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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 16:46

Le président de Syriza et candidat à la présidence de la commission européenne effectue depuis lundi un bref séjour à Moscou. Alors que les diplomaties occidentales et nord-américaine refusent un véritable dialogue avec la Russie, alors que les gouvernants français multiplient les provocations (lundi encore, E. Guigou brandissait la menace de sanctions renforcées comme l’avait fait la veille F. Hollande) s’enfermant ainsi dans le refus de trouver une solution pacifique à la grave crise ukrainienne, Alexis Tsipras a choisi le contact direct, l’échange, la diplomatie active.

Hier, il a rencontré Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération de Russie (Chambre haute) qui fait partie des personnalités russes que l’administration Obama et l’Union européenne ont suspendu de visa et gelé d’éventuels avoirs. En marge de la réunion avec Alexis Tsipras, elle a déclaré à propos des sanctions. « C’est sans précédent. Il s’agit d’un chantage politique. Je peux vous assurer que je n’ai ni compte, ni actif, ni propriété à l’étranger. »

Alexis Tsipras et la présidente du Conseil de la Fédération russe ont consacré l’essentiel de leur entretien à la situation en Ukraine. Le candidat à la présidence européenne devait rencontrer le ministre russe des Affaires étrangère Seigueï Lavrov, un rendez-vous annulé au dernier moment, le chef de la diplomatie russe ayant été contraint de quitter Moscou. Des rumeurs circulaient hier soir, sur une possible rencontre avec le président Poutine.

José Fort

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 08:59

« Ils l’ont tué ». Ce 9 mai 1978 en début d’après midi, tout Rome résonne de ce cri. Le corps d’Aldo Moro, président de la démocratie chrétienne (DC), enlevé le 16 mars par les Brigades rouges après l’assassinat de ses cinq gardes du corps, vient d’être découvert dans une voiture garée dans le centre de la ville. Sur le siège, un cadavre. Une balle dans la nuque.

« Un crime avec préméditation », écrit Antoine Acquaviva dans « l’Humanité ». Il poursuit : « Les portes du gouvernement s’ouvraient devant le parti communiste italien (PCI), leurs battants poussés par 35% de citoyens ayant donné confiance et suffrages aux communistes. Les mobiles du meurtre sont patents. L’évolution de M. Moro (favorable à une alliance avec le PCI, ndlr) allait dans le sens d’une évolution démocratique de l’Italie. »

Pour bien signifier le sens de leur action, les tueurs ont déposé le cadavre à mi-chemin entre le siège du PCI et celui de la DC. Au fur et à mesure que la nouvelle se répand à Rome, la foule se presse devant les locaux des deux principaux partis politiques italiens. Visages graves, cris de colère. Quelque chose a changé dans les rues du centre de la capitale. Le climat d’insouciance apparente de cette ville aux palais somptueux a disparu. Déjà, des transistors parviennent les nouvelles du reste de l’Italie. Dans le nord industriel, à Milan, à Turin, les salariés, spontanément, ont cessé le travail.

Des nouvelles semblables parviennent du sud du pays. Dans une édition spéciale, « l’Unita », journal du PCI, saluant la mémoire d’Aldo Moro, écrit : « La lutte d’une nation agressée par des ennemis implacables – décidés par tous les moyens à la faire dévier de la route démocratique librement choisie – entre dans une phase nouvelle qui sera certainement dure et difficile. Cette lutte devra être conduite jusqu’au bout. » « Laissons les Brigades rouges à leurs macabres mises en scène », écrit de son côté Antoine Acquaviva dans « l’Humanité ». Elles ne sont que l’instrument, le « bras armé » d’un projet criminel visant à fusiller, au-delà d’un homme, un type de société, de relations humaines, de développement social et économique. »

Aldo Moro, âgé de 61 ans, avait été jusqu’aux derniers jours qui précédèrent son enlèvement l’un des principaux artisans du rapprochement de la démocratie chrétienne avec le parti communiste italien. Il avait de grandes chances d’être élu – avec l’appui des communistes – président de la République. Sa carrière politique avait commencé au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Juriste et député de l’Assemblée constituante de juin 1946, il fut l’un de ceux qui participèrent à l’élaboration de la Constitution républicaine. Né le 23 septembre à Maglie, dans les Pouilles, il avait fait des études de droit à l’université de Bari. Il fut ensuite avocat, professeur de droit avant de « monter » à Rome où il devint en 1939 président de la fédération des universitaires catholiques, d’où étaient issus un grand nombre de dirigeants de la démocratie chrétienne.

