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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 19:43

Grillons perfides

 

(Sur Radio Arts Mada, le lundi à 19h)

 

La prétendue «attaque sonore » contre l’ambassade des Etats-Unis à La Havane vient d’accoucher d’un grillon. Souvenez-vous, il y a quelques mois, vous avez entendu sur les télés et les radios une information sidérante : des diplomates nord-américains en poste dans la capitale cubaine étaient victimes d’une nouvelle attaque des perfides services cubains. Une agression «high-tech » provoquant des douleurs d’ouie, des pertes d’audition et de connaissances, des insomnies. L’administration yankee  a sauté (monté?) l’affaire. Il fallait salir une nouvelle fois la révolution cubaine.

 

Un enregistrement a permis de repérer le son maléfique de l’agresseur. Puis, la bande audio a été confiée à des chercheurs américains et britanniques. Résultat ? L’analyse présentée par la Society for Integrative and Comparative Biology révèle qu’il s’agit du chant du grillon à la queue courte vivant dans les environs de La Havane. 

 

Sacré anurogryllus muticus, il n’a même pas eu les honneurs des médias pourtant si prolixes sur « l’affaire » à ses débuts mais a donné l’occasion à Trump de réduire le nombre des diplomates nord-américains, d’annuler des accords passés avec Obama et de renforcer le blocus en pénalisant à coup de gros paquets de dollars les banques, notamment françaises, pour délit de commerce avec Cuba.

 

Pierre Vassiliu a chanté les grillons au rythme du cha-cha. C’était un homme exquis, plein d’humour, un artiste qui a connu le succès dans les années 1980. C’était aussi un ami de Cuba.

Ecoutons Pierre Vassiliu chanter « Les grillons ».


https://m.youtube.com/watch?v=ziNweHWOFro
 

 

 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 19:41

Schiappa chez les Trump

(Sur Radio Arts Mada, le lundi à 19h)  

En 2019, la France préside le G7, le groupe des pays les plus riches. Paris vient de proposer la fille du président américain, Ivanka Trump, au poste de membre du conseil consultatif sur l’égalité femmes-hommes de ce club des riches.

Devinez qui a formulé officiellement cette proposition la semaine dernière à Washington ?  La cireuse de pompes, la Morano de Macron, l’ineffable secrétaire d’Etat Mme Schiappa.

 

Ivanka  Trump, « représente une voix forte sur l’égalité entre les genres », a déclaré Mme Schiappa. A tomber de l’armoire.

 

Fille préférée de Trump, femme bling bling, elle est considérée avec son mari comme ayant la mainmise sur le dossier israélo-palestinien. Elle a été à la base de la décision de son père de déménager l'ambassade nord-américaine de Tel-Aviv à Jérusalem malgré la réprobation internationale. Elle est proche des milieux fascisants des Etats-Unis et des églises évangélistes. Mme Schiappa, bien entendu, était en mission pour son patron englué dans le mouvement des gilets jaunes. Cette femme arrivée à la politique dans les fourgons macronistes, véritable modèle du faux-cul méritera un jour ou l’autre d’être décorée de l’ordre de la crétinerie et de l’indignité.

 

 

La chanson écrite à l’intention des hypocrites et des faux-cul lui va comme un gant. Ecoutons Les escrocs interpréter cette chanson. 

 
 

https://www.youtube.com/watch?v=2H4fOi1ahhttps://m.youtube.com/watch?v=EHEYBP_06cM

 

 

 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 19:40

Performance

 

(Sur Radio Arts Mada, le lundi à 19h)

 

Combien de fois le mot «  performance » a-t-il été prononcé pour s’extasier après les deux prestations de Macron la semaine dernière ? Des dizaines, peut-être des centaines de fois. On sait que beaucoup des commentateurs et autres experts qui polluent actuellement les plateaux de télés et de radios  passent leur temps à enchaîner autour de Macron plus de génuflexions que la liturgie n’en exige. Mais, quand même, à la manière lèche botte, ils en font des caisses à ne plus savoir les compter et sur un ton tellement sucré qu’ils sont menacés de devenir diabétique.

