Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 18:29

La bonne nouvelle venue de l’Equateur

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

 

Il faudrait être sourd ou aveugle pour ne pas savoir que le premier tour de l’élection présidentielle en France aura lieu le 23 avril, le second étant fixé au 6 mai.

 

Mais la France n’est pas le monde. D’autres consultations électorales ont eu lieu ce week-end ou vont avoir lieu prochainement. Serions-nous devenus tellement égocentriques pour ne pas les évoquer ?

 

 

 

Tenez, par exemple, les élections générales à Niue. Merci de prononcez NIUO Hé. Vous ne connaissez pas ? Niue est une île de l’océan Pacifique sud située à 2.400 KM au nord-est de la Nouvelle-Zélande, au centre d’un triangle formé par les îles Tonga, Samoa et Cook et découverte par James Cook en 1774. Sur ses 260 Km2 vivent environ 1600 personnes dont un peu plus de 500 dans la capitale Alofi. Sachez que le 6 mai prochain, 20 députés vont être élus au suffrage universel. La campagne électorale se déroule sans débordement, sans ralliement, sans coup fourré, sans sondage, sans cris, bref dans la bonne humeur, sauf dans quelques familles qui ont des comptes à régler.

 

Pourquoi parler de Niue? Rien, sauf qu’un peu d’exotisme ne nuit pas à la santé. Ce soir, nous aurons appris au moins une chose en géographie : Niue existe bel et bien.

 

Une autre élection, cette fois plus importante, a eu lieu hier. Cela se passait en Equateur pour une présidentielle se déroulant dans un contexte latino américain tendu. Au lendemain des dictatures, puis des politiques ultralibérales qui avaient ravagé le continent, plusieurs pays autrefois chasse gardée des Etats-Unis ont choisi la voie de la souveraineté, du développement, de la justice sociale. Un choix insupportable pour les dirigeants nord-américains qui ont mis au point une contre offensive économique et idéologique avec trois premières prises : le Brésil, le Honduras et le Paraguay, trois pays victimes de coups d’Etat institutionnels montés par les oligarchies locales soutenues activement par les Etats-Unis.

 

Le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur sont actuellement dans la ligne de mire de l’impérialisme yankee, la courageuse Ile de Cuba sous blocus économique US depuis plus d’un demi siècle ne baissant pas la garde, car durement expérimentée face aux agressions terroristes.

 

Hier, l’Equateur votait pour élire le successeur du charismatique président Rafael Correa qui ne se représentait pas.

 

Le candidat de la gauche, Lenin Moreno, affrontait lors du second tour de la présidentielle, la droite ultralibérale du banquier Guillermo Lasso. Militant révolutionnaire depuis le début des années 1970, Lenin, sans e SVP, s’est frotté à toutes les luttes émancipatrices de la société équatorienne.

En 1998, il a été victime d’un attentat. Gravement blessé au dos, il est devenu tétraplégique. Face au candidat de la droite, Lenin Moreno n’a cessé d’interpeller les Equatoriens sur deux visions pour le pays : « une patrie de citoyens ou un pays où nous ne sommes vus que comme des clients ».

 

Lenin Moreno a bénéficié du bilan de son prédécesseur. Deux millions d’Equatoriens sont sortis de la pauvreté, le pays s’est considérablement modernisé, s’est ouvert au monde, écoles et universités ont été construites, le patrimoine culturel a été valorisé et surtout, surtout, les Equatoriens ont retrouvé dignité et fierté.

 

Ses détracteurs se moquaient de Lenin Morano et de son handicap. Il a été élu président de l’Equateur avec près de 52% des suffrages au terme d’une sale campagne où toutes les droites et les services nord-américains ont joué la carte de la déstabilisation.

 

La gauche équatorienne a gagné. Et nous en sommes ravis.

 

José Fort

 

Pour célébrer cette victoire écoutons Sash !Ecuador.

Voir les commentaires

Repost 0
14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 14:08

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada. En direct tous les lundi à 19h)

Ce soir, en sortant de la gare St Jean à Bordeaux, j’ai été pris sous une grosse averse. En regardant la pluie tomber, je me suis posé la question suivante : à combien s’élève la vitesse d’une goutte ?

Un ami, savant, m’affirme que quels que soient la hauteur du nuage et le poids de chacune des gouttes, elles arrivent toutes sur le sol à une vitesse comprise entre 8 et 10 km/h. Cela est dû, me précise-t-il, à leur forme qui augmente l’effet de frottement dans l’atmosphère et empêche leur accélération.

Ca vous en bouche un coin, n’est-ce pas ? Mais pourquoi poser une telle question ? Mon léger désordre prostatique du moment explique-t-il ma réflexion sur la vitesse d’une goutte d’eau tombant du ciel? Il y a une autre raison.

Dans le train qui me menait à Bordeaux, un de mes compagnons de voyage s’est interrogé longuement sur la vitesse de l’information, sur la rapidité des changements politiques, sur la promptitude des réactions au moindre pets des omniprésents du commentaire, sur la célérité des retournements de veste. Bref, sur cette société qui au rythme effrayant imposé risque de dépasser une vitesse raisonnable comme celle de la goutte de pluie pour aller se fracasser à la vitesse, cette fois grand V, dans le piège tendu par les droites musclée filloniste, camouflée macroniste et néofasciste lepéniste.

