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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 14:57

Le journaliste italien de la « Stampa », Dominico Quirico et le professeur belge, Pierre Picciniu Da Prata enlevés en Syrie depuis cinq mois et libérés dimanche soir viennent de confirmer qu'ils ont été kidnappés et maltraités en Syrie par des bandes liées aux forces intégristes. Dominico Quirico, vieux routier (62 ans) de la presse et spécialiste de cette région du monde a indiqué : « Il est possible que cette révolution m’ait trahi ». Celui qui par deux fois a été menacé d’exécution, affirme : « Ce n’est plus la révolution que j’ai connue il y a deux ans à Alep laïque et tolérante. Nous avons été arrêtés par l’Armée syrienne libre puis livrés à une brigade inféodée à Al-Quaida ».

Pierre Piccinio Da Prata, proche de la rébellion, confirme les propos de son ami italien et révèle qu’il a entendu une conversation au cours de laquelle les dits "rebelles" assuraient avoir utilisé du gaz sarin. Et il poursuit : « C’est un devoir moral de le dire. Ce n’est pas le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou un autre gaz dans lors des combats dans la banlieue de Damas. Même s’il m’en coûte de le dire parce que depuis mai 2012 je soutiens l’armée syrienne libre dans sa juste lutte pour la démocratie ».

Plusieurs question méritent d’être posées : MM Kerry et Fabius vont-ils verser ces témoignages dans le dossier ? La presse française souvent habillée en tenue camouflée va-t-elle répercuter cette information ? Le sort de nos concitoyens et confrères Didier François et Edouard Elias enlevés le 6 juin ne doit-il pas être traité – à la lumière des révélations d’hier - avec les « rebelles » syriens soutenus et armés par François Hollande et le gouvernement français ?

José Fort

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 15:33

Dernier relais avec le monde extérieur, l’antenne de Radio Magallanes était sur le point d’être coupée, ce 11 septembre 1973, par les militaires putschistes qui encerclaient depuis le petit matin le palais présidentiel « La Moneda » dans le centre de Santiago du Chili. Les bombardements avaient provoqué l’incendie du bâtiment, les proches collaborateurs du président avaient reçu l’ordre de quitter les lieux. L’heure de l’assaut final s’approchait, Salvador Allende ayant refusé de se plier à l’ordre de Pinochet de prendre le chemin de l’exil à bord d’un avion militaire. Le président adressait son dernier message radio avant de se tirer une balle dans la tête:

« Ils vont sûrement faire taire Radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son de ma voix. Peu importe, vous continuerez à m’écouter, je serai toujours près de vous, vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie. Le peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et humilier. Allez de l’avant, sachant que bientôt s’ouvriront de grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure ».

Des années de répression de masse, de tortures et d’assassinats s’annonçaient sur l’ensemble du continent latino-américain. Aux manettes, les généraux formés aux Etats-Unis et les oligarchies locales. A la coordination et l’inspiration, les gouvernants nord-américains, le Prix Nobel de la Paix, Henry Kissinger et son maître, le célèbre affabulateur Richard Nixon. Une longue nuit de terreur s’abattait sur l’Amérique du Sud. Objectif de Washington et de ses tueurs : exterminer les forces de gauche du continent : communistes, socialistes, révolutionnaires de toutes tendances, curés proches de la théologie de la révolution, démocrates mêmes engagés timidement devaient disparaître. Si possible sans laisser de traces, les bébés rescapés des massacres étant livrés à des militaires en mal d’enfants avec la plupart du temps le silence complice des autorités ecclésiastiques, seuls quelques évêques osant protester et le payant de leur vie comme le courageux archevêque de San Salvador, Mgr Romero. En ce temps là, le pape François, chef des Jésuites en Argentine, ne pipait mot.

Les persécutés franchissant les frontières, il fallait trouver une parade : le « Plan Condor », du nom du célèbre oiseau de proie des Andes, était mis en place.