 

A propos de lèche botte, voici Eddy Mitchell chanter «  Lèche botte blues »

 
 

https://www.youtube.com/watch?v=IdazMdGut0w

 

 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 19:38

Castaner ou le poker menteur

 

(Sur Radio Arts Mada, le lundi à 19h)

 

Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur peut revendiquer sa filiation avec un de ses prédécesseurs Place Beauvau à Paris : Jules Moch. Ce Jules de triste réputation avait fait tirer à balles réelles en 1948 sur les mineurs du Nord en grève. Il était socialiste, comme l’a été Castaner, expert dans la répression brutale et menteur comme « un arracheur de dents. » Une formule utilisée dès le XVII siècle, une allusion aux dentistes qui offraient autrefois leur services aux villageois sur les places publiques et dans les foires et qui pour attirer les clients osaient affirmer que les volontaires ne souffriraient pas. L’image même de l’actuel ministre de l’Intérieur.  

 

Il faut avoir un sacré culot pour affirmer comme l’a fait Castaner: "Moi je ne connais aucun policier, aucun gendarme, qui ait attaqué un manifestant." Il balayait ainsi la question des faits de violences policières constatées depuis le début du mouvement des gilets jaunes. 1700 blessés,93 gravementdont 13 au moins ont perdu un œil, quatre ont perdu une main et deux ont été plongés dans le coma.

 

Castaner affiche une sérieuse expérience de menteur. Dans sa jeunesse, à Manosque, il jouait au poker dans un appartement au-dessus d'un petit bar louche, « L'Oasis ». Un repère de gens pas très nets. Dans cette atmosphère enfumée, les parties s'éternisaient jusqu'au petit matin. "Le poker était un truc réservé à un milieu interlope", se souvient Castaner. De ces années, il reconnaît : "J'ai été sur le fil du rasoir."… C’est ce monsieur qui aujourd’hui dirige la police.

 

Charles Aznavour chante le poker. Ecoutons-le.

 


https://m.youtube.com/watch?v=Bf1v_ZL3c_I
 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 19:34

Internationale fasciste en construction

 

(Sur Radio Arts Mada, le lundi à 19h)

 

Steve Bannon, vous connaissez ? C’est l’ancien directeur de la campagne électorale de  Donald Trump. Pendant plusieurs mois, il a été le conseiller spécial du déséquilibré qui occupe actuellement la présidence des Etats-Unis. Officiellement, il a été remercié et a dû quitter la Maison Blanche. La vérité est autre : il a été chargé de mettre sur pied une internationale brune avec deux priorités : l’Europe et l’Amérique latine. Il dispose de fonds importants et a installé ses bureaux à Bruxelles, à Sao Paulo, la maison mère restant à Washington. 

 

On l’a vu dans plusieurs capitales européennes comme à Rome, à Budapest, à Prague, à Paris. Il a multiplié les rencontres avec les figures des partis fascisants européens, de Marine Le Pen à Viktor Orban sans oublier le sinistre italien Salvini après avoir drivé Marion Maréchal lors de la tournée de la nièce de Mme Le Pen aux Etats-Unis à la recherche de fonds pour son « université » de Lyon

 

 

Steeve Bannon a promis publiquement rien de moins que de mettre l’Union européenne (UE) à terre. La date est fixée : les élections européennes de mai 2019.« Les mouvements de droite populiste et nationaliste vont gagner. Ils vont gouverner. Vous allez avoir des Etats-nations avec chacun leur identité et leurs frontières »annonce-t-il. 

 

Il a créé une fondation, baptisée « Le Mouvement », destinée à organiser les différentes formations de droite radicale de toute l’Europe. Basée à Bruxelles, elle a vocation à préfigurer « un super-groupe » qui pourrait attirer « un tiers » des eurodéputés de la prochaine mandature.