Il ne s’agit plus seulement de rapidité mais d’une précipitation moutonnesque aveugle et mortifère. Serions nous condamnés à nous enfermer nous mêmes dans l’impasse ? Serions nous disposés à baisser les bras alors que la mobilisation populaire pour éviter le désastre est une affaire de jours ? Serions nous à la merci de ces prétendus responsables politiques aux égos démesurés qui nous mènent directement dans l’abime refusant de construire le nécessaire et large rassemblement permettant de résister aux forces de la réaction? Je ne le crois pas. Et je fais miens les propos des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot qui viennent de déclarer, je les cite :

« Nos enquêtes menées depuis trente ans auprès des dynasties familiales les plus fortunées démontrent une violence de classe et un appétit de richesses et de pouvoirs insatiable auxquels il est urgent de mettre fin avant qu’il ne soit trop tard. C’est pourquoi nous sommes atterrés devant l’impossibilité d’une dynamique entre la France insoumise, les communistes et tous les militants qui se reconnaissent dans la gauche radicale. Ne jamais oublier que nous sommes dans une guerre de classes dans laquelle l’ego des petits chefs n’a pas sa place et que c’est seulement dans la solidarité, la fraternité et le collectivisme que nous gagnerons cette guerre, qui, sinon, détruira la planète et l’humanité. » 

Vous et moi, amis auditeurs, nous ne sommes pas des courtisans évoluant autour des ayatollahs de la politique bien informés de l’ultime destination des derniers infidèles enfouis au plus profond de la mémoire oubliée. Nous sommes plus simplement des citoyens lambda qui veulent vivre mieux, dans un pays libre, démocratique et de justice sociale. Nous ne demandons pas l’impossible. Nous demandons l’unité face au péril qui plane sur la France.  
José Fort

J’ai commencé cette chronique avec la vitesse des gouttes d’eau et la pluie. Je la termine ici à Bordeaux, comme le chante Zaz, je la cite,« sous un ciel gris et la pluie s’invite ». Ecoutons Zaz.

Repost 0
7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 02:38

Hollande, la scoumoune

 

(Ma chronique sur Radio Arts-Mada, tous les lundi en direct à 19h)

 

Alors que sur toutes les ondes et sur tous les tons, le seul nom de Fillon revient inlassablement, je veux ce soir m’intéresser à celui qui a déjà disparu des radars de la politique, M. François Hollande. On l’aurait presque oublié, même s’il tente d’exister ce lundi soir avec un entretien publié dans le quotidien « Le Monde ».

 

Pourquoi cet intérêt allez-vous soupirer craignant pour ma santé mentale ? Et bien, parce que je me pose une question. Elle me taraude depuis cinq ans. Cet homme porte-il la scoumoune, la guigne, la mouscaille, bref la poisse ?

 

On peut raisonnablement s’interroger tant, depuis son élection, se sont abattues avec force et constance la pluie et la foudre sur ses défilés, ses commémorations, ses voyages. On pourra écrire dans les manuels d’Histoire que François Hollande a battu tous les records en matière… de calamités naturelles.

 

Ses fonctions présidentielles à peine prises, bonjour la poisse. Des tombereaux de flotte tombent lors de sa première sortie protocolaire à l’Arc de Triomphe. Un peu plus tard, la foudre frappe l’avion présidentiel en route pour Berlin.

 

Son déplacement à l’île de Sein, en Bretagne, est marqué par un déchaînement des éléments au point qu’un journaliste commentant le voyage s’exclame «Qui voit Sein voit sa fin».

 

Pour Hollande, le ciel est un ennemi puissant. En voyage au Maroc, où le temps est généralement clément, la pluie s’abat sans discontinuer sur les cérémonies officielles. Pour dérider la communauté française qui patauge sous la pluie, le chef de l'État masque ses déboires en citant le maréchal Lyautey: «Gouverner, c’est pleuvoir».

 

Il est accueilli par une pluie torrentielle à Tahiti. Deux jours plus tard, c'est l’avion présidentiel, qui reste cloué sur le tarmac de l'aéroport de Lima à cause d'une panne de la servocommande. «Peut-être à cause de l'humidité», soupirait un membre de la délégation concluant : «C'est rare. C'est pas de chance».

François Hollande change d’avion et arrive à Buenos Aires sous la grêle au milieu d'une grève générale.

La veille, à Lima, Hollande avait rencontré au plus fort d’un violent orage son homologue Ollanta Humala qui, le jour même, était accusé d'avoir reçu des pots-de-vin.

 

François Hollande porte la poisse. Jusqu’au chameau qui lui a été offert lors de son passage à Tombouctou, un cadeau du Mali lors de sa visite dans ce pays à l’occasion de l’opération « Serval ». La bête ne cessait de pousser des cris quand Hollande s’en approchait. Il avait d’abord été envisagé de la transporter en France après l’avoir fait vacciner, mais finalement il avait été décidé de le laisser sur sa terre natale dans une famille d’accueil.

On dit que Hollande a été très affecté en apprenant que l’animal avait été mangé lors d’une tajine-party géante.

 

Pas de chance avec le climat, le président. Pas de chance surtout pour nous et peut être demain pour les Européens puisqu’il briguerait, dit-on, la présidence de la Commission de Bruxelles.

 

Contrairement à ses promesses électorales, il a lâché sur tout : sur l’Europe, sur la finance, sur le social, sur la santé, sur le travail mais répondant, comme on dit familièrement, « à fond la caisse » aux exigences du patronat. Le chômage est au plus haut, la pauvreté atteint des sommets et pendant ce temps les riches n’ont jamais été aussi riches, les actionnaires empochant des dividendes de montants inégalés. Il s’est aligné sur la politique du gouvernement israélien, ignoré le terrible sort du peuple palestinien. Il a mené une politique atlantiste et renforcé la présence de la France dans l’Otan.

