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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 11:26

Discours prononcé par Jean-Claude Lefort

Député honoraire

Coprésident de l’ACER

A l’occasion de l’inauguration de la stèle en l’honneur de

Dominique Vincetti à

Casta en Corse, le 19 août 2010

 

 

 

 

 

 

« Si tu passes par là, par cet endroit sauvage/Au lieu nommé Casta, désert des Agriates/Si tu passes par là, prends un peu de ton temps/Un homme est tombé là, il avait vingt-sept ans ».

 

Ainsi, Maria Casanova, la nièce de Dominique Vincetti, nous appelait-elle à ne pas oublier ce grand résistant à qui nous rendons hommage aujourd’hui, en inaugurant une stèle érigée à sa mémoire.  

 

C’est un grand honneur pour moi d’être parmi vous en ces moments solennels et particulièrement émouvants.  

 

C’est au nom de l’association des « Amis des Combattants en Espagne Républicaine » – l’ACER –, que je veux parler du combat que mena Dominique Vincetti, sur une autre terre que celle de Corse, sur celle d’Espagne, lui qui s’engagea dans les Brigades internationales quand elles se sont formées en 1936.

 

Je veux parler de cet engagement qui fut le sien en Espagne car tout se tient – absolument tout – dans la vie bien courte de ce fils de forgeron, une vie marquée par la clairvoyance, le courage, l’abnégation, un goût absolu pour la liberté, un goût irrépressible à en mourir.

 

Etant moi-même fils de brigadiste, devant le cercueil duquel un autre « Grand corse », François Vittori, rendit un dernier hommage, vous comprendrez que cela me touche tout particulièrement d’être ici et que je souhaite parler un instant de son engagement dans les Brigades.

 

Espagne. Février 1936. Le Front populaire gagne les élections. La République est restaurée. En France le Front populaire l’emporte en mai.

A l’époque, face aux 110 millions d’habitants que comptent alors 3 pays totalitaires – l’Allemagne, l’Italie et le Portugal – cinq autres pays, dont la France et l’Espagne, attachés à la paix en comptent 300 millions. On peut alors encore conjurer le danger fasciste.

 

Hitler et Mussolini ont donc un plan : mettre la main sur l’Espagne pour isoler la France afin de la conquérir ensuite. Et c’est ainsi que, savamment orchestré, préparé et soutenu par les fascistes, devait éclater en Espagne, le 18 juillet 1936, un putsch initié par un quarteron de généraux félons, dont le tristement célèbre Franco. Leurs troupes criaient : « Viva la muerte ! », « A bas l’intelligence ! »

 

La république espagnole fait alors appel au soutien de la France et de la Grande-Bretagne. La réponse des gouvernements concernés sera : la non-intervention.

 

Face aux franquistes très puissamment soutenus par l’extérieur, la jeune République espagnole est en position de faiblesse. C’est alors que sont créées les Brigades internationales, le 22 octobre 1936.

 

Et se déclenche à ce moment un phénomène populaire jamais connu ni reproduit dans l’histoire. Venus de 54 pays, dont 8.500 de France, 35.000 hommes répondirent alors « Présents ! No pasaran ! » 

 

Ces brigadistes, en arrivant en Espagne, devaient faire ce serment : «  Je suis ici parce que je suis un volontaire, et je donnerai, s’il le faut, jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour sauver la liberté de l’Espagne, la liberté du monde entier ». 

 

Dominique Vincetti était de ceux-là qui se sont levés avant le jour. Qui avaient compris que défendre Madrid c’était la solidarité internationale mais que c’était aussi défendre la paix mondiale. Ils considéraient, et l’histoire leur a donné raison mais à quel prix, que les prémisses de la seconde guerre mondiale se nouaient là, dans cette bataille, dans cette guerre d’Espagne qu’on nomma à tort « une guerre civile ».

 

Quand la France officielle se couchait lamentablement, laissant faire Franco, Hitler, Mussolini et Salazar ; quand elle restait sourde aux appels du gouvernement légitime espagnol en répondant « non-intervention », eux se sont levés. Ils sont allés en Espagne pour prendre les armes. De pauvres armes au demeurant. Ils considéraient qu’il valait « Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux ! ». Courageusement. Lucidement. 3.500 volontaires français périrent dans les combats, leur sang à jamais mêlé à la terre d’Espagne.

 

Ces « Volontaires de la liberté » étaient et sont l’honneur de la France.