26 novembre 1975, 11 heures. Dans un sous sol de la police secrète à Asunción au Paraguay, la « coordination » regroupant les représentants des dictatures d’Argentine, du Chili, de l'Uruguay, du Paraguay, de Bolivie, du Brésil et du Pérou s’installe. Autour de la table, le général Manuel Contreras, chef de la police secrète chilienne, le capitaine argentin Jorge Casas, le major Carlos Mena (Bolivie), le colonel Benito

Guanes Serrano (Paraguay), le colonel José A. Fons (Uruguay), et les Brésiliens Flávio de Marco et Thaumaturgo Sotero Vaz. La CIA est représentée par deux « chefs de haut niveau » dont les véritables noms ne sont toujours pas connus. Sur les documents de la CIA déclassés, seuls apparaissent les pseudos avec un oubli volontaire ou pas : les Péruviens. La réunion se prolonge jusqu’à l’heure du dîner. Le plan ficelé, le repas pris, chacun reprend le chemin de la capitale des pays respectifs. Le massacre pouvait commencer.

Peu de temps après, la vague de tortures et de meurtres démarre sur l’ensemble du continent. Elle durera près de dix ans. Parmi les victimes, Orlando Letelier, ancien ministre des Affaires étrangères du Chili et l'ex-président bolivien, Juan José Torres. Bilan de l’opération Condor : 50.000 assassinés, 30.000 disparus, 400.000 emprisonnés. La CIA et les principaux dirigeants nord-américains étaient impliqués dans l’opération. Pas seulement. Selon plusieurs militaires, notamment argentins, des éléments des services spéciaux français ont joué un rôle important en exportant des techniques utilisées lors de la guerre d’Algérie. Les anciens nazis réfugiés dans ces pays grâce au Vatican et sous couvert de la CIA ont participé eux aussi à « Condor ».

Chaque dictature, au delà des pratiques courantes, a ses préférences répressives et de mort : en Argentine, les prisonniers sont jetés à la mer depuis les hélicoptères ; en Uruguay et au Paraguay, la torture est poussée jusqu’au raffinement avec un goût prononcé pour la baignoire et la découpe de membres. Au Chili, la technique de la « disparition » pure et simple devient monnaie courante ; au Brésil, on rassemble les familles puis, un par un, enfants, père et mère sont abattus pour faire parler les derniers. Au Paraguay, le dictateur Strossner aime alimenter les fauves avec de la chair humaine sortie des prisons. En Bolivie comme au Pérou, il est courant de voir débarquer dans les villages au petit matin des pelotons de militaires fusillant sans distinction la population coupable de protéger des opposants. L’horreur, dix ans durant. La barbarie planifiée depuis Washington dans le plus grand silence où presque des prétendues « démocraties » occidentales.

La plupart des tortionnaires sont morts. Certains de leurs descendants se distinguent aujourd’hui dans l’opposition aux gouvernements progressistes d’Argentine, de Bolivie et du Venezuela.

Les temps ont changé. A Miami, refuge doré des dictateurs latinos à la retraite, les exilés cubains côtoient les bas fonds du continent. Les plus vieux anticastristes, impliqués dans les affaires terroristes, n’intéressent plus personne, sauf certains médias français et européens hostiles par principe à la révolution cubaine. En plus de 50 ans, les uns et les autres ont réussi une seule chose : conforter la Grande Ile dans son orientation socialiste, assurer son prestige populaire continental et mondial tandis que le dernier message de Salvador Allende devient réalité :

« Allez de l’avant sachant que bientôt

s’ouvriront des grandes avenues où passera l’homme libre pour construire une société meilleure ». Les faits lui donnent raison.

Qui aurait pu envisager, il y a seulement 10 ans, que l‘Amérique du Sud et les Caraïbes allaient vivre des changements considérables en conquérant la souveraineté politique et économique, en mettant au pas les multinationales ? Qui aurait pu penser que la vieille organisation des Etats américains (OEA) à la botte des Etats-Unis serait remplacée par des structures de coopération régionale comme Mercosur ou Unasur ? Qui aurait pu croire que le pétrole vénézuélien serait échangé contre le savoir faire médical cubain, La Havane ayant massivement investi dans la matière grise en faisant profiter les peuples de la région et sa propre économie ? Qui aurait pu pronostiquer voir ensemble sur une tribune les présidents cubain, bolivien, équatorien, vénézuélien, argentin, uruguayen et quelques autres venus des îles des Caraïbes ?

