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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 10:41

Les djihadistes de « l’Etat islamique en Irak et au Levant » sont des monstres. Personne ou presque ne le conteste. Mais s’en tenir à ce constat et à la compassion pour les populations martyrisées relève de l’escroquerie. Ces monstres ont été enfantés par le prix Nobel de la paix Obama, Hollande et la plupart des dirigeants occidentaux.

D’ou vient l’argent ? D’où viennent les armes ?

L’organisation terroriste dispose de moyens financiers considérables. L’argent provient de plusieurs pays du Golfe alliés de Washington et bien en vu à Paris, de braquages comme celui de la succursale de la banque centrale irakienne à Mossoul au début du mois de juin avec un butin de 425 millions de dollars, du commerce du pétrole avec la production de plusieurs raffineries comme celles de Tikrīt et Baiji et … du pillage d’antiquités vendus au prix fort en Occident par des réseaux mafieux.

D’où viennent les armes ? Un grand merci au grand Sam et à ses copains de Londres et de Paris. Le matériel fourni aux opposants à Bachar el Assad est passé à 90% entre les mains des Djihadistes avec en prime les reliquats des arsenaux libyens ainsi que des blindés, des tanks et de l’armement lourd de fabrication US pris à l’armée irakienne en déroute.

Les talibans en Afghanistan avaient été armés par Reagan au nom de la défense du « monde libre » avec les résultats que l’on connaît. Les « contras » au Nicaragua avaient bénéficié des mêmes largesses.

Du temps du dictateur nicaraguayen Somoza, à Washington les officiels avaient pour habitude de dire : « Somoza est peut-être un fils de pute, mais c’est notre fils de pute. » Les dirigeants occidentaux pourront désormais dire eux aussi à propos des djihadistes: « ce sont des monstres, mais ce sont nos monstres. »

José Fort

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 19:31

Les « chefs » de l’Union européenne ne manquent pas de souffle. L’ancien agent recruté au Portugal par la CIA après la révolution des œillets aujourd’hui président finissant de l’UE et ses boys de Bruxelles ont fait connaître leur « mécontentement » à plusieurs pays latino-américains (Brésil, Argentine, Uruguay, Equateur, Chili, Pérou) après l’annonce de l’augmentation de leurs exportations de produits alimentaires en direction de la Russie. La presse latino multiplie les moqueries sur le thème de « l’hypocrisie » européenne tandis que plusieurs commentaires à Sao Paul et à Buenos Aires soulignent que « le temps où les anciennes puissances coloniales dictaient la politique à suivre à l’Amérique latine remonte à l’époque coloniale. »

L’UE a cru bon de suivre les Etats-Unis dans les sanctions contre Moscou aux retombées désastreuses pour les producteurs français et européens. Les sanctionneurs sont à leur tour sanctionnés. L’arroseur arrosé.

Pour l’Amérique latine, l’ouverture en grand du marché russe est une aubaine. Les ambassadeurs des pays cités plus haut ont été réunis à Moscou. Un plan général suivi d’une répartition a été proposé et est actuellement en cours d’étude dans les différentes capitales. C’est au Brésil que revient la plus grosse part. Le quotidien « Folha de Sao Paulo » annonce que 90 usines de viande brésilienne ont été réactivées afin de livrer de la viande bovine, porcine et de la volaille.» Et le quotidien d’ajouter : « Si le Brésil parvient à vendre l’ensemble du volume additionnel demandé, les recettes de sa balance commerciale s’en trouveraient considérablement accrues. Les exportations ne devraient pas se limiter à la viande : sucre, café, jus de fruit, banane… vont prendre aussi le chemin de la Russie.

L’Argentine, se prépare à multiplier ses exportations de viandes et de céréales, l’Equateur les produits de la mer, le Pérou fruits et légume, l’Uruguay et le Chili viandes, vins etc. … De l’autre côté de l’Atlantique, les producteurs se frottent les mains.

Plus près de nous, il y a des malins.

Un pays du Maghreb vient de lever le doigt : « moi aussi, je peux livrer des légumes et des fruits », a dit en substance le président de l’Association des exportateurs marocains.