 

 

En Amérique latine, la funeste entreprise s’étend comme un feu de prairie. Un des fils du nouveau président brésilien en relation directe avec Steve Bannon a organisé un «  sommet » à Foz de Iguazu avec pour objectif la coordination des stratégies des forces d’extrême droite dans la région. Olavo de Carvalho, un homme de Steve Bannon et pièce maitresse du dispositif, n’a pas hésité à déclarer : « Il faut faire avec la gauche ce que les conquistadors espagnols ont fait avec les Aztèques. »

 

Tout ce que l’Amérique latine compte de chiens du capital et d’assassins patentés se retrouvent dans cette internationale régionale: Alvaro Uribe, par exemple, ancien président de la Colombie, lié aux chefs des mafias de la drogue ou encore des « opposants » vénézuéliens et cubains qui ont proposé que le Brésil « devienne le siège du tribunal pour juger les dictatures communistes de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua. »

 

La peste brune menace à nouveau le monde. Comme un retour en arrière, comme si nous n’avions rien appris des horreurs du passé.

 

 

 

Après les résultats du Front National aux élections européennes en mai 2014, Benjamin Biolay a écrit et composé la chanson que nous allons diffuser. Une chanson composée en deux jours. Les premières notes laissent entendre un violon strident et des percussions sourdes. De sa voix grave, Biolay chante ces « chers disparus » qui doivent se retourner dans leur tombe face à « ce vieux pays des Lumières » qui « tombe sur le cul ». Paraphrasant la Marseillaise « Allons enfants de la patrie », il a choisi pour refrain le chant des Partisans « Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur la plaine ». Ecoutons Benjamin Biolay.

 

Benjamin BIOLAY ♫ LE VOL NOIR ♫ NON AU FRONT NATIONAL ~ FRANCE

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 00:08

Nixon à CIA : « Stoppez-le »

 

(Dans « La Marseillaise » du week end)

 

Les services secrets US ont monté 638 tentatives d’assassinats contre Fidel Castro.  

 

 

Bureau ovale de la Maison Blanche, 2 janvier 1959.

« Dites-moi Dick, ce Castro c’est quoi ? » Le président Dwight D. Eisenhower en fin de mandat s’adresse à son vice-président et futur candidat à l’élection présidentielle Richard Nixon, chargé de suivre personnellement les événements à Cuba. «Ce type est un idéaliste, pas un communiste. Nous allons le mettre dans notre poche », répond Nixon.

 

Avril 1959. Fidel Castro effectue un séjour aux Etats-Unis. Richard Nixon le reçoit à la Maison Blanche. Fidel Castro raconte :

« Il me jetait un regard suspicieux et malin. J’hésitais à parler. Je répugnais à exposer clairement ma pensée. Mais je lui exposais avec précaution la situation cubaine telle que je la percevais. Il se montrait aimable. C’est après cet épisode que les plans d’invasion ont commencé à se tramer ainsi que les tentatives d’assassinats me concernant directement».

Conclusion de Nixon figurant dans les documents officiels déclassés :   «Il a ces dons indéfinissables qui font de lui un leader. Indépendamment de ce que nous pensons de lui, il va jouer un grand rôle dans l’évolution de Cuba et, probablement, de l’Amérique latine en général. » 

Mai 1959.  Maison Blanche, bureau de Richard Nixon. Le gouvernement cubain vient de promulguer la première loi de réforme agraire et des informations fuitent sur un projet de nationalisations des entreprises nord-américaines installées dans l’île. Richard Nixon téléphone à Allen Dulles, le chef de la CIA. « Vous avez l’autorisation Allen. Stoppez-le et préparez le débarquement. » Bilan : 638 tentatives d’assassinats contre Fidel Castro, un débarquement avorté à la Baie des cochons, le blocus économique, des sabotages et des actes terroristes  à la pelle. 

 

Jusqu’à la mort du leader de la révolution cubaine, la cellule Castro à Langlay a cherché le meilleur moyen d’éliminer le leader cubain : du cigare piégé à la combinaison de plongée trafiquée, de la charge explosive placée sous une estrade au cadeau mortel. Tous les présidents nord-américains – à l’exception de Jimmy Carter - auront leurs plans d’assassinats.

 

Rien n’y fera. Fidel Castro est mort dans son lit après une longue maladie entouré de sa famille, de ses amis et en replongeant dans ce qu’il aimait passionnément : la lecture et l’écriture.

