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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 16:58

 

 

Au lendemain de l’élection de Barack Obama, je dînais avec quelques amis latino-américains à qui je faisais part de ma joie d’être enfin débarrassé du sinistre Bush. Dans mon élan enthousiaste, je voyais poindre à l’horizon une nouvelle politique extérieure nord-américaine respectueuse de la souveraineté des peuples. Mes interlocuteurs éclatèrent de rire puis me regardèrent avec compassion, presque avec tristesse : tant d’années passées au contact de l’Amérique latine pour en arriver là !

J’avoue l’égarement. Depuis l’accession de Barack Obama, rien n’a changé dans les affaires du monde. Où plutôt, tout s’est aggravé. Pour se limiter à l’Amérique latine, qu’a fait Obama? Il n’a pas tenu sa promesse de fermer la prison de Guantanamo. Il a soutenu le putsch au Honduras, la tentative de coup d’Etat en Equateur, augmenter les crédits en faveur de la CIA et des groupes terroristes contre révolutionnaires latino–américains. Il refuse de libérer les patriotes cubains scandaleusement emprisonnés aux Etats-Unis.

L’Empire reste l’Empire comme en témoigne une révélation donnant à voir sur l’ingérence US dans les affaires intérieures du Venezuela. Au mois d’octobre prochain, aura lieu dans ce pays l’élection présidentielle. Le sortant, Hugo Chavez, aura à affronter le candidat de la prétendue « table de l’unité démocratique » (MUD), Henrique  Capriles Radonski. Jusque là tout est normal. Mais voilà qu’une indiscrétion indique que le secrétaire d’Etat nord-américain pour l’Amérique latine, Kevin Whitaker, a récemment rencontré deux dirigeants de la MUD pour confirmer l’aide financière de Washington avec en échange l’engagement, en cas de victoire électorale, de décréter un embargo pétrolier contre Cuba, l’arrêt de tous les programmes de coopération avec la Grande Ile et le démantèlement de l’Alliance Bolivarienne pour les peuples d’Amérique (ALBA).

J’ai revu mes copains latinos. Magnanimes, ils ne m’ont pas rappelé l’égarement d’un moment.

José Fort

L’Humanité Cactus 15 mars 

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 19:15

 


 

 Les AMIS DES COMBATTANTS EN ESPAGNE REPUBLICAINE

 

– www.acer-aver.fr

                                                                                           Paris, le  13  mars 2012

Lettre ouverte des Amis des Combattants en Espagne Républicaine (ACER)

à Madame la Chancelière d’Allemagne Angela MERKEL

 

Madame la Chancelière,

Plusieurs monuments à la mémoire des Brigades internationales ont été profanés dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 mars 2012 à Berlin. Des croix gammées et des sigles SS ont été apposés sur ces lieux de mémoire sans provoquer de votre part et de votre gouvernement la moindre réaction.

Nous vous rappelons que les volontaires des Brigades Internationales sont partis défendre la République espagnole victorieuse d’élections libres et agressée par un putsch mené par des généraux félons soutenu, armé, encadré, financé par Hitler, Mussolini et Salazar.

C’est à Madrid et à Guernica que l’aviation nazie a testé les bombardements de masse. C’est lors de la bataille de l’Ebre que les chars nazis ont massacré les résistants espagnols. C’est à Alicante que les navires nazis ont empêché le sauvetage des milliers de réfugiés voués à la mitraille franquiste. C’est contre le fascisme que les volontaires des Brigades Internationales ont héroïquement combattu. Ils avaient compris avant l’heure qu’en défendant Madrid, ils défendaient Paris et Varsovie. Parmi eux, de nombreux citoyens allemands ont combattu aux côtés de leurs frères espagnols. Plusieurs centaines sont morts en Espagne, la plupart des survivants ont joué un rôle considérable dans la résistance au fascisme en France, en Allemagne et dans d’autres pays d’Europe payant souvent de leur vie le combat pour la liberté.

Madame La Chancelière,

La profanation à Berlin des monuments à la mémoire des Brigades internationales constitue un crime contre les valeurs de la liberté, de la démocratie, de l’antifascisme. Nous vous demandons de condamner publiquement cette profanation, d’ouvrir une enquête permettant de poursuivre les auteurs de cette insulte à l’Histoire, de reconnaître enfin officiellement le rôle des Brigades internationales dans la lutte pour la liberté.

