 

Des ressources, en voilà. Le capitalisme a entraîné une forte concentration des richesses et créé un petit nombre d’individus immensément riches par leur patrimoine et leurs revenus. Les multinationales et leurs actionnaires ont été relayés par leurs hommes de main pour échapper à l’impôt et planquer une partie de leurs richesses dans les paradis fiscaux. Ils ont contribué ainsi à détériorer les services publics, particulièrement les services de santé.

 

Inter

Faire quoi et comment ?  

 

L’heure est à la résistance. A la résistance d’abord contre la maladie. Ensuite, contre les mauvais coups que le Medef et le régime macronien préparent pour faire payer la tragédie aux salariés et aux retraités. Il ne faut pas les laisser faire en exigeant : la  mise au rancard définitif de la réforme des retraites ;  un plan de grande envergure de reconstruction de la recherche fondamentale, du système de santé, de la sécurité sociale, des retraites, du chômage, de réactivation de tous les services publics et du pouvoir d’achat des personnels. L’argent existe, il faut aller le chercher là où il se cache.

 

Une autre société est à construire : ni capitalisme, ni socialisme étatique. Une société mixte mêlant la force de l’Etat et l’innovation privée, les avancées technologiques au service de la production et des salariés, l’exercice plein de la démocratie avec la  reconnaissance du rôle des «  corps intermédiaires » particulièrement des syndicats.

 

Tout ce que la vie a de bon, de merveilleux est actuellement contrebalancé par le mauvais le tragique,  l’effroyable. Ce n’est pas le prix à payer pour bénéficier de ce cadeau extraordinaire. A une condition : que le vent de la révolte et de la construction d’un avenir apaisé de justice sociale, économique et culturelle soit assez puissant pour interdire un retour en arrière, assez fort pour empêcher les mauvais coups en préparation contre les conquêtes sociales, assez vigoureux pour contraindre les arrogants représentants des castes de l’argent à s’effacer devant le mouvement populaire.

 

José Fort 

 

 

 

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 14:36

 

Les arrogants à la botte du patronat

 

La plupart des membres du gouvernement Macron/Philippe sont millionnaires. La plupart sortent de l’Ena et ont travaillé pour des multinationales. Pour beaucoup, ils ont démarré leurs carrières politiques à « gôche », le reste sortant du ventre mou. Tous vomissent une arrogance sans limite. Surtout, nombre d’entre eux affichent une connerie crasse telle que même le Dalaï Lama en mordrait sa mère.

 

Face au mouvement social se dressent des miliciens de la finance et leurs relais,

des gardes blancs médiatiques vieillissants réunis sur les plateaux des chaînes télé devenues au fil du temps une sorte d’hospices à ciel ouvert. 

 

Personne n’est dupe : la liberté des médias est un leurre, chaque média disant ce que veut entendre le propriétaire.

 

La vie est beaucoup trop courte et précieuse pour accepter de la ralentir dans les files d’attentes de la bourgeoisie collabo et répressive. Une seule solution : l’action contre ce régime policier macronien dont on dit que même ses proches commencent à prendre des distances.

 

José Fort

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21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 17:59

 

 

Guy Thomas, parolier de Jean Ferrat, est mort

 

 

«Je ne suis qu'un autodidacte

mais j'ai si longtemps bidouillé

que j'peux vous dir' qu'après l'entracte

j'en connais qui vont dérouiller

ça va chier!»

 

Guy Thomas nous avait habitué à ses facéties. Sa dernière ne nous convient pas, mais pas du tout. Ce sacripant a trouvé le moyen de nous quitter dimanche aux premières heures de la matinée à Lons-le-Saulnier. Sans nous prévenir.

 

Professeur de français à Champagnole, dans le Jura, il a signé de nombreux textes notamment les quatorze du CD de Jean Ferrat en 1985 «Je ne suis qu'un cri».

 

Souvenez-vous. «Le chef de gare est amoureux», «Le Singe», «Le bruit des bottes», «Berçeuse pour un loupiot»... c'était Guy Thomas. Et voici que le bougre, longtemps silencieux, avait  trouvé refuge à Pillemoine, près de Champagnole, avec sa délicieuse Monique de femme, pour nous livrer de nouveaux textes.

