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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 07:04

Le 2 juillet dernier, l’avion présidentiel bolivien était interdit de survol du territoire français. Voici des extraits du récit du président Evo Morales publié dans« El Pais international ».

Evo Morales explique d’abord qu’il s’apprêtait à quitter Moscou satisfait des résultats de la réunion internationale sur le gaz, des accords passés avec ses partenaires russes et sa rencontre avec Poutin, lorsqu’on lui annonce que pour des « raisons techniques » il ne sera pas possible de survoler le Portugal. Le ministre bolivien des affaires étrangères, David Choquehuanca obtient un nouveau plan de vol. Evo Morales monte dans son avion. Tout se déroule normalement. Et le président bolivien de raconter :

« Le pilote de notre avion, le colonel Celiar Arispe s’approche de moi et me dit : « l’autorisation de survol du territoire français est annulé. Nous devrions atteindre la France dans quelques instants, et nous n’avons pas suffisamment de carburant. »

Il n’était plus possible de retourner à Moscou. Le pilote demande une autorisation d’atterrir en urgence à Vienne. Evo Morales remercie le président autrichien qui l’accompagné jusqu’à son départ et poursuit :

« On nous a installé dans un petit bureau de l’aéroport. J’ai téléphoné à notre vice-président et à notre ministre des Affaires étrangères pour connaître les raisons de l’interdiction de survol du territoire français. C’est alors que le pilote m’informe que nous ne pouvons pas également survoler l’Italie. Arrive l’ambassadeur d’Espagne qui me dit que si nous voulons faire escale à La Palmas il doit d’abord inspecter notre avion. Je lui demande les raisons. Il me parle de Snowden. L’ambassadeur était en contact permanent avec le vice-ministre des Affaires étrangère d’Espagne. Il me dit que tous les ministres des affaires étrangères (des pays concernés, NDLR) sont d’accord pour inspecter l’avion. Je lui dit : vous n’inspecterez pas l’avion. Si vous ne croyez pas que je ne transporte personne, vous me traitez de menteur, vous pensez que le président Morales est un menteur. Le président ne ment pas. L’ambassadeur sort, revient et me demande de l’inviter à boire un petit café dans l’avion. Bien entendu, pour inspecter l’avion. Je lui déclare : Vous êtes en train de me traiter comme un délinquant. Vous n’avez pas à inspecter un avion de la présidence bolivienne. L’ambassadeur sort à nouveau pour téléphoner à son vice-ministre, revient et me propose de lui parler. Je lui réponds : je n’ai rien à dire à votre vice-ministre. Si quelqu’un veut me parler que m’appelle votre Président. »

Evo Morales poursuit en indiquant qu’il a téléphoné à plusieurs reprises à la présidente de l’Argentine, aux présidents vénézuélien et équatorien. Que tous comparaient le détournement de l’avion à une violation d’une ambassade. Morales avait près de lui ses collaborateurs, les ambassadeurs des pays membres de l’ALBA et le président autrichien. Quelques heures après, l’ambassadeur d’Espagne revient nerveux. Il annonce à Evo Morales qu’il peut décoller.

José Fort

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 07:18

Le président de la République du Venezuela, Nicolas Maduro vient officiellement d’accorder l’asile politique à l’ancien agent de la CIA, Edward Snowden actuellement bloqué dans la zone internationale de l’aéroport Cheremetievo à Moscou. Nicolas Maduro a souligné l’action de « vérité » menée par Snowden et lui a offert accueil et sécurité. Dans la nuit, le Nicaragua avait également proposé d’accueillir le jeune nord américain.

La décision du Venezuela sera saluée dans le monde entier par les forces démocratiques et progressistes. Elle va provoquer du côté de la Maison Blanche un vent de colère et de haine. La première puissance économique et militaire ne peut plus faire comme bon lui semble dans une partie du monde, l’Amérique sur Sud, l’autre, l’Europe, ayant confirmé notamment à l’occasion du détournement de l’avion présidentiel bolivien son alignement sur l’impérialisme US.