 

Dominique Vincetti partit en décembre 1936. Il fut affecté à la 14ème brigade dénommée « Marseillaise ». Il fut grièvement blessé à la bataille terrible de Guadalajara, en février 1937. Atteint par une balle explosive à la cuisse, il demeura plâtré six mois et il dû être rapatrié en France.

 

Je reprendrai ici, à l’adresse de Dominique Vincetti, quelques phrases de François Vittori, prononcées dans son discours d’adieu à mon père, le 13 mars 1952, car elles s’appliquent à tous les brigadistes. Je le cite : « Il avait compris le double but que poursuivait le fascisme en attaquant l’Espagne : détruire la jeune République et isoler, encercler la France. (…) Face aux hommes de la non-intervention à sens unique, face à la trahison, il a montré au magnifique peuple espagnol le vrai visage de la France ardente et généreuse, toujours présente lorsqu’il faut payer le prix du sang pour la sauvegarde de la liberté. En allant là-bas, il n’avait demandé qu’une seule chose : l’honneur de prendre sa place dans ce combat pour la liberté. » Fin de citation.

 

Les combats en Espagne, du fait du rapport de forces, tournèrent au profit des nazis et des fascistes.

 

Dans une dernière tentative pour sauver la République, le Président espagnol fit une démarche à la Société des Nations, l’ONU de l’époque. Il proposa le 21 septembre 1938, de retirer les Brigades internationales en échange d’un retrait du soutien hitlérien et mussolinien à Franco.

 

 

Les Brigades internationales sont donc retirées d’Espagne. Pas les autres. Ils partirent de Barcelone le 28 octobre 1938. Et un mois après, le 30 septembre, ce sont les Accords de Munich qui livrent la Tchécoslovaquie à Hitler. Tout se tient.

 

A la tribune des Cortès, réfugiés à Barcelone, une femme s’adresse aux brigadistes et à leurs femmes. Il s’agit de Dolorès Ibarruri, la Pasionaria. A leurs femmes, devenues veuves, elle dit : « Mieux vaut être la veuve d’un héros que l’épouse d’un lâche ».

 

Et parlant des Brigadistes elle s’exclame : « Ils étaient communistes, socialistes, anarchistes, républicains, hommes de toutes les couleurs, d’idéologies différentes, de religions opposées, mais tous aimant profondément la liberté et la justice, sont venus s’offrir à nous, sans conditions. Ils nous donnaient tout : leur jeunesse ou leur maturité, leur science ou leur expérience, leur sang et leur vie, leurs espérances et leurs désirs… Drapeaux d’Espagne ! Saluez tant de héros ! Inclinez-vous devant tant de martyrs ! »

 

C’est aussi à Dominique Vincetti qu’elle s’adressait.

 

Franco maîtrise l’Espagne en avril 39. La monarchie est rétablie. Le maréchal Pétain est nommé ambassadeur de France à Madrid. Tout se tient, décidemment.

 

Pour avoir eu l’honneur de connaître Henri Rol-Tanguy et d’avoir eu avec lui de nombreuses discussions, combien de fois ne l’ai-je pas entendu me dire : « Si l’Espagne avait été aidée, la seconde guerre mondiale n’aurait sans doute pas eu lieu ».

 

Lourde est la responsabilité des gouvernements de l’époque. Et voilà aussi pourquoi cette guerre d’Espagne est souvent absente ou gommée des manuels d’histoire scolaires. Longtemps on appela les brigadistes : « Les oubliés de l’histoire ». Car parler d’eux c’est bien sûr parler de leur clairvoyance et de leur courage mais c’est aussi souligner la lourde responsabilité de ceux qui refusèrent de porter secours à l’Espagne et qui décrétèrent la lâche et terrible « non-intervention ».

Oui tout se tenait. Et c’est ainsi que pour marquer ce fait occulté volontairement, à la Libération de Paris dirigée par un autre brigadiste – Henri Rol Tanguy –, celui-ci avec le général Leclerc font entrer la deuxième DB dans la capitale. Mais ils ne la font pas entrer n’importe comment. Non ! Les 5 premiers chars qui pénètrent dans Paris le 24 août 1944 portent le nom d’une bataille espagnole. Ces 5 premiers chars s’appellent : Guernica, Madrid, Brunete, Belchite et Guadalajara – la bataille où précisément Dominique Vincetti fut grièvement blessé.  