 

Guy Thomas «ça mord, ça crache et ça profane, ça s'attendrit aussi», écrivait Cavanna. Pouvons-nous ajouter qu'avec le temps, Guy Thomas avait pris un peu plus de canaillerie et une délicate tendresse. 

 

Guy Thomas, c'était comme le vin que nous avons bu ensemble avec Monique, il y a quelques années, durant une nuit entière à parler, à échanger, à s’engueuler. Il s’améliore avec le temps. A condition d’être de grande qualité. 

 

L'anar était un poète, un artisan de la chanson populaire d'expression française, un solitaire qui aimait - d'abord Monique - ses proches bien entendu, ses élèves mais «pas les cons».`

 

La semaine dernière à Lons-le- Saulnier, lors d’un rassemblement contre la réforme des retraites de Macron, les manifestants chantaient « le bruit des bottes ». Comme un dernier salut à Guy avant l’inauguration le 1 er février prochain d’une fontaine à son nom dans son village de Pillemoine. Salut Guy. Salut l’artiste.

 

José Fort 

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21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 17:58

Si Versailles m’était conté…

 

Macron a invité lundi prochain 200 grands patrons français et étrangers à Versailles. Rien n’est trop beau  pour accueillir les représentants du monde que le président élu par défaut a pour mission de servir. Il affichera les dorures du château pour « vendre » la France, alors que celle-ci déborde de colères.

 

Il me vient à l’esprit un certain 1er octobre 1789.

 

Ce jour là, un dîner de gala était donné dans la salle d’Opéra du château de Versailles. La reine Marie-Antoinette que les nostalgiques de la royauté tentent de réhabiliter brillait au milieu de ses invités. Quatre jours après, à Paris, la foule criait «  A Versailles, à Versailles ». A la petite troupe féminine accrochée aux grilles du château et exigeant du pain, Marie-Antoinette aurait, paraît-il, répliqué : « S’ils n’ont  pas de pain, qu’ils mangent de la brioche. »

On connaît la suite et le sort raccourci de la royauté de l’époque. 

Macron ferait bien de se méfier. L’Histoire bégaie-t-elle ? Parfois, même si les réalités d’aujourd’hui ne reproduisent que rarement celles d’hier, il y a toujours quelque chose d’identique.

 

José Fort

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22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 17:06

 

 

 

Un article dans « Vie Nouvelle », le magazine des retraités CGT.

 

Soulèvement contre l’ultralibéralisme

 

 

De Santiago-du-Chili à Bogota, de Bagdad à Beyrouth en passant par de nombreuses capitales européennes, la contestation des politiques ultralibérales prend de l’ampleur.

 

 

 

 

Souvenez-vous. C’était dans les années 1980, lorsque le libéralisme s’étalait en une glue indécrottable, vanté sous toutes les latitudes et sous toutes les formes. A la télévision serpillère, l’émission à grand spectacle «  Vive la crise » recrutait largement artistes, sportifs, journalistes, syndicalistes (sauf la CGT), commentateurs, les « stars », chiens de garde de l’époque. La presse, en France et dans le monde, dans sa presque totalité, regorgeait de commentaires, tribunes et éditoriaux mielleux  à la sauce Reagan/Thatcher répandant l’idée dominante selon laquelle la solution à tous les maux  passait par les « gagneurs », la compétition, les restructurations, le gain, le fric. Le château de cartes à l’Est de l’Europe s’effondrant, toutes les portes s’ouvraient au capitalisme triomphant sur les ruines d’un socialisme agonisant, quitte à s’essuyer des deux pieds sur les plus fragiles de la planète.

 

Sauf que. Nous voici en 2019. Comme une horloge gênant le silence en rappelant incessamment sa présence, le temps a sonné des années d’étranglement et de paupérisation des populations, d’éruption d’élites arrogantes et corrompues, de pouvoirs ligotés aux puissances de l’argent, d’un monde médiatique asservi et de plus en plus vomi à qui on a envie de dire : « essuyez vos bouches, il reste encore quelques mensonges sur vos bouches. »

 

Sauf que. Le monde bouge. Les peuples ne supportent plus ces politiques qui les enferment dans la précarité face au déferlement des richesses réservées à une minorité. De Santiago-du-Chili à Quito, de Bagdad à Beyrouth, de Paris à Madrid, un même vautour prédateur est désigné: l’ultralibéralisme.