Toujours réélu député à Bari depuis 1946, entré au gouvernement comme sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Aldo Moro avait été cinq fois président du Conseil et dirigea, de 1963 à 1968, le premier gouvernement italien dit de centre-gauche où étaient entrés des socialistes. Il savait que la DC ne pouvait pas gouverner seule, l’alliance avec les socialistes visant à maintenir les communistes hors du pouvoir. Il fut à nouveau président du Conseil entre 1974 et 1976, années du dernier gouvernement de centre gauche avant d’être élu président de la Démocratie chrétienne en remplacement de M. Fanfani. Les élections législatives de 1976 avaient donné 35% des voix au PCI. Il n’était plus possible de tenir les communistes à l’écart de la vie politique, bien que de nombreux dirigeants de la DC n’admettaient pas leur participation au gouvernement. Aldo Moro était de ceux qui prônaient le contraire. Ce positionnement a déchaîné les tueurs. Qui les inspiraient ?

On les appelaient « Brigades rouges » dans l’intention de dissimuler leur noir couleur, leurs noirs desseins. Les « BR » avaient été créées en 1970 par un certain Renato Curcio, âgé de 35 ans, licencié en sociologie, pour mieux passer sous silence son passé néo-fasciste. La stratégie des « BR » tenait en une formule : « frapper au cœur de l’Etat ». Un Etat né de la Résistance. Premières cibles : les syndicats ouvriers accusés de « collaborer » avec le capitalisme, le parti communiste accusé de « trahir » la classe ouvrière, des dirigeants de la DC accusés de « renier » leur foi et de pactiser avec le diable. Et puis, pêle-mêle, des magistrats, des entrepreneurs, des élus, des journalistes… Bref, ceux que les « BR » désignaient comme des agents de l’Etat bourgeois.

Depuis, on en sait un peu plus sur les véritables inspirateurs du crime. Le dirigeants des Etats-Unis de l’époque, inquiets de la possible arrivée au pouvoir des communistes italiens, avaient chargé les services spéciaux de noyauter les « BR ». De l’argent et des armes ont été fournis à des circuits clandestins mêlant des proches de l’appareil d’Etat et des hommes de la Mafia disposant de réseaux passant par la France et l’Espagne. A l’époque, Antoine Acquaviva ne disposait pas de ces informations. Ce qui ne l’empêchait pourtant pas d’écrire dans « l’Humanité » : « Le terrorisme en Italie, en RFA, voire en France – quelles que soient les diversités des situations - fait désormais partie de la panoplie du capitalisme. Le dénoncer, le combattre, c’est défendre la liberté. Faire œuvre révolutionnaire. »

La plupart des jeunes embrigadés dans les « BR » ont cru qu’ils agissaient efficacement contre l’ordre bourgeois établi. En fait, ils servaient de supplétifs à ceux qu’ils pensaient combattre. Beaucoup, sans renier les motivations de leur engagement de jeunesse, reconnaissent aujourd’hui avoir été manipulés. En 2009, il est commode de s’en prendre à certains d’entre eux, de les pourchasser, alors que « repentis » ils ont été accueillis en France après un accord d’Etat à Etat sous la présidence de François Mitterrand. Un accord visant à sortir définitivement des « années de plomb ». Il est plus facile de s’en prendre à des boucs émissaires qu’aux véritables commanditaires des crimes. Parmi eux, un prix Nobel de la Paix : Henry Kissinger.

