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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 13:52

J’étais un parmi les quatre milliards d’hommes, de femmes, de jeunes et de ceux qui le sont moins accrochés à mon téléviseur pour suivre la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques dans le mythique stade Maracana à Rio de Janeiro. Une nuit blanche pour un spectacle lumineux, pour un salut à la jeunesse et aux sportifs du monde entier, pour une démonstration de fraternité et un vibrant appel en faveur de la paix dans ce monde malmené. Il n’y aura eu qu’un seul bémol dans ma nuit brésilienne : l’indigence des commentateurs de France2 se croyant investis d’une mission géostratégique alors que leur inculture crasse en crevait nos tympans.

Comme avant chaque JO, nous avons entendu les éternelles pleurnicheries sur les retards, les malfaçons, les plomberies défectueuses. Les aigris et autres pisse-vinaigres en resteront toujours à la petitesse alors que les Brésiliens ont réussi avec talent l’épreuve des premiers Jeux Olympiques organisés sur le continent latino-américain.

La fête a été totale. Avec un public chaleureux accueillant dans la joie les 207 délégations et un peu plus de 10.000 athlètes venus du monde entier et conspuant brièvement mais bruyamment le président fantoche Michel Terner, un des auteurs du coup d’Etat institutionnel commis contre la présidente élue démocratiquement par 52 millions de Brésiliens, Dilma Rousseff.

Hymne brésilien chanté en version acoustique, stade résonnant des plus belles mélodies brésiliennes et transformé en sambodrome avec le défilé d'une douzaine d'écoles de samba, un millier de figurants, triporteurs aux couleurs acidulées précédant les délégations, scènes évoquant les étapes marquantes de l'histoire du pays hôte, insectes, araignées, chenilles en structures métalliques vivant dans l'épaisse forêt amazonienne, caravelles européennes bravant la tempête sur l'océan Atlantique avant d'accoster sur les côtes brésiliennes, esclaves venus d'Afrique, urbanisation chaotique... Avec la volonté affichée de préserver la planète des pollutions meurtrières. Et surtout l’accueil émouvant des sportifs « réfugiés » regroupés sous le drapeau olympique. Devant un tel spectacle qu’il serait fou de faire la fine bouche.

Et puis, il y a la réalité politique. Les auteurs du coup d’Etat contre Dilma Roussef ont été copieusement conspués. Dans la tribune officielle, on notait surtout les absences des principaux chefs d’Etat. Exit Obama, Meckel, Poutine. Exit, les présidents chinois, indien, indonésien… Exit, les présidents vénézuélien, chilien, mexicain, bolivien, équatorien, cubain… Seulement trois présidents latino avaient fait le voyage : le Paraguayen Horacio Cartes, créature d’un coup d’Etat contre le président légalement élu, Fernando Lugo ; le sinistre nouveau président argentin, Mauricio Macri qui après avoir licencié à tour de bras et ouvert le pays à la finance internationale s’attaque désormais aux « Mères de la Place de Mai ». C’est au milieu de ce sinistre entourage mafieux que François Hollande est venu promouvoir la candidature de Paris pour les JO de 2024. Il aura tout faux. Y compris sur cette question qui aurait mérité d’autres lieux, d’autres moments et d’autres interlocuteurs.

José Fort

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 18:23

Les assassinats commis à Nice et à Saint-Etienne-du-Rouvray ont nourri l’actualité des derniers jours. L’horreur, la barbarie ont sidéré, traumatisé les Français quels que soient leurs engagements sociaux ou politiques, leurs origines, leurs cultures. Un boulevard a été largement ouvert au Front national. Les fascistes-intégristes manipulateurs d’esprits faibles et de tueurs en sommeil n’en demandaient pas tant. Pendant ce temps, le reste de l’actualité s’enfonce dans les oubliettes permettant les mauvais coups sociaux.

« Ca va mieux », déclarait il y a peu le Président de la République. On le sait amateur d’humour. Mais là, il s’est surpassé. Les chiffres du chômage rendus publics il y a une semaine sont encore et encore en hausse, les manipulations des statistiques et autres gommages de chiffres n’arrivant pas à camoufler le bilan désastreux.

