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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 15:58

 

Chaque 11 septembre, pour moi, c'est la même histoire

 

 

« Un avion décolle dans trois heures pour Buenos Aires. Un conseil, prenez-le, votre sécurité en dépend. » Je venais à peine de rentrer dans ma chambre d’hôtel à Santiago du Chili. Au téléphone, un interlocuteur inconnu m’invitait à quitter rapidement le pays. Il fallait faire vite, sauter dans un taxi et prendre rapidement la route de l’aéroport en observant les consignes reçues quelques jours plus tôt. Peu m’importait ce départ précipité, même s’il provoquait une forte montée d’adrénaline, une trouille difficilement contenue. La mission que l’on m’avait confiée quelques semaines après le coup d’État de Pinochet en plein cœur de la capitale chilienne avait été remplie et allait figurer à la « une » de « l’Humanité » peu de temps après : rencontre avec les rescapés des tueries, transmission d’informations mémorisées à Paris, à Rome et à Buenos Aires avec en retour l’enregistrement d’indications précises, remise d’une forte somme d’argent, fruit de la solidarité. Je sais aujourd’hui que la plupart des personnes rencontrées ont disparu. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés.

Quelques jours avant de quitter Santiago, le jeune homme installé au Sheraton, roulant en Lincoln noire avec chauffeur et menant grand train de vie ne présentait pas le profil d’un révolutionnaire échevelé. Dans le restaurant de l’hôtel vide, les regards des personnels chargés de servir l’unique client entouré de chandelles exprimaient plus le mépris que l’envie.

La première partie de la mission achevée et les contacts rompus, la seconde ne pouvait échapper aux flics de Pinochet. Visites aux familles réprimées et à leurs courageux avocats, rencontres avec les candidats à l’exil réfugiés dans les représentations diplomatiques. « Vous êtes repéré », m’avait averti l’ambassadeur du Mexique qui dû, lui aussi, quelques jours plus tard, faire ses valises.

Il régnait un étrange silence à Santiago. Cette ville vivante, bruyante, joyeuse était plongée dans la peur. Dès le soir tombé, malgré la chaleur du début de l’été, les rues étaient désertes. Les patrouilles de l’armée quadrillaient la capitale. L’accès au palais présidentiel, la Moneda ravagé par les flammes le 11 septembre 1973, était interdit, les cadavres ne dérivaient plus sur le fleuve Mapucho, le stade qui avait servi de centre de torture avait été nettoyé. Les prisons étaient pleines, on torturait dans les casernes et dans des villas réquisitionnées par la police secrète, on incitait à la délation dans les familles, les dirigeants démocrates-chrétiens, si violents contre Salvador Allende, se terraient sans exprimer la moindre protestation, tandis qu’une poignée de militants communistes, socialistes et du MIR tentaient de reconstruire une structure de résistance. Seuls quelques ecclésiastiques osaient affronter publiquement la junte en protégeant des prisonniers et en venant en aide aux familles. En province, loin de tout, l’armée torturait et fusillait à tour de bras.

Il y avait au cours de ces heures tragiques des moments de fierté. Celui, par exemple, d’assister à l’accueil dans les locaux de la représentation diplomatique française des Chiliens de toutes tendances politiques promis à la mort. Ou encore de voir la femme de l’ambassadeur de France participer à l’installation de matelas et à la distribution de nourriture. Qu’il fait bon à ce moment-là de revendiquer sa nationalité.

Il était 18 heures. À l’aéroport de Santiago, le vol pour Buenos Aires était annoncé. J’achetais des cerises. Dans le paquet, je ne sais qui avait glissé un petit morceau de papier sur lequel était écrit : « Bon voyage et fais attention à toi. »

 

 

 

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 11:24

 

Après leur déroute électorale, les travaillistes britanniques étaient à la recherche d’un nouveau chef. C’est fait. Ed Miliband, 40 ans, a emporté  la direction du parti travailliste avec 50,65% des voix contre 49,35% pour son frère David, 45 ans. On dit Ed « plus à gauche » que son aîné, ce qui expliquerait le vote des représentants des syndicats membres du Labour.

Ed de gauche ? A voir. Le jeune homme a déjà roulé sa bosse. Il a écrit les discours de Gordon Brown  dont il a été conseiller en 1997 et a occupé le poste de ministre de l’Energie en 2008. C’est dire son alignement total sur la politique de son patron. Aujourd’hui, il affirme vouloir tourner la page du blairisme, jugé trop à droite, comme si Gordon Brown et donc Ed en personne avaient mené une autre politique depuis le départ du « caniche » (Blair) de George Bush.

En fait, et comme après chaque défaite électorale, le parti travailliste tente de récupérer sa base électorale  traditionnelle : le monde ouvrier et les classes moyennes. Ed, fils de parents juifs polonais, le père Ralph Miliband serait un intellectuel marxiste reconnu, a paraît-il du talent. Cela sera-t-il suffisant pour combattre la politique ultralibérale qui fait tant de ravages en Grande-Bretagne ?

José Fort

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 21:43
Je suis journaliste depuis peu à la retraite.  J'écris pour plusieurs titres. Pourquoi ne pas  publier ces articles sur le net? C'est fait et cela va continuer. Merci de me lire
Cordialement
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