Dans une de ses dernières lettres adressées aux dirigeants démocrates chrétiens, Aldo Moro écrit sous la dictée peut-être, sous la surveillance certainement, de ses geôliers : « Si vous n’intervenez pas, une page terrifiante de l’histoire italienne sera écrite. Mon sang retombera sur vous, sur le parti, sur le pays. Que la sentence (la condamnation à mort décidée par les kidnappeurs, NDLR) soit appliquée dépendra de vous. Si la pitié l’emporte, le pays n’est pas perdu. » Aldo Moro ne savait pas que son sort était scellé par ses propres amis de la DC, particulièrement le sulfureux Andreotti, qui avaient décidé, en accord avec la direction du PCI, de ne pas répondre aux injonctions des Brigades rouges. Ce que le leader démocrate chrétien ne savait surtout pas, c’est que son enlèvement, puis sa mort avait été décidés à des milliers de kilomètres de Rome. Du côté de Washington…

Ceux qui, aujourd’hui encore, tentent d’expliquer la violence des groupes dits « révolutionnaires » se réfugient derrière le prétexte d’une « politique d’Etat répressive ». Ils feignent d’oublier les dérives sanglantes et les conséquences dramatiques pour la démocratie italienne d’une aventure programmée par d’autres. Ils passent sous silence la machiavélique manipulation dans laquelle sont tombés des jeunes italiens engoncés dans leurs certitudes sans lendemain.

Les archives des services nord-américains et britanniques récemment déclassifiées confirment que les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France et l’Allemagne avaient envisagé « une série de mesures » en 1976 pour « contenir » la puissance du PCI et la possible mise en œuvre du « compromis historique » ouvrant la voie à une alliance des communistes avec les démocrates chrétiens. En mai 1996, l’ex-directeur de la CIA, William Cosby avoue que Washington a versé de « grosses » sommes d’argent pour prévenir « le péril rouge ». Les archives britanniques - des centaines de documents – relatent des réunions diplomatiques, l’échange de correspondance entre les hommes au pouvoir en Occident, de multiples analyses. Un des textes intitulé « Italy and the communists : options for the West », propose de réfléchir à une action en « soutien à des actions subversives ».

Le secrétaire d’Etat américain, Henry Kissinger, spécialiste des coups tordus et des putschs comme celui qu’il a personnellement inspiré au Chili en 1973, souligne auprès de ses partenaires que les Etats-Unis « craignent » pour la sécurité de l’OTAN et qu’avec l’arrivée au gouvernement des communistes en Italie des documents sensibles, notamment dans le domaine nucléaire, pourraient « finir à Moscou ». A Bruxelles, on évoque une « possible catastrophe » si Enrico Berlinguer, secrétaire général du PCI, accède au pouvoir. On s’inquiète que les bases de l’OTAN en Italie soient infiltrées par des « fonctionnaires communistes ». On envisage même d’expulser l’Italie de l’Alliance Atlantique. C’est à partir de ces analyses que des plans sont élaborés par la CIA en liaison avec les services spéciaux italiens pour « infiltrer et financer » les organisations « en capacité de rompre le processus engagé en Italie ».

L’argent coule à flot, les armes transitent grâce à la mafia, de nombreux dirigeants démocrates chrétiens et socialistes ainsi que des chefs des services secrets italiens sont aux ordres. « Aux jeunes fous de jouer », s’exclamera, hilare, entre cigare et verre de cognac, Henry Kissinger, selon un ancien du département d’Etat. Kissinger ? Un sinistre personnage que l’on continue encore et encore à encenser alors qu’il a mené les pires opérations criminelles dans le monde.

José Fort la

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 16:48

On commence à y voir un peu plus clair dans l’affaire de la radio anti gouvernementale cubaine « Radio Republica », porte voix d’un groupe établi à Miami (« Directoire démocratique cubain », financé par la « Fondation nationale pour la démocratie », relais de la CIA) qui émet depuis le sol français. Plus précisément depuis le centre émetteur de radio en ondes courtes dit « d’Issoudun » géré par TDF, plus précisément encore sur le territoire de la commune de Saint-Aoustrille dans l’Indre. Rappelons que le député André Chassaigne vient d’interpeller la ministre de la Culture et de la Communication, Mme Aurèlie Filipetti sur « la légalité de l’émission d’une radio étrangère à partir d’un émetteur TDF ».