Salvador Allende avait vu juste en évoquant « les grandes avenues » qu’allaient emprunter les peuples du continent. Aujourd’hui, il se réjouirait mais à l’instar de sa propre expérience il mettrait en garde contre les menaces planant sur les gouvernements progressistes du continent. L’impérialisme US, ses relais européens, les multinationales, les forces rétrogrades mondiales sont prêtes à tous les mauvais coups pour reprendre la main dans la région. Au Venezuela, l’oligarchie locale, ses médias, ses tueurs et leurs parrains US mènent une permanente guerre de déstabilisation ; en Equateur, des éléments de la police ont bloqué le président pendant des heures dans une caserne ; en Bolivie, le chef de l’Etat évoque lui même au lendemain du détournement de l’avion présidentiel avec la complicité de la France les menaces de mort qui planent sur sa personne. En Argentine, en Uruguay, des complots ont été désamorcés à temps. Quant à Cuba où Fidel Castro remporte le titre de champion toutes catégories pour les 650 tentatives d’assassinat montées contre lui, on reste très prudent et attentif.

Salvador Allende, président chilien élu démocratiquement et mort il y a 40 ans, saluerait avec enthousiasme les changements intervenus près de son pays. Il ne manquerait pas aussi de mettre en garde ses jeunes camarades contre les sales coups dont est capable l’impérialisme yankee.

José Fort

L’Humanité Dimanche, 6 septembre/

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 14:32

L’image de la France dans le monde est au plus mal. Il y a deux mois, l’interdiction de survol de l’Hexagone imposée à l’avion présidentiel bolivien, sur injonction de Washington, avait fait mauvais genre. La plupart des gouvernements d’Amérique du Sud avaient exprimé leur indignation tandis que les médias se moquaient allègrement de nous. Avec l’alignement de Paris sur la politique de guerre des Etats-Unis, nous avons franchi une nouvelle étape dans le discrédit de la France aux yeux du monde. Selon des diplomates, les notes alarmistes s’amoncellent au Quai d’Orsay provoquant des interrogations parmi le personnel pourtant habitué aux situations de crise. Des pays comme l’Inde, l’Afrique du Sud, la Chine, le Brésil ont fait savoir à Paris qu’il convenait de réévaluer le niveau de leurs relations politiques, diplomatiques et économiques. La même chose pour la plupart des nations latino-américaines et plusieurs pays asiatiques comme l’Indonésie tandis qu’en Afrique la réprobation est quasi générale. Reste les pays « amis », surtout ne riez pas : le Qatar, l’Arabie saoudite et le grand Sam qui à la première occasion se débarrassera du petit poucet amateur de roquefort comme l’a démontré la reculade d’Obama.

Qu’on se moque de la France, c’est douloureux. Que de nombreuses capitales se préparent à prendre des distances avec Paris, c’est grave pour l’avenir des relations avec le monde. Mais que la politique atlantiste déchaîne les haines à travers la planète contre notre pays, c’est là le résultat d’un comportement qui un jour ou l’autre devra être « puni », selon la formule du moment de François Hollande. Par les urnes ou autrement.

Pour la France, la note de la folie syrienne ne sera pas seulement salée. Elle pourrait aussi être sanglante. Une donnée que les promoteurs politiques et médiatiques n’ont pas voulu prendre en compte aveuglés dans leurs certitudes et leur engagement en tenue camouflée.

José Fort

L’Humanité Cactus 5 septembre

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 08:28

Dans sa revue de presse sur France Inter dimanche matin, M. Yvan Levaï a évoqué la tragédie de Guernica puis le tableau de Picasso, pour accompagner la démonstration selon laquelle il faudrait intervenir en Syrie.

Comparaison n’est pas raison surtout dans ce cas précis.

Alors que les nazis bombardaient Guernica, le gouvernement républicain espagnol légalement élu tentait par tous les moyens d’acheter des armes.

