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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 10:21

Franchement, Poutine n'est pas ma tasse de thé. Mais entendre samedi matin sur France Inter comparer Mikhaïl Khadorkovski (l'ex-magnat du pétrole, libéré vendredi) à Mandela, c'est le monde à l'envers. Rappel: Khadorkovski, ancien du Komsomol et du PCUS, a commencé à faire de l'argent en important et en revendant des faux produits occidentaux. Puis, il a créé une banque. Puis, (bien placé, ancien du PCUS) il a participé au pillage des entreprises d'Etat. Puis, il a créé Ioukos (pétrole), puis il a financé Eltsine, puis….Il a fait dix ans de prison. "Dignement", dit-on. Dix ans, après un règlement de comptes entre parrains, entre voyous de haut vol. Al Capone, aussi a fini dignement en prison. Alors le comparer à Mandela…..

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 12:00

La République centrafricaine est un pays martyr. Cette ancienne colonie française a été pillée et abandonnée aux fous furieux, aux dictateurs, aux voleurs, aux bandits de la pire espèce. Un pays sans rien. Sans Etat, sans infrastructures, sans service de santé, d’éducation. Rien. Pas pour tout le monde, car il regorge de richesses, l’uranium, l’or, le diamant, par exemple.

Depuis l’indépendance, les régimes dictatoriaux et corrompus ont fait régner la terreur. Tous se sont payés sur la bête, laissant une population exsangue. L’épisode de Jean-Bedel Bokassa, ancien sergent dans l’armée française se faisant sacrer empereur sous l’aile protectrice de Giscard d’Estaing, reste un moment fort de l’histoire récente mêlant le ridicule à une répression de masse. « L’empereur » a disparu depuis longtemps, mais ses successeurs en costume cravate ou en boubou ont poursuivi, sous parapluie français, à ravager le pays en remplissant leurs poches et celles des « amis » venus de Paris.

Il y a un peu plus d’un an, la bande « Séléka » a pris le pouvoir à Bangui. Son chef, Michel Djotodia s’est autoproclamé président croyant son heure vampirique arrivée. Depuis, les exactions ont pris une dimension extrême, le gouvernement français qualifiant, avec raison, la situation de « pré-génocidaire » tout en évitant de s’interroger sur ses propres responsabilités. Face à cette situation catastrophique - avec en prime des affrontements entre communautés musulmane et catholique - il faudrait accepter – une fois encore – l’intervention militaire française et se taire. Il faut le dire haut et fort : sans une véritable politique de coopération faite de transfert de technologies, d’achat des productions locales à de justes prix, sans une aide soutenue en matière d’éducation, de santé, la Centrafrique restera à la merci de coups d’Etat, de l’insécurité et de la guerre. Avant une nouvelle intervention militaire.

José Fort

L'Humanité cactus 19 décembre

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 17:48

Un article publié dans « l’Humanité Dimanche », 12 décembre

En voyant la flopée d’hypocrites venus des quatre coins du monde, Nelson Mandela aurait pu rire à gorge déployée. Lorsque les ex-présidents nord-américains, particulièrement George Bush, sont passés, beaucoup dans l’assistance avaient à l’esprit le soutien inconditionnel de la Maison Blanche – tout comme Israël – à l’ancien pouvoir raciste de Prétoria et l’information publiée quelques heures plus tôt par Wikileaks selon laquelle la CIA a trempé dans l’arrestation de Mandela en 1962. Quand les gouvernants européens sont apparus François Hollande et Nicolas Sarkozy en tête, les ventes d’armes et l’achat de charbon au régime raciste par leurs prédécesseurs, malgré les appels au boycott, ne pouvaient passer au chapitre des pertes et profits.

Le « terroriste », selon la formule de Mme Thatcher et de la droite française des années 1980, celui qui figurait il y a peu encore (2008) sur la liste noire états-unienne , a dû franchement se marrer de les voir à ses pieds, légèrement courbés sortant des mouchoirs pour feindre d’essuyer une larme virtuelle. Ils venaient d’apprendre que Nelson Mandela lors de son arrestation en 1962 était membre du Parti communiste sud africain. Pour la plupart, il s’agissait là d’un égarement de jeunesse, comme Chirac vendant « l’Huma », vite rectifié. L’idée ne les a pas effleurés, qu’avec ses camarades, l’ancien membre du comité central du PC sud africain avait consacré l’essentiel de ses 27 années d’emprisonnement à construire peu à peu l’échafaudage de la future Afrique du Sud : non raciste, libre, démocratique, ne dépendant d’aucun clan.