Comment expliquer qu’une radio installée à Miami à quelques encablures de Cuba utilise des installations françaises éloignées de plusieurs milliers de kilomètres ? La puissance des structures de TDF Issoudun permet d’arroser en ondes le monde entier contournant ainsi les brouillages éventuels. D’autres questions sont posées.

TDF, c’est quoi ?

Anciennement Télédiffusion de France, TDF est la marque légale de l’entreprise depuis 2004. Principaux clients : les chaînes de télévision, les stations de radios, les opérateurs de téléphonie mobile. Radio France internationale utilisait ces structures préférant désormais le satellite et la modulation de fréquence. L’actionnariat se présente ainsi : Texas Pacific Group, aujourd’hui TPG Capital (42%), Caisse des dépôt et consignations (24%), Ardian (ex Axa, 18%), Charterhouse Capital Partners (14%), divers (2%).

TPG Capital, c’est quoi ?

Il s’agit du plus important fonds d’investissement nord-américain né en 1992. Il gère environ 30 milliards de dollars. Parmi ses principaux conseillers figure Bernard Attali (frère jumeau de Jacques) qui a occupé des fonctions allant de la Datar à la Cour des Comptes, de la Deutsche Bank au Gan, de Bankers Trust France à Air France… Chez TPG Capital, il a le titre de « senior advisor », conseiller spécial pour la France.

TPG Capital et la Fondation nationale pour la démocratie ?

La Fondation nationale pour la démocratie (NED), créée par Ronald Reagan en 1982 est l’une des vitrines légales de la CIA ayant officiellement pour objectif l’aide aux oppositions des « gouvernement non amis ». Elle dispose de crédits alloués par le Congrès. Pas seulement : elle établit des « partenariats » avec des institutions, des banques, des associations nord-américaines et dans le monde entier. TPG Capital est un « partenaire » de choix de la NED.

Est-il possible de refuser un service à ses amis ?

Dans le cas de la radio anti cubaine émettant depuis le territoire français, nous pouvons aider les services de la ministre de la Culture et de la Communication à préparer la réponse au député Chassaigne. La Fondation nationale pour la démocratie (NED) constatant des difficultés de réception de « Radio Républica » a demandé à son partenaire TPG Capital d’intervenir comme actionnaire principal auprès de TDF pour ouvrir un espace à la radio anti gouvernementale cubaine. Bref, du « partenariat » avec l’actionnaire principal. Le ministère de tutelle ne manquera pas de répondre à la question essentielle : TDF étant placée sous le contrôle du gouvernement français qui a signé l’autorisation d’émettre ? Le « senior advisor » ? Un haut fonctionnaire ? Un ministre ?

José Fort

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 19:37

On savait le gouvernement français capable d’interdire le survol de l’Hexagone à l’avion présidentiel bolivien à la demande de Washington fantasmant sur la présence à bord d’Edward Snowden. Cette fois, on apprend qu’une radio anti gouvernementale cubaine « Radio Republica », porte voix d’un groupe établi à Miami (« Directoire démocratique cubain », financé par la « Fondation nationale pour la démocratie » qui a pris le relais de la CIA) émet depuis le sol français. Plus précisément depuis le centre émetteur de radio en ondes courtes d’Issoudun dans l’Indre, géré par TDF. Ce trafic des ondes a lieu dans la discrétion la plus absolue. Le député André Chassaigne vient d’interpeller la ministre de la Culture et de la communication, Mm Aurèlie Filipetti sur « la légalité de l’émission d’une radio étrangère à partir d’un émetteur TDF ». En attendant la réponse, il n’est pas interdit ou plutôt il est recommandé de poser quelques questions.

Le « directoire démocratique cubain » et sa radio « républica » ?

Cette organisation basée à Miami regroupe des éléments violemment hostiles au gouvernement de La Havane, allant jusqu’à commettre des actes terroristes sur le sol cubain. Objectifs : campagne de propagande notamment à l’aide de la radio « républica », actions subversives et de déstabilisation Le financement de ce groupe est assuré par la Fondation nationale pour la démocratie (NED).

La NED, c’est quoi ?