 

Comme me le disait Rol-Tanguy parlant de la Libération : « Ainsi la boucle était bouclée ». Dominique Vincetti n’a pu la voir. Mais, quelque part, il était dans ces chars qui entrèrent à Paris…

 

C’est pour tout cela que, non, Maria Casanova, nous n’oublierons pas qu’en « ce lieu nommé Casta, désert des Agriates, un homme de 27 ans est mort. »

 

Nous nous souvenons de vos phrases qui sont comme des fleurs : « La mort attaque parfois en plein soleil/Il y a dans l’air vibrant un souffle de promesses : dans les échos du vent, tu l’entendras peut-être/ C’est là qu’il est tombé : Domenicu Vincetti/ Mortu pè a liberta, Domenicu Vincetti. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 19:01

Par José Fort (Pour DiversesCités)

Nous aurons tout entendu sur les joueurs de l’équipe de France de football, du sélectionneur et de la fédération nationale de cette discipline sportive. Tout sauf que le désastre auquel nous assistons est d’abord le fruit d’un système : celui du l’argent roi.

La plupart des acteurs de ce spectacle affligeant et dégradant sont gavés de fric. A un point tel, que tous ces hommes vivent sur une autre planète. De nombreux joueurs ont gommé leur passé, l’encadrement  baigne dans une gestion opaque. L’arrogance est devenue leur loi.  Faut-il les envoyer au bucher alors que l’exemple vient de plus haut ?

« Pas vu pas pris », ronronnait Carla Bruni au lendemain de la main frauduleuse de Thierry Henri lors du match contre l’Irlande. Invitation à la fraude. Et pourquoi se gêner sur le fric alors que l’exemple vient de haut : Christian Blanc achetant pour 12.000 euros de cigares sur le compte de son secrétariat d’Etat, dix ministres cumulant retraites et salaires, Fadela Amara refilant à ses frères son logement de fonction et le cuisinier, la femme de l’ancien ministre du Budget actuellement affecté au Travail et toujours trésorier de l’UMP pigeant  pour Mme Betancourt, les dessous de tables de Karachi, les dérapages de frais de l’Elysée, des ministres empruntant des jets privés afin d’être présent à l’heure de l’apéritif, un autre trafiquant un permis de construire…

Le football est malade à l’instar de notre pays où les plus hautes autorités de l’Etat tapent dans la caisse, malade d’un système qui entraîne la cotation en Bourse, les transferts des clubs en sociétés privés, la rétribution des agents des joueurs par les clubs, les paris en ligne, la privatisation de stades…..  Le football – et pas seulement en France – est malade du capitalisme.  

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 13:32

HOMMAGE A JEAN FERRAT

 

ROLAND LEROY

 

19 JUIN 2010

 

35eCONGRES DU  PARTI COMMUNISTE FRANCAIS

 

 

 

 

Il est toujours difficile d’évoquer la vie d’un absent récemment disparu

 

Mais quand la foule amassée sur la place d’Antraigues

chantait à l’unisson « la montagne » en attendant son cercueil, on pouvait mesurer que Jean Ferrat ne disparaîtrait

jamais de la vie populaire française.

 

Et, pour moi, c’est d’autant plus dur que j’avais pour Jean de l’amitié, de l’affection et – disons-le -, du respect.

 

C’est pourquoi, je voudrais d’abord souligner qu’il est bien que ce congrès-ci du parti communiste français rende hommage à Jean Ferrat.

 

Un hommage qui ne soit pas seulement l’expression de la tristesse profonde causée par sa disparition, mais un hommage qui reprenne le généreux humanisme, le clairvoyant réalisme, l’inébranlable optimisme qu’il exprima toujours.

 

Jean ne posséda jamais la carte du parti communiste français, mais il avait très profondément en lui, toutes les qualités qui font un  communiste et il fut toujours de tous les combats communistes français.

 

Il réunissait en effet l’ouverture d’esprit, la modernité  bien

distincte des modes éphémères, le courage de dire ce qu’on

pense, même quand on est peu nombreux à le penser, la générosité et l’humanisme qui font les communistes.

 

C’est pourquoi notre parti, ce parti dont il n’a jamais été membre, est toujours le sien.

 

Et comment ne pas évoquer ici cette chanson qu’il appela « le bilan » et qu’il n’hésitait pas à prendre apparemment des distances avec nous, pour s’en rapprocher encore fondamentalement.