José Fort

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 17:24

Rien ne va plus sur la planète. Plus du tout. Guerres, massacres, famines, épidémies, affrontements interethniques, immigrations sanglantes, ventes d’armes inégalées et autres calamités se multiplient dans un monde au bord du gouffre. L’ONU est figée, tétanisée, les institutions internationales comme le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l’Organisation mondiale du commerce discréditées.

Le monde offre un spectacle de désolation. La recherche du profit à n’importe quel prix quitte à dévaster la planète, l’exploitation des richesses des plus pauvres, le maintien de peuples sous domination, une génération de dirigeants incapables de dépasser leurs calculs mesquins et de penser l’avenir, des menaces de plus en plus graves contre la paix avec en bout de course une possible folie nucléaire. Le temps est à l’orage. Il peut devenir cataclysme incontrôlable.

Regardez, écoutez. Massacres à Gaza, en Syrie, en Irak, au Congo ; affrontements sanglants au Mali, dans le Maghreb, en Birmanie, en Thaïlande ; intégristes de tous poils semant la terreur ; populations déplacées ; encouragements au surarmement. Désormais, la menace plane aussi sur l’Europe, l’Ukraine étant devenue la pièce avancée de l’Otan dans son projet d’étouffer la Russie. Une vieille ambition nazie et napoléonienne dont l’issue – la déroute - devrait faire réfléchir les stratèges qui ont toujours fait la guerre avec la peau des autres. La menace, cette fois, peut devenir nucléaire. Les Etats-Unis jouent les va-t’en guerre en lançant contre Moscou leurs supplétifs de l’Union européenne.

Le monde apparaît hors de contrôle. Devant un précipice. Affirmer que le pire est à craindre ne relève pas d’un alarmisme exagéré mais d’une éventualité à ne pas – à ne plus - écarter désormais.

Le monde apparaît hors de contrôle et il est urgent que les peuples s’investissent directement pour bloquer la course vers l’abîme.

La prétendue « communauté » internationale n’existant pas, le temps est venu de réorganiser le monde et les structures de concertation internationale en procédant, en premier lieu, au démantèlement des alliances militaires telle l’Otan, en remettant sur le chantier de nouveaux traités de désarmement et surtout en refondant l’Onu. L’Organisation des Nations Unies ne peut plus être verrouillée par cinq puissances dans un Conseil de sécurité décidant pour tous. Le monde a changé depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. L’Assemblée générale de l’ONU doit être le véritable lieu de décision, le Conseil de sécurité, élargi, chargé de l’exécution. Un organisme de mise en œuvre et de suivi doit être instauré afin d’en finir avec l’inaction et la politique du deux poids, deux mesures.

Il souffle un vent mauvais sur le monde. Les dirigeants occidentaux en sont responsables eux qui nous affirmaient que l’écroulement du bloc de l’Est ouvrait une nouvelle ère. Ils ont tout négligé pour asseoir leur domination avec une fringale sans égale. Pour eux, c’était Noël tous les jours. Ils ont tout saboté. Tout méprisé. Tout calculé à la petite semaine sans penser avenir un seul instant. Un désastre.

Il est temps de se poser, au delà des différences et de nos divergences, la question de construire un rempart pour la paix. Et pour la justice. Tant il est vrai qu’il ne peut y avoir de paix sans justice.

José Fort

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 17:09

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a fait lundi après midi une importante déclaration. « Combien de morts faudra-t-il encore pour que s’arrête ce qu’il faut bien appeler le carnage de Gaza », souligne-t-il ? Il poursuit en ces termes : « La tradition d’amitié entre Israël et la France est ancienne et le droit d’Israël à la sécurité est total, mais ce droit ne justifie pas qu’on tue des enfants et qu’on massacre des civils. Le Hamas porte évidemment une responsabilité écrasante dans cet engrenage macabre qui sert surtout les extrémismes, mais celle-ci non plus ne justifie pas ce que le Secrétaire général des Nations unies a qualifié de crimes. C’est pourquoi nous soutenons, nous exigeons l’instauration d’un réel cessez-le-feu comme le propose l’Egypte et nous sommes prêts, en tant que Français et Européens, à concrètement y contribuer. C’est pourquoi aussi une solution politique est indispensable, dont les paramètres sont connus, et qui selon moi devra être imposée par la communauté internationale, puisque les deux parties, malgré d’innombrables tentatives, se sont malheureusement montrées incapables d’en conclure la négociation. Cessez-le-feu, imposition de la solution de deux Etats et sécurité d’Israël, il n’y a pas d’autre voie. »