 

Sa malchance climatique, on s’en moque royalement. En revanche, la poisse qui tombe sur la majorité des Français nous regarde au premier chef. Jacques Chirac avait une formule savoureuse : « Les emmerdes ça volent toujours en escadrille. »

François Hollande qui remballera ses affaires dans peu de temps pourrait ajouter : « Les emmerdes ça volent en escadrille et aussi sous la pluie et la foudre. »

 

José Fort.

 

A propos d’emmerdes, je me surprends à fredonner la chanson « Mes emmerdes » interprétée par Charles Aznavour. Ecoute-le.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Repost 0
28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 12:00

Vent frais sur les César

 

Ma chronique sur Radio Arts-Mada (tous les lundi en direct à 19h)

 

Je ne suis pas un fervent des émissions de télévision célébrant les films, les pièces de théâtre, les chanteurs, bref toutes les processions télévisuelles à paillettes.

 

Je ne supporte pas ces artistes prononçant autant d’âneries frisant le ridicule en recevant leurs distinctions. Un spectacle où de temps à autre on peut entendre le procès verbal d’une médiocrité et un sourire en forme d’appel criant aux applaudissements-pourboires.

 

Samedi dernier, en zappant négligemment, je suis tombé sur les César retransmis sur Canal+. Regard d’abord méfiant, puis agréablement surpris par le pétillant et subtil animateur de la soirée, Jérôme Commandeur, pour enfin m’intéresser au palmarès récompensant certains des films que j’avais vus avec plaisir au cours de l’année écoulée. Mais surtout j’ai été, comme on dit, scotché en écoutant une série de déclarations autres que celles qui traditionnellement se limitent à remercier la mère, le père, la voisine, les producteurs et Dieu tout puissant.

 

Celle de François Ruffin dont le film « Merci patron » a été consacré meilleur film documentaire soulignant que « dans ce pays, il y a peut-être des sans-dents mais il y a surtout des dirigeants sans cran ».

 

Celle de l’admirable comédien François Cluzet affirmant que « si on peut dire Bamboula, c’est convenable, on doit pouvoir dire enculé de raciste, c’est un compliment. »

 

Celle du célèbre réalisateur britannique Ken Loach récompensé pour son film « Moi, Daniel Blake » faisant lire un texte dans lequel il indique que « l’extrême droite réussit lorsque les gens se sentent désespérés, nous nous devons de redonner l’espoir. »

 

Celle de la réalisatrice Alice Diop attribuant son César aux victimes des violences policières.

 

Celle encore de George Clooney s’indignant de la situation aux Etats-Unis en ces termes : « Nous prétendons être les défenseurs de la liberté mais nous ne pouvons pas la défendre dans le monde en la niant chez nous. »

 

Enfin, pas de niaiseries ou presque cette année aux Cesar rajeunis et féminisés. Des bons films, de bons acteurs, de belles déclarations. Un réel plaisir surtout en regardant la mine déconfite des officiels. Et une réflexion personnelle : tout n’est pas pourri dans ce monde télévisuel, dans ce monde artistique, dans le monde tout court. Le ressort est là. Il faut le tendre encore et encore afin qu’il dégage l’énergie nécessaire pour combattre l’obscurantisme qui frappe à nos portes.

 

José Fort

Voir les commentaires

Repost 0
20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 22:54

Donald Trump est-il fou ? Ma chronique sur Radio Arts Mada (tous les lundi, en direct, à 19h) Cinglé, le président des Etats-Unis? Des psychiatres nord-américains posent publiquement la question. Plusieurs journaux, à l’instar du « New York Times » laissent entendre que l’homme serait dérangé. Il faut bien reconnaître que le personnage prête à ce genre d’interrogations : comportements étranges, approximations permanentes, sorties médiatiques souvent incompréhensibles, et un entourage recruté dans les mouvements sectaires. Trump, fou ? Telle n’est pas mon opinion. Donald Trump n’est pas fou. Il est plutôt le reflet d’une partie de la société nord-américaine, celle de l’argent, du racisme, du sexisme, de la vulgarité, de l’ignorance, bref celle de la bêtise, comme celle que chantait Jacques Brel dont je retiens… « Salut à toi dame bêtise, Toi dont le règne est méconnu Salut à toi dame bêtise Mais dis-le moi comment fais tu Pour avoir tant d’amants et tant de fiancés Tant de représentants et tant de prisonniers Pour tisser de tes mains tant de malentendus Et faire croire au crétin que nous sommes vaincus. » Qu’on ne s’y trompe pas : Donald Trump, requin du monde des affaires, a un projet de société : celui d’une Amérique nostalgique, blanche, patriarcale, fermée sur elle-même, quasi auto-suffisante. Un projet accueilli favorablement par une partie des classes populaires qui rejettent pêle-mêle le multiculturalisme, les élites intellectuelles, politiques et économiques, jugées responsables de leur déclassement social et culturel. Les deux tiers des Américains blancs sans diplôme n’ont-ils pas voté pour lui ? La perspective Trump, c’est aussi celle d’une vision conservatrice sur les mœurs et surtout très libérale en économie saluée il y a quelques jours par la Bourse à New York lorsque le Down Jones a franchi la barre historique des 20.000 points. Trump n’est pas fou. Il s’attaque à l’étranger avec papier ou pas, aux droits des femmes, aux homosexuels, à la presse. Il flatte les plus bas instincts. Il y a chez lui comme une combinaison des pires caractéristiques de Silvio Berlusconi et de Marine Le Pen. Sans aucun doute, il est mégalo. La Trump Tower, le steak Trump, le parfum Trump, le jeu de société Trump, l’empire immobilier Trump, les casinos Trump… L’amour de Trump pour son nom est incommensurable. Mais on a vu d’autres originaux à la Maison Blanche. Le trait de personnalité y est si commun que des psychologues ont classé en 2013 les présidents en fonction de leur trouble narcissique. A défaut d’être considérés comme fous, de nombreux présidents peuvent au moins être qualifiés d’excentriques. Exemples : Herbert Hoover (président de 1929 à 1933) avait deux alligators en guise d’animaux de compagnie. Son prédécesseur, Calvin Coolidge (de 1923 à 1929) occupait la Maison Blanche avec deux lions, un raton laveur domestiqué et Billy, son hippopotame pygmée. Trump, lui, a ses évangélistes et ses voyants illuminés. On va vite s’apercevoir que la vision de Trump et de son équipe c’est comme un puzzle qu’ils mélangent et dont risque de sortir le pire. Car il y a une logique dans les tweets et les interviews de Trump. Cette logique ne se limite pas aux attaques contre la presse. Elle vise surtout le financement de la santé, les services publics, en préservant les impôts des plus riches. Bref, une logique de violente politique de classe à la manière de la mafia : en tirant sur tout ce qui peut résister à l’entreprise Trump. On voit pour l’instant le dessus de l’iceberg alors qu’il s’agit d’un projet dont on ne connaît pour le moment… que le brouillon. José Fort