 

Sauf que. Le mouvement enclenché pour plus de justice sociale, pour une juste répartition des richesses, pour plus de démocratie et de transparence, contre la dictature de l’argent n’est pas près de s’éteindre. Le feu brûle, il va s’étendre.

 

Sauf que. Les chefs du vieux monde capitaliste et leurs patrons souvent véreux des places boursières auront beau faire, tenir des discours conçus benoîtement comme apaisants,  collés quelques sparadraps sur des blessures sociales profondes, brandi un jour le chantage, l’autre la menace répressive, ne pourront plus contenir la colère populaire.

 

Il n’y a rien d’autre au bout du chemin de la lutte que le bout du chemin. Seul le parcours compte et la manière de l’emprunter. Dans le monde entier, l’action contre l’ultralibéralisme adopte des formes diverses. Dans les bureaux de vote victorieux comme en Argentine  provoquant la haine des droites fascisantes, dans les rues de Santiago-du-Chili et de Bogota et dans bien d’autres villes du monde. Un mouvement irréversible.

 

Sauf que rien ne s’obtient sans lutte. Et l’on connaît ici et ailleurs le degré de servilité de ceux qui font preuve d’un suivisme sans limite. Souvent, les mêmes se métamorphosent, se recroquevillent, courbent le dos et  s’approchant du puissant disent à voix basse mais de façon à être entendu : « Dites moi ce que je dois faire, je suis à vos ordres. »

 

Sauf que. Ces gens là ne font plus la pluie et le beau temps. Malgré des revers douloureux comme en Bolivie, un rouleau compresseur populaire est en marche.

 

José Fort

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 06:27

 

Peu de temps après le coup d’Etat au Chili (11 septembre 1973), j’étais envoyé à Santiago. A chaque date anniversaire, me revoici plongé dans mes souvenirs.

 

A Santiago, la trouille au ventre 

«Un avion décolle dans trois heures pour Buenos Aires. Un conseil, prenez-le, votre sécurité en dépend. » Je venais à peine de rentrer dans ma chambre d’hôtel à Santiago du Chili. Au téléphone, un interlocuteur inconnu m’invitait à quitter rapidement le pays. Il fallait faire vite, sauter dans un taxi et prendre rapidement la route de l’aéroport en observant les consignes reçues quelques jours plus tôt. Peu m’importait ce départ précipité, même s’il provoquait une forte montée d’adrénaline, une trouille difficilement contenue. La mission que l’on m’avait confiée quelques semaines après le coup d’État de Pinochet en plein cœur de la capitale chilienne avait été remplie et allait figurer à la « une » de « l’Humanité » peu de temps après : rencontre avec les rescapés des tueries, transmission d’informations mémorisées à Paris, à Rome et à Buenos Aires avec en retour l’enregistrement d’indications précises, remise d’une forte somme d’argent, fruit de la solidarité. Je sais aujourd’hui que la plupart des personnes rencontrées ont disparu. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés. 

Quelques jours avant de quitter Santiago, le jeune homme installé au Sheraton, roulant en Lincolnnoire avec chauffeur et menant – sur ordre - grand train de vie ne présentait pas le profil d’un révolutionnaire échevelé. Dans le restaurant de l’hôtel vide, les regards des personnels chargés de servir l’unique client entouré de chandelles exprimaient plus le mépris que l’envie.

La première partie de la mission achevée et les contacts rompus, la seconde ne pouvait échapper aux flics de Pinochet. Visites aux familles réprimées et à leurs courageux avocats, rencontres avec les candidats à l’exil réfugiés dans les représentations diplomatiques. « Vous êtes repéré», m’avait averti l’ambassadeur du Mexique qui dû, lui aussi, quelques jours plus tard, faire ses valises. 

Il régnait un étrange silence à Santiago. Cette ville vivante, bruyante, joyeuse était plongée dans la peur. Dès le soir tombé, malgré la chaleur du début de l’été, les rues étaient désertes. Les patrouilles de l’armée quadrillaient la capitale. L’accès au palais présidentiel, la Moneda ravagé par les flammes le 11 septembre 1973, était interdit, les cadavres ne dérivaient plus sur le fleuve Mapucho, le stade qui avait servi de centre de torture avait été nettoyé. Les prisons étaient 

pleines, on torturait dans les casernes et dans des villas réquisitionnées par la police secrète, on incitait à la délation dans les familles, les dirigeants démocrates-chrétiens, si violents contre Salvador Allende, se terraient sans exprimer la moindre protestation, tandis qu’une poignée de militants communistes, socialistes et du MIR tentaient de reconstruire une structure de résistance. Seuls quelques ecclésiastiques osaient affronter publiquement la junte en protégeant des prisonniers et en venant en aide aux familles. En province, loin de tout, l’armée torturait et fusillait à tour de bras. 