La décision vénézuélienne a été certainement prise après consultation avec plusieurs pays sud américains. C’est une nouvelle illustration des changements opérés dans cette région. Les temps ont changé. Le camp de la liberté est plus fort que jamais mais il doit se préparer à contrer les sales coups que ne vont pas manquer de lui asséner, le gouvernement nord américain, ses services spéciaux et ses relais locaux.

José Fort

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 20:42

 

L’information est étrangement passée sous silence: en Chine, trois mouches au maximum sont autorisées par toilettes. A l’occasion des Jeux Olympiques, les autorités avaient mené une campagne spectaculaire en interdisant les crachats et surtout en déclarant la guerre  aux mouches. Des centaines de milliards d’entre elles périrent dans ce combat inégal. Nous ne les regretterons pas.  Pour une raison évidente : l’état de saleté effroyable des toilettes publiques. Tous ceux qui ont visité la Chine peuvent le confirmer en se bouchant le nez. Les efforts de l’Etat et de la population ont permis, dit-on, de les rendre plus fréquentables. Pas suffisamment pour le ministère de la Santé qui a fixé de nouvelles réglementations. Trois mouches sont désormais tolérées par mètre carré dans les immeubles en général et dans les toilettes en particulier. Précision ministérielle : les sanitaires ne doivent sentir mauvais que «  légèrement ». Le ministère précise que les toilettes pour femmes seront deux fois plus nombreuses répondant ainsi à une revendication exprimée il y a un an par l’occupation des sanitaires pour hommes par des Cantonaises exaspérées des attentes interminables.

Une information pour sourire. Pas seulement. La Chine en mouvement ne cesse de nous surprendre avec ses succès économiques, son développement, sa croissance à faire pâlir d’envie, ses inégalités sociales, sa rigidité institutionnelle. Un pays d’un milliard trois cent millions d’habitants à l’histoire millénaire, aux traditions ancestrales difficile à comprendre pour des Européens souvent arrogants, parfois donneurs de leçons et peu enclins à comprendre l’autre monde. Le combat contre les mouches et pour des toilettes plus propres ne relève pas de l’anecdote mais plutôt d’une volonté d’améliorer la santé pour tous. De quoi faire réfléchir certains, y compris en Europe.

 

José Fort

l'Humanité Cactus  4 juillet

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 13:33

Par José Fort

Frères,

Nous savons combien votre colère est grande. Nous comprenons vos manifestations devant les représentations diplomatiques françaises. Ecoutez-nous : ne brûlez pas le drapeau tricolore. Il appartient au peuple de France, celui de la Révolution et de la Résistance contre le fascisme, celui de la lutte contre la colonisation et pour les droits de l’homme. Il a été sali à plusieurs reprises de notre histoire et lors du détournement de l’avion présidentiel bolivien par des gouvernants français servilement aux ordres de l’impérialisme US. Sachez que la majorité du peuple de France se range dans les rangs de la liberté, la démocratie, la justice sociale et le respect de l’autre.

Comprenez-nous. Nous sommes honteux de l’image que vient de donner notre pays à la Bolivie, à l’Amérique latine, au monde entier. MM. Hollande et Fabius, dans des conditions différentes, viennent de commettre un acte de piraterie aérienne similaire à celui commis par le gouvernement socialiste Guy Mollet contre les responsables du FLN pendant la guerre d’Algérie.

Frères boliviens. Ne confondez pas ceux qui ont interdit le survol de votre avion présidentiel au dessus du territoire français et les Français solidaires, mortifiés par l’acte inqualifiable que d’autres ont commis en notre nom.

Frères latino-américains. L’impérialisme US dispose de relais en Europe, au plus haut niveau des structures de la Communauté européenne et des Etats. En France, notamment. Vous disposez d’autres relais : ceux de la solidarité.

José Fort

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 13:06

L’affaire de l’avion présidentiel bolivien avec à son bord Evo Morales interdit de survol du territoire français entraîne en Amérique latine et dans d’autres régions du monde de l’indignation, de la colère et de la moquerie.

Indignation ? Aucun avion présidentiel depuis la fin de la Seconde guerre mondiale n’a été interdit de survol d’un territoire. La France – officielle s’entend – vient de réaliser une première en donnant l’ordre aux pilotes de l’appareil bolivien de quitter l’espace aérien français plaçant ainsi le président Morales en danger.