Donald Trump est-il fou ?

 

Ma chronique sur Radio Arts Mada (tous les lundi, en direct, à 19h)

 

 

Cinglé, le président des Etats-Unis? Des psychiatres nord-américains posent publiquement la question. Plusieurs journaux, à l’instar du « New York Times » laissent entendre que l’homme serait dérangé. Il faut bien reconnaître que le personnage prête à ce genre d’interrogations : comportements étranges, approximations permanentes, sorties médiatiques souvent incompréhensibles, et un entourage recruté dans les mouvements sectaires. Trump, fou ? Telle n’est pas mon opinion.

 

Donald Trump n’est pas fou. Il est plutôt le reflet d’une partie de la société nord-américaine, celle de l’argent, du racisme, du sexisme, de la vulgarité, de l’ignorance, bref celle de la bêtise, comme celle que chantait Jacques Brel dont je retiens…

 

« Salut à toi dame bêtise,

Toi dont le règne est méconnu

Salut à toi dame bêtise

Mais dis-le moi comment fais tu

Pour avoir tant d’amants et tant de fiancés

Tant de représentants et tant de prisonniers

Pour tisser de tes mains tant de malentendus

Et faire croire au crétin que nous sommes vaincus. »

 

 

 

 

Qu’on ne s’y trompe pas : Donald Trump, requin du monde des affaires, a un projet de société : celui d’une Amérique nostalgique, blanche, patriarcale, fermée sur elle-même, quasi auto-suffisante. Un projet accueilli favorablement par une partie des classes populaires qui rejettent pêle-mêle le multiculturalisme, les élites intellectuelles, politiques et économiques, jugées responsables de leur déclassement social et culturel. Les deux tiers des Américains blancs sans diplôme n’ont-ils pas voté pour lui ?

La perspective Trump, c’est aussi celle d’une vision conservatrice sur les mœurs et surtout très libérale en économie saluée il y a quelques jours par la Bourse à New York lorsque le Down Jones a franchi la barre historique des 20.000 points.

 

Trump n’est pas fou. Il s’attaque à l’étranger avec papier ou pas, aux droits des femmes, aux homosexuels, à la presse. Il flatte les plus bas instincts. Il y a chez lui comme une combinaison des pires caractéristiques de Silvio Berlusconi et de Marine Le Pen.

 

 

Sans aucun doute, il est mégalo. La Trump Tower, le steak Trump, le parfum Trump, le jeu de société Trump, l’empire immobilier Trump, les casinos Trump… L’amour de Trump pour son nom est incommensurable. Mais on a vu d’autres originaux à la Maison Blanche. Le trait de personnalité y est si commun que des psychologues ont classé en 2013 les présidents en fonction de leur trouble narcissique.

 

A défaut d’être considérés comme fous, de nombreux présidents peuvent au moins être qualifiés d’excentriques. Exemples : Herbert Hoover (président de 1929 à 1933) avait deux alligators en guise d’animaux de compagnie. Son prédécesseur, Calvin Coolidge (de 1923 à 1929) occupait la Maison Blanche avec deux lions, un raton laveur domestiqué et Billy, son hippopotame pygmée. Trump, lui, a ses évangélistes et ses voyants illuminés.

 

On va vite s’apercevoir que la vision de Trump et de son équipe c’est comme un puzzle qu’ils mélangent et dont risque de sortir le pire. Car il y a une logique dans les tweets et les interviews de Trump. Cette logique ne se limite pas aux attaques contre la presse. Elle vise surtout le financement de la santé, les services publics, en préservant les impôts des plus riches. Bref, une logique de violente politique de classe à la manière de la mafia : en tirant sur tout ce qui peut résister à l’entreprise Trump. On voit pour l’instant le dessus de l’iceberg alors qu’il s’agit d’un projet dont on ne connaît pour le moment… que le brouillon.

 

 

José Fort

Repost 0
13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 19:27

En France, c’est (aussi) ça…

 

Ma chronique sur Radio Armada ( tous les lundi en direct à 19h)

 

En France, vous pouvez participer à une opération frauduleuse de plus de 400 millions d’euros, être reconnue coupable et… dispensée de peine.