Les mesures de dernière heure pour tenter de faire disparaître 500.000 demandeurs d’emplois avant le mois de décembre en raclant les fonds de tiroir de Pôle Emploi et en sortant du chapeau des formations souvent bidon n’y pourront rien. L’échec de Hollande et du gouvernement en matière d’emploi et malgré les énormes cadeaux faits au patronat est patent.

D’ores et déjà, François Hollande qui assurait qu’en cas d’échec de sa politique en matière d’emploi il se retirerait de la course présidentielle en 2017, peut préparer ses valises.

Une information n’a pas ému outre mesure. Pourtant, elle devrait donner à réfléchir sur l’état réel de la France et sur ces hommes et ces femmes qui pillent le pays. Je veux parler du plan liquidateur à SFR sous la houlette de Patrick Drahi, ce milliardaire franco-israélien repreneur de tout ce qui bouge en matière de communication et d’information, bénéficiant étrangement de largesses bancaires peu claires, aux lendemains périlleux. Comme d’autres, le jour où ça chauffera pour lui, il aura la solution de l’impunité en se réfugiant à Tel Aviv. A chacun son boulot : Miami abritait les anciens dictateurs latino américains, Israël accueille les affairistes bi-nationaux en délicatesse avec la justice française.

Patrick Drahi, patron de Libération, l’Express, BFM, RMC, avait promis après avoir acheté SFR de ne pas licencier. Quelques semaines plus tard, dans un bar de New York, après quelques verres, il s’était laissé aller à regretter sa « déclaration trop rapide ». La semaine dernière, sans gêne aucune, il a annoncé le « dégraissage » : 5000 emplois supprimés, 1/3 des effectifs. Comme à l’Express où une bonne partie de la rédaction a été virée. Les supplétifs de BFM n’ont qu’à bien se tenir : leur tour viendra.

Patrick Drahi, un « exemple » de réussite comme le fut à son époque Bernard Tapie, a des fans. Premier d’entre eux, Bernard Henri Levy. Vous savez l’homme de Bengazi, l’attaché de guerre de Sarkozy, traînant toujours dans les caves de l’Elysée. BHL dit de Drahi :

« Français d’âme et de cœur, ressortissant suisse, citoyen israélien, citizen Drahi vous êtes l’un des « Gidiens » que « l’idéologie française » réprouve depuis un siècle mais dont nous avons cruellement besoin. » Ne riez pas.

Le guerrier au col blanc qualifie Drahi de « Gidien » donc propre à l’œuvre de l’écrivain André Gide et donc de la « théorie gidienne de l’acte gratuit », selon Jean-Paul Sartre. De l’acte gratuit avec Drahi ? A se rouler par terre. 5000 postes de travail, 1/3 des effectifs supprimés à SFR. Ca va mieux, comme dit l’autre.

La mobilisation contre la loi dite sur le travail, les augmentations des tarifs notamment dans les transports et les plans de licenciements notamment à SFR, Air France, Sanofi et d’autres vont marquer la rentrée. Elle sera chaude. Les directeurs des relations humaines, les fameux DRH vont avoir du boulot. DRH, un métier d’avenir.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 12:35

Chacun y va de son couplet. Alors pourquoi pas le mien ?

Je propose trois premières mesures : arrêt immédiat des ventes d'armes aux monarchies arabes; interdiction des financements étrangers des structures islamiques en France ; contrôle de l'argent en provenance de ces pays vers la France et l'Europe. La droite et le PS sont-ils prêts ?

J'ajoute. Enquête sur les liens entre les ciments Lafargue et les terroristes-fascistes

J'ajoute. Ouverture d'une enquête sur les responsabilités gouvernementales du temps de Sarkozy concernant la Libye.

J'ajoute: arrêt immédiat des livraisons clandestines d'armes à de prétendus " rebelles modérés" en Syrie.

J'ajoute. Reprise de l'enquête sur les pays européens ayant bénéficié du pétrole payé à bas prix aux fascistes intégristes.