Les massacres en cours dans la bande de Gaza, les centaines d’enfants assassinés, les destructions, le martyr effroyable d’une population terrorisée exigent la mise en mouvement de toutes les forces pouvant intervenir afin que cesse la tragédie. Le gouvernement français s’est discrédité, dans un premier temps, en s’alignant sur Netanyahu. La déclaration de Laurent Fabius semble indiquer une évolution de la position française.

Cela ne suffit pas. Laurent Fabius doit rendre publique, sans attendre, les initiatives qu’il compte prendre dans les prochaines heures pour que soit mis fin au carnage et que soit mis en chantier une solution politique.

José Fort

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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 09:41

Il n’y a rien de plus logique (au delà de la peine pour les familles) qu’un soldat en campagne meure lorsqu’il participe à des opérations en terre étrangère. La « disparition » du sous-lieutenant Hadar Goldin, porté disparu depuis 1er août alors qu'il combattait dans le sud de la bande de Gaza a fait la « une » de la plupart des médias français et européens. On nous l’a dit sur tous les tons avec une palme spéciale pour « la voix de Tsahal », je veux dire BFM: le sous-lieutenant aurait été « enlevé » par le Hamas. Au même moment, des dizaines d’enfants palestiniens étaient déchiquetés par les bombes israéliennes.

Le sort du soldat Hadar Goldin avait contribué à accélérer la fin d'un cessez-le-feu : prévue pour trois jours, la « trêve » entre Israël et les combattants palestiniens avait duré moins de deux heures. Une manipulation de plus qui rappelle l’assassinat des trois jeunes israéliens au mois de juin dernier qui avait servi de prétexte à la boucherie toujours en cours. Les gouvernants de la droite et de l’extrême droite israéliennes peuvent dormir tranquilles. A Paris, ils disposent de relais médiatiques à la botte.

José Fort

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 10:05

Lorsque Barack Obama a prêté serment pour la première fois à Washington, le temps était à la satisfaction d’assister à la fin de la désastreuse ère Bush et à l’arrivée dans ce pays au racisme profond d’un Afro-Américain à la Maison Blanche. Quelques mois après, alors qu’il n’avait strictement rien réalisé, il recevait le prix Nobel de la paix 2009 "pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples", selon le jury du prix à Oslo. Deux déclarations prononcées ce vendredi résument à elles seules la réalité du personnage : ses regrets sur la pratique de la torture et sa « colère » concernant la disparition d’un militaire israélien dans la bande de Gaza.

« Nous avons torturé des gens », a déclaré Obama tout en appelant à se tenir à l’écart des « jugements moralisateurs ». Lorsqu’aux lendemains des attentats de New York, nous évoquions les vols clandestins vers des centres de torture en Pologne, dans plusieurs pays scandinaves, jusqu’en Allemagne, avec généralement pour destination finale la base de Guantanamo, les démentis pleuvaient à la pelle. Désormais, l’administration US reconnaît l’existence de ces centres de détention et de torture mais contrairement aux promesses d’Obama, Guantanamo n’a toujours pas fermé ces portes. Et il faudrait « se tenir à l’écart des jugements moralisateurs ». Tiens donc ! Comme il ne faudrait pas contester la déclaration « horrifiée » d’Obama concernant la capture d’un militaire israélien dans la bande de Gaza. Le président des Etats-Unis qui a donné l’ordre de poursuivre les livraisons d’armes à Israël et s’est limité à demander, lui aussi, de la « retenue » dans le massacre en cours de la population palestinienne n’en peut plus d’indignation : un officier israélien disparu… Il est bon de rappeler au président US que cet épisode si douloureux soit-il pour la famille du militaire s’est déroulé DANS la bande de Gaza. Il s’agit donc au mieux, et en droit, d’un prisonnier de guerre ou au pire pour lui d’une mort en terre étrangère.