 

En France, vous volez un fromage dans un super marché et vous allez directement en prison pour trois mois.

 

En France, vous pouvez insulter un dirigeant syndical sur une chaine de télé sans risquer la moindre remarque mais poursuivi pour insultes à l’égard de l’autorité en protestant contre des violences policières.

 

En France, vous pouvez être condamné à des mois de prison avec sursis pour avoir déchiré une chemise et votre ancien patron prendre le large avec des primes de plusieurs millions d’euros après avoir vanté, au nom de la rentabilité, le travail des enfants dans le Tiers monde.

 

 

En France, la police des polices invente le concept – vite retiré - de viol par « accident », un responsable dit « syndical » de la corporation s’accommode sans problème du mot «bamboula», les forces dites de l’ordre, comme lors des manifestations contre la loi sur le travail, laissent faire les casseurs ouvrant ainsi la voie à Mme Le Pen. Pendant ce temps, les jeunes de Bobigny nettoient les rues souillées par les casseurs dans la ville.

 

En France, la préfecture de police revendique une action de sauvetage d’une enfant de six ans enfermée dans une voiture incendiée par des casseurs alors que l’acte courageux a été accompli par un jeune de 16 ans.

 

En France, des individus imbéciles et dangereux, responsables de dégradations et de jets de pierre sur des policiers, sont très rapidement condamnés à des peines de prison.

 

En France, des policiers accusés de violences et de viol restent libres de leurs mouvements.

 

En France, un ancien Premier ministre rémunère, dans « la plus grande légalité » et avec de l’argent public, femme et enfants, conseille une grande compagnie d’assurance grâce à son carnet d’adresses bénéficiant en retour d’un bon paquet d’euros participant ainsi à la « fillonnade ». Vous ne connaissez pas la « fillonnade » ? Il s’agit d’une méthode consistant à se servir dans les caisses publiques pour ensuite, tardivement, s’excuser sans pour autant rembourser.

 

En France, vous pouvez être placé en garde à vue puis condamné à 3000 euros d’amende pour avoir hébergé, nourri et protégé des enfants en errance délaissés par les services de l’Etat.

 

 

En France, un avionneur peut «normalement» voler le trésor public, acheter «normalement» des voix lors de plusieurs élections ; un couple sous le coup de plusieurs plaintes pour corruption peut rester à la tête d’une grande ville proche de Paris.

 

En France, il est normal aussi d’être marginalisé(e) dans une administration ou dans une entreprise pour avoir dénoncé des abus.

 

En France, à l’approche de l’élection présidentielle, la coupe se remplit d’une néofasciste, d’un voleur, d’un cinglé ancien de l’Elysée et du gouvernement qui tient des propos d’évangéliste sectaire, un ex du gouvernement qui ne pratique toujours pas le devoir de mémoire récente, un gourou défroqué et illuminé, les Français assistant, consentant en partie, à ce spectacle nous livrant à la risée dans le monde.

 

Alors, plus rien à espérer ? Plus rien à construire ? L’opinion publique est-elle à désespérer ? Tel n’est pas mon avis car comme l’écrivait Louis-Philippe de Ségur, poète, chansonnier, diplomate élevé au rang de maitre des cérémonies par Napoléon : « l’opinion publique est un ressort faible, mais puissant en réalité, et d’autant plus redoutable que sa force ne peut jamais être calculée. » Les sondeurs apprécieront.

 

José Fort

 

 

 

Voir les commentaires

Repost 0
7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 06:36

Les chiens de garde décernent un prix à Fillon.

 

 

Je vous assure ce n’est pas une blague mais un gag qui mérite une mention spéciale au prix de l'humour politique. François Fillon a reçu jeudi dernier (il s’est fait représenter à la cérémonie préférant Charleville-Mézières, craignant surtout les quolibets) le prix de la personnalité de l'année par la revue le «Trombinoscope » qui récompense chaque année, je cite « l'action et le professionnalisme de personnalités politiques ».

 

Il ne s’agit pas d’une plaisanterie. Des journalistes connus et, dit-on, « reconnus », - reconnus par qui on se le demande, sinon par le microcosme d’une bande discréditée - ont attribué cette distinction au candidat de la droite, quelques jours avant le déclenchement de la tornade «fillongate ». Je dis bien « fillongate » et non « pénélopegate », la femme de Fillon dans ce sordide épisode semblant plutôt jouer le rôle de potiche.

 

Une affaire de gros sous, de mépris, d’arrogance. Voici donc M. Fillon à qui ses fermiers doivent notamment livrer chaque année au titre d’un contrat de fermage 218 kgs de viande de bœuf de la meilleure qualité et je ne sais combien de quintaux de blé, voici donc M. Fillon distingué par des journalistes « reconnus ».

 

Des pros de l’info, des analystes de première qualité, des spécialistes hors norme, bref des grands du métier sont à l’origine de ce qui pourrait être un canular ou une erreur de vieillesse. Mais non. Les mêmes s’étaient déjà distingués en célébrant Steeve Briois, le maire FN d’Hénin-Beaumont ou encore le ministre Hervé Gaymard impliqué dans une combine d’appartement loué aux frais de l’Etat. Bref, nos « spécialistes » de l’info ont, une fois encore, démontré leur qualité de visionnaires en choisissant une planche vermoulue. Pas de quoi s’étonner qu’un peu plus de 50% des Français ne fassent pas confiance aux médias.