Il y avait au cours de ces heures tragiques des moments de fierté. Celui, par exemple, d’assister à l’accueil dans les locaux de la représentation diplomatique française des Chiliens de toutes tendances politiques promis à la mort. 

Il était 18 heures. À l’aéroport de Santiago, le vol pour Buenos Aires était annoncé. J’achetais des cerises. Dans le paquet, je ne sais qui avait glissé un petit morceau de papier sur lequel était écrit : « Bon voyage et fais attention à toi. » 

José Fort 

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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 11:18

 

 

Mali : Dialogue Politique NationalInclusif

 

Que les bouches s’ouvrent

 

Par Bassirou Diarra (1)

 

 

 

 

 

 

Après l’Accord Politique de Gouvernance du 2 Mai 2019, le Président de la République a proposé un  « Dialogue Politique NationalInclusif »  avec la nomination d’un Triumvirat chargé d’animer la réflexion et la désignation d’un Président du comité d’organisation. 

 

Ce projet présidentiel est salutaire. A une condition : qu’il sorte des sentiers battus. Et, alors que le Dialogue proposé fait la « Une » des journaux, nous ne connaissons toujours pas les bases du dialogue annoncé, le déroulé et son calendrier, les critères de participation. 

 

Cette initiative politique répond aux demandes maintes fois répétées par les forces démocratiques pour un dialogue entre Maliens avec un objectif : dégager des perspectives de sortie de la crise dans laquelle notre pays est plongé depuis 2012. 

 

Chiche ! Que le débat politique et idéologique s’instaure enfin. 

 

Des rencontres tous azimuts se multiplient dans le microcosme de l’intelligentsia Bamakoise. Raison de plus pour intervenir dans le débat, afin que ce Dialogue Politique NationalInclusif ne soit pas, une fois encore, une grande messe dont nous sommes coutumiers au bord du Djoliba. Des grandes et coûteuses messes qui accouchent généralement d’une souris.

 

 

La majorité silencieuse du peuple malien, doit se faire entendre. En reprenant une formule célèbre : « Que les bouches s’ouvrent ». 

 

Les sujets à mettre en débat ne manquent pas. Il convient de les identifier pour ensuite construire les vraies solutions. En voici quelques-uns

 

  • Assurerla sécurité des populations, reconstruire la paix, la cohésion et l’entente séculaire entre tous les Maliens. Sans paix ni sécurité point de développement. 

 

  • Restaurerl’intégrité territoriale du Mali, en redéployant notamment notre administration sur toute l’étendue du territoire national. 

 

  • Reconquérirnotre souveraineté nationale et la dignité  des Maliens. 

 

  • Construireune gouvernance démocratique et populaire en revisitant nos institutions budgétivores, afin de les rendre conformes aux besoins du peuple et aux moyens du pays.

 

  • Assurer la sécurité des personnes et des biens du Nord au Sud, d’Est en Ouest.

 

  • Moderniser et dynamiserla justice Malienne, au  seul service (exclusif) de la population en s’assurant de sa probité.

 

  • Agiravec détermination et sans faiblesse, contre toutes les formes de corruption, contre les corrupteurs et les corrompus, lutter contre l’enrichissement illicite, la spéculation foncière, la fraude électorale, la gabegie et le népotisme.

 

  • Réhabiliternotre processus démocratique, pour une réelle émancipation politique, sociale, économique et culturelle du peuple malien.

 

 

 

  • Donnerla priorité absolue à l’éducation, lasanté,la jeunesse,l’agriculture, en assurant un développement économique raisonné utilisant les nouvelles technologies et protégeant nos richesses nationales.

 

Telles sont, selon moi, les priorités qui devraient figurer au centre des débats du Dialogue Politique NationalInclusif. Aucun sujet concernant la vie de la nation ne peut et ne doit rester tabou. 

 

Enfin, ce débat ne peut pas faire l’économie du bilan des six années de présence des forces étrangères dans notre pays (Serval, Barkhane, Minusma).

