Macron reprend les vieilles recettes du MEDEF : « libérer » le travail, « assouplir » le Code du Travail, le « simplifier », supprimer «la peur d’embaucher » à cause des indemnités prud’homales. En vérité, il s’agit de balayer les systèmes de protection sociale et de droit du travail, pour accroître la flexibilité et la profitabilité des entreprises. Nous sommes face à une guerre éclair qui s’inspire du capitalisme californien mélange du mouvement hippie de la fin des années 60 et le développement de l'ordinateur et d'internet.
Un article de Gérard Mamet dans « Factuel info » daté du 7 avril 2017, donc avant l’élection présidentielle, éclaire parfaitement la politique de Macron. Je cite quelques extraits de son analyse : « Au départ, (le capitalisme californien) il s'agit plutôt d'un mouvement sympathique, collaboratif et de libre expression, qui fait une large place à la créativité pour se transformer en capitalisme le plus sauvage. C'est ainsi que des entreprises comme Google ont réussi à capter, au bénéfice de quelques-uns, les résultats de la recherche publique, le travail innovant des jeunes ingénieurs, les plus-values de l'économie collaborative et les données personnelles, et à en obtenir des superprofits. On le voit aussi avec l'ubérisation de l'économie. Au départ, Uber est une forme d'économie collaborative qui, grâce à une plate-forme internet, met en relation une voiture et son chauffeur avec un client. Mais comme le chauffeur n'a plus le statut de salarié, le droit du travail ne s'applique pas et la profession est complètement dérèglementée. Il n'y a plus de protection sociale et de congés payés et, les plates-formes comme Uber pratiquant généralement la délocalisation fiscale, il y a un manque à gagner énorme pour l'État et pour le financement des infrastructures et des services publics. » Et Gérard Mamet de conclure :
« Le capitalisme californien a inventé des formes de concurrence sauvage très individualistes puisque, avec cette dérégulation, l'État affaibli ne peut plus jouer aussi bien son rôle de protection sociale que de redistribution des revenus. Si on n'y prend pas garde, l'ubérisation pourrait se développer très vite dans de nombreux secteurs comme les transports, l'hôtellerie, la réparation ou la rénovation des logements. Le modèle de l'auto-entreprise va dans la même direction, avec la disparition du statut d'employé protégé. On peut craindre qu'elle se développe aussi dans des secteurs plus inattendus comme l'aide à la personne, la santé, l'éducation et même le droit. »
Ainsi, pour Macron, le modèle californien est sa bible pour la mise en oeuvre d'une politique ultralibérale porteuse d'inégalités et d'insécurité sociale. Derrière un vernis de jeune, moderne, à l’écoute, Macron cache son véritable profil : celui du héros de l’individualisme, de l’ambition meurtrière, de la casse sociale et du tout privatif au service de l’argent roi. Comme ses employeurs, il pense l’heure venue de tout renverser. C’est sans compter sur les femmes et les hommes de demain que chante Cyril Mokaiesh. Ecoutons.
José Fort
Bonus : distribution hebdomadaire des prix.
Le prix de la saloperie
Il est décerné ce soir à la direction de la SNCF.
Dans sa guerre contre les cheminots grévistes et les syndicats, voici, excusez la grossièreté mais je ne trouve aucun autre mot, une saloperie de plus. La direction de la SNCF a décidé d'attribuer une prime à ses cadres habilités à remplacer les près de 80% de conducteurs de train annoncés en grève. Une prime mensuelle de 150 euros, pour les « conducteurs occasionnels » et rétroactive au 1er janvier 2018. Une carotte attribuée juste avant le mouvement qui commence ce soir pour un coût de dix millions d’euros par an. Ce soir nous sommes tous des cheminots. Une raison de plus pour écouter « Quand un cheminot s’en va » par Vincent Liechti.
Prix de la honte
Il est attribué au gouvernement israélien prédateur et criminel et à ses complices silencieux
Vous avez certainement vu vendredi les images de la répression contre les Palestiniens de Gaza. D’un côté une marche pacifique avec quelques jets de cailloux, de l’autres des snipers israéliens en position de tir et protégés derrière des talus. Ils ont tiré à balles réelles. Bilan : 17 morts et plus de mille blessés. Si l’événement avait eu lieu en Israël, la presse mondiale et les gouvernements occidentaux auraient, à juste titre, condamné vivement et bruyamment la tuerie. Ils ont observé un silence complice, les Etats-Unis allant jusqu’à refuser une commission d’enquête de l’ONU. Quant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, l’ami de Trump et de Macron, il a chaleureusement félicité son armée. L’indignation est à géométrie variable et les assassins peuvent vivre des jours heureux. Je pense ce soir avec émotion au peuple palestinien martyr et lui dédie la chanson de Zebda « une vie de moins ». Ecoutons
Le prix du faux cul
Il est décerné ce soir sans conteste possible à Gabriel Attal, député en marche des Hauts de Seine et porte parole la formation croupion de Macron. Interrogé ce matin sur France Inter sur les mouvements sociaux en cours, il a indiqué qu’il fallait sortir ce pays de la « grévi-culture », qu’on faisait « beaucoup de mousse avec peu de savon" et a qualifié les étudiants en lutte de « bobos et égoïstes. Ce fils à papa de 29 ans, ancien du PS, ancien soutien de Ségolène Royal, ancien du cabinet de Marisol Touraine, présenté comme membre de « la garde avancée de Macron » m’a rappelé dans le ton, la forme et le fond, le faux-cul et lèche botte qui sévissait dans ma classe de 5 eme au lycée. Il m’a rappelé aussi une réplique d’Aragon répondant à un de ses détracteurs qui le qualifiait de « vieux con « : « C’est avec les jeunes cons qu’on fait les vieux cons ».
Voici spécialement pour M. Gabriel Attal la chanson qui lui va si bien, « les faux culs » par les Escrocs. Ecoutons.