 

Qui sont ces Thénardier de l’information qui monopolisent TV, Radios, presse écrite et décernent le prix à Fillon? Allez, citons-en trois sur une liste trop longue à énumérer : Laurent Joffrin, le patron de Libération ancien trotskyste passé au social libéralisme, Christophe Barbier l’ancien de l’Express au foulard rouge ayant une opinion sur tout et se trompant à peu près sur tout, Arlette Chabot ancienne de tout ou presque qui s’accroche pathétiquement à LCI comme Elkabach vexé d’avoir été viré d’Europe 1 qui pantoufle au titre de conseiller de Boloré, l’affairiste reconverti dans les médias.

 

Ce sont ces gens là qui «font l’info» comme aussi, allez une petite fournée supplémentaire, Jean-Luc Mano, l’ancien communiste reconverti dans la lèche de tout ce qui brille, Alain Duhamel le passe-muraille qui a tout vécu depuis près de 50 ans. Ce sont ces gens là qui depuis des années et des années occupent les antennes, se plantent magistralement dans leurs analyses et pronostics.

 

Ils ont vieilli ces « chiens de garde » mais résistent encore à leurs enfants naturels, les plus jeunes aux dents longues prêts à manger pères et mères, qui pointent leurs nez et les poussent peu à peu dans le fossé.

 

En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait « Les chiens de garde » pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque, ainsi que leur pseudo-neutralité intellectuelle qui s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi.

Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social.

 

Sous couvert d'exalter le pluralisme et l'objectivité, ils sont les porte-parole de la pensée unique au service de la classe dominante.

 

Le film « les nouveaux chiens de garde » sortis en salle en 2015 montraient excellemment la réalité sur cette caste obséquieuse à l'égard des puissances qui gouvernent, la commune origine sociale des journalistes et des politiques, transitant par les mêmes écoles et fréquentant les mêmes cercles, ou encore le nombre relativement restreint d'experts économiques tournant dans les médias sans qu'on précise jamais leur affiliation aux groupes financiers qui les emploient. Le spectacle est affligeant. Malheureusement, il marche et trompe encore.

 

José Fort

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Repost 0
31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 06:20

Trump et ses « tueurs » : menace sur le monde. Depuis son insta Trump signe décret après décret confirmant l’ampleur de la dangerosité de ce personnage. Démantèlement des premières et timides avancées d’une sécurité sociale en faveur des plus pauvres ; arrêt des subventions aux ONG agissant pour le respect des femmes, pour le droit à l’avortement ; construction où plutôt extension du mur avec le Mexique sous les applaudissements du premier ministre israélien Netanyahu, spécialiste en la matière; interdiction aux voyageurs de sept pays arabes d’atterrir ou de débarquer aux Etats-Unis ; autorisation de polluer la terre indienne avec un projet d’oléoduc il y a peu annulé… Le nouveau président des Etats-Unis est atteint d’une telle frénésie de la rupture que sa première décision a été de faire remplacer les rideaux du Bureau ovale pour les remplacer par d’autres, d’un or criard. ‬ Derrière les effets d'annonce et son slogan phare « Repeal and Replace » - « abroger et remplacer » -, quelques garde-fous demeurent. Certaines institutions qui pourraient, espérons-le, contenir le furieux. Plus sûre, la mobilisation des progressistes nord-américains, surtout des jeunes, entrés, comme ils le clament, en « résistance ». Pour eux, ça sera dur. Très dur. Donald Trump ne va pas s’arrêter de sitôt en appliquant à la lettre son programme exposé tout au long de la campagne électorale. Quant aux relations internationales, il vient clairement d’indiquer son objectif : l’Amérique first, l’Amérique d’abord, celle du Nord bien entendu, avec un allié privilégié, le Royaume Uni dont il salue le retrait de l’Union européenne, le « vieux » continent, comme on dit outre-Atlantique, étant le cadet de ses soucis, la Russie la Chine lui semblant d’un intérêt bien supérieur aux bouffeurs de patates, de grenouilles et de spaghettis. Le Monde de Donald Trump est angoissant d’autant qu’il s’est entouré d’un cabinet de « tueurs » composé de grands patrons et autres milliardaires souvent racistes et belliqueux qui se foutent de l’environnement, du Tiers monde, des guerres, des famines. Pour ces gens là, seul compte l’argent, le fric, les affaires, le business. « L’Amérique d’abord » crient-ils à tous les vents. On peut s’attendre au pire avec ces sectaires. Le pire pour le peuple nord-américain, le pire pour la paix dans le monde. Donald Trump risque-t-il d’exploser en vol ? Pour l’instant, rien n’indique une telle fin. Mais à force d’en faire trop, à force de provoquer son peuple et le monde entier, un accident est vite arrivé. José Fort

Trump et ses « tueurs » : menace sur le monde.

( Ma chronique sur radio Arts-Mada en direct tous le lundi à 19h) 

 

 

Depuis son installation à la Maison Blanche, Donald Trump signe décret après décret confirmant l’ampleur de la dangerosité de ce personnage. Démantèlement des premières et timides avancées d’une sécurité sociale en faveur des plus pauvres ; arrêt des subventions aux ONG agissant pour le respect des femmes, pour le droit à l’avortement ; construction où plutôt extension du mur avec le Mexique sous les applaudissements du premier ministre israélien Netanyahu, spécialiste en la matière; interdiction aux voyageurs de sept pays arabes d’atterrir ou de débarquer aux Etats-Unis ; autorisation de polluer la terre indienne avec un projet d’oléoduc il y a peu annulé…

 

Le nouveau président des Etats-Unis est atteint d’une telle frénésie de la rupture que sa première décision a été de faire remplacer les rideaux du Bureau ovale pour les remplacer par d’autres, d’un or criard.