Où trouver ces armes ? Une délégation officielle espagnole est venue à Paris. Les Croix-de-feu menaçaient de dynamiter l’hôtel où était descendue la mission. Et c’est le Président de Conseil français, le socialiste Léo Blum, qui annonçait aux parlementaires espagnols que « la France ne peut pas intervenir », alors que ce qui lui était demandé se limitait au respect des contrats signés. « Blum, indiquait Dolorès Ibarruri, la célèbre Pasionaria membre de la délégation, parlait comme s’il lui était difficile d’articuler. Il affirmait souffrir énormément, mais confirmait la politique de non-intervention de la France. Un moment, derrière ses longues mains fines, il se cacha les yeux. Pleurait-il ? De sa poche gauche, il tira un élégant mouchoir de soie et essuya une larme qu’il n’avait pas. »

Seuls le ministre de l’aviation de l’époque, M. Cot, son directeur de cabinet, Jean Moulin et le Parti communiste français en créant la compagnie France Navigation qui allait embarquer des armes en URSS pour les livrer à la République espagnole agirent efficacement. Quant à Pablo Picasso, il paya un avion de combat après avoir réalisé son œuvre.

Entre Guernica et l’aventure syrienne il n’ y a rien de commun. Si ce c’est, dans les deux cas, le fourvoiement des dirigeants socialistes. Hier en Espagne ou dans l’opération canal de Suez, aujourd’hui en se retrouvant seul caniche de Washington.

José Fort

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 11:10

On vit une drôle d'époque ou plutôt au milieu de gens peu recommandables. Exemples: le PS a accouché d'un fraudeur de haut vol devenu ministre, le pas pour longtemps silencieux Cahuzac si les copains ne lui filent pas le coup de main demandé, et voici que sa femme est mise en examen pour détournement de fric ou quelque chose comme ça. Au même moment, un proche de Sarkozy, l'ancien ambassadeur de France en Irak puis en Tunisie, présenté dans les médias comme la nouvelle génération des Sarkoboys, se fait piquer Gare de l'Est avec 350.000 euros et 45.000 dollars en liquide. Un constat s'impose: droite et PS même politique et mêmes voyous.

José Fort

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 06:11

L’étiquette et la politesse anglaises viennent d’en prendre un sérieux coup alors qu’on nous vante depuis des lustres le sens de la retenue, la mesure du propos, la dignité même dans l’adversité des « sujets » britanniques. Lorsque la Chambre des Communes à Londres a voté contre la participation britannique à l’aventure guerrière contre la Syrie donnant ainsi une leçon aux pires forces aventuristes en Grande Bretagne et en France, plusieurs ministres du très conservateur Cameron, fous de rage, ont levé le voile sur leur véritable nature en qualifiant le chef de l’opposition travailliste Ed Miliband de « suceur de merde » et de « putain de connard ».

Cameron croyait pouvoir jouer une partie de guerre avec Obama et Hollande. Son humiliation est à la mesure du refus d’entrer en guerre du peuple britannique.

Les Anglais ne prendront pas place dans la galère de la coalition désormais limitée à deux. Ils rejoignent ainsi les Canadiens, de nombreux pays européens dont l’Allemagne et tous les pays dits émergents. Reste que les ministres injurieux pourraient donner crédit à l’écrivain et conteur canadien aujourd’hui disparu, Jean-Charles Harvey, qui écrivait à propos de la politesse : « la politesse de l’Anglais, c’est l’impassibilité du visage et de la voix. Il trouve autant d’impudeur à montrer ses émotions qu’en éprouverait une nonne à exhiber ses jambes aux passants. »

José Fort

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 11:48

Pas si simple quand même de « punir » la Syrie, selon la formule de François Hollande. Il ne s’agit pas là, en effet, de régler un problème de sous préfecture, y compris corrézienne. Il s’agit de plus sérieux, de plus complexe exigeant la maîtrise de soi. Il s’agit d’affaires mondiales, de guerre ou de paix, du sort des peuples. On ne traite pas des puissances comme la Russie, quoi qu’on puisse penser de ses gouvernants actuels, avec une légèreté méprisante. En matière de relations internationales, la discrétion, l’intelligence du propos, la compréhension du monde et de tous ses dangers restent une donnée essentielle comprise par les grands de ce monde depuis des siècles. Visiblement pas par M. Hollande et son équipe.

Pas de consensus à l’ONU alors qu’Obama cherche une sortie à moindre coup. Cameron obligé de faire marche arrière face à son parlement opposé à la guerre. Une large majorité de citoyens étatsuniens, britanniques, français hostiles aux possibles opérations armées. Bientôt, seul M. Hollande demandera, fanfaron et ridicule, une « punition ».