 

« Mais quand j’entends parler de bilan positif

Je ne peux m’empêcher de penser : A quel prix ?

Et ces millions de morts qui forment le passif

C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis

N’exigez pas de moi une âme de comptable

Pour chanter au présent ce siècle – tragédie

Les acquis proposés comme dessous de table

Les cadavres passés en perte et profit

 

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre

Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

 

C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente

Sans idole ou modèle, pas à pas humblement

Sans vérité tracée, sans lendemains qui chantent

Un bonheur inventé définitivement

Un avenir naissant d’un peu mois  de souffrance

Avec nos yeux ouverts en grand sur le réel

Un avenir conduit par notre vigilance

Envers tous les pouvoirs de la terre et du ciel

 

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre

Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui »

Mais quand on le sollicita de compléter naturellement cette chanson par une rupture totale avec nous, il répondit à Michel Drucker : « Des gens avaient espéré que j’avais retourné ma guitare » « s’ils comptent sur moi pour faire de l’anti communisme ce n’est pas le cas ».

 

Jean, qui n’avait pas sa carte du parti communiste était

un communiste qui sut chanter – ce qui était sa façon de le dire – les problèmes de l’actualité politique avec, grandes finesse et profondeur, souvent avant l’évènement même.

ainsi,  quelques mois avant mai 68 il chante :

 

« fils de bourgeois ordinaires

  Fils de dieu sait qui

  Vous mettez les pieds sur terre

  Tout vous est acquis

  Surtout le droit de vous taire

  Pour parler au nom

  De la jeunesse ouvrière

  Pauvres petits cons ».

 

Les évènements de 68, dont il exalta la signification et la portée historique :

« qu’elle monte des mines descende des collines

  Celle qui chante en moi la belle la rebelle

  Elle tient l’avenir, serré dans ses mains fines

  Celle de 36 a 68 chandelles

  Ma France ».

 

Ainsi il lui arrivait d’être plus, d’être mieux communiste que d’autres, pourtant membres du parti.

 

C’est pourquoi ceux qui le critiquaient en l’étiquetant « communiste » c’est à nous qu’il faisait honneur.

 

Jean était un lecteur assidu et toujours très attentif, souvent interrogatif, parfois critique, de « l’Humanité » et de « l’Humanité  Dimanche » qu’il a quelquefois diffusés en participant aux ventes de masse de ce

«  journal  que l’on vend au matin d’un dimanche

 à l’affiche qu’on colle au mur du lendemain

«   ma France ».

 

Les idées qu’il exprimait étaient les siennes. Elles coïncidaient avec les nôtres. Il savait, il sait encore, il saura

toujours, mieux que nous, les faire passer.

 

Il restera celui qui fit largement connaître, aimer, reprendre la poésie d’Aragon.

 

D’ailleurs, Jean Ferrat le dit lui-même : « il est évident que d’avoir été mis en musique a permis à certains de ses textes d’être véhiculés d’une manière incomparable dans le public,

Et d’avoir un écho qu’ils n’auraient pas eu sans cela ».

 

Et, Jean ajoute : « Aragon est le seul poète connu que j’ai souvent mis en musique. Je trouve que sa poésie correspond à une sorte d’idéal d’écriture dans le domaine de la chanson. Le sens des images, la force de son expression, la concision extrême de ses vers, ce sont des choses qui, à mon avis, sont essentielles dans l’écriture d’une chanson ».

 

Mais  Jean Ferrat ajoutait : « je trafiquais un peu ses textes,

J’isolais deux vers pour en faire un refrain, il m’arrivait de les intervertir, de couper des vers. Je faisais « ma petite cuisine » c’est un peu comme disait Picasso : «  je ne cherche pas : je trouve ».

 

C’est ainsi qu’on peut dire que Jean Ferrat a donné à la poésie d’Aragon une grande puissance de pénétration.

 

Il avait une haute idée de la chanson française.

 

Pour lui qui chantait « Je ne chante pas pour passer le temps » ou «  je twisterais les mots qu’il fallait les twister » ; pour lui qui sut ironiser sur Jean d’Ormesson comme sur Pradel et la télé réalité ;  pour lui qui en février 2001 écrivit à Michele  Cotta pour protester contre la censure qui frappait Isabelle Aubret : «les petits marquis qui font la loi dans la programmation réduisent au silence des pans entiers de la création française ».  Comme il l’écrivit dans « le Monde » en janvier 2002, pour lui la chanson est un haut moyen d’expression politique au sens noble du mot.