Nous espérons sincèrement qu’en votre qualité de Chancelière de la république Fédérale d’Allemagne, vous aurez à cœur de dénoncer ces agissements et de le faire savoir.

José FORT, co-Président                                         Claire ROL-TANGUY, Secrétaire Générale

 

 

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 21:18

 

En 1990, Gilles Perrault avait consacré un ouvrage aux crimes commis par le roi du Maroc contre son peuple et la complaisance des élites françaises - socialistes et de droite - à son égard. Le bouquin était intitulé « Notre ami le roi ». Au moment de la parution, Hassan II avait piqué une colère à faire vibrer les vitres de l’Elysée. Une suite pourrait être écrite  par l’actuel président-candidat avec pour titre « Notre ami le fils du roi ». Pourtant privilégions quelques lignes à « notre ami Abdallah », le roi d’Arabie saoudite, celui à qui Sarkozy s’adressait en ces termes : « Sous l’impulsion de sa majesté, l’Arabie saoudite développe une politique de civilisation. »

L’Arabie saoudite, allié fidèle des Etats-Unis et des conservateurs européens, est en pointe dans la lutte contre certains pouvoirs en place, hier en Libye, aujourd’hui en Syrie. Il est vrai qu’en matière de liberté, de démocratie, de défense des droits de l’homme, l’Arabie saoudite peut afficher un riche bilan. Le soulèvement populaire au Bahreïn ? Ecraser par les chars venus de Riyad. Les droits des femmes, à l’expression, à la différence y compris sexuelle? Une balle, une pendaison ou une amputation pour toute réponse. Les revendications de la jeunesse en faveur d’un espace élargi de libertés ? Une forme de terrorisme, selon les gérontes au pouvoir. L’argent sale des anciens dictateurs remerciés dans la région au cours de l’année écoulée ? Bien au chaud dans les coffres forts de Riyad. MM. Obama, Sarkozy et bien d’autres relayés par les médias dominants traitent respectueusement  les vieillards saoudiens. Il y va, affirment-ils sans rire, de l’avenir du Moyen Orient.

La directrice du Fonds monétaire international (FMI), la très yankee Mme Lagarde, vient de souligner le « rôle important » joué par l’Arabie saoudite dans la stabilisation de l’économie mondiale. En écoutant de tels propos, les momies de Riyad se disent qu’elles peuvent agonir en douceur.

José Fort

L’Humanité Cactus 8 mars

 

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 18:35

  • Qui se cache derrière la bloggeuse cubaine Yoani Sánchez ?
Par
Salim Lamrani

    Yoani Sánchez, célébrissime bloggeuse havanaise, est un personnage à part dans l’univers de la dissidence cubaine. Jamais aucun opposant n’a bénéficié d’une exposition médiatique aussi massive ni d’une reconnaissance internationale d’une telle dimension en si peu de temps. 

    Après avoir émigré en Suisse en 2002, Yoani Sánchez a choisi de rentrer à Cuba deux années plus tard, en 2004. En 2007, elle décide d’intégrer l’univers de l’opposition à Cuba en créant son blog Generación Y, et devient un farouche détracteur du gouvernement de La Havane.

Jamais aucun dissident à Cuba – peut-être même dans le monde – n’a obtenu autant de distinctions internationales en si peu de temps, avec une caractéristique particulière : elles ont rapporté à Yoani Sánchez assez d’argent pour vivre tranquillement à Cuba jusqu’à la fin de ses jours. En effet, la bloggeuse a été rétribuée au total à hauteur de 250 000 euros, c’est-à-dire une somme équivalant à plus de 20 années de salaire minimum dans un pays tel que la France, cinquième puissance mondiale. Le salaire minimum mensuel à Cuba étant de 420 pesos, c’est-à-dire 18 dollars ou 14 euros, Yoani Sánchez a obtenu l’équivalent de 1 488 années de salaire minimum à Cuba pour son activité d’opposante.