 

Le Mali a besoin d’un sursaut national et patriotique à l’image de celui survenu en 1991.

 

Le Dialogue Politique NationalInclusif sera constructif et aura un caractère véritablement national s’il implique tous les Maliens, leur permettant à cette occasion  d’exprimer leurs colères, leurs souffrances, leurs souhaits, leur espérance de construire un grand Mali, en bannissant l’hypocrisie, le double langage et l’opportunisme politique.

 

Le Dialogue Politique NationalInclusif, ne doit surtout pas  servir de tremplin pour se donner bonne conscience, après la crise post-électorale qui n’en finit pas de perdurer.

 

Il est temps que le peuple malien reprenne l’initiative. C’est possible avec une direction politique éclairée et dégagée de tout opportunisme, en s’appuyant sur les valeurs fondatrices de la République du Mali, le 22 Septembre 1960.

 

 

 

 

Dans le respect de la diversité des opinions, des croyances, des philosophies, debout pour construire une alternative favorable aux intérêts du peuple malien.  

 

 

 

Bamako, le 22 Août 2019 

 

  Bassirou Diarra

Officier de l’Ordre National du Mali

Chevalier de la Légion d’honneur de France

Ancien Secrétaire Général Adjoint

 de la Présidence de la République du Mali

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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 14:00

La libération de Paris sans oublier Madrid

 

Lorsque Luis Royo-Ibanez entre dans Paris, le 24 août 1944, à bord de son half-track baptisé « Madrid », il laisse éclater sa joie devant l’Hôtel de Ville : « Aujourd’hui Paris, demain les Pyrénées ! » Ce républicain espagnol de la division Leclerc, membre de la compagnie surnommée la « Nueve » (160 hommes dont 146 Espagnols pour la plupart anarchistes et communistes) avec à leur tête le colonel Raymond Dronne, a tout donné pour la libération de l’Afrique du Nord puis celle de la France.

 

Luis et ses camarades ont débarqué à Omaha Beach. Puis, sous la conduite de combattants de la Résistance, ils ont foncé sur Alençon avant d’entrer dans Paris – déjà largement contrôlé par les FFI du colonel Henri Rol-Tanguy – à bord des half-tracks portant les noms de batailles de la guerre d’Espagne, « Teruel », « Guadalajara », « Brunete » soigneusement rebaptisés pour les cérémonies du lendemain 25 août, « Montmirail », « Champaubert » ou « Romilly ». 

 

Luis et ses copains ne fonceront pas sur Madrid pour combattre la dictature. On leur donnera l’ordre de poursuivre vers l’est. Surtout pas au sud, vers l’Espagne sous le joug du général fasciste Franco passé sous protection des États-Unis. Dans son HLM de Cachan, Luis nous dira au crépuscule de sa vie : « La libération de Paris, de la France devait être une étape avant la libération de l’Espagne. Nous nous sommes battus puis nous avons été oubliés. » 

 

Manuel Rodriguez était un parmi les 500 000  Espagnols qui ont cherché refuge en France, en 1939. Passé les Pyrénées, il a été enfermé dans un camp de concentration, à Argelès. Première image d’une partie de la France, celle qui passait son temps à enchaîner autour du maître berlinois plus de génuflexions que la liturgie collaboratrice n’en exigeait. Manuel s’échappera puis rejoindra les premiers groupes armés de la Résistance. Plus tard, il participera à la libération de Toulouse. La Ville rose et la France libérées, il s’engage dans les groupes armés qui tentent de reprendre la lutte en terre espagnole. Blessé, il rentre à Toulouse et finit sa vie délaissé et traité comme un pestiféré, presque comme un « terroriste ».

 

Maurice, ancien des Brigades internationales, a eu la mauvaise idée de perdre une jambe lors de la bataille de l’Ebre. Jeune et très beau garçon, fils d’une « bonne  famille » de «  gauche » bourgeoise et socialo-radicale, il avait compris avec plusieurs milliers d’ autres Français que la guerre imposée à la République espagnole par les sbires d’Hitler et de Mussolini était un test grandeur nature avant le déferlement nazi sur l’Europe. Jusqu’en 1971, abandonné par sa famille, ignoré par les autorités, il a survécu en dessinant des caricatures sur la place du Tertre à Paris. Maurice et nombre de ses camarades survivants de la guerre d’Espagne nous ont quittés dans l’indifférence qui aurait été générale sans la solidarité jamais démentie du Parti communiste français.