 

 

 

 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 00:06

 

 

 

 

 

Cuba : le combat entre David et Goliath

 

(Dans « La Marseillaise » du week end)

 

 

En ce mois de janvier 2019, Cuba célèbre l’anniversaire de la révolution, la fin de la domination impérialiste nord-américaine et de son fantoche local. Il y a soixante ans, la Grande Ile s’engageait dans la voie de la souveraineté, du développement et du mieux vivre.

 

Après des années d’agressions, des années de dénigrement, après des années de résistance de ce pays d’un peu plus de onze millions d’habitants face à la première puissance économique et militaire mondiale, à Cuba on dispose de peu de richesses irrigant la société de consommation mais on mange à sa faim, on étudie et on se soigne gratuitement, on vit dans une société joyeuse, en sécurité et solidaire.

 

Au fil des années, des Cubains ont préféré quitter leur terre natale croyant trouver ailleurs leurs rêves de toutes les illusions. Qu’il est dur de vivre le rationnement et les nécessaires mesures de défense et de sécurité imposées dans un pays soumis à des agressions allant de la tentative d’assassinats à l’explosion dans un hôtel de la capitale, de l’introduction de la peste porcine a un attentat contre un avion de la Cubana de Aviacion avec à son bord l’équipe nationale d’escrime. 

 

Voici un pays du Tiers monde où l’espérance de vie s’élève à 78 ans, où tous les enfants vont gratuitement à l’école, les étudiants à l’université. Un petit pays par la taille capable de produire des universitaires de talent, des médecins et des chercheurs parmi les meilleurs au monde, des sportifs raflant les médailles d’or, des artistes, des créateurs.

Un pays qui a dû affronter le terrorisme, un blocus toujours en vigueur et même renforcé depuis l’arrivée du sinistre Trump visant à étrangler son économie. Un pays qui chaque jour depuis soixante ans a dû subir des calomnies à la pelle. Exemple récent : la prétendue «attaque sonore » contre l’ambassade des Etats-Unis à La Havane.

 

« Des diplomates nord-américains en poste dans la capitale cubaine sont victimes d’une nouvelle attaque des perfides services cubains », s’égosillait-on à Washington et dans des rédactions parisiennes. Une agression «high-tech » provoquant des douleurs d’ouie, des pertes d’audition, des insomnies, des pertes de connaissances. L’administration US a sauté (monté?) l’affaire. Il fallait condamner une nouvelle fois le gouvernement cubain.

 

Un enregistrement a permis de repérer le son maléfique de l’agresseur. Puis, la bande audio a été confiée à des chercheurs américains et britanniques. Résultat ? L’analyse présentée par la Society for Integrative and Comparative Biology révèle qu’il s’agit du chant du grillon à la queue courte vivant dans les environs de La Havane. Sacré anurogryllus muticus, il n’a même pas eu les honneurs des médias pourtant si prolixes sur « l’affaire » à ses débuts mais a donné l’occasion à Trump de réduire le nombre des diplomates nord-américains, d’annuler des accords passés avec Obama et de renforcer le blocus en pénalisant à coup de gros paquets de dollars les banques, notamment françaises, pour délit de commerce avec Cuba.

 

Pour salir la révolution cubaine, la propagande yankee servilement relayée en Europe évoque les  libertés et les droits de l’homme.

A Cuba, la torture n’a jamais été utilisée. On tranchait les mains des poètes à Santiago du Chili, pas à la Havane. Ce n’est pas à Cuba qu’on réprime actuellement les minorités mais au Chili et en Argentine. Les prisonniers étaient largués en mer depuis des hélicoptères en Argentine, pas à Cuba. Les opposants au gouvernement ne sont pas assassinés dans les rues de La Havane mais au Honduras sous la protection des Etats-Unis et de l’Union européenne. Ce n’est pas à Cuba mais au Brésil que le nouveau président fasciste organise la chasse aux démocrates dans les universités, annonce la déforestation d’une partie de l’Amazonie, menace les populations indiennes et qualifie de « terroristes » les paysans sans terre en lutte contre les grands propriétaires. Quant aux prisonniers soit disant « politiques », liés et subventionnés par la CIA et ses satellites, ils se comptent en quelques dizaines à Cuba alors que les victimes de la justice raciste yankee croupissent souvent depuis des dizaines d’années dans les prisons nord-américaines. 