Pour mener à bien cette œuvre monumentale, il fallait un personnage charismatique dégagé d’une quelconque étiquette politique, capable de rassembler : la maison commune s’appela et s’appelle toujours le Congrès national africain (ANC) regroupant des tendances fortement distanciées, le chef Nelson Mandela faisant l’unanimité entre des personnalités d’origines sociales, politiques, idéologiques d’une grande diversité. George W Bush, Barack Obama, François Hollande, Nicolas Sarkozy et les autres se sont inclinés devant celui qui fut membre du comité central du parti communiste sud-africain dirigé de main de maître par Jo Slovo, avant d’adopter une stratégie décidée collectivement lui permettant de remplir le rôle de rassembleur.

Comment expliquer le respect, l’admiration, l’adhésion qu’inspire en Afrique du Sud et dans le monde Nelson Mandela? Il y a bien sûr son courage et ses longues années de prison, son intelligence, sa gentillesse légendaire, son sourire, sa disponibilité, ses discours de paix, de tolérance, une honnêteté rigoureuse dont ses successeurs feraient bien de s’inspirer. Il y a surtout ses capacités de rassemblement. Sans sa politique de réconciliation, le pays aurait sombré dans la guerre civile. Sans son pragmatisme, les nouvelles institutions n’auraient pas pu être mises en place. Sans son sens du dialogue, son pays ne serait pas devenu une puissance mondiale décisive pour la marche du continent noir et au delà.

Cela ne suffit pas. L’homme a su rester simple, près des gens et a refusé de se transformer en icône. Il serait ridicule et criminel, aujourd’hui, de procéder à sa déification, à sa béatification, même laïque. Il en serait révolté. C’est lui même qui déclarait : « Ce ne sont pas les rois et les généraux qui font l’histoire mais les masses populaires ».

Si Nelson Mandela a été un homme d’ouverture aux autres y compris à ses anciens geôliers, il n’a jamais fait de concessions politiques comme en témoigne la déclaration du Parti communiste sud- africain ( SCAP) au lendemain de sa mort : « Le SACP a soutenu Madiba pour la réconciliation nationale. Mais la réconciliation nationale, pour lui, n'a jamais voulu dire la fin de la lutte des classes et la fin d'autres luttes contre les inégalités sociales dans notre société, comme certains voudraient nous le faire croire aujourd'hui. Pour Madiba, la réconciliation nationale était une plate-forme pour poursuivre l'objectif de la construction d'une société sud-africaine plus égalitaire, éloignée du fléau du racisme, du patriarcat et des inégalités flagrantes. Une véritable réconciliation nationale ne peut se faire dans une société encore caractérisée par le trou béant des inégalités et de l'exploitation capitaliste..."

La réconciliation ? Nelson Mandela y a travaillé dans son pays et dans son rapport au monde. Il existe des convergences étonnantes. Ainsi, il se reconnaissait pleinement dans l’éditorial de Jean Jaurès publié dans le premier numéro de « l’Humanité » : « L’humanité n’existe point encore ou elle existe à peine. À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise et comme brisée, par l’antagonisme des classes, par l’inévitable lutte de l’oligarchie capitaliste et du prolétariat.» Ou encore lorsque Jaurès affirmait que l’antagonisme surmonté « fera de chaque nation enfin réconciliée une parcelle d’humanité ». Ou encore enfin : « Le sublime effort du prolétariat international, c’est de réconcilier tous les peuples par l’universelle justice sociale. Alors vraiment, mais seulement alors, il y aura une humanité réfléchissant à son unité supérieure dans la diversité vivante des nations amies et libres. »