 

Il aura fallu, en 1996, l’action combinée de Philippe Séguin et de Jacques Chirac, sous les hurlements de plusieurs députés de droite, pour que les brigadistes soient enfin reconnus comme « anciens combattants ».

 

Le colonel Henri Rol-Tanguy – qui nous disait : « Vous évoquez mon rôle pour la libération de Paris mais c’est l’Espagne qui reste mon premier combat antifasciste et qui a marqué la suite de mon engagement pour la liberté et la démocratie » – a, lui aussi, subi la discrimination en étant marginalisé dans sa carrière militaire. Compagnon de la Libération, grand officier de la Légion d’honneur, Rol fut heureusement reconnu des années plus tard comme un Français d’exception dans la lutte contre l’occupant nazi. Mais combien d’autres de ses camarades ont été maintenus dans l’oubli ?

 

Après des dizaines d’années de silence sur la guerre d’Espagne, la chape de plomb se fissure : films, livres, études, avec notamment le prix Rol-Tanguy délivré à des étudiants par l’association les Amis des combattants en Espagne républicaine (Acer) ainsi que documentaires et ouvrages, ont permis de donner à voir et comprendre la guerre d’Espagne, le courage des républicains espagnols et des brigadistes venus du monde entier. C’est aussi en se rappelant leur rôle qu’il convient, en 2019, de célébrer la libération de Paris.

 

José Fort

 

 

 

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14 août 2019 3 14 /08 /août /2019 07:06

Pierre Cot : des avions pour l’Espagne républicaine

 

Pierre Cot (1895/1977), c’est l’histoire d’un fervent catholique au départ homme de droite devenu militant pour la paix et contre le fascisme, pour des relations respectueuses avec l’Union soviétique et acteur déterminant de l’aide à l’Espagne républicaine. Il avait perçu le putsch de Franco soutenu par Hitler et Mussolini comme une répétition générale avant la tragédie qui allait suivre. Pour toutes ces raisons et son compagnonnage avec le Parti communiste, il affrontera des campagnes de dénigrement inspirées par le patronat et la droite et des accusations, notamment celle d’être un agent soviétique. Accusations par la suite définitivement démenties.

 

 

En avril 1928, Pierre Cot est élu député de Chambéry. À l’occasion de la campagne électorale, il a noué de solides liens d’amitié avec un certain Jean Moulin, alors sous-préfet à Albertville. Il s’impose parmi les réformateurs du parti radical et est nommé sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères puis ministre de l’Air. Il se distingue alors dans les dossiers de l’aéronautique civile et de l’armée de l’air. Il œuvre à la nationalisation de l’industrie aéronautique et fait de son ministère un véritable laboratoire social. Et surtout, ministre du Front populaire, il est l’artisan du contournement de la politique de «  non intervention » organisant avec son équipe la livraison d’avions et d’armes à la République espagnole.

 

 

 

 

Une sacrée équipe : Jean Moulin et Jean Meunier respectivement directeur et chef du cabinet et Robert Chambeiron au secrétariat particulier. Pour ces hommes, la politique de « non-intervention » en Espagne est un crime et une faute. Aussi vont-ils faire tout leur possible pour venir en aide aux républicains espagnols.

 

Robert Chambeiron, dans un entretien recueilli par Claude Lecomte pour «  l’Humanité » en novembre 1996, révélait :

«Le premier appel au secours venu d'Espagne a été, le 22 juillet 1936, un télégramme du président du conseil, José Giral, à Léon Blum. Celui-ci était d'accord pour y répondre favorablement sur la base des accords franco-espagnols de décembre 1935 qui prévoyaient la possibilité pour ce gouvernement d'acheter des armes à la France à concurrence de 20 millions de francs. Demandes bien modestes puisqu'elles consistaient en 20 bombardiers Potez, 10 mitrailleuses, 8 canons Schneider. Immédiatement, Pierre Cot préparait cette livraison, sans rien prélever sur les stocks de l'armée française, contrairement aux calomnies de la droite, mais sur un matériel destiné à des clients étrangers. Mais très rapidement, Blum va commencer à faiblir et à reculer. »

 

Blum a cherché un dérivatif en tentant de contourner l’obstacle  avec une livraison par l'intermédiaire de pays tiers comme le Mexique. Nouvelle opposition de Daladier et Delbos en Conseil des ministres. Seuls, trois ministres se sont prononcés jusqu'au bout pour l'aide à l'Espagne : Pierre Cot, Maurice Violette, Marx Dormoy. Pierre Cot a suggéré alors de démissionner. « Je crois même qu'il en a parlé à Blum, mais ce sont les Espagnols qui s'y sont opposés préférant voir à Paris ce gouvernement plutôt qu'une droite qui fermerait totalement la frontière », précisait Robert Chambeiron.  