Yoani Sánchez est également en étroite relation avec la diplomatie étasunienne à Cuba comme l’indique un câble, classé « secret » en raison de son contenu sensible, émanant de la Section d’Intérêts nord-américains (SINA), rendu public par Wikileaks. Michael Parmly, ancien chef de la SINA à La Havane, qui se réunissait régulièrement avec Yoani Sánchez dans sa résidence diplomatique personnelle, comme l’indiquent les documents confidentiels de la SINA, a fait part de son inquiétude au sujet de la publication des câbles diplomatiques étasuniens par Wikileaks : « Je serais vraiment ennuyé si les nombreuses conversations que j’ai eues avec Yoani Sánchez venaient à être publiées. Elle pourrait en payer les conséquences toute sa vie ». La question qui vient inévitablement à l’esprit est la suivante : pour quelles raisons Yoani Sánchez serait-elle en danger si ses agissements, comme elle l’affirme, respectent le cadre de la légalité ?

En 2009, la presse occidentale avait grandement médiatisé l’interview que le président étasunien Barack Obama avait concédée à Yoani Sánchez, ce qui était considéré comme étant un fait exceptionnel. La bloggeuse avait également affirmé qu’elle avait fait parvenir un questionnaire similaire au président cubain Raúl Castro et que ce dernier n’avait pas daigné répondre à la sollicitation. Néanmoins, les documents confidentiels émanant de la SINA, rendus publics par Wikileaks, mettent à mal ces déclarations. 

On y découvre qu’en réalité ce fut un fonctionnaire de la représentation diplomatique étasunienne à La Havane qui s’était chargé de rédiger les réponses à la dissidente et non le président Obama. Plus grave cependant, on apprend que Yoani Sánchez, contrairement à ses affirmations, n’a par ailleurs jamais fait parvenir de questionnaire à Raúl Castro. En effet le chef de la SINA Jonathan D. Farrar a confirmé cette réalité dans une missive expédiée au Département d’Etat : « Elle n’attendait pas de réponse de ce dernier, car elle a confié qu’elle ne les [les questions] avait jamais transmises au Président cubain ». 

Le compte Twitter de Yoani Sánchez

    En plus du site Internet Generación Y, Yoani Sánchez dispose également d’un compte Twitter et revendique plus de 214 000 suiveurs. Seuls 32 d’entre eux habitent réellement Cuba. De son côté, la dissidente cubaine suit elle-même plus de 80 000 personnes. Sur son profil, Sánchez se présente de la façon suivante : « Bloggeuse, je réside à La Havane et je raconte ma réalité par bribes de 140 caractères. Je twitte via sms sans accès Internet ».

    Cependant, la version de Yoani Sánchez est difficilement crédible. En effet, il est rigoureusement impossible de suivre plus de 80 000 personnes, uniquement par sms ou à partir d’une connexion hebdomadaire à Internet depuis un hôtel. Un accès quotidien au web est indispensable pour cela. 

    La popularité sur le réseau social Twitter dépend du nombre de suiveurs. Plus ils sont nombreux, plus le compte gagne en exposition. De la même manière, il existe une forte corrélation entre le nombre de personnes suivies et la visibilité de son propre compte. La technique qui consiste à suivre de nombreux comptes est communément utilisée à des fins commerciales ainsi que par la classe politique lors de campagnes électorales.

Le site www.followerwonk.com permet d’analyser le profil des fans de tout membre de la communauté Twitter. L’étude du cas Yoani Sánchez est révélatrice à plusieurs égards. Une analyse des chiffres du compte Twitter de la bloggeuse cubaine, réalisée à travers le site, révèle, à partir de 2010, une impressionnante activité du compte de Yoani Sánchez. Ainsi, à partir de juin 2010, Sánchez a rejoint en moyenne plus de 200 comptes twitter par jour, avec des pics pouvant atteindre 700 comptes en 24 heures. A moins de passer des heures entières sur Internet à cela – ce qui semble hautement improbable – il est impossible de s’abonner à autant de comptes en si peu de temps. Il semble donc que cela a été généré de manière informatique.

De la même manière, l’on découvre que près de 50 000 suiveurs de Yoani Sánchez sont en réalité des comptes fantômes ou inactifs, qui créent l’illusion que la bloggeuse cubaine jouit d’une grande popularité sur les réseaux sociaux. En effet, des 214 063 profils du compte @yoanisanchez, 27 012 sont des coquilles vides (sans photo) et 20 600 revêtent les caractéristiques de comptes fantômes avec une activité inexistante sur le réseau (0 à 3 messages envoyés depuis la création du compte). 