Cette « respectable » fondation a pris le relais de la CIA à l’instigation de Ronald Reagan en 1982. Son financement est voté par le Congrès. Elle se veut un outil moins voyant que la CIA en poursuivant les actions secrètes sous un paravent de « coopération » avec le même objectif : déstabiliser les « gouvernement non amis » par le financement des oppositions comme en Ukraine actuellement. Les fonds sont gérés par un conseil d’administration où sont représentés le Parti républicain, le parti démocrate, la chambre de commerce des Etats-Unis et le syndicat AFL-CIO. La fondation entretient des relations avec des institutions dans le monde entier. En France, avec la Fondation Jean Jaurès et la Fondation Robert Schuman.

Le centre TDF d’Issoudun ?

Il a été créé avant la Seconde guerre mondiale et a pris un réel essor dans les années 1950. Surveillé de très près par les gouvernements, il assurait la diffusion de Radio France International, particulièrement en direction de l’Europe de l’Est. RFI se tournant vers le satellite et la modulation de fréquence ainsi que la fin de l’URSS ont modifié les objectifs de TDF à la recherche de nouveaux clients.

Tous les contrats signés par TDF sont soumis pour approbation aux instances gouvernementales. Un accord entre la NED, des autorités françaises et la radio a donc obligatoirement été signé. Par qui ?

Une affaire qui tombe mal

Laurent Fabius a effectué, il y a peu, un court séjour à La Havane annonçant un renforcement des relations franco-cubaines. Le ministre français des Affaires étrangères n’a pas fait le déplacement pour la beauté de l’île, encore moins pour témoigner à Cuba de sa solidarité face au blocus yankee. Il y est allé, et c’est tant mieux, pour accélérer la signature de nouveaux contrats craignant, à juste titre, d’arriver trop tard pour un éventuel partage du gâteau. Mais la révélation sur l’émission d’une radio étrangère depuis la France vers la Grande Ile ne risque-t-elle pas de gâter l’avenir ?

José Fort

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 12:56

Le texte ci-dessous est sans aucun doute de Marie George Buffet sous la signature d’une de ses collaboratrices. Je me marre en lisant « le talent fait toujours peur à ceux qui n'en ont pas. » Lisez, oui, c'est dans le texte. Il engage un débat sur l'avenir du FDG alors qu'une résolution du Comité national du PCF invitait à reporter le débat au lendemain du scrutin européen. En ce qui me concerne, j’ai respecté le vote de mes camarades du CN. Mais là, trop c’est trop. Je constate que de nombreux dirigeants du PCF n'appliquent même pas leur propre résolution. Dans ces conditions, pourquoi rester silencieux ? Pourquoi ce texte de Marie George sous couvert de Brigitte Dionnet publié dans l’Humanité à la suite de plusieurs autres allant dans le même sens ? Lisez ce texte. Ce que veulent ces camarades, c'est tout simplement la liquidation du PCF et l'émergence d'une nouvelle formation politique. Le reste relève de l'enfumage.

Par Brigitte Dionnet, membre du Conseil national du PCF

Ne tournons pas autour du pot. Faut-il ou non continuer le Front de gauche avec les partis qui l’ont créé ? Il faut d’abord répondre à cette question pour se demander ensuite s’il faut l’élargir, le refonder, le dynamiser, l’enrichir, ou ne sais-je quoi encore. Pour ma part, je réponds oui pour les mêmes raisons que celles qui, au lendemain de l’élection présidentielle de 2007, ont poussé à sa création. Quelles sont-elles ?

Tout simplement celles qui reposent sur la volonté de conserver une perspective de transformation sociale pour ce pays, de ne pas voir mourir l’idée de révolution, de pouvoir continuer à penser une « utopie révolutionnaire », comme disait le regretté Albert Soboul. Car, avec l’affaiblissement continu de notre parti, nous ne voulions pas que sonne le glas d’une telle perspective alors qu’en 2005 le rassemblement pour le non de gauche au TCE était au contraire très prometteur.