La réconciliation avec le monde ? Nelson Mandela a mené une politique visant à donner une place de choix à son pays dans l’arène internationale. On l’a vu à la Maison Blanche et à l’Elysée. Mais c’est à Cuba qu’il a réservé un de ses premiers voyages à l’étranger. La réconciliation, pour Mandela, n’a pas entraîné l’oubli de ceux qui ont donné leur vie en combattant les forces de l’apartheid. Mandela dont la stratégie et les tactiques ont été ajustées en fonction des conditions différentes dans lesquelles se sont déroulées ses combats n’a jamais gommé, par exemple, l’intervention armée cubaine qui a permis de battre les troupes racistes sud africaines. Il n’a pas oublié cette action décisive assurant l’indépendance de l’Angola, l'émancipation de la Namibie et tirant le coup de grâce contre l'apartheid sud-africain.

A l'issue de la bataille de Cuito Cuanavale, Mandela soulignait depuis sa prison : « Il s’agit là du tournant décisif pour la libération de notre continent et de mon peuple du fléau de l'apartheid ».

Plus tard, après avoir été élu président de la République, il déclarait: « Les Cubains sont venus dans notre région en médecins, en enseignants, en soldats, en experts agricoles, mais jamais en colonisateurs. Ils ont partagé les mêmes tranchées dans la lutte contre le colonialisme et le sous-développement. »

La réconciliation chère à Mandela? Elle imprègne désormais la politique des progressistes dans le monde. Ainsi, le dirigeant palestinien Marwan Barghouti, emprisonné depuis de nombreuses années par le colonisateur israélien, affirme dans son message à Mandela. « L’apartheid n’a pas survécu en Afrique du Sud, l’apartheid ne survivra pas en Palestine. Vous avez dédié votre vie à la cause de la liberté et de la dignité, de la justice et de la réconciliation, de la paix et de la coexistence. En Palestine, nous promettons de poursuivre le combat pour nos valeurs communes. » Pour Nelson Mandela, la lutte du peuple palestinien était « aussi celle du peuple sud-africain ».

Nelson Mandela s’est éteint. Le monde entier s’attendait un jour ou l’autre à sa mort. Pourtant, l’émotion a traversé la planète. La question, aujourd’hui, est de savoir si l’action de Nelson Mandela trouvera un prolongement en Afrique du Sud. Après sa libération et pendant son mandat de président de la République, l’objectif premier visait à débarrasser le pays du racisme d’Etat, d’établir la confiance entre les communautés, de donner une autre image du pays. La mission a été remplie. Mais si l’apartheid a été liquidé et une petite frange de la population noire a pu bénéficier d’un début de progrès économique, la corruption, l’injustice sociale et l’insécurité font des ravages. La deuxième phase de la révolution sud africaine est en panne. Les successeurs de Mandela sauront-ils dépasser ce moment crucial ?

Nelson Mandela nous a quitté mais son message de paix, de réconciliation, de tolérance, de refus de l’injustice sociale et politique reste bien présent. Pour qu’il reste vivace et conquérant, il faudra surmonter les récupérations , ajuster - et cela est valable pour tous, y compris en France - les stratégies aux contextes du moment comme Mandela avait su magistralement le faire en son temps.

José Fort

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 13:35

Depuis sa prison, Marwan Barghouti a adressé un message à Nelson Mandela au lendemain de sa mort. Un texte à donner des frissons. Le dirigeant palestinien évoque l’action de Mandela pour la paix, la liberté, la justice, la réconciliation et conclut : « Nous promettons de poursuivre le combat pour nos valeurs communes ».

Depuis le siège du gouvernement colonialiste israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il ne se déplacerait pas pour les obsèques de Nelson Mandela « pour raison d’économies ». On ne savait pas ce personnage si précautionneux de l’argent de l’Etat, lui qui fait l’objet d’une enquête pour utilisation de fonds publiques à des fins personnelles.

La vérité est ailleurs. Israël a maintenu pendant de nombreuses années des relations étroites avec les racistes de Prétoria. Accords économiques et militaires, tests nucléaires en commun dans l’océan indien, soutien aux mercenaires encadrés par l’armée sud-africaine en Angola. Israël a été le dernier pays développé à soutenir le régime d’apartheid. Ceci explique cela.