 

 

 

Derrière les effets d'annonce et son slogan phare « Repeal and Replace » - « abroger et remplacer » -, quelques garde-fous demeurent. Certaines institutions qui pourraient, espérons-le, contenir le furieux. Plus sûre, la mobilisation des progressistes nord-américains, surtout des jeunes, entrés, comme ils le clament, en « résistance ». Pour eux, ça sera dur. Très dur.

 

Donald Trump ne va pas s’arrêter de sitôt en appliquant à la lettre son programme exposé tout au long de la campagne électorale. Quant aux relations internationales, il vient clairement d’indiquer son objectif : l’Amérique first, l’Amérique d’abord, celle du Nord bien entendu, avec un allié privilégié, le Royaume Uni dont il salue le retrait de l’Union européenne, le « vieux » continent, comme on dit outre-Atlantique, étant le cadet de ses soucis, la Russie la Chine lui semblant d’un intérêt bien supérieur aux bouffeurs de patates, de grenouilles et de spaghettis. Le Monde de Donald Trump est angoissant d’autant qu’il s’est entouré d’un cabinet de « tueurs » composé de grands patrons et autres milliardaires souvent racistes et belliqueux qui se foutent de l’environnement, du Tiers monde, des guerres, des famines. Pour ces gens là, seul compte l’argent, le fric, les affaires, le business.

 

« L’Amérique d’abord » crient-ils à tous les vents. On peut s’attendre au pire avec ces sectaires. Le pire pour le peuple nord-américain, le pire pour la paix dans le monde.

 

Donald Trump risque-t-il d’exploser en vol ? Pour l’instant, rien n’indique une telle fin. Mais à force d’en faire trop, à force de provoquer son peuple et le monde entier, un accident est vite arrivé.

 

José Fort

 

Repost 0
24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 10:40

Progrès et optimisme

 

Ma chronique sur Radio Arts-Mada (tous les lundi en direct à 19h)

 

 

Vous croyez, peut-être, que je vais commenter ce soir l’intronisation du sinistre président des Etats-Unis, Donald Trump.

 

Vous croyez, peut-être, que je vais ironiser sur le public rassemblé devant la Cour suprême à Washington composé de blancs, aucun noir ou latino apparaissant sur les écrans.

 

Vous croyez que je vais m’indigner des premières déclarations et décisions de ce sordide personnage qui a, désormais, le droit d’appuyer sur le bouton nucléaire pouvant déclencher l’apocalypse. Et bien non. J’en ai trop entendu.

 

Vous croyez, peut-être, que je vais exprimer une opinion sur la primaire du parti socialiste.

Non, j’en ai trop entendu.

 

Vous croyez que je vais m’indigner des magouilles en préparation en vue des prochaines élections législatives, mêlant ambitieux et aigris, visant la création d’un parti socialiste bis et la poursuite sous une forme soft d’une même politique.

Non, là aussi, j’en ai trop entendu.

 

Ce soir, j’ai envie d’être optimiste, confiant dans le progrès humain. Ce soir, place à l’espoir. Avec un type bien, un homme, un vrai, un exemple pour les jeunes et ceux qui le sont moins : je veux parler de Thomas Pesquet, le spationaute français.

 

Thomas Pesquet a effectué il y a quelques jours et en direct sur nos écrans de télévision une sortie extravéhiculaires pendant 5 heures et 58 minutes avec un objectif : remplacer des batteries afin d’améliorer l’approvisionnement en énergie de la station spatiale ISS. Une tâche réalisée bien plus vite que planifiée, de sorte que les deux astronautes – Thomas Pesquet était accompagné d’un collègue nord-américain -

ont pu procéder à des activités dites « complémentaires » dont le remplacement d’une caméra et des prises de vue. Avec en prime, selon Thomas Pesquet et sous contrôle depuis la Terre, un moment de bonheur, seul dans l’immensité de l’espace, qui marquera sa vie à jamais.

 

Un tel exploit, tout comme celui d’Armel Le Cléac’h dans le Vendéeglobe, confirme la force propulsive des intelligences et de courages dont dispose notre pays. Nous ne sommes pas voués à l’échec, aux reculs, à la petitesse. Notre pays a les moyens de la modernité, du progrès dans tous les domaines. Regardez, par exemple, dans la seule ville de Villejuif avec l’IGR Gustave Roussy et Paul Brousse, deux établissements qu’on nous envie dans le monde entier.

 

Ces progrès scientifiques au service de l’humain ne bénéficient pas suffisamment de l’engagement de l’Etat. Nous disposons de talents comme Thomas et Armel, de dizaines de milliers de chercheurs, d’ingénieurs, de savants. Ce sont eux qui préparent l’avenir du pays. Il doivent bénéficier des efforts prioritaires de l’Etat car comme l’écrivait l’économiste et démographe français Alfred Sauvy « l’humanité est vouée au progrès… à perpétuité. »

 

Je vous propose d’écouter Bernard Lavilliers interpréter la célèbre chanson de Boris Vian « la complainte du progrès ».

 

 

 

José Fort

Voir les commentaires

Repost 0
23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 09:40

Il y a 40 ans, le massacre d’Atocha

à Madrid

 

Madrid, 24 janvier 1977, 22h30. La capitale espagnole est plongée dans la nuit froide de l’hiver. Au 55 de la rue Atocha, plusieurs avocats communistes spécialisés dans la défense des droits des salariés, un étudiant en droit et un assistant administratif ont au menu plusieurs dossiers en instance.