Le Front de gauche et la démarche politique qui ont conduit à sa création restent-ils valables aujourd’hui ? J’ai envie de dire plus que jamais pour qui veut transformer vraiment la réalité. Cela suppose donc d’abandonner toute illusion sur cette réalité ou tout renoncement à vouloir la changer, ce qui reviendrait de facto à s’accommoder au mieux de ce qu’il n’est plus possible de changer et donc de se résigner à l’aménager. Illusion et résignation qui peuvent d’ailleurs se conjuguer parfaitement avec l’idéalisation d’un PCF virtuel. Pour que le PCF soit utile à autre chose qu’à lui-même, il doit être utile à la transformation de la société. Et pour cela il faut croire cette transformation possible et le vouloir en tant que force politique. Ce qui se traduit en termes politiques par le choix de se mettre au service de cette transformation et d’en décliner les conséquences concernant le rapport de forces et les alliances politiques sans a priori, et en faisant passer l’esprit de boutique au second plan. Ce qui revient, par exemple, à ne pas considérer comme inéluctable l’influence dominante du PS sur la gauche, qui obligerait donc à s’en accommoder et donc à n’avoir comme seule marge de manœuvre les conditions dans lesquelles tirer les meilleurs marrons du feu possible.

Aussi, la question qui reste posée au lendemain de ces élections municipales reste la même qu’au lendemain de l’élection présidentielle de 2007 : peut-on trouver un autre chemin que celui du renoncement au changement, avec un PCF poursuivant sa route seul ? Le résultat du Front de gauche à l’élection présidentielle de 2012 en avait ouvert la voie. Qu’avons-nous fait de cet espoir ? Qu’avons-nous fait de cette construction populaire ? Parler de mobilisation populaire, de dynamique citoyenne est une chose. Lui permettre de se déployer en est une autre. Ce n’est pas en opposant les partis qui constituent le Front de gauche au « peuple » que nous y arriverons. Car, justement, le Front de gauche, par son existence, a permis à une dynamique citoyenne d’entrevoir un débouché politique à gauche sans être dans le ni-ni (ni le PS ni l’anti-institutionnel). Avec 11 % et quatre millions de voix, nous avons ouvert une fenêtre sur l’espoir d’autre chose. Mais nos déconvenues dans les scrutins suivants ne sont-ils pas le signe d’une perte de cet espoir par un déficit de poursuite de notre démarche ? Non pas à cause de problèmes de personnes mais bien de politique. Sommes-nous restés sur la démarche politique qui avait fait le succès : n’avoir comme seule boussole que l’intérêt populaire ? Le débat entre partis du Front de gauche n’était pas un débat de personnes mais de fond : quelle attitude adopter à l’égard du gouvernement et de la politique du Parti socialiste ? Car le débat ne portait pas sur « toute la gauche » ou « une petite gauche » à côté « d’une grande » ; d’ailleurs cette démarche équivaudrait à se rallier à l’idée de cette inéluctabilité d’une dominance du PS sur la gauche. Non, le débat portait sur la nature de la politique du gouvernement. Et je crois qu’il est difficile aujourd’hui de continuer à refuser de se dire opposé à ses choix. Pourtant c’est bien cette notion d’opposition qui a d’abord fait débat ! Le talent fait toujours peur à ceux qui n’en ont pas. Doit-on se priver de toutes les énergies qui voudraient se mobiliser avec le Front de gauche ? On ne s’en sortira pas en répondant à ces femmes et hommes en leur proposant des ateliers, assemblées ou autres… Si on veut leur reconnaître un rôle et une place, ils et elles ont droit à un pouvoir de décision et de choix à part entière que seule une adhésion leur permet.

La crise de la politique ne doit pas conduire à mes yeux à renoncer à l’existence de forces politiques, de partis politiques. Et la solution pour les citoyennes et citoyens qui ne croient plus à la politique n’est pas de leur donner raison en leur déniant la possibilité de participer à une force politique. Or soit l’on considère que tous et toutes doivent le faire au sein du PCF, soit on leur permet de choisir de le faire là où ils et elles le souhaitent. Je suis pour cette seconde solution.