Entre Marwan Barghouti et Benjamin Netanyahu notre choix est vite fait : d’un côté, la dignité, de l’autre la bassesse, d’un côté, le courage du combattant, de l’autre la morgue du colon. Nelson Mandela savait que les dirigeants de la droite israélienne et du Parti travailliste ne l’estimaient guère. A l’heure où l’hommage à l’ancien prisonnier de l’apartheid devenu président de la République est universel, les gouvernants israéliens ont montré au monde qu’ils étaient habités encore par la haine. Leur absence aux obsèques sous un prétexte lamentable sera la dernière victoire de Nelson Mandela, le véritable ami des peuples israélien et palestinien, l’homme de la réconciliation qui inspire Marwan Barghouti, ses camarades et les forces de paix d’Israël. Netanyahu a bien fait de ne pas faire le voyage de Soweto : il aurait pollué l’hommage.

José Fort

L'Humanité cactus, 12 décembre

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 15:53

Gulnara Karimova a de quoi être inquiète. La fille d’Islam Karimov, le maître de l’Ouzbékistan depuis 1989, pressentie pour prendre la succession de son père n’est plus en odeur de sainteté à Tachkent. Rappel pour les inattentifs du cirque people. La sulfureuse Gulnara affiche plusieurs casquettes : femme d’affaires, ambassadrice, styliste... Elle est même star de la pop et a enregistré un clip avec Gérard Depardieu. Gulnara a amassé une fortune colossale et dépense à la pelle.

Au mois de juillet, elle est démise de son titre d’ambassadrice à l’ONU (à Genève) et son nom apparaît dans plusieurs affaires de blanchiment d’argent. La justice française, par exemple, s'intéresse au rachat de l’appartement parisien de l’animateur de télé Arthur pour environ 30 millions d’euros.

En septembre, sa sœur cadette -ambassadrice elle aussi mais à l’Unesco, on raffole des institutions internationales dans la famille - indique qu’elle ne lui parle plus depuis des années. Gulnara réplique en accusant sa mère et sa sœur de sorcellerie. En octobre, ses chaînes de télé et de radio sont fermées, son festival où doivent se produire des stars internationales est annulé, son cousin et proche collaborateur arrêté.

En novembre, Gulnara se rebiffe. Elle dénonce les abus du régime en matière de droits de l’homme, critique le chef de la sécurité du pays et surtout balance des tombereaux de joyeusetés sur sa mère et sa sœur en évitant de citer son père bien capable de la faire embastiller. C’est du Dallas à Tachkent où une famille en or se déchire sous fond d’argent mal acquis. Pour les fêtes de fin d’année, la famille Karimov n’a pas prévu de réveillonner ensemble comme au bon vieux temps où le patriarche dirigeait le parti communiste local. Le vieux restera à Tachkent, la fille cadette à Paris avec sa mère. Quant à Gulnara, elle serait en partance pour la Suisse, la neige helvétique étant plus sûre que celle d’Ouzbekistan.

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 01:40

La poignée de mains entre Barack Obama et Raoul Castro lors de l’hommage à Nelson Mandela constitue un évènement médiatique, peut être politique. Il faudrait toutefois éviter d’aller trop vite en besogne.

Barack Obama ne pouvait pas monter les marches de la tribune du stade de Soweto, arriver devant le parterre des présidents et ne pas saluer le premier se présentant devant lui. La Maison Blanche évoque une rencontre « non programmée ». Quoi qu’il en soit, il y a des hasards ou des situations non contrôlées qui peuvent parfois déboucher sur des avancées politiques. Dans le cas des relations entre Cuba et les Etats-Unis les cartes restent entre les mains de Barack Obama.

Le président nord-américain, lors d’un bref séjour à Miami, a déclaré il y a quelques jours qu’il fallait « reconsidérer » les relations avec La Havane tout en confirmant son soutien aux adversaires de la révolution. Une chose est certaine : l’impérialisme nord-américain caresse toujours l’espoir de renverser le socialisme à Cuba.