 

Cuba, malgré les énormes difficultés économiques, a toujours été solidaire avec les victimes des dictatures, avec les démocrates du continent. Il faut remercier Fidel Castro et ses camarades d’avoir accueilli les réfugiés fuyant les dictatures du Chili et d’Argentine, de Haïti et de Bolivie, d’avoir ouvert les écoles, les centres de santé aux enfants des parias de toute l’Amérique latine et, plus tard, aux enfants contaminés de Tchernobyl. Il faut leur savoir gré d’avoir envoyé dans toute l’Amérique latine les chirurgiens de l’Opération Milagro rendant la vue à des populations entières. Il faut les féliciter d’avoir formé gratuitement des milliers de médecins. 

Dans la mémoire de millions d’hommes et de femmes d’Amérique latine et du Tiers monde, Cuba restera un exemple des temps modernes. Quant à Fidel Castro, il figure au panthéon des héros du XX eme siècle comme son ami et camarade Nelson Mandela qui vouait au leader cubain une amitié « indéfectible ». 

A Cuba, les changements intervenus ces dix dernières années dans les domaines économique et politique, avec la transmission progressive des pouvoirs aux jeunes générations, se prolongent sereinement.

La révolution cubaine évolue à son rythme, prenant en compte les mutations dans la société, les impératifs économiques et le contexte international, le panorama régional ne lui étant pas particulièrement favorable en ce moment.

A cours des dernières semaines, l’élaboration de la nouvelle Constitution a été discutée, amendée, réécrite par plusieurs millions de Cubains lors de dizaines de milliers de réunions publiques. 

« Chaque Cubain pourra librement exprimer des opinions et contribuer à la réalisation de la nouvelle Constitution qui reflètera le présent et l’avenir de la Patrie avec l’oreille collée à la terre », déclarait Miguel Diaz Canel Bermudez, le nouveau président  à l’ouverture de la consultation nationale. C’est fait.

Fidel Castro avait pour habitude de rappeler qu’une révolution doit être continuellement en mouvement au risque sinon de disparaître. Le débat sur la nouvelle Constitution est pleinement entré dans ce cadre. Qui dit mieux dans la région et… ailleurs ?

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 15:36

 

 

 

 

 

 

Affaire Battisti : premiers détails sur une opération douteuse

 

 

 

Des informations commencent à filtrer après le kidnapping de Cesare Battisti en Bolivie. 

 

 

 

C’est dimanche dernier que le Falcon des services spéciaux italiens atterrit à l’aéroport Viru Viru à Santa Cruz de la Sierra, une ville contrôlée par l’extrême droite bolivienne. Depuis plusieurs jours, Battisti était semble-t-il détenu au secret par la police de la ville entourée, dit-on, de barbouzes brésiliennes et italiennes. Deux premières questions se posent : pourquoi Battisti résidait-il dans cette ville réputée hostile au gouvernement bolivien ?  S’y trouvait-il de son plein gré ?

 

L’opération combinée italo-bresilo-bolivienne aurait été décidée le 1er janvier dernier lors de l’investiture du fasciste brésilien Bolsonaro en présence d’Evo Morales, seul président latino « progressiste » qui dans un message au nouveau président brésilien l’avait gratifié de « frère Bolsonaro ». La proximité des deux pays et les intérêts économiques comme les livraisons de gaz expliqueraient peut-être cela.

 

Quelques jours avant le kidnapping, un des fils Bolsonaro, Jair, avait annoncé «  un petit cadeau se prépare pour l’Italie. » L’affaire a été réglée, dit-on, en 24 heures mais préparée depuis trois semaines.

 

Le ministre de l’Intérieur bolivien, Carlos Romero justifie « l’expulsion de Battisti pour entrée illégale dans le pays ». Or, souligne l’organisme des réfugiés, la demande d’asile n’a jamais obtenu une réponse et aucun jugement d’expulsion n’a été prononcé.