Pour résumer, je crois que le changement réel dans ce pays a besoin du Front de gauche, des partis et des personnalités qui le composent actuellement pour être encore une perspective motivante et mobilisatrice. Dans ce cadre, il faut effectivement élargir ce qui existe à toutes les forces qui le souhaitent en tant que telles et aux adhésions directes de femmes et d’hommes qui ne veulent pas engager leur association ou leur syndicat, ou qui sont tout simplement des femmes et des hommes qui se reconnaissent dans notre projet commun : l’Humain d’abord. Oui, il faut une intervention citoyenne à la hauteur mais notre Révolution nous aurait-elle débarrassés du féodalisme et de la royauté sans les Lumières et sans les jacobins ? Aussi, si le passé nous éclaire, il ne peut pas être notre lanterne, ni comme modèle de société, ni non plus comme modèle de parti ou d’alliances politiques. Alors, laissons les veilles recettes même mises au goût du jour. Nous avions commencé à créer du neuf, continuons.

- See more at: http://www.humanite.fr/crise-de-la-politique-front-de-gauche-et-elections-europeennes-et-maintenant-525741

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 14:20

Apprécions la discrétion des journalistes politiquement corrects et autres éditorialistes multi cartes. Tous ont évité de préciser que la patronne de Général Electric France, qui veut se payer Alstom, se nomme Clara Guémard - épouse du célèbre député et ministre UMP qui s’est fait piquer dans une affaire d’appartement - et fille du professeur Lejeune, organisateur de manifestations anti IVG et autres gâteries ultra réac.

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 14:39

Il y a un mois, à Hô Chi Minh-Ville, le premier McDonald’s a servi 20.000 clients durant les deux jours qui ont suivi son ouverture. Objectif : cent restaurants dans le pays au cours des dix prochaines années. Burger King avait déjà inauguré le marché en 2011 provoquant l’engouement d’une jeunesse avide de produits occidentaux alors que les plus anciens avaient survécu aux guerres contre les envahisseurs japonais, les colonisateurs français, les massacreurs yankees.

L’arrivée de McDonald’s va-t-elle effacer l’image de la fuite des nord-américains et leurs hélicoptères décollant du toit de l’ambassade US à Saigon? Ce que les Américains n’ont pas fait avec le napalm vont-ils le réussir avec la mal bouffe et son cortège d’obèses ?

Un chef occidental installé à Hanoï donne une réponse : « L’euphorie actuelle est due à la nouveauté. Les fondations de la culture culinaire locale sont trop solides pour pouvoir être ébranlées. »

José Fort

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 08:47

Hollande hué à Carmaux. Son ex revenue aux affaires se prenant pour Marie Antoinette dans les couloirs de son ministère. Rocard et Juppé claquant la porte d’un « programme d’investissement » placé sous l’autorité de Montebourg. Des députés PS en « rupture » mais qui ne manqueront pas de voter pour le programme de Valls. Le bruxellois Sapin servile comme jamais. Le stratège des échecs Fabius pour l’ouverture des magasins le dimanche. L’ivresse du pouvoir atteignant les plus proches cireurs de pompe du président après le menteur chargé du budget de la France. Et pendant ce temps là, des millions de Français au chômage, dans la misère et la peur du lendemain.

Cà sent le sapin pour cette équipe totalement dévalorisée, rejetée, haïe comme l’était celle de Sarkozy. Cà sent le sapin… sauf pour le Front national trop heureux de ces cadeaux à répétition. Le PS portera une terrible responsabilité dans la dérive qui s’annonce.

José Fort

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 13:33

En soutenant les manifestants de Kiev (avec la présence des services spéciaux comme la CIA), les Occidentaux ont déclenché une crise dont ils risquent d'être les grands perdants. Une partie de l'Ukraine se tourne vers la Russie, Poutine atteint des sommets dans les sondages et la recomposition de l'Empire est en marche. Bravo les stratèges.

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 11:59

Samedi, jour de la belle et grande manifestation à Paris contre l'austérité, on a entendu sur toutes les ondes "gauche de la gauche"et "extrême gauche". Faudrait que dans les rédactions, on s'habitue à dire "le parti socialiste" et "la gauche". Tout simplement.

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