Alors que le président Raoul Castro assure sa disponibilité à discuter sans condition mais dans le respect de chaque partie, Barack Obama pourrait facilement ouvrir la voie au rétablissement de relations civilisées entre son pays et Cuba. Il suffirait, par exemple, de lever le blocus économique infligé à Cuba, de libérer les quatre patriotes cubains injustement emprisonnés aux Etats-Unis, d’annuler tous les plans d’assassinats de la CIA contre les dirigeants cubains, de cesser les tentatives de déstabilisation contre La Havane, d’arrêter l’aide économique et logistique à la « dissidence » cubaine, de quitter Guantanamo, territoire cubain colonisé par Washington. Ainsi seraient créées les conditions pour des relations saines. Ainsi serait dépassé le simple épisode d’une poignée de mains.

José Fort

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 19:04

Déclaration du Parti Communiste Sud-africain (South African Communist Party - SACP)

Voici la traduction par Nico Maury de la déclaration du PC sud-africain après le décès de Nelson Mandela

Note JF.On notera que le SACP indique que Mandela a été membre du parti communiste et même membre de son comité central jusqu’à son arrestation au mois d’août 1962. Il ne s’agit pas là d’une révélation mais l’information est peu connue, en France notamment.

Après son arrestation, puis lors de ses responsabilités publiques, Nelson Mandela a mené une politique de rassemblement sans appartenance (hors de l'ANC) tout en maintenant des relations chaleureuses et étroites avec le parti communiste. Voici la déclaration du PC sud africain.

« La nuit dernière des millions de personnes en Afrique du Sud , dont la classe ouvrière, les pauvres, et la population du monde entier, ont perdu un vrai révolutionnaire, le Président Nelson Rolihlahla Mandela, Madiba Tata .

Le Parti communiste sud-africain ( SACP ) se joint à la population d'Afrique du Sud et du monde pour exprimer ses plus sincères condoléances à Mme Graça Machel et à toute la famille Mandela après la perte de ce que le président Zuma a correctement décrit comme le plus grand fils de l'Afrique du Sud. Nous souhaitons également saisir cette occasion pour exprimer notre solidarité avec le Congrès national africain (ANC), une organisation qui l'a produit et qu'il a aussi servi avec distinction, ainsi que tous ses collègues et camarades de notre mouvement de libération .

Comme l'a dit Tata Madiba : " Ce ne sont pas les rois et les généraux qui font l'histoire, mais les masses populaire, les ouvriers, les paysans ... "

La mort de Mandela marque la fin de la vie d'un des plus grands révolutionnaires du 20e siècle, qui se sont battus pour la liberté et contre toutes les formes d'oppression dans leurs pays et dans le monde . Dans le cadre des masses qui font l'histoire , la contribution de Mandela dans la lutte de courage pour la liberté c'est propagée dans l'ensemble des membres et dirigeants de notre mouvement de libération révolutionnaire nationale dirigé par l'ANC. Mandela est un brave soldat, courageux , patriote et internationaliste, qui , pour citer Che Guevara, était un vrai révolutionnaire guidé par de grands sentiments d'amour pour son peuple, une caractéristique remarquable des révolutionnaires et de toutes les véritables personnes .

Lors de son arrestation, en août 1962, Nelson Mandela était non seulement membre du Parti communiste sud-africain alors clandestin, mais également membre du Comité central de notre Parti . Pour nous, communistes d'Afrique du Sud , Mandela est toujours le symbole de la contribution du SACP dans notre lutte de libération . La contribution des communistes dans la lutte pour la liberté en Afrique du Sud a très peu d'équivalent dans l'histoire de notre pays. Après sa sortie de prison en 1990, Madiba est devenu un grand et un ami proche des communistes jusqu'à ses derniers jours .

L' un des principaux enseignements que nous devons tirer des leçons de Mandela est son engagement pour l'unité de nos formations politique dans l'Alliance, ainsi que l'unité de l'ensemble du mouvement démocratique de masse. La génération de Mandela a lutté pour construire et consolider l'unité de notre Alliance, et nous devons donc, à la mémoire de Madiba, préserver l'unité de notre Alliance. Ceux qui ne comprennent pas cette mesure il faut savoir que beaucoup de sang a été versé et qu'il ne faut pas jeter de la boue à l'héritage et sur la mémoire de Madiba pour l'unité de notre Alliance .