Barack Obama ferait bien de relire ses propres textes.

« La seule solution, déclarait-il au temps de sa splendeur, « passe par deux Etats, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun en paix et en sécurité. Il y va de l’intérêt d’Israël, de la Palestine, de l’Amérique et du monde. C’est pourquoi j’ai l’intention de rechercher personnellement cette solution, avec toute la patience que la tâche requiert. Les obligations que les parties ont contractées dans le cadre de la feuille de route sont claires. Pour que la paix advienne, il est temps pour elles - et pour nous tous - de prendre nos responsabilités. » Pour quel résultat ? Rien ou plutôt si : jamais le peuple palestinien n’a été autant occupé, martyrisé, humilié.

Barack Obama va abandonner un monde en pleine convulsion. Il laisse l’Irak en feu, l’Afghanistan talibanisé, l’Afrique plus pauvre et instable que jamais. Jusqu’en Europe, il favorise une guerre aux portes de la Russie. Obama va finir comme Bush : discrédité. Totalement.

José Fort

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:51

On en reste béat d’admiration. On a même envie de dire: chapeau les artistes. La politique étrangère de la France, hier avec Sarkozy, aujourd’hui avec Hollande restera dans les annales comme exemplaire, forte, créative. A coup sûr, des années fondatrices d’une nouvelle démarche originale et conquérante.

Déjà, avant, tout avait fonctionné à merveille avec l’équipe rapprochée de Sarkozy : l’ancien gauchiste transféré au PS, le Thénardier de la politique, je veux dire Bernard Kouchner aujourd’hui dans le « conseil » aux dictatures africaines, et son copain Bernard Henri Levy, le « philosophe » en panne de lecteurs, reconverti lui aussi dans le « conseil » en matière de géopolitique toujours du côté du manche. Si possible, bien huilé.

Ah, la belle époque, celle où l’on s’extasiait de l’efficacité de Sarkozy dans la crise géorgienne avec comme résultat 20% du territoire de l’ancienne patrie de Staline passant du côté russe. Ah, la formidable construction que cette « Union pour la Méditerranée », un flop se terminant par le printemps arabe et la France généreuse, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, Mme Alliot-Marie, offrant « notre savoir faire en matière de sécurité » à Ben Ali. Que du bonheur, que du succès. Sans conteste, c’est bien l’aventure libyenne qui a marqué la capacité propulsive de la politique internationale française de cette époque. On se souvient du général en chef BHL appelant à l’assaut contre Tripoli du haut des marches de l’Elysée et Sarkozy donnant le top départ aux Rafales. Avec le splendide résultat que nous vivons aujourd’hui et alors qu’un parachutage de BHL sur Benghazi serait du meilleur effet. Pourtant, des diplomates français avaient eu l’outrecuidance de rouspéter dans une tribune publiée dans « Le Monde ». Ils se présentaient comme "un groupe de diplomates français de générations différentes, certains actifs, d'autres à la retraite, et d'obédiences politiques variées". Ils affirmaient : "L'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore". "La voix de la France a disparu dans le monde."

La raison profonde de cet enlisement? "Notre politique étrangère est placée sous le signe de l'improvisation et d'impulsions successives qui s'expliquent souvent par des considérations de politique intérieure" (…) des erreurs auraient pu être évitées, imputables à l'amateurisme, à l'impulsivité et aux préoccupations médiatiques à court terme." Dans leur viseur, pêle-mêle: une Union pour la Méditerranée "sinistrée", une politique au Moyen-Orient "devenue illisible". « Nous sommes à l'heure où des préfets se piquent de diplomatie, déploraient-ils, où les « plumes » conçoivent de grands desseins, où les réseaux représentants des intérêts privés et les visiteurs du soir sont omniprésents et écoutés".