Que le président et le gouvernement français se discréditent une fois encore (après l’affaire de l’avion du président bolivien) est une chose. Autre chose est une politique officielle française se ridiculisant aux yeux du monde et portant atteinte à la France, à son honneur et à son prestige.

José Fort

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 15:20

Figurez-vous que les services de renseignements US, selon le site internet du Monde, ont intercepté des conversations téléphoniques entre les chefs militaires syriens prouvant l'utilisation d'armes chimiques. C’est connu, les services spécieux nord-américains sont d'un sérieux à toute épreuve. Exemples: les documents de la CIA récemment versés dans le domaine public confirmant les opérations d'intox menée durant ces cinquante dernières années afin de déstabiliser les régimes progressistes iranien, guatémaltèque, cubain etc... Quant à l'épisode de la fiole remplie de poison brandie par le général Colin Powel à l'Onu pour demander l'adhésion des Nations Unies à la deuxième guerre en Irak, elle couvre encore de ridicule les responsables nord-américains. C’était au temps où la diplomatie française refusait l’alignement sur une aventure sanglante comme en témoigne la déstabilisation de l’Irak, de la région, les attentats quotidiens, les centaines de milliers de morts. C’était le temps où la France restait une référence dans le monde. C’était avant.

José Fort

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 14:37

Sur toutes les radios et télés publiques et privées, sur la plupart des sites internet, la mobilisation est générale. Chroniqueurs du matin, experts en tout et pour tout, observateurs jamais démentis, militaires à la retraite, sont sur le pont avec pour seule lettre de mission : faire accepter par l’opinion publique l’entrée en guerre des puissances occidentales dans le conflit syrien.

Il y a comme un goût de déjà vu. Souvenez-vous de la première guerre US en Irak lorsque les médias français s’étaient transformés en studios d’état major diffusant en direct les frappes et leurs traînées verdâtres, diffusant des informations mensongères avec le terrible résultat que l’on connaît. Ces gens là sont prêts à en découdre avec la peau des autres. L’Irak, l’Afghanistan, la Libye ne leur suffisent pas : les petits nouveaux à la sauce Obama et Hollande veulent leur guerre et peuvent compter sur des médias à la botte.

Ils jouent avec le feu. Celui qui peut embraser l’ensemble de la région déjà au plus mal et au delà. Car une question n’est jamais posée : et si dans la folie de l’escalade guerrière le bouton de l’arme atomique démangeait certains ?

José Fort

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 17:42

Publié dans l'Humanité Dimanche (22/28 août)

Pas facile de rendre visite en ce moment à Vincent Beretti. Ce jeune homme chaleureux de 32 ans n’a pas beaucoup de temps à consacrer aux visiteurs. Il surveille les pluies annoncées et son foin à rentrer, prépare le transfert de ses vaches vers le Cuscione : une vaste étendue de pozzines (trous d’eau reliés par des canaux naturels) et de pâturages au dessus de Quenza, où elles resteront jusqu’à la mi octobre. Il lui faut aussi alimenter et surveiller ses cochons. De longues heures, pour un travail dur. Très dur.

A Zonza, Vincent a sa méthode. Mais chaque vallée affiche son propre savoir-faire. Traditionnellement, la charcuterie se fabrique partout en Corse mais seulement dans les régions d’altitude moyenne au sein des biotopes de chênes verts et de châtaigniers. Dans ces micros régions, à chaque vallée son originalité. Certaines charcuteries présentent de grandes variations d’ingrédients, de techniques, de mise en œuvre d’un village à l’autre. Ces différences sont particulièrement sensibles entre la Corse du nord et la Corse du sud : aussi bien dans les ingrédients que dans les variations de temps de fumage.

« Venez vers 9 heures, il ne fera pas encore trop chaud ». Le domaine agricole de Vincent Beretti court sur 90 hectares à proximité de Zonza (Corse du Sud) au carrefour de l’Alta Rocca pas très loin de l’hippodrome le plus haut d’Europe et de la perle de la montagne, les aiguilles de Bavella.