 

C’est le ministre de l’Intérieur, le dangereux Matteo Salvini qui en Italie était à la manœuvre en liaison directe avec la famille Bolsonaro. Actif militant en faveur de la construction d’une nouvelle internationale brune avec le concours de l’entourage de Trump, Bolsonaro et quelques autres notamment en France avec Marion Marechal, nièce de Mme Le Pen, Salvini revêtu d’un blouson de la police présent à l’arrivée du Falcon où se trouvait Battisti a lancé à la foule des micros : «  Le communiste assassin va mourir en prison ».

 

En Bolivie, l’affaire provoque de très nombreuses réactions. Notamment celle du frère de l’actuel vice-président bolivien, Raul Garcia Lenera qui qualifie le kidnapping «  d’acte contre révolutionnaire ».

 

Il est encore trop tôt pour en connaître plus sur l’affaire. D’autant que les officiels boliviens et le président Evo Morales, pour le moment, gardent le silence.

José Fort

Encadré

 

Lettre au président Evo Morales

 

 

« L’extradition de Bolivie, où il s’était réfugié, de l’ex militant italien Cesare Battisti, et les conditions, pour l’instant troubles, de celles-ci, nous préoccupent au plus haut point (…) 

 

« La Bolivie multiculturelle, pluri-nationale, engagée dans un profond mouvement de décolonisation, d’émancipation humaine et sociale, porte les espoirs de millions d’hommes et de femmes dans le monde. Elle a bénéficié, dès le départ, de notre solidarité. En Amérique latine, elle reste l’un des derniers gouvernements qui font face et tiennent, contre la vague conservatrice, qui submerge le continent.

 

« L’arrestation (par qui ?), à Santa Cruz, majoritairement hostile à la révolution bolivienne, du militant italien Cesare Battisti, va sans doute choquer beaucoup de démocrates. Il est condamné par les autorités de son pays pour quatre meurtres qu’il nie depuis toujours avoir commis, durant les terribles « années de plomb » (…) Les autorités boliviennes ont semblé « doublées » par le Brésil et l’Italie, pays dotés de gouvernements d’extrême droite. Rappelons que l’Italie a déjà été condamné par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour violation de l’article 6 de la Convention pour absence de droit à un procès équitable et violation du droit à la défense. Un procès de 1993, en l’absence de Battisti, ne peut justifier aujourd’hui son enfermement à vie. Il doit bénéficier d’un procès équitable (…)

 

Ces faits et leur contexte nous conduisent à solliciter des éclaircissements, sans quoi nous serions amenés à considérer que vous avez commis une dommageable faute politique, que cette « affaire » contredit les principes dont se prévaut votre action depuis 2005.

 

Un groupe d’amis de la Bolivie

 

José Bové, député européen, 

Germain Sahary, responsable du village Emmaüs Lescar-Pau (qui a reçu la visite d’Evo Morales en 2015) 

Jean Ortiz, maître de conférences Université de Pau (Invitant Evo Morales en 2002 au Festival CulturAmerica, Université qui a accordé au président bolivien le Doctorat Honoris Causa en 2015), 

Vivas Maxime , journaliste, 

Serge Pey, poète, 

Pierre Carles, réalisateur

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 16:05

Affaire Battisti. 

 

Il faut attendre les informations que ne manqueront pas de donner les officiels boliviens et le président Morales. Mais, selon l’agence latino américaine NODAL, des proches d’Evo Morales qualifient l’affaire de «  grave erreur diplomatique », de «  violations des règles internationales » Ils précisent que même entré illégalement en Bolivie, il n’avait pas à être livré au «  fasciste » Bolsonaro. Il faut souligner que Battisti a été arrêté à Santa Cruz, ville bolivienne tenue par l’ultra droite connue pour sa police fascisante. Question : pourquoi Battisti s’est réfugié dans cette ville piège ? Voici le texte de l’agence NODAL 

 

El Gobierno entregó a Battisti; seguidores de Evo califican de “grave error diplomático”

Pocos minutos después de las 17.00, este domingo despegó el avión italiano que lleva hasta Roma a Cesare Battisti, quien fue capturado este sábado en la ciudad de Santa Cruz, a pesar de que había solicitado refugio político.