Les signataires ne connaissaient pas encore le parcours d’un « exemple » de la diplomatie sarkoziste, le dénommé Boris Boyon: mafiosi à Bagdad, insultant à Tunis, pour finir trafiquant à Paris en se faisant arrêter Gare du Nord avec près de 400.000 euros en liquide dans les poches. J’oubliais la libération des infirmières bulgares « obtenue » par l’ancienne épouse du président, où plutôt par Claude Guéant qui avait ses entrées sous la tente de Kadhafi et d’amicales relations avec les porteurs de mallettes argentées ainsi que la presque rupture avec le Mexique pour une sombre affaire de rapt. Que du succès, que du prestige. Et rien, rien du tout – pour Salah Hamouri, notre compatriote enfermé sept ans dans les geôles israéliennes pour de simples supputations. En fait, la voix de la France est devenue la risée du monde. On aurait pu se dire « Mais ça, c’était avant. »

Avec l’arrivée de Hollande on allait voir ce qu’on allait voir. Or, ce n’est plus seulement du bling-bling auquel nous assistons, c’est aussi une série d’engagements politiques à faire se retourner dans sa tombe le célèbre et talentueux diplomate Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.

Comme pour la Libye et avec le même « conseiller spécial », le sinistre BHL, alors qu’il fallait écouter et aider l’opposition laïque et démocratique syrienne, les nouveaux chefs de guerre parisiens frémissaient à l’idée de bombarder Damas. Patatras, Washington n’a pas suivi. A Kiev, le très modeste et humble Fabius se vantait d’avoir été le « moteur » d’un accord qui en fait a favorisé l’arrivée au pouvoir du roi du chocolat et sa clique plus réac tu meurs, et une guerre dans l’est de l’Ukraine. Le couple Hollande-Fabius roule des mécaniques devant les Russes, envoie des avions de chasse en Pologne tandis que les rusés Allemands composent une autre musique avec Poutine. Faut-il ajouter l’Afrique et l’enlisement au Mali, la protection du nouveau pouvoir corrompu et répressif en Côte d’Ivoire ; faut-il ajouter l’interdiction de survol du territoire français de l’avion présidentiel bolivien…

C’est surtout l’alignement de la politique française sur celle de Netanyahu qui marquera désormais et pour longtemps la politique internationale de la France : une complicité écrasante avec les massacreurs du peuple de Gaza qui devront un jour où l’autre comparaître pour crimes contre l’humanité.

Les mêmes diplomates français qui sous Sarkozy critiquaient une politique internationale marquée par « l’amateurisme », la qualifient aujourd’hui « d’inaudible ». Inaudible, quand elle se limite à la « retenue » alors que plus de mille Gazaouis parmi lesquels de nombreux enfants sont morts sous les bombes israéliennes ? Inaudible, lorsqu’on laisse des jeunes Français incorporer l’armée de Tel-Aviv ? Inaudible, lorsqu’on accepte que 6000 prisonniers politiques palestiniens croupissent dans les geôles israéliennes ? Inaudible, lorsqu’on refuse d’entendre la voix de Marwan Barghouti, le Mandela palestinien ? Inaudible, lorsqu’on se range derrière les assassins ? Le bruit n’est que trop lourd. On entend la mort…

José Fort

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 13:05

Prison d’Hadarim, cellule 28

Marwan Barghouti : « Le chemin de la liberté et de la dignité est pavé de sacrifices »

Nos amis de Ramallah viennent de me faire parvenir un appel que lance Marwan Barghouti à son peuple et au monde.

« Permettez-moi tout d'abord de saluer notre peuple, les martyrs tués au cours de la barbare agression israélienne contre la bande de Gaza, notamment les enfants, les femmes et les personnes âgées, de saluer le soulèvement populaire à Jérusalem, en Cisjordanie et à l’intérieur d’Israël ainsi que les mouvements de résistance. De ma cellule étroite, parmi les milliers de Palestiniens emprisonnés, je souligne ce qui suit:

« Je condamne l'agression barbare contre notre peuple en soulignant que c'est une agression contre toute la Palestine et la totalité de notre nation, contre tous les Arabes, les musulmans, tous les gens épris de liberté à travers le monde,