Ainsi, parmi les comptes fantômes qui suivent Yoani Sánchez sur Twitter, 3 363 ne disposent d’aucun suiveur et 2 897 suivent uniquement le compte de la bloggeuse, ainsi qu’un ou deux autres comptes. De la même manière, certains comptes présentent des caractéristiques assez étranges : ils ne disposent d’aucun fans, suivent uniquement Yoani Sánchez et ont émis plus de 2 000 messages.

Cette opération destinée à créer une popularité fictive via Twitter est impossible à effectuer sans accès à Internet. Elle nécessite également un soutien technologique ainsi qu’un budget conséquent. Selon une enquête réalisée par le quotidien mexicain La Jornada, intitulée “El ciberacarreo, la nueva estrategia de los políticos en Twitter”, sur des opérations de cette nature impliquant des candidats présidentiels mexicains, de nombreuses entreprises présentes aux Etats-Unis, en Asie et en Amérique latine, offrent ce service de popularité fictive à des prix élevés. « Pour une armée de 25 000 suiveurs inventés sur Twitter, on paye jusqu’à 2 000 dollars, et pour 500 profils utilisés par 50 personnes, le prix fluctue entre 12 000 et 15 000 dollars.

Yoani Sánchez émet une moyenne de 9,3 messages par jour. En 2011, la bloggeuse a publié environ 400 messages par mois. Le prix d’un message à Cuba est de 1 peso convertible (CUC, = $0.85), ce qui représente un total de 400 CUC mensuels. Le salaire minimum à Cuba étant de 420 pesos cubains, c’est-à-dire environ 16 CUC, Yoani Sánchez dépense chaque mois l’équivalent de 25 mois de salaire minimum à Cuba. A titre de comparaison, le revenu minimum étant d’environ 1 000 euros en France. Ainsi, la bloggeuse dépense à Cuba une somme correspondant à l’équivalent de 25 000 euros par mois sur Twitter, c’est-à-dire 300 000 euros par an. D’où proviennent les ressources nécessaires à ces activités ?

D’autres questions surgissent inévitablement. Comment Yoani Sánchez peut-elle suivre plus de 80 000 comptes Twitter sans un accès permanent à Internet ? Comment a-t-elle pu adhérer à près de 200 comptes différents par jour en moyenne depuis juin 2010, avec des pics dépassant les 1 000 comptes ? Combien de personnes suivent réellement les activités de l’opposante cubaine sur le réseau social ? Qui finance la création des comptes fictifs ? Dans quel but ? Quels sont les intérêts qui se cachent derrière la figure de Yoani Sánchez ?


*Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. 
Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade). http://www.amazon.fr/Siege-Sanctions-Economiques-Etats-Unis-Contre/dp/2953128425/ref=sr_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1323515651&sr=1-2 
Contact : Salim.Lamrani@univ-mlv.fr ; lamranisalim@yahoo.fr 

 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 16:07

 

Que se passe-t-il réellement dans ce pays ou pendant des mois a coulé tant de sang ? Après l’intervention militaire française qui a entraîné l’arrestation de Laurent Gbagbo et l’installation au pouvoir d’Alassane Ouattara, une chape de plomb s’est abattue sur le pays. Rien ou presque ne filtre sur les exactions commises par les partisans du nouveau maître du pays. Selon diverses sources, la famille de l’ancien président subirait des sévices, certains de ses proches collaborateurs notamment des ministres ayant disparu ou ayant été tout simplement assassinés. Les promesses de « réconciliation » restent lettres mortes dans le silence le plus total des médias si prolixes il y a peu encore.

 

« Le pays a besoin de calme et de tranquillité pour retrouver la voie du développement économique », déclarait il y a quelques semaines à Paris, Alassane Ouattara après avoir été reçu avec faste à l’Elysée. Les partisans de Gbagbo, lorsqu’ils n’ont pas été passés par les armes, ont trouvé refuge loin d’Abidjan, à l’étranger ou ont été retournés avant de faire allégeance au nouveau pouvoir. Quant aux grandes entreprises françaises, elles se frottent les mains : contrairement aux faux amis libyens qui préfèrent passer des accords avec les Etats-Unis et moins avec la France,  M. Ouattara adopte une attitude plus conciliante. « Lui, il sait remercier »  confie un des proches de Bolloré dont les affaires sont en plein redéploiement dans ce coin de l’Afrique.