Le SACP a soutenu Madiba pour la réconciliation nationale . Mais la réconciliation nationale, pour lui, n'a jamais voulu dire la fin de la lutte des classes et la fin d'autres luttes contre les inégalités sociales dans notre société, comme certains voudraient nous faire croire aujourd'hui. Pour Madiba, la réconciliation nationale était une plate-forme pour poursuivre l'objectif de la construction d'une société sud-africaine plus égalitaire, éloignée du fléau du racisme, du patriarcat et des inégalités flagrantes. Une véritable réconciliation nationale ne peut se faire dans une société encore caractérisée par le trou béant des inégalités et de l'exploitation capitaliste.

En l'honneur de ce brave combattant, le SACP va intensifier la lutte contre toutes les formes d'inégalité, y compris intensifier la lutte pour le socialisme, comme la seule solution politique et économique aux problèmes de l'humanité .

Pour le SACP, la disparition de Madiba doit donner à tous les Sud-Africains l'espoir d'une Afrique du Sud démocratique, et qui toujours d'une manière ou d'un autre, même à l'époque de la domination blanche, doit se réconcilier avec une Afrique du Sud démocratique fondée sur le principe de la règle de la majorité .

Nous appelons tous les Sud-Africains à imiter son exemple d'abnégation, de sacrifice, d'engagement et de service à son peuple .

Le SACP dit Hamba Kahle Mkhonto !

Traduction Nico Maury

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 00:46

Editorial de « l’Humanité » au lendemain de l’élection de Nelson Mandela à la Présidence de la République sud-africaine

Au printemps 1962, Nelson Mandela effectua, pour la première fois de sa vie, un voyage à l’étranger. Un périple au cours duquel il participa à la Conférence panafricaine. Puis il séjourna à Londres. « Cette tournée m’a laissé une très forte impression. Pour la première fois dans ma vie, j’étais un homme libre. Libre de l’oppression blanche, de l’idiotie de l’apartheid et de l’arrogance raciale, libre des coups de la police, libre de l’humiliation et de l’indignité. Partout où j’allais, j’étais traité en être humain. » Hier, peu avant midi, Nelson Mandela a été élu à l’unanimité, par la nouvelle Assemblée nationale, président de la République sud-africaine. A ce moment précis, nous avions en tête les images du plus ancien prisonnier du monde et sa libération un jour du mois de février 1990. Il n’y a aucune honte à dire que, devant notre écran de télévision, nous y sommes allés de notre larme. La lutte contre le racisme, pour la liberté et la démocratie trouvait en cet instant un accomplissement.

En écoutant les hymnes sud-africains, il y a fort à parier que l’ancien banni de Robben Island pensait à ses frères de combat tombés au cours de ces longues années de clandestinité et de détention, tous ceux qui ont été assassinés, torturés, emprisonnés parce qu’ils combattaient l’apartheid, ce régime raciste institutionnalisé que certains en France et ailleurs soutenaient indignement. Monsieur le Président Mandela, camarade Nelson, nous vous souhaitons une longue vie, du bonheur et de la réussite dans votre immense tâche. Votre succès, celui de l’ANC et du peuple sud-africain, Noirs, Blancs, Indiens et métis confondus, confirment que la marche du monde, malgré malheurs et douleurs, peut être aussi ponctuée de succès, de victoires, d’optimisme.

Hier, en milieu de journée, le peuple sud-africain était en fête. Pas seulement lui. L’élection de Nelson Mandela constitue un progrès considérable dans la dure marche émancipatrice des peuples africains, un exemple significatif pour l’ensemble de ce continent : la liberté, la souveraineté et la démocratie peuvent être conquises. Mais on aurait tort de limiter cet événement historique à la seule Afrique. Le monde entier, hier, avait les yeux rivés sur Le

Cap. Qu’ont ressenti les Noirs nord-américains et leurs frères latinos, sinon une immense et légitime fierté, un énorme espoir ? Qu’ont perçu tous ceux qui souffrent et se battent, sinon un encouragement à ne jamais baisser les bras, même aux pires moments, lorsque l’on croit que tout est perdu ?