J'ajoute. Information au Parlement des opérations clandestines menées par les forces spéciales françaises

J'ajoute. Arrêt immédiat des stages de formation des militaires venant des monarchies arabes servant ensuite de " conseillers" aux fasciste-intégristes.

J'ajoute: Interdiction aux moteurs de recherche, de facebook et d'autres de répercuter les messages des fascistes-intégristes.

J'ajoute: recherche et punition des systèmes satellites permettant aux fascistes-intégristes de communiquer.

J'ajoute: arrêt des bombardements aveugles sur la Syrie ayant pour conséquence la mort de centaines d'hommes, de femmes et d'enfants étrangers au conflit.

J'ajoute. On me dit: d'accord mais quelles solutions pour ici. Cela veut dire qu'on a rien compris sur les racines du mal.

J'ajoute: rejet des déclarations indignes comme celle prononcée par le cardinal André Vingt-Trois utilisant son homélie pour les victimes de St-Etienne-du-Rouvray pour évoquer le " silence des élites devant les déviances des moeurs et la légalisation des déviances."

J'ajoute : enquête sur les raisons qui ont motivé la liquidation par Sarkozy du renseignement de proximité à travers la suppression des RG, et la suppression par ce même Sarkozy de 12 000 postes dans la police

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 18:39

Face aux crimes de masse ici, ciblés là, il va falloir arrêter de se limiter à ânonner l'émotion presque quotidienne, cesser de laisser insulter une communauté, proscrire la rivalité dans l'expression guerrière, ne pas répondre aux crimes par d'autres crimes, repousser les décisions liberticides souhaitées par les fascistes-intégristes. Il est temps de mettre fin aux effets de manche, aux postures médiatico-électoralistes. L'heure - avec les nécessaires mesures de sécurité, sévères et efficaces - est à mettre sur la table les véritables raisons de ce déchaînement de violences (historiques, politiques, culturelles, économiques) et à prendre les mesures pour assécher les fondements de la barbarie.

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 18:30

Ma chronique sur Radio Arts-Mada (tous les lundi en direct à 19h15)

La société française est malade. Très malade. Voici un florilège non exhaustif d’événements illustrant l’état inquiétant dans lequel s’enfonce la France. A mettre à l’actif de la caste politico-médiatique de droite et du pouvoir actuellement en place.

A Nice, où sa mère a été assassinée la veille, une jeune parisienne mère de famille comme on dit de la deuxième ou troisième génération a pris le premier avion grâce l’aide du personnel d’Air France pour se recueillir sur le lieu du crime. Une vieille bourgeoise endimanchée ou plutôt enguirlandées lui lance sur la Promenade des Anglais : « Rentrez chez vous ». Ignoble.

Toute honte bue, le Front national annonce, je cite, « qu’après les événements survenus à Nice, le FN enregistre de très nombreuses adhésions. » Charognards.

Le président de la région Rhône-Alpes le sinistre Wauquiez aux allures de gauleiter, second de Sarkozy à l’UMP, propose que la dénonciation à la police, je dis bien « dénonciation », d’un « musulman extrémiste » soit immédiatement suivie d’un emprisonnement préventif. Il ne précise pas si, comme au bon vieux temps de la milice, les lettres anonymes seront acceptées. Sordide.

Plusieurs députés et responsables de droite et du PS invitent le gouvernement français à s’inspirer de l’expérience d’Israël en matière de lutte anti terroriste alors que les dirigeants israéliens affrontent, oui affrontent, un peuple colonisé, spolié, martyrisé qui en ce moment se défend avec des couteaux contre une armée suréquipée. Infâme.

A Marseille, une femme entièrement voilée veut retirer son passeport. L’employé refuse, à juste titre et conformément à la loi, de lui remettre le document tant qu’il ne verra pas le visage de la dame en question. Refus, menaces du mari contre l’employé. Inacceptable. On n’avance pas masqué dans notre République. Dans les mairies comme dans les manifestations.

Les responsables d’un centre aéré de Reims distribuent une note aux parents demandant aux filles de porter un short sous leur jupe pour éviter les « comportements déplacés des garçons. Bêtise crasse ? Pas seulement.