 

L’intervention militaire française en Cote d’Ivoire a été présentée comme une action visant à défendre les populations et à établir la démocratie et la liberté. En fait, sous couvert humanitaire, c’est une nouvelle opération colonialiste qui a été menée avec l’assentiment de ladite « communauté internationale » bien contente de disposer du gendarme français. Ce type d’ingérence devenant une habitude, il paraît logique en cette période de campagne présidentielle d’interroger les candidats à la magistrature suprême: poursuivront-ils ces aventures guerrières où mettront-ils un terme à une politique colonialiste d’un autre temps.

 

José Fort

 L’Humanité Cactus 1 er mars

 

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 18:11

 

 

Je n’ai rien contre les Disc Jockey, les fondus de la platine même si leur relation à la musique s’identifie à celle qu’entretient l’analphabète à la littérature. A chacun sa culture et ses goûts mais cela n’interdit quand même pas de s’interroger sur la  force propulsive et créative de ces « vedettes » ramassant des millions d’euros à la pelle en faisant tourner des vinyles dans les boîtes les plus huppées de la planète. On me rétorquera qu’il faut vivre avec son temps et que les stars du foot enquillent elles aussi des sommes colossales à l’instar des patrons du CAC40. C’est vrai, le cynisme du profit a pignon sur rue surtout depuis l’arrivée au pouvoir de l’agité du Fouquet’s dont un de ses fils, Pierre (DJ Mosey), sillonne le monde avec son carton à CD. Libre au rejeton du Prince de remplir cette haute fonction, de produire un album – bide retentissant - de Doc Gynéco et de consacrer ses nuits à imbiber un peu plus la jeunesse dorée internationale. A une condition : qu’il le fasse à ses frais. Or, tel n’est pas le cas.

 

A la suite d’une indisposition provoquée par un cornichon avarié, la terreur des soirées torrides a été rapatriée d’urgence par un Falcon de la République française. Coût du vol : 40.000 euros. A peine remis de sa gastro ukrainienne, Pierrot est reparti vers Florianopolis , Sao Paulo et Rio accompagné de deux policiers du service de protection des personnalités avec, sur place et à disposition, un agent consulaire. Note à payer pour les frais de transports, d’hôtels et de bouche : environ 50.000 euros. Chaque année, le fils prodigue coute environ trois cents mille euros aux contribuables français. Au Brésil, on se tape royalement des frasques élyséennes. Sauf que Paris a demandé une protection policière locale renforcée et l’ouverture des salons d’honneur des aéroports partout où le DJ présidentiel fera escale cette semaine. Avouez que c’est moins cher que l’achat d’un Rafale.

José Fort

L’Humanité Cactus 23 février 

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 12:42

 

Le 2 mai 1808, le peuple de Madrid se soulevait contre les troupes napoléoniennes. Dans son roman « Un jour de colère » que je vous recommande, Arturo Pérez-Reverte décrit ces hommes et ces femmes  déversant  durant une journée leur colère et leur haine dans un bain de sang qui a marqué à jamais l’histoire de l’Espagne. Allons-nous revivre de tels évènements ? Un nouveau conflit s’annonce-t-il opposant la France à l’Espagne ?

Les ambassadeurs des deux pays multiplient des démarches diplomatiques et les gesticulations médiatiques. La presse de Madrid s’étouffe de fureur. Le chef du gouvernement Mariano Rajoy exprime son mécontentement et reçoit le joueur de tennis Rafael Nadal pour lui témoigner sa solidarité face aux attaques « abjectes » dont il fait l’objet. Pourquoi cette tension ?

Depuis un peu plus d’une semaine, les guignols de l’info sur Canal +  se moquent des champions espagnols qui, à l’instar d’Alberto Contador, ne marcheraient pas à l’eau claire. Et alors que Yannick Noah évoque l’utilisation au-delà des Pyrénées d’une « potion magique, « Le Monde » conseille à  l’Espagne de « regarder le dopage en face ».