Colère ? On comprend les réactions venues d’Amérique du sud. Les autorités françaises ont pris la décision sur ordre de Washington.

Moquerie ? Dans plusieurs capitales comme à Buenos Aires à l’instar de la présidente argentine les dirigeants européens et surtout français soupçonnés de « devenir fous » sont qualifiés de « caniches » des gouvernants US.

L’affaire est grave. Pour deux raisons principales : la France vient de porter une atteinte grave au droit international ; notre pays est la risée de nombreux pays en Amérique latine et ailleurs.

Pour sortir par le haut d’une telle situation, MM. Hollande et Fabius doivent présenter des excuses officielles au gouvernement bolivien. Dans le cas contraire, on comprendrait aisément que la Bolivie et ses pays amis décident de demander aux avions officiels français de ne pas emprunter à l’avenir leurs couloirs aériens.

José Fort

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 12:36

Pas un mot à jeter dans cet article daté de 2010

« Un héros de notre temps », titre un hors-série de Courrier international (juin-août 2010). « Il a changé l’histoire », surenchérit Le Nouvel Observateur (27 mai 2010). Accompagnées du portrait d’un Nelson Mandela souriant, ces deux couvertures témoignent d’une adoration consensuelle, dont le film Invictus du réalisateur Clint Eastwood a constitué l’apothéose (1). Avec la Coupe du monde de football, la planète entière communie dans le culte du prophète visionnaire rejetant la violence, qui a guidé son peuple vers une terre promise où vivent en harmonie Noirs, métis et Blancs. Le bagne de Robben Island, où celui que ses camarades appelaient Madiba fut enfermé de longues années — et lieu de pèlerinage obligé pour les hôtes étrangers —, rappelle un « avant » un peu flou, ce temps de l’apartheid honni qui ne pouvait que susciter une condamnation universelle, et en premier lieu celle des démocraties occidentales.

Le Christ est mort sur la croix, il y a quelque deux mille ans. Nombre de chercheurs s’interrogent sur la correspondance entre le Jésus des Evangiles et le Jésus historique. Que connaît-on de la vie terrestre du « fils de Dieu » ? De quels documents disposons-nous pour tracer sa prédication ? Les témoignages repris dans le Nouveau Testament sont-ils fiables ? On pourrait présumer qu’il est plus facile de cerner le « Mandela historique », d’autant que nous disposons d’un évangile écrit de sa propre main (2), mais aussi de nombre de témoignages directs. Et pourtant la légende Mandela apparaît aussi éloignée, sinon plus, de la réalité que celle du Jésus des Evangiles, tellement il semble intolérable d’admettre que le nouveau messie a été un « terroriste », un « allié des communistes » et de l’Union soviétique (celle du « goulag »), un révolutionnaire déterminé.

Le Congrès national africain (ANC), allié stratégique du Parti communiste sud-africain, s’est lancé dans la lutte armée en 1960, après le massacre dans le township de Sharpeville, le 21 mars, qui fit plusieurs dizaines de morts ; les Noirs manifestaient contre le système de pass (passeport intérieur). M. Mandela, jusque-là adepte de la lutte légale, en fut alors persuadé : jamais la minorité blanche ne renoncerait pacifiquement à son pouvoir, à ses prérogatives. Ayant, dans un premier temps, privilégié les sabotages, l’ANC utilisa aussi, certes de manière limitée, l’arme du « terrorisme », n’hésitant pas à placer quelques bombes dans des cafés.

Arrêté en 1962 et condamné, Madiba rejeta, à partir de 1985, plusieurs offres de libération en échange de sa renonciation à la violence. « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte, écrivait-il dans ses Mémoires. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’a pas d’autre choix que de répondre par la violence. » Et seule celle-ci, appuyée sur des mobilisations populaires croissantes et soutenue par un système international de sanctions de plus en plus contraignant au fil du temps, put démontrer l’inanité du système répressif et amener le pouvoir blanc à résipiscence. Le principe « un homme, une voix » acquis, M. Mandela et l’ANC surent alors faire preuve de souplesse dans la mise en place de la « société arc-en-ciel » et dans les garanties accordées à la minorité blanche. Ils durent même — mais c’est une autre histoire — en rabattre sur leur projet de transformation sociale.