 

Jean Moulin va particulièrement s'occuper du recrutement d'aviateurs comme André Malraux ainsi que du passage des brigadistes à la frontière. D'autres hommes vont jouer un rôle important: Gaston Cusin, futur commissaire de la République à la Libération, qui était au cabinet de Vincent Auriol, ministre des Finances, patron donc des douaniers et qui prit avec eux les mesures pour que les armes soviétiques arrivées au Havre transitent par la France sans encombre.  

« Ce n'est pas par hasard que tous se retrouveront dans la Résistance », poursuivait Robert Chambeiron.

 

Après avoir clairement choisi le camp de la Résistance, tenté de rejoindre De Gaulle qui le rejeta et un séjour aux Etats-Unis, Pierre Cot s’installe à Alger en juin 1943. Il est désigné pour participer à l’Assemblée consultative provisoire (ACP). S’ouvre alors le dernier temps de son parcours politique.

Élu en Savoie à la tête d’une liste d’Union des gauches à la seconde Constituante, puis député de Savoie en novembre 1946 sur une liste de même nature, il s’inscrit au groupe des députés communistes et apparentés.

Pierre Cot sera député jusqu’en 1968, maire jusqu’en 1971 et conseiller général jusqu’en 1973. Il restera dans l’Histoire comme une personnalité profondément ancrée à gauche, un homme de devoir, de loyauté et de courage.

 

José Fort

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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 17:39

 

 

Mali : reconstruire notre patrie

 

Par Bassirou Diarra (1)

 

 

"Notre vie commence à s’arrêter, le jour où nous gardons le silence sur les choses graves" Martin Luther King. 

 

Vingt-huit ans après la Révolution du 26 Mars 1991, le Mali vit une des périodes les plus sombres de son histoire. Aucun patriote ne peut rester silencieux face aux drames qui martyrisent notre pays. 

 

Le peuple malien avait accueilli avec un immense espoir  la Révolution du 26 Mars 1991. Aujourd’hui, c’est la  frustration qui prévaut. 

 

Sans prétention aucune, ni fausse modestie, je suis fier (par la mobilisation et l’engagement des Maliens de France, travailleurs et étudiants à l’époque), d’avoir été un des acteurs du mouvement qui a conduit à l’insurrection populaire.

 

Cette révolution « inachevée » a fait des centaines de martyrs. 

 

En revisitant mes archives, en relisant nos écrits, nos tracts, nos déclarations, nos manifestes, produits au temps de la clandestinité, je pose la question : est-ce pour ce type de « démocratie » actuellement en place que nous avons mené le combat durant 23 ans contre le régime militaro-UDPM ? 

 

Où sont les camarades de « Faso », bulletin du Parti Malien de la Révolution et de Démocratie (PMRD), où sont les camarades du Bulletin du Peuple, ceux de Sanfin, du Groupe Tiémoko Garan Kouyaté, où sont les camarades qui ont paraphé le manifeste du Front National Démocratique et Populaire (FNDP) ? 

Avons-nous oublié notre serment en abandonnant notre engagement révolutionnaire ? 

 

Le débat politique a disparu au Mali, alors que l’idéologie de la classe dominante et des pays occidentaux ravage les esprits. Nous sommes soumis quotidiennement à un matraquage idéologique sans précédent.  

 

La démocratie pour laquelle nous nous sommes tant battus et pour laquelle tant des nôtres ont payé de leur liberté et de leur vie est totalement pervertie. Une poignée d’hommes et de femmes s’accaparent des richesses du pays, détournent l’aide internationale, exacerbent les conflits, au mieux les laissent perdurer.