Les Espagnols enragent et invitent les Français à balayer devant leur porte. Ils évoquent Jeannie Longo, son mari empêtré dans une affaire d’EPO et… rappellent le départ précipité des troupes napoléoniennes en 1813 accompagné de l’échange de prisonniers français contre des cochons venus de l’Hexagone. Bref, rien ne va plus.

Pendant ce temps à Madrid comme à Paris, le sort du juge Garzon interdit d’exercer pendant onze ans n’émeut guère. Il faut dire qu’il l’avait bien cherché en enquêtant sur des affaires de corruption impliquant plusieurs haut dignitaires de la droite espagnole et en ouvrant les dossiers portant sur les crimes du franquisme.

José Fort  

 

 

L'Humanité Cactus 15 février

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 12:04

 

Imaginez, un instant, la France bloquée à ses frontières depuis 50 ans. Pas un aliment, pas un médicament, pas un outil livré depuis l’Allemagne, la Belgique ou encore l’Espagne et l’Italie. Imaginez la France obligée de se ravitailler en matière première loin de ses frontières,  ses avions et navires interdits de ports européens, les pays  acceptant de commercer avec l’Hexagone confrontés aux chantages et aux représailles. Imaginez la France et ses gouvernants ayant à subir des centaines de tentatives d’assassinats, des actes terroristes visant notamment un avion transportant  l’équipe d’escrime, ses bateaux sabotés, des virus déversés pour anéantir les troupeaux, des bombes dans des hôtels pour touristes. Que dirions-nous ? Que ferions-nous ? Aurions-nous le courage de résister ?

Depuis 50 ans, Cuba  subit un blocus économique décrété par la première puissance économique et militaire mondiale : les Etats-Unis d’Amérique. Depuis 50 ans, au mépris des résolutions de l’ONU, du respect de onze millions d’êtres humains, un acte criminel est commis en toute impunité. Pourquoi un tel acharnement de l’impérialisme US et de toutes ses composantes de Kennedy à Reagan, de Clinton à Obama ? L’Empire ne supporte pas qu’à quelques encablures de ses côtes un petit pays – par la taille, pas par se puissance créative – choisisse l’indépendance, la souveraineté, le socialisme. Les dirigeants nord-américains  ont toujours en mémoire la déroute de la Baie des cochons, la résistance  à leurs provocations armées et idéologiques, l’impuissance à mettre la révolution à genoux malgré toutes les calamités subies. A Washington, on ne supporte pas la réussite de ce pays dit du Tiers monde en matière d’alphabétisation, de santé publique, de développement  scientifique et sa constante solidarité avec ceux qui souffrent du sous développement, de la violence capitaliste.

Leur haine est aussi forte que leur bêtise relayée en occident par ceux qui font de Cuba leur fonds de commerce. Voici  une île qui depuis 1959 fait la « une » de l’actualité alors que beaucoup de pays de la région sont ignorés du monde. On ne vous parle pas du Honduras, des 250 syndicalistes et membres d’associations démocratiques assassinés par les forces de police d’un pouvoir mis en place par les Etats-Unis. On ne répercute pas l’information selon laquelle des dizaines de dirigeants syndicalistes ont été massacrés ces deux dernières années en Colombie. On ne s’indigne pas de constater qu’un détenu se suicide tous les trois jours en France mais on consacre de nombreux commentaires au sort d’un  droit commun mort à Cuba malgré les soins dispensés.  On ne se pose pas la question : un pays soumis à 50 ans de blocus, un pays en état de guerre depuis tant d’années, est-il le meilleur terreau pour l’épanouissement de toutes les libertés ? Quant à la « démocratie » occidentale, celle du chômage, de la misère sociale et intellectuelle relève-t-elle d’un exemple à suivre ?

Depuis 50 ans, la Grande Ile doit affronter le blocus. Plus que jamais, les amis de Cuba et au-delà tous ceux qui refusent l’arbitraire doivent se mobiliser pour exiger des Etats-Unis la fin de leur crime contre un peuple souverain.