 

Mais la chanson française c’est aussi pour lui le mode d’expression de la vie, de l’amour, de la nature. Il dit un  jour à propos des poèmes d’Aragon : «  je n’ai pas mis en musique des textes proprement politiques. Il y en a qui sont relatifs à des choses, disons universelles sur l’homme, mais finalement ce sont les textes d’amour qui sont devenus des succès ».

 

Cela tient sans doute à l’exceptionnelle personnalité de Jean Ferrat, personnalité profondément riche, d’une vaste culture et en même temps simple parce que, humaine, avant toute chose.

 

Pour l’avoir vu vivre à Antraigues, avoir failli lui faire encaisser « une fanny » à la pétanque en faisant équipe avec lui sur la place du village, pour avoir passé avec les deux Jean du village, Saussac qui en fut le maire et Ferrat l’adjoint, des moments délicieux et joyeux, je porte témoignage que son enracinement n’y était pas artificiel,

que lui et Colette y sont profondément implantés.

 

Justement Colette, la femme  qu’il aimait profondément, qui le soutenait et qui l’a soutenu jusqu’au dernier instant, la femme qui prolonge sa vie dans leur village ardéchois, m’a prié de vous demander d’excuser son absence ce soir et de vous dire ses sentiments d’amitié, elle, qui, très sensible à votre invitation, ne trouve pas encore la force de quitter leur maison.

 

Il est impossible d’évoquer la personnalité si attachante de Jean Ferrat sans associer ceux qui l’ont accompagné de si près Gérard Meys, Isabelle Aubret, Francesca Solleville………..

 

Mais comment ne pas dire comme il l’a chanté pour un de ses amis « tu aurais pu vivre encore un peu ». 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 16:18

Par José Fort (pour DiversesCités)

Le score réalisé par les nationalistes flamands toutes tendances confondues (séparatistes du NVA et autres formations ainsi que l’extrême droite de Vlaams Belang, réunissant près de 50% des suffrages) fait planer une lourde menace sur l’unité de la Belgique. Bart de Wever, le leader de la NVA, avait clairement affiché ses intentions pendant la campagne électorale en déclarant : « Il y a deux pays, deux sociétés, deux opinions, il faut adapter les institutions à cette réalité. » L’avenir de la Belgique est suspendu à des négociations entre socialistes majoritaires en Wallonie et séparatistes flamands. Elles prendront du temps.

Le soir du scrutin, le chef de la NVA, a prononcé un discours devant un drapeau européen dont l’une des étoiles avait été remplacée par le lion de Flandre, jaune et noir, symbole du nationalisme flamand. Le message est clair : il s’agit d’affirmer une Europe des régions et la fin de l’Europe des nations.

La tendance prend de l‘envergure. En Espagne, la Catalogne affiche sa distance avec Madrid. En Italie, la droite lombarde ne veut pas « payer » pour la Sicile, le Pays basque, l’Ecosse etc… Les revendications autonomistes se multiplient et pendant que l’Europe a bien du mal à se faire, les nations qui la composent subissent des pressions tendant à les défaire. Nous connaissions les conflits pré-nationaux avec, par exemple, l’Irlande du Nord et même la Corse. Voici les conflits post-nationaux  qui sont le fait de régions nouvellement riches voulant amoindrir les solidarités interrégionales.

La machinerie européenne bruxelloise et les marchés ne camouflent plus leur préférence : l’Europe des régions. Celle qui se débarrasserait des nations constituées au fil des siècles par les peuples et préservant encore leur souveraineté et leur identité dans le cadre de la coopération et des échanges. Les marchés et de nombreux « penseurs » de la CE  rêvent d’une Europe à plusieurs vitesses. Des régions, comme par exemple la Catalogne, le Languedoc Roussillon, la Flandre, prenant ensemble la tête du peloton et laissant à l’abandon d’autres régions de France et d’ailleurs, le profit rapide restant la préoccupation unique.

Il ne faut pas se tromper. Les revendications autonomistes, séparatistes, nationalistes  brandies au nom de la langue et de l’identité cachent souvent d’autres desseins : ceux d’aventures dangereuses pouvant accoucher du pire.