Le nouveau président sud-africain a indiqué dans son premier discours que « tout restait à faire ». Il a invité à « l’unité dans la diversité » pour sortir une partie importante de la population du sous-développement. Nelson Mandela se veut rassembleur, homme de droit, de justice, de liberté. Dans son combat, il rencontrera des obstacles et des oppositions parfois violentes. Le soutenir, l’aider n’est pas seulement un acte de solidarité, c’est aider l’Afrique et le monde à changer.

José Fort

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 23:32

C’était peu de temps après sa libération. Nelson Mandela effectuait un voyage en France à l’invitation de François Mitterrand.

Il était tard et je m’apprêtais à quitter le siège de « l’Humanité » lorsque le téléphone sonna. Le journaliste de permanence répondra, pensais-je, puis, comme guidé par une intuition, je rebroussais chemin jusqu’à mon bureau et décrochais. En ligne, un conseiller de Nelson Mandela avec qui j’étais en relation depuis des années m’informait que le leader de l’ANC récemment libéré recevrait « l’Humanité » le lendemain matin à 10h au château de la Celle-Saint-Cloud, une résidence de la République française. « Soyez ponctuel », insista-t-il, M. Mandela doit être à l’Elysée à midi. »

Bien avant l’heure fixée, Claude Kroës, en charge de l’Afrique à la rédaction de l’Huma, le photographe des bons coups, Jean Texier, et moi attendions devant la porte du château. Les policiers de faction, après avoir consulté je ne sais qui, nous accompagnèrent jusqu’à un salon et disparurent.

C’est un homme paisible, souriant, à la taille imposante qui fit irruption dans la pièce. « Je sais ce que « l’Humanité » a fait pour ma libération et pour faire connaître la lutte contre l’apartheid. Vous étiez le premier média en France à nous témoigner votre solidarité, vous êtes donc les premiers à qui je m’adresse en arrivant à Paris. » Sa main large et forte sur mon épaule rappelait une jeunesse tumultueuse sur les rings de boxe pour amateurs. Et lorsque nous lui demandions, comment devions-nous l’appeler, il répondit tout de go : « Et si vous m’appeliez camarade ? »

Celui qui venait de passer tant d’années en prison et allait être élu président de l’Afrique du sud se projetait dans l’avenir de son pays en déclarant : « Notre politique est favorable à une Afrique du Sud non raciste, véritablement démocratique et, à cet égard, le mérite personnel sera pour nous le seul critère pertinent. Ce qui signifie que nous sommes prêts à travailler avec tous les groupes nationaux, avec les Noirs et avec les Blancs. »

José Fort

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 23:11

Longtemps, Nelson Mandela est resté dans l’anonymat. Dans les années 1980, la plupart des Français et des Européens ne connaissaient pas son nom. Son combat contre l’apartheid n’intéressait pas les puissants de ce monde. La Première ministre britannique de l’époque, Mme Thatcher, celle à qui les élus de la droite parisienne voulaient attribuer récemment le nom d’une rue, qualifiait Mandela de « terroriste ». Sous la présidence de François Mitterrand, le gouvernement de Michel Rocard refusait de rompre les relations économiques de la France avec le régime raciste de Pretoria. La plupart des gouvernements européens maintenaient des relations cordiales avec le pouvoir sud-africain. Au même moment, la représentante de l’ANC à Paris, Dulcie September, était assassinée près des grands boulevards par des tueurs à la solde du pouvoir raciste.

Nelson Mandela était à l’époque un personnage peu fréquentable pour les gouvernements de droite et socialiste européens. Le Parti communiste français, seule formation politique, les jeunes communistes, « l'Humanité » menaient campagne pour la libération de Nelson Mandela et la mobilisation contre l’apartheid. Manifestations devant l'ambassade sud africaine durement réprimées, fêtes de l'Huma, affiches, tracts, numéros spéciaux de « l’Humanité » avec Mandela comme drapeau. Ceux qui n'ont rien fait pour la libération de Mandela et se complaisaient dans des relations complices avec le régime raciste sud-africain ont depuis

célébré à la « people » celui qui symbolise un combat qu'ils n'ont jamais partagé. Nelson Mandela ne se faisait aucune illusion sur l’hypocrisie de beaucoup des gens célèbres qui venaient jusqu’à lui. Il acceptait ce rituel indiquant discrètement : « Il faut passer par là pour le bien de notre pays. »

José Fort

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