La stratégie de l’ANC bénéficia d’un soutien matériel et moral de l’Union soviétique et du « camp socialiste ». Nombre de ses cadres furent formés et entraînés à Moscou ou à Hanoï. Le combat s’étendit à toute l’Afrique australe, où l’armée sud-africaine tentait d’établir son hégémonie. L’intervention des troupes cubaines en Angola en 1975 et les victoires qu’elle y remporta, notamment à Cuito Cuanavale en janvier 1988, contribueront à ébranler la machine de guerre du pouvoir raciste et à confirmer l’impasse dans laquelle il se trouvait. La bataille de Cuito Cuanavale constitua, selon M. Mandela, « un tournant dans la libération de notre continent et de mon peuple (3) ». Il ne devait pas l’oublier : il fit du président Fidel Castro l’un des hôtes d’honneur des cérémonies de son accession à la présidence, en 1994.

Dans ce choc entre la majorité de la population et le pouvoir blanc, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, Israël et la France (celle-ci jusqu’en 1981) combattirent du « mauvais côté », celui des défenseurs de l’apartheid, au nom de la lutte contre le péril communiste. M. Chester Crocker, l’homme-clé de la politique d’« engagement constructif » du président Ronald Reagan en Afrique australe dans les années 1980, écrivait :« Par sa nature et son histoire, l’Afrique du Sud fait partie de l’expérience occidentale et elle est partie intégrante de l’économie occidentale » (Foreign Affairs, hiver 1980-1981). Washington, qui avait soutenu Pretoria en Angola en 1975, n’hésitait pas à contourner l’embargo sur les armes et à collaborer étroitement avec les services de renseignement sud-africains, rejetant toute mesure coercitive contre Pretoria. En attendant une évolution graduelle, la majorité noire était appelée à la modération.

Le 22 juin 1988, dix-huit mois avant la libération de M. Mandela et la légalisation de l’ANC, le sous-secrétaire du département d’Etat américain, M. John C. Whitehead, expliquait encore devant une commission du Sénat : « Nous devons reconnaître que la transition vers une démocratie non raciale en Afrique du Sud prendra inévitablement plus de temps que nous le souhaitons. » Il prétendait que les sanctions n’auraient aucun « effet démoralisateur sur les élites blanche » et qu’elles pénaliseraient en premier lieu la population noire.

Dans la dernière année de son mandat, Ronald Reagan tentait ainsi une ultime fois, mais sans succès, d’empêcher le Congrès de punir le régime de l’apartheid. C’était le temps où il célébrait les « combattants de la liberté » afghans ou nicaraguayens, et dénonçait le terrorisme de l’ANC et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Le Royaume-Uni ne fut pas en reste ; le gouvernement de Mme Margaret Thatcher refusa toute rencontre avec l’ANC jusqu’à la libération de M. Mandela en février 1990. Lors du sommet du Commonwealth de Vancouver, en octobre 1987, elle s’opposa à l’adoption de sanctions. Interrogée sur les menaces de l’ANC de frapper les intérêts britanniques en Afrique du Sud, elle répondit : « Cela montre quelle organisation terroriste ordinaire est [l’ANC]. » C’était l’époque où l’association des étudiants conservateurs, affiliée au parti, distribuait des posters proclamant : « Pendez Nelson Mandela et tous les terroristes de l’ANC ! Ce sont des bouchers. » Le nouveau premier ministre conservateur David Cameron a enfin décidé de s’excuser pour ce comportement, en février 2010 ! Mais la presse a eu beau jeu de lui rappeler qu’il s’était lui-même rendu en Afrique du Sud en 1989 à l’invitation d’un lobby anti-sanctions.