 

 

 

 

   

 

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 09:58

Par José Fort (pour DiversesCités)

La Coupe du monde de football qui se déroule pour la première fois sur le continent africain constitue un événement sportif, économique, politique, culturel d’une formidable portée. Fan ou pas du ballon rond, laissons de côté les frasques des membres de l’équipe de France, le fric déversé à la pelle, l’imbécilité de certains joueurs ou membres de l’encadrement et tout ce qui fait dire à beaucoup que le foot peut être comparé aux jeux de Rome : faire oublier la dure réalité de la vie pour le plus grand nombre. Le football, le vrai, c’est autre chose. Du plaisir, de l’engagement, l’esprit de groupe et de solidarité. Rien à voir avec les coups de boule ou autre main traînante.

Le Mondial 2010 confirme, comme l’écrit le journal britannique « The Guardian », que l’Afrique est aujourd’hui « un intervenant incontournable sur la planète football, un changement remarquable en un temps relativement court. » Quant à l’hebdomadaire nord-américain « Time », plutôt friand de base-ball ou de basket, il consacre sa « Une » à l’événement et souligne que « le ballon rond est désormais bien plus qu’un sport mais aussi l’expression de la bonne ou de la mauvaise santé sociale d’un pays ou d’un continent. »

Des centaines de millions d’hommes et de femmes, de jeunes et d’anciens sur toute la planète vont suivre les matchs à la télévision et vibrer aux exploits de leurs équipes nationales ou de prédilection. On ne peut négliger un tel phénomène. Quant à l’Afrique du sud, elle vit une fête sans égal réunissant une large majorité de la population.

Plusieurs commentaires sur les retombées économiques publiés dans la presse sud-africaine laisse pointer des interrogations. « Les stades sont superbes, mais la plupart des emplois créés étaient des contrats sur des chantiers à court terme et on voit mal quels seront les bénéfices à plus long terme », peut-on lire dans plusieurs quotidiens locaux. D’autres voix se font entendre et reproduits par « The New York Times » pour regretter que la mascotte officielle de la première Coupe du monde organisée en Afrique, un léopard en peluche à la tignasse verte, est fabriquée en Chine, la chanson officielle « Waka Waka » écrite par une pop star colombienne, le restaurant officiel portant le nom de McDonald’s. Tout cela est vrai mais ne recouvre pas les principaux enseignements à tirer. Ce n’est pas seulement des stades qui ont été construits mais aussi des routes, des voies de chemin de fer, des systèmes de télécommunication… Et pourtant l’essentiel n’est pas là mais plutôt dans la fierté d’un continent, dans le ballon rond au service du rassemblement d’un peuple qui, il n’y a pas si longtemps, vivait sous le régime d’apartheid. L’archevêque Desmond Tutu, le très proche ami de Nelson Mandela, dansait et chantait jeudi soir lors du grand concert inaugural. « Je vis un rêve pour toute l’Afrique », a-t-il déclaré. Rêvons avec lui que le Mondial 2010 soit une grande fête réunissant au-delà des différences de couleur de peau ou de culture, rêvons aussi que cette Coupe du monde puisse donner un élan au développement de l’Afrique toujours soumise à la surexploitation et au mépris des multinationales et des « grands » de ce monde.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 17:07

Tout ou presque a été dit sur l’action terroriste de l’Etat israélien contre « les bateaux de la paix ». La presse internationale évoque un massacre, une tuerie non improvisée et réclame des explications. Un journal israélien qualifie même de « sept abrutis » les membres du conseil de sécurité israélien. La politique de l’Etat d’Israël est agressive,  cynique, assassine. Un tel pays, après les tueries à Gaza l’année dernière, devrait être mis au ban des nations, des sanctions devraient s’imposer. Pourtant, rien.

L’Union européenne maintient un statut de coopération renforcée avec Tel Aviv, les échanges avec les Etats-Unis et d’autres puissances ne souffrent aucun retard. Bref, tout baigne. Imaginez un seul instant qu’un autre pays – l’Iran par exemple – se livre à ce genre de crime planifié quelle aurait été la réaction de la « communauté internationale » ?

Pourquoi Israël peut tout se permettre, même le pire ? Avant de répondre à la question évacuons une fois pour toutes un argument souvent évoqué par la droite israélienne : toute critique de la politique israélienne serait une manifestation d’antisémitisme. Que les dirigeants israéliens et leurs relais parisiens ne nous emmerdent plus. Les militaires israéliens agissent comme des tueurs, comme ceux qui ont commis la Shoa. Le reste n’est que de la fumisterie.