Dans le Val d’Oise, un jeune noir sportif est mort après une altercation avec les forces dites de l’ordre. Version officielle : « il était malade. » Une scène qui en rappelle d’autres, aux Etats-Unis où la chasse aux jeunes noirs est une pratique courante.

Le rectorat de Bordeaux proposait il y a peu aux collégiens de travailler un exposé comme si ils étaient chargés par Goebbels de préparer un discours d’Hitler visant à dynamiser les troupes nazies pendant les combats à Stalingrad. Nauséabond.

Sur la plage de Cronesty à Arzon dans le Morbihan, des commerçants ont démonté le stand itinérant de la CGT consacré aux saisonniers et menacé les militants syndicaux, les grèves et manifestations ayant affaibli, disent-ils, leurs chiffres d’affaires. Permettez moi un conseil : si vous êtes dans le coin, évitez d’aller donner vos sous aux commerçants d’Arzon.

La loi dite sur le travail a été adoptée à coup de 49,3. Je rappelle un des articles. Je cite : « lorsqu’un accord d’entreprise est conclu en vue de la préservation ou du développement de l’emploi, ses stipulations se substituent de plein droit aux clauses contraires et incompatibles du contrat de travail, y compris en matière de rémunération et de durée du travail. » Bientôt, certains regretteront leur passivité devant une telle atteinte aux droits des salariés. Réveils difficiles en perspective.

C’est tout ? Non, le temps n’est pas à rester l’arme au pied. Il y en a qui se bougent. Tenez, par exemple : les jeunes qui ont collé l’autre soir dans plusieurs villes du Val de Marne des affiches qu’ils avaient confectionnées eux-mêmes appelant à la manifestation du 15 septembre prochain contre la loi scélérate ; ou encore l’hebdomadaire « Le Patriote » de Nice qui refuse en première page que, je cite, « la colère se transforme en haine ».

La France, la belle, la rebelle, la digne, la courageuse est toujours là. Nous en sommes.

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 14:53

A droite, à son extrême et au PS, la référence serait à chercher du côté d’Israël. Jusqu’à Gilbert Collard du Front national d’appeler Paris à « accepter les conseils qu’Israël lui propose pour engager la vraie guerre contre le terrorisme. » Ou encore Eric Ciotti, proche de Sarkozy, affirmant : « Israël est un exemple en matière de lutte contre le terrorisme. La France qui a les mêmes ennemis doit s’en inspirer. » Le premier cité est le collaborateur de la fille le Pen, celui du « détail » concernant les fours crématoires. Le second annonce un « même ennemi » : le peuple palestinien. Ces deux exemples illustrent parfaitement l’ignominieuse dérive dans laquelle droite et PS sont engagés. Le gouvernement de M. Netanyahu en exemple, il fallait oser y penser.

Questions.

En quoi les situations seraient-elles à rapprocher ?

La France occupe-t-elle un territoire étranger ?

La France aurait-elle eu à subir, comme à Gaza, il y a deux ans, des bombardements faisant des milliers de morts (plus de 500 enfants) et détruits 80% des infrastructures ?

Le gouvernement français est-il composé en partie d’intégristes religieux ?

L’Etat d’Israël serait-il confronté au prétendu « état islamique » où au peuple palestinien dont il continue à confisquer la terre, qu’il occupe, colonise, assiège et plonge dans la misère et la révolte ?

Faut-il prendre pour modèle en matière de lutte anti terroriste l’Etat d’Israël qui jamais dans l’histoire ne s’est autant attaqué aux libertés de ses propres citoyens ?

Le pouvoir PS, la droite et le FN sont engagés dans une folle spirale antidémocratique. En prolongeant l’état de siège à six mois, ils font plus que le turc Erdogan.

En prenant exemple sur Netanyahu, ils osent nous proposer cette « expérience » alors que les dirigeants israéliens, à commencer par le Premier ministre devraient comparaître devant la Cour pénale internationale. Des assassins comme modèle ? Un terrorisme d’Etat comme idéal ? Laissons-les en cette honteuse compagnie.