La entrega de Battisti a las autoridades italianas fue calificada de “grave error diplomático del gobierno” por parte de militantes del Movimiento Al Socialismo y seguidores del presidente Morales.

El italiano Cesare Battisti está volando a su país bajo custodia de autoridades de Interpol en un avión Falcon con matrícula I-DEM, informó el diario El Deber.

“Grave error diplomático del gobierno de @evoespueblo, que viola protocolos internacionales entregando a Cesare Battisti, asilado primero por Francia y luego por el gobierno de Lula, en un avión enviado por Italia”, publicó Katu Arkonada, ciudadano vasco nacionalizado boliviano que apoyó al gobierno de Morales desde diferentes instancias .

En la tarde, el grupo de jóvenes del Movimiento Al Socialismo llamado Columna Sur instó a las autoridades bolivianos liberar de inmediato a Battisti. “No se lo puede entregar a las manos del fascismo y debe ser liberado inmediatamente en Bolivia”.

Este domingo, el ministro de Gobierno, Carlos Romero, dijo que Battisti ingresó a territorio boliviano de manera irregular y que si bien al momento de su detención portaba sus documentos, no pudo demostrar su residencia legal. “Esta persona no se encuentra portando un ingreso migratorio regular, de tal manera que en aplicación de la Ley 370 de Migración, se emitió la resolución con la que se dispone su salida obligatoria de Bolivia por su condición ilegal”, dijo.

En horas de la tarde, diferentes personas ligadas al gobierno de Morales criticaron el accionar sobre Battisti, más aun si se recuerda que Jair Bolsonaro, durante la campaña electoral para la Presidencia, prometió que iba a entregar al italiano a las autoridades de Roma.

Hugo Moldiz, exministro de Gobierno de Evo Morales, también cuestionó la detenciónd el italiano. “La Conare viola derechos de Cessare Battisti al entregarlo a Brasil o Italia, y el costo político para el gobierno boliviano será alto”.

“Si Battisti entró desde Brasil no se le puede expulsar a Italia, eso es una extradición encubierta y absolutamente ilegal para un refugiado político condenado (en ausencia) en Italia a cadena perpetua, y al que Lula le había otorgado asilo y residencia”, escribió Arkonada en twitter.

En un comunicado, el Defensor del Pueblo, David Tezanos, publicó que ” el 21 de diciembre de 2018, Cesare Battisti presentó su solicitud de refugio ante el CONARE, sin que hasta la fecha se le haya tomado una entrevista ni se le haya hecho conocer una resolución denegatoria, aspectos fundamentales del debido proceso”.

De acuerdo a las fuentes citadas, lo que no correspondía era la expulsión de Battisti y mucho menos la entrega a las autoridades italianas porque no hay un pedido formal al Estado Plurinacional sobre el caso del condenado en la década de los 70.

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 19:35

Cuba, soixante ans et toujours debout

 

(Sur Radio Arts-Mada, le lundi à 19h) 

 

Il y a soixante ans, Cuba se libérait de la domination des Etats-Unis et d’un dictateur à la botte pour s’engager dans la voie de la souveraineté, du développement et du mieux vivre de sa population. Après des années d’agressions, des années de dénigrement, après des années de résistance de ce pays d’un peu plus de onze millions d’habitants face à la première puissance économique et militaire mondiale, une prétendue historienne étrangère à la rédaction du journal auquel je suis attaché, le jour même de l’anniversaire de la révolution, a sali de sa médiocrité un peuple, un pays dont elle ne connait que les fonds des poubelles. Avec toujours le même refrain : le manque de liberté, une dictature. 

 

Il est courant d’entendre que ceux qui osent émettre une version différente d’un « goulag tropical » sont soit des « agents à la solde de La Havane », soit victimes de cécité. Je suis de ceux-là. Ancien correspondant de « l’Humanité » à La Havane, je veux ce soir remettre quelques pendules à l’heure.