 

En ces jours dramatiques pour notre pays, ma pensée va vers  le président Modibo Keïta et ses proches compagnons. Malgré les difficultés (intérieures et extérieures), auxquelles ils ont eu à faire face, ils nous ont légué un Mali digne, fier avec la volonté de sortir notre pays du sous-développement. Quelle tristesse les emparerait s’ils assistaient à la décomposition de notre nation.

 

  • Notre patrie est en danger.

 

Plusieurs phénomènes caractérisent la situation que nous vivons : la corruption, l’enrichissement illicite de quelques-uns, des formes les plus pernicieuses d’atteintes à la démocratie

 

La corruption gangrène le pays mêlant trafics de drogue, d’armes, d’êtres humains. Cette corruption à tous les étages de la société, produit une énorme manne financière servant à entretenir la guerre, le terrorisme, le djihadisme, les massacres de nos populations. 

 

Comble du comble, notre «  démocratie » est malade de la pléthore de partis dits «  politiques », plutôt «  alimentaires » (130 partis pour un pays de 16 millions d’habitants). 

 

Le vote qui devrait traduire et exprimer le libre choix du peuple s’est transformé en foire où l’électeur va au plus offrant notamment aux distributeurs de billets de banque.

 

Que dire des spéculateurs fonciers et immobiliers ? Les « villas de la sécheresse », ont laissé la place aux « châteaux de la démocratie ».

    

Nous assistons à la partition méthodique de notre pays avec la bénédiction de l’ancienne puissance coloniale. Le Nord échappe au contrôle de l’Etat, le Centre s’embrase avec des massacres de centaines de nos concitoyens. Le Sud et l’Ouest vivent sous la peur et la hantise avec les braquages, les attaques à main armée, les assassinats.

 

Massacres, terreur, paupérisation grandissante des masses populaires maintenues dans la misère économique, sociale, culturelle, telle est la réalité de notre pays.

 

Le 26 Mars 1991, nous avions ouvert une page d’espoir pour notre pays, pour notre peuple. Pour un triste bilan, 28 ans après. Mais l’Histoire ne s’arrête jamais.

 

Tirons toutes les leçons, tous les enseignements des 28 années passées, de notre expérience et pratique démocratique. 

 

Allons vers la constitution d’un Conseil National de la Résistance (CNR)

 

  • Résistance contre la corruption, l’enrichissement illicite qui minent les fondements mêmes de notre pays et de sa démocratie.

 

  • Résistance contre le démantèlement de notre territoire.

 

  • Action pour le bien-être économique, social et culturel du peuple malien dans la justice et la paix. 

 

  • Action pour la reconstruction de notre unité nationale et de la cohésion sociale des Maliens. 

 

Un Conseil National de la Résistance (CNR) rassemblant les forces vives de la nation - dans la diversité des opinions, patriotes et démocrates, catholiques et musulmans, sans appartenance politique et religieuse, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes - pourrait ouvrir une voie crédible, pour le développement de notre pays et pour qu’enfin notre peuple vive dans la paix, la justice et l’entente. 

 

Ce Conseil National de la Résistance, Démocratique et Populaire aurait pour première mission, celle d’un Mali à la dignité retrouvée vers une nouvelle République. Un Mali de Paix, réconcilié, libre et prospère. Un Mali de justice et de progrès.

 

Ce Mali qui dispose d’énormes richesses naturelles (le sous-sol, la terre, l’eau, la diaspora) n’a pas pour vocation de rester pauvre. Ce qui est en cause, c’est le partage des richesses au profit du plus grand nombre, une gestion d’un autre temps, la main mise néo-coloniale toujours aussi présente.

 

Une autre alternative est possible. 

 

Il faut en finir avec le fatalisme. Il faut changer le Mali. Il faut travailler à la construction d’un pays nouveau. Ensemble, nous pouvons écrire l’Histoire, car ce sont les peuples qui font l’Histoire. 

 

(1) Officier de l’Ordre National du Mali.

 

Chevalier de la Légion d’honneur de France.

 

Ancien Secrétaire Général Adjoint, de la Présidence de la République.

 

Ancien Président du Comité Franco-Malien sur l’Immigration,

 

Ancien Secrétaire Général du Front Démocratique des Patriotes Maliens (FDPM). 

 

Ancien porte-parole à l’extérieur, du Front National Démocratique et Populaire (FNDP). 

 

Ancien journaliste au quotidien « l’Humanité » en France,

 

Ancien Promoteur en France, du journal "Mali Kibaru »

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