Israël demeura jusqu’au bout l’allié indéfectible du régime raciste de Pretoria, lui fournissant des armes et l’aidant dans son programme militaire nucléaire et de missiles. En avril 1975, l’actuel chef de l’Etat Shimon Pérès, alors ministre de la défense, signa un accord de sécurité entre les deux pays. Un an plus tard, le premier ministre sud-africain Balthazar J. Vorster, un ancien sympathisant nazi, était reçu avec tous les honneurs en Israël. Les responsables des deux services de renseignement se réunissaient annuellement et coordonnaient la lutte contre le « terrorisme » de l’ANC et de l’OLP.

Et la France ? Celle du général de Gaulle et de ses successeurs de droite tissa des relations sans complexes avec Pretoria. Dans un entretien publié dans le numéro du Nouvel Observateur cité plus haut, M. Jacques Chirac se glorifie de son soutien ancien à M. Mandela. Il a sur ce sujet, comme nombre de dirigeants de la droite, la mémoire courte — et le journaliste qui l’interroge accepte sans broncher son amnésie. Premier ministre entre 1974 et 1976, M. Chirac entérina en juin 1976 le contrat avec Framatome pour la construction de la première centrale nucléaire en Afrique du Sud. A cette occasion, l’éditorial du Monde notait : « La France est en curieuse compagnie parmi le petit peloton de partenaires jugés “sûrs” par Pretoria »(1er juin 1976). « Vive la France. L’Afrique du Sud devient puissance atomique », titrait sur toute la largeur de la première page le quotidien sud-africain à grand tirage Sunday Times. Bien qu’ayant, notamment sous la pression des pays africains, décidé en 1975 de ne plus vendre directement d’armes à l’Afrique du Sud, la France honorera plusieurs années encore les contrats en cours, tandis que ses blindés Panhard et hélicoptères Alouette et Puma seront construits localement sous licence.

Malgré le discours officiel de condamnation de l’apartheid, Paris maintint, jusqu’en 1981 tout au moins, de nombreuses formes de coopération avec le régime raciste. Alexandre de Marenches, l’homme qui dirigea le service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece) entre 1970 et 1981, résumait la philosophie de la droite française : « L’apartheid est sûrement un système que l’on peut déplorer, mais il faut le faire évoluer avec douceur (4). » Si l’ANC avait écouté ses conseils de modération (ou ceux du président Reagan), M. Mandela serait mort en prison, l’Afrique du Sud aurait sombré dans le chaos et le monde n’aurait pas pu fabriquer la légende du nouveau messie.

Alain Gresh

(1) Mona Chollet, « Les dérobades d’“Invictus” », Le Lac des signes, les blogs du Monde diplomatique, 12 janvier 2010.

(2) Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Fayard, Paris, 1995.

(3) Ronnie Kasrils, « Turning point at Cuito Cuanavale », 23 mars 2008, IOL.

(4) Alexandre de Marenches et Christine Ockrent, Dans le secret des princes, Stock, Paris, 1986, p. 228.

-nous !
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 11:01

Les bouleversements sociaux dans ces deux grands pays en plein essor économique ont pris appui sur des revendications mineures : en Turquie, la destruction d’un parc, au Brésil l’augmentation des tickets de bus. Dans les deux cas, les mouvements ont rapidement pris une dimension nationale contre la corruption, la vie chère, le chômage et, dans le cas de la Turquie, pour les libertés. La réponse des deux gouvernements ne sont pas de même nature : répressive à Istanbul, attentive à Brasilia. Une donnée semble être commune aux deux pays : la composition sociologique des manifestants. Alors que les études statistiques turques restent interdites de publication, à Brasilia les instituts de sondage donnent à réfléchir : sans appartenance politique, 84% ; diplômés d’études supérieures, 77% ; étudiants, 22% ; moins de 25 ans, 53% ; primo manifestants, 71%. Les chiffres tenus secrets en Turquie seraient du même ordre à quelques nuances près. Différence essentielle : le gouvernement turc choisit la violence policière, les autorités brésiliennes l’écoute et le dialogue malgré la tentative de détournement du mouvement par la droite et ses médias.