 

Droits de l’homme ? A Cuba, la torture n’a jamais été utilisée. On tranchait les mains des poètes à Santiago du Chili, pas à la Havane. Ce n’est pas à Cuba qu’on réprime actuellement les minorités mais au Chili et en Argentine. Les prisonniers étaient largués en mer depuis des hélicoptères en Argentine, pas à Cuba. Les opposants au gouvernement ne sont pas assassinés dans les rues de La Havane mais au Honduras sous la protection des Etats-Unis et de l’Union européenne. Quant aux prisonniers soit disant «  politiques », en fait liés et subventionnés par la CIA et ses satellites, ils se comptent en quelques dizaines à Cuba alors que les victimes de la justice raciste yankee croupissent souvent depuis des dizaines d’années dans les prisons nord-américaines. 

 

 

Progrès sociaux ? Voici un pays du Tiers monde où l’espérance de vie s’élève à 78 ans, où tous les enfants sont scolarisés et soignés gratuitement. Un petit pays par la taille capable de produire des universitaires de talent, des médecins et des chercheurs parmi les meilleurs au monde, des sportifs raflant les médailles d’or, des artistes, des créateurs.  Où, dans cette région du monde et dans tous les pays dits en « développement », peut-on présenter un tel bilan ?

 

Quel autre pays aurait pu supporter la perte en quelques semaines de 85% de son commerce extérieur et de 80% de ses capacités d’achat, lors de l’effondrement de l’URSS et des pays d’Europe de l’Est? 

 

Cuba, malgré les énormes difficultés économiques, a toujours été solidaire avec les victimes des dictatures, avec les démocrates du continent. Il faut remercier Fidel Castro et ses camarades d’avoir accueilli les réfugiés fuyant les dictatures du Chili et d’Argentine, de Haïti et de Bolivie, d’avoir ouvert les écoles, les centres de santé aux enfants des parias de toute l’Amérique latine et, plus tard, aux enfants contaminés de Tchernobyl. Il faut leur savoir gré d’avoir envoyé dans toute l’Amérique latine les chirurgiens de l’Opération Milagro rendant la vue à des populations entières. Il faut les féliciter d’avoir formé gratuitement des milliers de médecins. 

 

Dans la mémoire de millions d’hommes et de femmes d’Amérique latine et du Tiers monde, Cuba restera un exemple des temps modernes n’en déplaise aux donneurs de leçons dont la méconnaissance de la réalité dans cette partie du monde n’a d’égale que leur arrogance et leur inculture. Quant à Fidel Castro, il figure au panthéon des héros du XX eme siècle comme son ami et camarade Nelson Mandela qui vouait au leader cubain une amitié «  indéfectible ». 

 

A Cuba, les changements intervenus ces dix dernières années dans les domaines économique et politique, avec la transmission progressive des pouvoirs aux jeunes générations, se prolongent sereinement.

 

La révolution cubaine évolue à son rythme, prenant en compte les mutations dans la société, les impératifs économiques et le contexte international, le panorama régional ne lui étant pas particulièrement favorable en ce moment.

 

 

A cours des dernières semaines, l’élaboration de la nouvelle Constitution a été discutée, amendée, réécrite par plusieurs millions de Cubains lors de dizaines de milliers de réunions publiques. 

 

« Chaque Cubain pourra librement exprimer des opinions et contribuer à la réalisation de la nouvelle Constitution qui reflètera le présent et l’avenir de la Patrie avec l’oreille collée à la terre », déclarait Miguel Diaz Canel Bermudez, le nouveau président cubain à l’ouverture de la consultation nationale. C’est fait.

 

Fidel Castro avait pour habitude de rappeler qu’une révolution doit être continuellement en mouvement au risque sinon de disparaître. Le débat sur la nouvelle Constitution entre dans ce cadre. Qui dit mieux dans la région et… ailleurs ?

 

 

 

 

Je vous propose d’écouter Carlos Puebla interpréter « Y en eso llego Fidel » « Et Fidel arriva ». Ecoutons.

 

https://www.youtube.com/watch?v=5woXb-XnSYQ

 

 

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