Alors pourquoi les dirigeants israéliens peuvent-ils agir à leur guise ? La réponse est dans l’attitude des gouvernants de la planète avec le silence d’Obama, les explications emberlificotés de Sarkozy, le mutisme de l’Union européenne… Si l’on poussait un peu la réflexion, serait-il exagéré d’affirmer que les commanditaires des crimes contre le peuple palestinien sont situés aussi hors du territoire israélien ?

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 10:29

Clotilde Reiss est libre. Elle a pu quitter l’Iran et rejoindre la France. Tant mieux pour elle, pour sa famille et pour tous ses amis. Elle a vécu de durs moments. Elle doit pouvoir récupérer en paix. Pourtant, sans entrer dans le détail des conditions de ce qui apparaît comme un « échange », il n’est pas interdit de poser quelques questions. Qui est Clotilde Reiss ? Un agent immatriculé à la Direction générale de la sécurité extérieure, comme l’affirme un ancien sous directeur de la DGSE ? Une simple chercheure et enseignante prise dans la spirale de la contestation et de la violence après la farce électorale du printemps dernier en Iran ? Et si la vérité se situait entre les deux hypothèses ?

C’est archi connu : toutes les puissances tentent d’utiliser leurs meilleurs étudiants, chercheurs, scientifiques de tous poils pour aller à la « pêche aux informations ».  Clotilde Reiss faisait peut-être partie de cette catégorie  avec, il est vrai, un environnement  à risque : un père travaillant au commissariat à l’énergie atomique et une mère qui ferait ou aurait fait partie de l’armée française à un poste non déterminé, selon le site Alter-Info. Un site qui mérite d’être revisité. Au mois de septembre 2009, Alter-Info publiait une dépêche imprimée dans « Le Figaro » du 4 septembre 2009 dont voici la teneur : « Bien avant l’arrestation de Clotilde Reiss en juillet à Téhéran, les services de renseignements avaient averti l’ambassade de France en Iran du risque d’envoyer des jeunes chercheurs enquêter sur des sujets sensibles, alors que les relations entre les deux pays étaient  exécrables depuis longtemps. La mise en garde conjointe de la DGSE et de la Direction des renseignements militaires avait été lancée l’an dernier après qu’un étudiant eut passé plusieurs semaines à travailler sous l’influence croissante des gardiens de la révolution dans l’économie iranienne. »

L’extrême discrétion ce week-end de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner  ne relève pas d’une humilité soudainement retrouvée. Dans une affaire pas très propre, mieux vaut faire silence.

José Fort

 

 

 

 

 

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 17:49

Pendant le sommet Union Européenn- Amérique latine à Madrid, José Maria Aznar veut« taper » sur Cuba. Rappel pour les plus jeunes.Qui est Aznar?

Sa petite moustache de caporal de la garde civile fait le bonheur des caricaturistes. Avec sa très ambitieuse femme, Ana Botella qu’il appelle, " mi Hillaria " (ma Hillary), cet ancien des Jeunesses phalangistes, dont le père fut directeur de la radio franquiste, a toujours souhaité donner de lui une image moderniste et réformatrice. José Maria Aznar, chef de file de la droite espagnole, nommé premier ministre en 1996, avait annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, caressant l’espoir de devenir président de l’Union européenne.

Lorsqu’il arrive au pouvoir, José Maria Aznar affiche clairement ses objectifs : privatisations, libéralisation, austérité budgétaire. La potion libérale peut être distillée sans modération. Ses alliés, les nationalistes catalans et basques, roulent pour lui, tandis que les syndicats acceptent de signer une série d’accords clefs réformant le marché du travail et favorisant la précarité de l’emploi. C’est l’époque de José Maria Aznar conquérant, seul en scène, privatisant à tour de bras Téléfonica, Repsol, Endesa, Ibéria, sans opposition ou presque. L’Espagne endormie par quatorze ans de " felipisme " laissait faire, lui accordant même la majorité absolue aux élections de 2000.

José Maria Aznar a dû affronter une grève générale contre son projet obligeant les chômeurs à accepter toute offre d’emploi, même éloignée de leur métier. La catastrophe du Prestige au large de la Galice le laisse de marbre. Il refuse de se rendre sur place, minimise les conséquences. Sa morgue s’affiche sur les écrans de télévision. Et alors que 91 % des Espagnols se prononcent contre une intervention militaire en Irak, il signe avec son ami Tony Blair et quelques autres son alignement total sur la guerre voulue par l’administration nord-américaine. Ses alliés parlementaires catalans et canariens prennent leurs distances. Dans son propre parti, la protestation gonfle contre l’usage de la force US et l’alignement du premier ministre.