 

En1972 déjà, en pleine dictature, ils avaient ouvert un peu plus loin un bureau où se pressaient des victimes d’accidents du travail, de licenciements, de salaires non payés… Il n’était pas rare que les escaliers menant au bureau soient embouteillés jusqu’à l’entrée de l’immeuble. Il n’était pas rare non plus que des policiers en civil surveillent ce « repère de rouges ».

 

En 1976, après la mort de Franco, les jeunes avocats louent d’autres bureaux, toujours rue Atocha, cette fois au numéro 55. Ils se sont connus sur les bancs de l’université où lors de réunions clandestines du parti communiste d’Espagne et des Commissions ouvrières toujours interdits.

 

  1. 24 janvier 1977, à 22h30, Luis Javier Benavides, Angel Rodriguez Leal, Javier Sauquillo, Serafin Holgado, Enrique Valdelvira, Luis Ramos, Miguel Sarabia, Dolores Gonzalez, Alejandro Ruiz-Huerta conversent en attendant la fin de la réunion des représentants des grévistes des transports madrilènes avec Joaquin Navarro, le leader des commissions ouvrières de cette branche.

 

 

 

Un peu plus tard, trois hommes arrivent à la hauteur du 55 rue Atocha plongée dans l’obscurité. Ils grimpent jusqu’au quatrième étage, patientent un instant, puis descendent au troisième.

José Fernández Cerrá, Carlos García Juliá y Fernando Lerdo de Tejada sonnent à la porte. Luis Javier ouvre. Les agresseurs le poussent violemment. Deux d’entre eux, l’un masqué l’autre pas font irruption dans la salle principale armés de révolvers tandis que Julia se précipite dans les bureaux attenants pour arracher les fils téléphoniques. Cerra pointe les sept personnes, les oblige à se placer visage face au mur.

 

« Vos petites mains bien en l’air », lance un des assassins qui demande « où se trouve Navarro » parti un peu avant. Julia revient des bureaux et pousse vers le groupe deux autres personnes.

 

Juliá tire le premier. Puis Cerrá. Les corps tombent les uns sur les autres tandis que Lerdo surveille l’entrée et prépare la retraite. Les trois criminels s’enfuient alors que les survivants depuis les fenêtres appellent au secours. Le massacre fait cinq morts et quatre blessés. La nouvelle se repend rapidement dans Madrid puis dans toute l’Espagne.

 

Le Parti communiste est toujours illégal. Son secrétaire général Santiago Carrillo a été arrêté quelques semaines plus tôt puis relâché. Les autorités de transition déclarent ne pas pouvoir assurer la sécurité des blessés et des obsèques. Des groupes fascistes lancent des appels à « combattre le péril rouge ». La menace d’un retour à la nuit noire de la dictature plane sur l’Espagne.

 

 

Deux avocats, Manuela Carmena rescapée par hasard du massacre car elle avait un rendez-vous à proximité, aujourd’hui maire de Madrid, et José Maria Mohedano jouent un rôle important dans les négociations pour l’organisation des obsèques. Objectif : assurer la sécurité et éviter tout débordement. Le Parti communiste d’Espagne (PCE) fait à cette occasion la démonstration de sa maturité et sa capacité à maitriser un événement qui aurait pu mal se terminer. Plus de 100.000 personnes accompagnent les victimes. Aucun incident n’est à déplorer grâce à l’efficacité du service d’ordre du PCE.

« Quelques jours après, raconte Manuela Carmena, lorsque nous sommes retournés à l’étude, une chaîne de travailleurs volontaires s’était installée pour nous protéger depuis la rue jusqu’à l’entrée des bureaux. Cela dura plusieurs mois. »

 

 

Les assassins ne prennent même pas la peine de fuir Madrid, confiants dans leurs protecteurs. Or, la police arrête José Fernández Cerrá, Carlos García Juliá et Fernando Lerdo de Tejada en qualité d'auteurs des faits, et Francisco Albadalejo Corredera, secrétaire régional du syndicat franquiste dit « vertical » des transports, comme la tête pensante de cette tuerie. La police arrête également Leocadio Jiménez Caravaca et Simón Ramón Fernández Palais, ex-combattants de la « division azul » ( unité militaire partie combattre en URSS aux côtés des nazis) pour avoir mis à disposition des armes, et Gloria Herguedas, fiancée de Cerrá, comme complice.

En 1980, le procès condamne les accusés à un total de 464 années de prison. Depuis, plusieurs sont morts. Un a réussi à s’enfuir avant d’être arrêté et emprisonné en Bolivie pour trafic de stupéfiants.

Miguel Ángel Saraiba, un des rescapés de la tuerie commente ainsi les sentences : « Le jugement des assassins d'Atocha a constitué la première occasion de mettre sur le banc des accusés l'extrême droite, de la juger et de la condamner ». Et d’ajouter : « l’ADN de la démocratie est dans Atocha. »

 

José Fort

 

 

Echec de l’engrenage de la violence

 

Au lendemain des obsèques des victimes de la tuerie d’Atocha, Antoine Acquaviva, envoyé spécial de « l’Humanité », rapportait l’entretien qu’il avait eu avec Santiago Carrillo, secrétaire général du parti communiste. Extraits.

« L’Espagne traverse un moment difficile et complexe. L’extrême droite ultra sent qu’elle est en train de perdre de manière irréversible le contrôle de l’Etat. Aussi essaie-t-elle de créer un climat d’anarchie, de coup de force, de terreur afin de provoquer une réaction de l’armée et des forces de police contre le processus de démocratisation ; de susciter dans la classe ouvrière et dans la jeunesse un sentiment de frustration

Voir les commentaires

Repost 0

Présentation

Recherche

Articles Récents

Liens