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 16:09

Remerciements à Hollande, Valls, Sarkozy et sa bande ainsi qu'aux télés et radios à la botte. La boîte de Pandore est ouverte. Depuis ce matin, un fou furieux se prenant pour un djiadiste a été interpellé devant l'école militaire à Paris avant d'être interné à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. Au même moment ou presque, dans les Hautes Alpes un individu poignardait une mère et ses trois filles en vacances en raison de leur tenue légère. Après les démonstrations fascisantes et racistes d'hier à Nice, le FN assiste tranquille au spectacle.

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 18:22

Ma chronique sur Radio Arts-Mada (en direct les lundi à 19h15)

Comment ne pas évoquer ce soir le massacre commis jeudi dernier à Nice. Nous avons tous en tête les scènes d’horreur, les familles endeuillées, les enfants arrachés à la vie.

A ces hommes et à ces femmes, Niçois mais aussi venus d’ailleurs, de France et de l’étranger, notamment de Tunisie, toute notre compassion. Notre colère aussi. Tant de morts, tant de sang alors que la nuit s’annonçait belle à la lueur du feu d’artifice tiré en l’honneur du 14 juillet !

L’émotion doit-elle interdire la réflexion, les interrogations ? Je ne connais pas, nous ne connaissons pas les premiers résultats de l’enquête. Mais des questions se posent à moins de gober naïvement la vérité imposée. Posons-les.

Il y a peu encore, l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi vantait sa ville ultra-sécurisée aux 1000 caméras placées à chaque coin de rue. Il affirmait que « les frères Kaouachi n’auraient pas pu passer trois carrefours » faisant référence aux attentats de Paris. Alors, comment expliquer qu’un camion de 19 tonnes ait pu pénétrer sans problème sur la Promenade des Anglais ?

Pourquoi la précipitation ? Le carnage à peine terminé, Hollande, Valls vite rejoints par la caste politico-médiatique qualifiaient l’acte comme celui du « terrorisme islamiste ». Sans retenue, sans la moindre preuve, déclenchant les pires discours racistes et fascisants.

Pourquoi rétablir l’état d’urgence 12 heures après avoir annoncé sa suspension alors qu’il a démontré son inefficacité à Nice et ailleurs ?

Pourquoi ne pas fustiger le comportement indigne de plusieurs médias qui ont rivalisé dans l’ignominieux en privilégiant la recherche de l’image sanglante et l’utilisation voyeuriste du malheur des victimes ? Avec micros tendus complaisamment aux représentants du Front national.

Pourquoi, dès le départ, faciliter la récupération du carnage par les fascistes-intégristes en ne prenant pas en compte le profil du tueur ?

Qui peut affirmer qu’il s’agit d’un « soldat de Dieu » comme le déclare le prétendu « état islamique » bien content de faire parler de lui. Ne s'agit-il pas plutôt d’un fou furieux malade mental passé à l’acte dans un contexte se prêtant à une dimension spectaculaire sous l’influence d’événements récents ?

Le terrorisme reste une menace réelle. Mais à force de tout mélanger on verse dans l’absurde ouvrant la voie aux candidats, conscients ou pas, à l’action barbare.

Les racines du mal, les racines du terrorisme passent à la trappe. Oubliées les guerres en Irak, oubliés l’aventure de la France en Libye. Oubliés les appels aux guerres de religions. Oublié le conflit israélo-palestinien. Oubliés les assassinats de masse quasi-quotidiens en Irak. Oubliés les réfugiés fuyant les guerres. Les monstres engendrent des monstres. Pas seulement du côté des fascistes-intégristes.

A force d’utiliser les drames à des fins de minables calculs politiciens, à force de mener une course politico-médiatique irresponsable, un boulevard est ouvert aux pires manifestations fascisantes, aux pires forces brunes. En France et au delà.

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 07:33

Ils ont réagi vite. Trop vite ? Pour Hollande, Valls, le procureur de Paris, les dirigeants de la droite, du PS, les médias à la botte, il ne pouvait s’agir que d’un acte « terroriste islamiste ». Sans aucun début de preuve, le couperet est tombé. Sans hésitation. Sans recul. Sans réflexion. Fallait bien faire entrer dans les têtes qu’une fois encore l’assassin était un terroriste, que la boucherie était le résultat d’un attentat. Un boulevard pour surfer sur l’émotion et prendre une fois de plus des mesures liberticides.