Au milieu du domaine, en grimpant raide, voici la chapelle Santa Barba qui accueille chaque année deux processions en février et en décembre. Un peu plus loin plusieurs dizaines de cochons en liberté ne nous prêtent aucune attention. Soudain, Vincent lance un long cri et commence à vider le sac de maïs. C’est la ruée. Les cochons corses – les vrais – sont de race « nustrale » et leur propriétaire n’est pas peu fière de nous les présenter et de se féliciter qu’enfin l’appellation d’origine contrôlée (AOC) ait été accordée au cochon corse. Pour cela, « il a fallu batailler » et le président des jeunes agriculteurs de Sartène, Alta Rocca et Valinco précise que le vrai cochon corse représente seulement 8% de la charcuterie corse. « On ne fait pas de la charcuterie corse avec un âne venu du Brésil ou du porc breton », soupire Vincent qui prépare son futur atelier de transformation pour produire dans un proche avenir.

La traçabilité était une revendication des petits éleveurs qui ont remporté une grande victoire. La Corse est la première région à bénéficier de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) de charcuterie sèche, la reconnaissance de la race porcu nustrale datant de 2005.

L’étiquette AOC, c’est d’abord une véritable traçabilité pour le consommateur et le début de la fin d’une hérésie. Celle qui consiste à faire venir des carcasses de porc des quatre coins de l’Europe de l’Est et d’ailleurs. Avant d’estampiller « charcuterie corse » du travail de cochon, ironisait récemment « Corse Matin ». Les centaines de milliers de touristes qui débarquent chaque année dans l’île ne peuvent prétendre manger de la véritable charcuterie corse. Impossible de répondre à la demande. Ils ont droit pourtant qu’on leur précise : « Le porc vient d’ailleurs mais nous le transformons, selon nos propres méthodes ».

Il ne faut pas mélanger les genres. Il y a le haut de gamme fait d’histoire, de nature, de temps, de tradition, d’alimentation et l’industriel. La différence saute au palais. Le prix aussi. Le travail, le temps passé, la maîtrise du savoir-faire font la différence. Cela se remarque à la présentation de la note.

Désormais, la Corse vise l’Europe puisque la charcuterie décrochera bientôt le label continental d’origine protégée (AOP). Ce jour là, les éleveurs du véritable porc corse feront sauter le bouchon de la bouteille d’un des meilleurs vins de la région de Sartène. En sortant de la réserve un jambon ou un saucisson à baver de plaisir.

Qu’exige le cochon corse ? Avant tout la liberté. Que demande-t-il ? Une nourriture de qualité fait de glands, de châtaignes, d’herbe. 45 jours avant l’abatage et pendant toute la période de finition, il sera interdit de maïs et aura droit à un peu d’orge complémentaire. L’organisation du travail ne relève pas du n’importe quoi. La règle, c’est la répartition des tâches en deux catégories : les éleveurs qui fournissent les reproducteurs et les engraisseurs et transformateurs.

Le porc ne peut être tué avant l’âge de douze mois. Un peu plus vieux mais pas trop, il donnera une charcuterie exceptionnelle. Lorsque Vincent aura obtenu tous les agréments, il enverra ses cochons à l’abattoir, les récupérera découpés et se chargera lui même de la transformation et de l’affinage. Il perpétue ainsi une production ancestrale des régions corses de l’intérieur. Autrefois, c’était une production vivrière qui permettait de consommer de la viande de porc en été en utilisant le salage comme technique de conservation. C’est devenu aujourd’hui un produit du patrimoine, au même titre que les paysages ou les chants corses traditionnels.

Les porcs corses sont élevés en plein air et valorisent ainsi les ressources naturelles du milieu montagneux. Cette race nustrale, grâce à ses qualités génétiques de gras, son alimentation naturelle et sa finition à la châtaigne et aux glands de chênes, procure une matière première incomparable pour une fabrication charcutière de grande qualité. La fabrication est réalisée sans additif autre que le sel et le poivre. Les méthodes traditionnelles de séchage et d’affinage, long et précis, confèrent à cette charcuterie les qualités qui on fait sa renommée. Son goût, sa texture, la couleur des jambons sont bien différents des autres.

C’est cette tradition que Vincent Berreti tente de perpétuer. Lui et ses amis producteurs symbolisent le courage, l’intelligence et les connaissances des jeunes corses engagés dans la diversification de l’économie insulaire et dans le respect de la qualité des productions. A l’opposé des clichés et des légendes, l’Ile de Beauté c’est aussi et surtout cela.

José Fort

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