« J'appelle les dirigeants palestiniens, à commencer par le Comité exécutif de l'OLP, le Comité central du Fatah, le président Mahmoud Abbas, son gouvernement, la direction de la bande de Gaza, de prendre part, aux côtés de notre peuple, dans la bataille constante de résistance, de la levée du siège et de la reconstruction,

« J'appelle notre peuple à lancer un mouvement populaire massif et à prendre part aux manifestations contre l'agression et l'occupation,

« La nécessité de lever le blocus inhumain contre notre peuple dans la bande de Gaza, d'assurer l'ouverture de tous les passages, aussi bien qu’à veiller à l'ouverture du passage de Rafah immédiatement et de façon permanente,

« J'appelle les services de sécurité palestiniens et les forces nationales à défendre leurs obligations en protégeant nos citoyens dans tout le pays,

« Il est important de saisir à nouveau l'Organisation des Nations Unies pour obtenir la totalité de l’adhésion de l'Etat de Palestine, et d’accéder à toutes les conventions et institutions assurant la protection des droits de notre peuple, à commencer par la Cour pénale internationale,

« Le chemin de la liberté et de la dignité est pavé de sacrifices. Les nations ne doivent pas baisser les bras, elles ne peuvent pas être vaincues et doivent refuser de coexister avec l'oppression et l'occupation. Notre peuple a des ressources inépuisables pour poursuivre la lutte. Nous avons l'obligation de transformer son sacrifice en victoires politiques les portant au plus près de la liberté et de l'indépendance. Notre peuple doit unifier ses efforts pour en finir avec l'occupation et incarner l'unité nationale qui constitue la loi de la victoire pour les peuples opprimés.

Enfin, je dis à notre peuple palestinien, partout où qu’il soit : notre rencontre prochaine viendra bientôt, tout comme ces barreaux de prison, comme le siège, l'oppression et l'occupation, seront vaincus.

Marwan Barghouti

Prison d’Hadarim, cellule 28

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 18:42

Qui est à l’origine du crash du Boeing 777 de la Malaysia Airlines au dessus de l’Ukraine ? Washington, Kiev et Paris ont très (trop ?) vite affirmé que les insurgés de Donetsk avaient tiré un missile super sophistiqué puisque capable de détruire une cible volant à plus de 10.000 mètres. Du matériel bien entendu fourni par Moscou, assistance technique comprise.

Les Russes ont démenti et voici qu’ils annoncent – eux aussi – disposer d’enregistrements indiquant qu’un avion de chasse ukrainien se trouvait à proximité de l’appareil commercial quelques instants avant la catastrophe.

Attendons donc, sans se précipiter, les résultats de l’enquête. On peut toutefois se poser quelques questions : est-il normal qu’un avion commercial survole une zone de guerre ? Les services occidentaux, ukrainiens et russes disposant du suivi des radars et d’enregistrements ne doivent-ils pas rendre publics tous les documents ? Enfin, est-il totalement déraisonnable d’établir une relation avec le Boeing de la même compagnie disparu récemment dans l’océan indien ?

José Fort

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 19:24

Il y a trente-cinq ans, Jean Ortiz, correspondant de “l’Humanité”, avait couvert pour notre journal la libération du Nicaragua. Nous étions en liaison directe. Trente cinq ans après, j’ai demandé à Jean de nous écrire ce texte.

Que veux-tu que je te raconte, José, que tu ne saches déjà...

Il me reste de la révolution sandiniste et de la terrible lutte de libération contre la dictature héréditaire des Somoza, satrapes sanguinaires et vampiresques, des chansons, des odeurs, des chants d'oiseaux. Les "muchachos" (adolescents combattants) me familiarisèrent avec les Galil, les FAL, les M16, avec les "bombas de contacto", de fabrication "casera" (domestique), mais aussi et surtout avec le chant de leurs complices, de leurs messagers, les cenzontle, les zorzales, les chocoyos, les guardabarrancos... Ces noms délicieux, je les entends encore dans les chansons emblèmes des frères Mejía Godoy, Luis Enrique et Carlos, dans la "messe créole" chantée par les deux chantres du sandinisme de l'époque, sur un texte magnifique du poète chrétien révolutionnaire, ex ministre de la culture, Ernesto Cardenal. Enchanteur d'une île de son lac: Solentiname, et sa communauté. Souvenez vous... avec sa barbe blanche... le pape "vainqueur du communisme" le pressa, sur le tarmac de l'aéroport César Sandino de Managua, de s'agenouiller afin d'expier sa contagion marxiste... assumée.