Et si le monstre responsable du carnage de jeudi soir à Nice était un « simple » misérable individu contaminé ou pas, influencé ou pas. Toutes les informations sur ce personnage vont dans le même sens : un fou, un déséquilibré en rupture avec sa famille, avec ses proches. Même le ministre de l’Intérieur semble avoir pris quelques distances avec les affirmations catégoriques de Valls hier soir sur France2. Dans ce contexte de manipulation de l’opinion, il ne serait pas étonnant qu’on découvre des éléments de dernière minute (sur un ordinateur visité où sous un lit, par exemple) permettant aux autorités de ne pas à avoir à rectifier leurs premières déclarations.

L’effroyable nuit vécue sur la Promenade des Anglais méritait compassion, respect et retenue. Elle a déchaîné les pires calculs et comportements de la caste politico-médiatique, aujourd’hui ou hier au pouvoir.

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 18:39

La folie meurtrière qui a frappé Nice a provoqué une immense émotion en France et dans le monde. Scènes d’horreur, familles déchirées, une ville hébétée, un pays en état de choc. Et, comme d’habitude, des comportements indignes : la palme en ce domaine revient aux chaînes de télévision, notamment France2 et BFM, qui ont rivalisé dans le registre de l’ignominieux en privilégiant la recherche de l’image sanglante, dans l’utilisation voyeuriste du malheur des victimes à des fins mercantiles. Chez ces gens là, seul compte l’audimat et les ressources publicitaires. La discrète protestation du CSA ne suffit pas. Ces pratiques journalistiques de caniveau doivent être poursuivies et punies par la justice.

Le top départ dans l’absurde avait été donné, il est vrai, depuis les plus hautes sphères du pouvoir. Sans aucun début de preuve et alors que la barbarie venait à peine d’être commise, Hollande et Valls qualifiaient la tuerie « d’attentat islamiste » ouvrant ainsi la voie à la prolongation de l’état d’urgence levé quelques heures plus tôt par le président de la République lors de la traditionnelle interview télévisée du 14 juillet. Puis, dans la foulée, tous les responsables politiques ont repris (à l’exception de Pierre Laurent qui n’a pas sombré dans ce vacarme indécent) les mêmes clichés, les mêmes mots, les mêmes raisonnements, les mêmes conclusions.

Sarkozy : « Face à la barbarie terroriste, il faut prolonger l’état d’urgence. »

Juppé : « Nous sommes en guerre (contre) cette formation barbare. »

Fillon : « La guerre contre le totalitarisme islamique. »

Ciotti : « Je demande un état d’urgence permanent ».

Marine Le Pen : « la lutte contre le fondamentalisme doit démarrer. »

Raffarin : « Délivre nous du mal. »

Karoutchi : « La lutte contre le terrorisme islamique impose des mesures d’exception. »

Même Mélenchon a cru bon de noter « le retour d’un de ces absurdes assassins. »

Qui à l’heure où ces lignes sont écrites peut donner une explication sérieuse, argumentée, vérifiée du drame? Le monstre responsable de l’horreur, jeudi soir à Nice, est dépeint par ses voisins comme « ni croyant, ni pratiquant et psychologiquement instable. » Les mêmes précisent : « Il était en état de démence » après avoir appris que sa femme voulait le quitter.

Le dément a plongé des centaines de familles dans le désarroi, une ville dans le chagrin, un pays dans la tristesse. Méprisable individu manipulé ou pas.

Le terrorisme reste une menace permanente et réelle dont les racines mériteraient d’être largement connues. Il faut s’en protéger par tous les moyens et agir avec discernement et détermination. Mais à force de tout mélanger, à force d’utiliser les drames à des fins de calculs politiques, à force de précipitations irresponsables, un boulevard est ouvert aux pires réactions fascisantes, aux pires forces brunes du pays.

José Fort

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