Le « miracle économique » à la turque a rempli les poches des plus riches. A l’inverse, au Brésil, malgré la corruption, des millions de personnes ont quitté la pauvreté tandis que diminuaient les inégalités. Avec dans les deux cas, un développement des classes moyennes et une irruption dans la vie sociale et politique d’une nouvelle génération éduquée, non encartée et informatisée. En observant ce mouvement, le livre du politologue Samuel Huntington publié en 1968 « l’ordre politique dans les société en changement » me revient à l’esprit. Sa thèse consiste à affirmer que dans les sociétés en transformations rapides, la demande de services publics particulièrement la santé, l’éducation et les transports deviennent une priorité absolue pour les populations. Un livre à recommander au gouvernement français.

José Fort

L’Humanité Cactus 27 juin

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 06:32

Trente journalistes ont pris place dimanche soir dans l'avion d'Aeroflot assurant le vol Moscou-La Havane croyant y trouver Edward Snowden qui a révélé l'énorme scandale d'espionnage électronique mondial mené par les Etats-Unis. Parmi les trente, deux agents de la CIA sous couverture presse, selon des sources russes. Un long voyage pour rien, Edward, l'homme qui a choisi la vérité et la liberté - pas fou et bien conseillé - ayant choisi d'autres moyens de transports. A La Havane, les "30" ont-ils fait du tourisme où ont-ils patienté dans la salle de transit en attendant le retour? Quant aux deux agents de la CIA, les Cubains pourraient peut être les échanger contre leurs quatre ressortissants injustement détenus dans les prisons US.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 15:48

Plusieurs commentateurs polonais s’émeuvent ces derniers jours d’une nouvelle montée de l’antisémitisme, du racisme et de l’homophobie au pays natal de Chopin. Cet inquiétant état des lieux n’est malheureusement pas l’exclusivité de la seule Pologne, la plupart des pays européens dont la France étant frappés par le même mal : le retour en force de l’extrême droite. Au pays de Jean-Paul II où les Eglises ont remplacé les lieux du savoir et où l’intégrisme fait force de loi imposant, par exemple, le refus du droit à l’avortement et au mariage pour tous, l’intolérance est entretenue par des personnalités connues et célébrées jusque dans les cercles parisiens prétendument progressistes.

Lech Walesa, programmé par l’Eglise depuis les grèves de Gdansk jusqu’à sa pitoyable présidence en passant par un Prix Nobel délavé, vomit sa propension réactionnaire naturelle en déclarant que les députés homosexuels devraient siéger à « l’arrière ban » du Sejm, l’Assemblée nationale polonaise, et « même en dehors ». Quant au successeur de Karol Wojtyla à l’archevêché de Cracovie, Tadeusz Pieronek, il s’était distingué il n’y a pas si longtemps en affirmant que « l’holocauste est une invention des juifs, une arme de propagande » alors qu’on fait silence sur « les victimes du communisme et des chrétiens persécutés. »

Lech et Tadeusz deux habitués des couloirs du Vatican, entretiennent, dit-on, d’excellentes relations avec le nouveau pape François comme au bon vieux temps de Jean Paul II. François n’a pas commenté les déclarations de ses amis. Il préfère inviter des parlementaires français en visite la semaine dernière à Rome à « abroger » la loi sur le mariage pour tous votée par la représentation nationale. Le bon François peut compter sur la Pologne, la Pologne sur le bon François qui multiplie les messages aux « Marches pour la vie » organisées par Civitas Christiana dans les principales villes polonaises. Sa cousine en France, Civitas, vous connaissez ?

José Fort

l’Humanité Cactus 20 juin

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 16:03

Le pape a reçu une délégation de parlementaires français. Il les invite à "abroger" la loi adoptée par la représentation nationale en faveur du mariage pour tous.

Questions

1/ Qui sont ces parlementaires?

2/ Le pape s'ingérant dans les affaires intérieures de la France ne faut-il pas que les autorités élèvent pour le moins une protestation et formulent une invitation à François pour qu'ils s'occupent enfin de ses ouailles notamment de ses prêtres pédophiles et de la banque pourrie vaticane?

3/ Puisque le pape évoque la possibilité "d'abroger" ne convient-il pas de lui demander "d'abroger" les bénédictions qu'il avait dispensées aux généraux argentins du temps de la dictature?

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