José Fort 

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:55

 

A quelques jours de l’ouverture du carnaval de Rio, les amateurs s’inquiètent du devenir de « La Condal », la plus ancienne fabrique de masques du Brésil qui conserve dans ses réserves plus de deux mille modèles. Cette petite entreprise, fondée par feu l’artiste catalan Armando Valles en 1958 à San Gonçalo  - de l’autre côté de la baie de Rio - et dirigée actuellement par Olga Gibert sa  jeune compagne, est confrontée cette année à deux problèmes : les nouvelles préférences des acheteurs et la concurrence internationale.

Les hommes et les femmes politiques ne faisant plus recette, Olga est bien obligée de se débarrasser faute de clients des masques représentant Kadhafi, Bush, Thatcher…et même l’ancien président Lula qui pourtant bénéficie, lui , d’une bonne cote de popularité. King Kong, les sorcières et les clowns  s’arrachent comme des petits pains, Pierrot caracolant en tête de la demande. La presse brésilienne s’interroge gravement sur les raisons du désamour pour les personnalités politiques la plupart des commentaires concluant dans un bel ensemble : les Brésiliens en ces temps de morosité internationale affichent une envie irrésistible de divertissement et d’amour.

Olga  Gibert se résigne à la nouvelle donne. Cette année, elle se limite à fabriquer 150.000 masques, 5.000 devant être exportés vers l’Espagne, alors que dans les années fastes 500.000 masques sortaient  de « La Condal ». Elle s’incline  face aux choix évolutifs de la clientèle. En revanche, elle s’indigne de la concurrence asiatique. A des prix imbattables, les Chinois viennent de rafler le marché des masques entraînant Olga et sa petite entreprise vers une possible fermeture.

Les échanges économiques entre le Brésil et la Chine ont augmenté de 60% ces quatre dernières années. Brasilia vend à Pékin, des avions, du minerai de fer, de la pâte à papier ; les Chinois concentre leurs activités au Brésil sur le pétrole, les technologies agricoles avec en perspective l’achat de terres pour répondre à leurs besoins intérieurs. Les autorités des deux pays ne cessent de déclarer qu’ils souhaitent accélérer leurs échanges en privilégiant les produits à forte valeur ajoutée. A Rio, personne n’a rien contre cette coopération « haute gamme ». Mais les puristes du carnaval se demandent à combien s’élève la valeur ajoutée des masques certains Carioças constatant que « si on les laisse faire, bientôt ils nous composeront une samba à la chinoise ».

José Fort

L’Humanité Cactus 9 février    

 

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 18:10

 

 

Reconnaissons les efforts déployés par Nicolas Sarkozy : ses relations avec les partenaires britanniques et allemands sont marquées par la délicatesse, le sens de la formule diplomatique et de la courtoisie. A David Cameron, lors  du sommet européen du mois d’octobre dernier, le président français avait lancé « tu la fermes  ». On était déjà à des années lumière de leur visite commune si chaleureuse en Libye pour célébrer l’installation au pouvoir d’anciens proches de Kadhafi et de Libyens formés à l’école de la CIA. Il faut dire que le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté ne fait pas, lui aussi, dans le raffinement lorsqu’il se moque publiquement de son ex-ami parisien tout en se déclarant prêt à accueillir à Londres les banques françaises.

Avec les Allemands, mieux vaut se méfier des apparences. Nicolas Sarkozy a beau vanter le modèle d’Outre-Rhin, celui du mini-job, du mini-salaire, des plus de dix millions de pauvres, tous les indicateurs sont au rouge du côté de Berlin, l’économie allemande commençant à prendre l’eau. Sa copine Angela Merkel, dit-on, participera à quelques meetings électoraux. Mais comment interpréter le silence de la chancelière après les déclarations d’un de ses proches conseillers affirmant que l’agité  est « foutu » et qu’il ferait bien de « réviser » sa géographie, le président français ayant confondu l’Alsace et l’Allemagne lors d’un récent discours. Quant à la référence maintes fois répétés au « modèle adopté pas Gerhard Schroeder », la presse allemande rappelle que cet épisode avait couté sa réélection à l’ancien chancelier social-démocrate.

Y a plus d’amis. Même Obama laisse entendre que le « petit de Paris » n’en a pas pour longtemps. Alors que la plupart des dirigeants du monde ricanent, les Français trinquent. Il  faudrait que cela finisse vite car il y va de l’image de la France dans le monde et de notre dignité.

José Fort

L’Humanité Cactus 2 février

 

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