 George Bush lui avait  confié une mission : « taper » sur Cuba. Il l’a fait sans retenue et  souhaite le  faire à nouveau à l’occasion du prochain sommet Union Européenne- Amérique latine à Madrid.

José Fort

 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 12:28

Par José Fort

Pour « Diverses Cités »

« Sa Majesté a fait savoir sa satisfaction », déclarait mardi soir une voix autorisée de Buckingham. Un accord venait d’être passé entre les conservateurs emmenés par David Cameron nommé Premier ministre et les libéraux démocrates de Nick Clegg désigné vice-Premier ministre. Quelques instants auparavant, Gordon Brown avait démissionné.

Les politiques des conservateurs et des libéraux démocrates ont souvent été présentées pendant la campagne électorale comme « séparées par un fossé ». Alors sur quoi se sont mis d’accord Cameron et Clegg ?

En l’absence d’informations officielles, la presse britannique avance quelques pistes sur le compromis adopté après plusieurs jours de négociation. Les Libéraux démocrates auraient mis un bémol à leur inclination européenne notamment en renonçant à l’euro et de soumettre à référendum tout nouveau transfert de pouvoir. Les libéraux auraient accepté de renoncer à leur demande d’amnistie pour les clandestins et soutiendraient l’imposition d’un quota d’immigrants. Ils auraient également  abandonné leur volonté de ne pas renouveler le programme de missiles Trident qu’ils estimaient durant la campagne trop coûteux et inutile. En revanche, ils auraient obtenu la réforme du mode de scrutin, les conservateurs  acceptant l’organisation d’un référendum. Concernant le déficit budgétaire et la dette, un nouveau resserrement des dépenses publiques sera annoncé très rapidement.

 

Qu’on ne s’y trompe pas. Les trois principales formations politiques  britanniques  sortent affaiblies des élections. Les conservateurs donnés grand gagnant du scrutin par les sondages n’obtiennent pas la majorité absolue ; les travaillistes reculent nettement y compris dans leurs bastions ; les libéraux démocrates dont  on annonçait « une percée fulgurante » se maintiennent sans plus. Ces derniers présentés comme « plus européens », plus «  progressistes » ont préféré aux travaillistes le parti des conservateurs à l’issue d’une cuisine aboutissant à l’obtention de cinq postes ministériels. Pour quel objectif ?

Les proches de Nick Clegg expliquent  qu’il était temps que les centristes « participent aux affaires » tandis que des conseillers de Cameron indiquent qu’il fallait bien « construire une coalition » tout en caressant l’espoir de tenir en laisse les libéraux démocrates. Ces derniers ne sont pas dupes du calcul de leurs alliés, mais tente le coup. Quitte à laisser sur le bord de la route leurs illusions et autres certitudes.

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 11:40

La Ministre française de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi affiche un parcours expliquant en partie ses choix politiques.  Voici quelques « détails » qui doivent faire réfléchir sur le personnage.

Diplômée du lycée états-unien Holton Arms School à Bethesda (Maryland), elle a été stagiaire au Capitole en tant qu’assistante parlementaire d’un représentant républicain du Maine qui deviendra ensuite secrétaire à la Défense de Bill Clinton.

De retour en France, elle rejoint le bureau parisien du cabinet d’avocats Baker & McKenzie, un des premiers cabinets d’avocats mondiaux (4 400 collaborateurs dans 35 pays) et deviendra présidente de son comité exécutif mondial à Chicago. Elle fera grimper son chiffre d’affaires à 1 228 millions de dollars (+ 50 %). Elle sera aussi. membre du think tank Center for Strategic and International Studies (CSIS), au sein duquel elle coprésidait avec Zbigniew Brzezinsk qui fut entre autre conseiller de Jimmy Carter, puis militant de l’expansion de l’OTAN aux États post-soviétiques.

Christine Lagarde sera également membre du conseil de surveillance de la multinationale néerlandaise ING Group, une des principales sociétés financières au monde. Elle a été classée douzième femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes et cinquième femme d’affaires européenne par le Wall Street Journal Europe.

 J.F

 

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