Lors de mon premier séjour discret pour "L'Huma", après l'assassinat du leader de l'opposition bourgeoise, Pedro Joaquín Chamorro, je contactai le petit parti communiste (PSN) et le FSLN, dont nous savions peu de chose et... avouons-le, au sujet duquel nous avions quelques réticences. Des guévaristes? Des pro-Cubains? Une tendance du FSLN qui se réclame du marxisme, une autre qui flirte avec l'Internationale Socialiste... De quoi perturber nos schémas habituels d'antan.

Je me souviens que je fis un rapport à "Fabien" où je disais que ce Front sandiniste et ses jeunes "muchachos" étaient "l'avant-garde" d'une révolution en marche... que cela nous plaise ou pas. Le fondateur du FSLN, Carlos Fonseca Amador, s'inspira de l'exemple cubain et était un marxiste accompli.

Ensuite les choses s'accélérèrent, les préventions disparurent, et Georges Marchais se rendit rapidement à Managua libérée. Nous fûmes hébergés dans un quartier où l'on entendait encore des tirs. Incrédules, nous nous en demandions l'origine.

Le vieux coucou qui nous amena de La Havane à Managua n'avait que quelques sièges. Le reste c'étaient des caisses de volailles, d'aliments, pour la jeune révolution dans un pays dévasté. Le vol internationaliste fut assez déséquilibré et pittoresque.

Je ne te raconterai rien d'exceptionnel, aucun combat, les moments où l'on a peur... l'héroïsme n'existe pas. Il consiste à maîtriser la peur.

Je me souviens de ces gamins aux flingues automatiques plus hauts qu'eux... ils avaient 14 ou 16 ans sur les barricades de Managua, de Masaya, de Monimbo, au "front nord", au "front sud". Les "comandantes" avaient à peine vingt ans. De jeunes "guerrilleras" dans leur tenue vert-olive resplendissaient d'espoir. Du temps de Somoza, avant ce 19 juillet 1979 de libération, le tyran jetait les jeunes opposants dans le cratère du volcan Masaya. Je n'y vis que des milliers de perruches vertes.

Victorieuse Nicaragüita, la petite Nicaragua aimée... au prix de 30 000 morts; "muchachos" et "muchachas" laissaient partir les "bestias", les gardes nationaux, la garde prétorienne du reître, en criant "implacables au combat, généreux dans la victoire", et ils ne leur tiraient pas dessus. Ces "bestias" reviendront comme "contras" quelques mois plus tard, sans pitié. Ils massacreront des médecins, des alphabétiseurs, des paysans de la réforme agraire. Reagan les baptisera "Combattants de la liberté". Et toute l'intox de nos médias libres...

Et puis, je me souviens d'une nuit dans une cabane, entre le Honduras et le Nicaragua, où j'attendais, seul, le "vaqueano" (le passeur), et où les cris lugubres des coyotes glacèrent mes insomnies.

Et puis encore... tiens un scoop... "Radio Sandino" qui émettait d'un "territoire libre " du Nicaragua... se trouvait plus précisément au-dessus de San José du Costa Rica se trouvait également à San José la "junte de gouvernement", avant d'entrer au Nicaragua libéré. La belle "enlace" (agente de liaison) qui nous informait, était à l'époque une jeune poétesse de talent. Elle est devenue une grande romancière, Gioconda Belli.

Lorsque j'ai pénétré à Managua dans ma chambre, à l'hôtel pyramidal "Intercontinental", des grenades et un treillis de la garde gisaient sur le lit. Dehors, un monde nouveau naissait. "Sandino vive".

Jean Ortiz

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